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Eucher

Madame la maitresse Jill Bill nous demande d’accueillir Eucher à la cour de récré.

Je ne sais pas pourquoi, ce matin, dans mon jardin, j’ai aperçue une Euchère. Bien sûr ce n’est pas vraiment le prénom demandé mais j’ai eu envie de la faire entrer dans la cour de récré. Du coup, elle a pris du retard.

 

Euchère ma chère petite

pourquoi te cacher

ne rougis pas

tu es si belle

si frêle

ne dis rien

je vois

ce n’est pas toi qui te cache

ce sont les autres

un peu jalouses

elles ne veulent pas que l’on t’admire

pourquoi être envieuses de toi

 tu ne leur fais pas d’ombre

allez pousse les un peu 

montre toi

Klaus

Pour la cour de récré tenue par la maîtresse Jill Bill, Klaus est prêt à faire sa rentrée 

 

Klaus

C’est décidé

La porte est close

Tu ne pourras pas entrer

Venir flairer

Ce qui se passe en cuisine

Klaus

Tu es trop gourmand

On ne peut pas dire de toi

Quel tas d’os

Klaus

Quelle habitude

Tu as prise

Quand je ne suis pas là

De te soulever

Sur tes pattes arrière

Sur la table de poser

Ton nez

La langue tirer

Et hop l’os

Attraper

Klaus

Tant que de bonnes habitudes

Ne seront pas prises

La porte de la cuisine

Restera close

 

 

Edur

 

Edur arrive un peu en retard dans la cour de récré. La faute au temps qui passe trop vite ! Mais si la maîtresse, madame Jill Bill, veut bien l’accepter, il sera heureux de partager ses petits plaisirs ou ses petits chagrins avec ses camarades.

 

Edur est dur de la feuille. Ce qui ne l’empêche pas de tendre l’oreille à certaine heure du jour.

Quand il entend la poule caqueter, il sait qu’il peut aller au poulailler et que l’œuf qui est arrivé sera dans son coquetier ce soir.

Il se régale déjà.

Pas besoin de faire un repas gastronomique pour se régaler.

Edur sait entendre l’oiseau arriver. Il aime l’entendre chanter.

Un jour, il a même entendu deux oiseaux pleurer.

Quand il en a parlé, on lui a dit qu’avec sa surdité il ne pouvait pas entendre ça et qu’il racontait n’importe quoi … des histoires à dormir debout ! Il était tout triste qu’on ne l’ait pas cru.

Pourtant Edur sait ce qu’il a vu. Derrière la haie, deux oiseaux se parlaient, se désolaient devant le petit corps de leur petit.

Il sait bien, lui, Edur, qu’ils pleuraient.

On peut être sourd mais avoir un cœur si grand qu’on entend même un tout petit bruit lorsqu’il vous remue les tripes.

Edur est juste un petit gars de la campagne qui sait aimer, voir et entendre ce qui le touche.

De toutes petites choses qui semblent tellement anodines.

 

Bosco

 

 

Pour entrer dans la cour de récré, il faut se nommer Bosco, c’est la maîtresse madame Jill Bill, qui l’a dit.

 

Ohé du bateau

Où est passé Bosco

On vient de le voir passer sur un radeau

Qui

Ben le bosco

Mais non

Je cherche Bosco

Bosco 

Quel Bosco

Notre bosco

Qu’est-ce que c’est que ça

Je n’y comprends rien

C’est pas une idée ça

Avoir le prénom de son métier

Comment s’y retrouver

En attendant

Faudrait peut-être bien

En trouver un

Un quoi

Ben un bosco

Pour faire quoi

Pour faire travailler les matelots

Mais où sont passés les matelots

Encore partis tirer une bordée

C’est pas comme ça qu’ils vont travailler

C’est forcé

Quand on n’a pas de bosco