Une discussion entre femmes

 

Un échange sur mon blog, à propos du petit article « Vieillir, un écho », avec Passion me fait revenir une discussion que j’avais eue, sur un bateau, il y a bien des années, avec l’épouse d’un commandant.

Je crois l’avoir déjà dit, j’avais abandonné « le travail chez un patron » pour pouvoir retrouver mon mari chaque fois que le navire revenait en France et faire ce que nous appelions « la tournée du nord ». Cela pouvait aller de Bordeaux à Oslo ou en Allemagne en passant par des ports intermédiaires.

Une quinzaine de jours ensemble. Ensuite, il y a eu les garçons et lorsqu’ils étaient en vacances et que le commandant acceptait leur venue, c’était la parenthèse bonheur.

Donc la femme d’un commandant était infirmière au Havre. Ils étaient en discussions pour qu’elle cesse son travail car il avait très envie de retourner vivre en Bretagne dans une maison à eux.

Un jour, elle m’a fait part de son souci : elle avait du mal à se voir dans une maison et qui plus est dans un village.

Elle m’a posé la question : comment faites-vous pour ne pas vous ennuyer ?

J’ai répondu : m’ennuyer, mais je n’ai pas le temps.

Si vous prenez du plaisir au jardin, vous verrez, on vit d’une manière complètement différente, tout au moins moi.

Il y a toujours le plaisir de faire un petit tour de jardin. Pour rien, pour voir même en hiver, comment il se porte.

Comme nous étions en été, je lui ai donné l’exemple de la matinée qui commence par le linge à étendre.

Là, sur la pelouse, devant les fils à étendre, c’est plus fort que moi, mes yeux voyagent autour et, bien sûr, il y a une rose à couper.

Aussitôt le linge étendu, je prends le sécateur, je fais un tour dans les roses et c’est terrible car d’une rose je passe à une autre, puis à autre chose et d’un seul coup, je me rends compte que l’église sonne. Je compte les coups et hop, il est plus que temps de renter.

Rien n’a changé depuis sauf que je suis beaucoup plus lente, que ce soit dans le jardin ou dans la maison. Alors le temps passe encore plus vite !

Il y a tant de petits bonheurs à picorer.

Regarder les graines lever, les surveiller, les chouchouter. Une fleur qui s’ouvre. 

Au fait, elle passe par le cycle de vie elle aussi : le bouton,  l’adolescence, l’épanouissement, le flétrissement et la mort.

Vite, je vais me couvrir et j’y fonce car j’ai dit à Passion que j’ai des petits plants de fleurs qui restent à planter et qu’ils doivent avoir les pieds dans l’eau et qu’avec le temps qu’il fait ils risquent fort de s’enrhumer.

 

 

Vieillir. Un écho.

 

 

 

C’était  lundi, je venais d’entendre Eglantine sur RTL via son blog.

Oui, comme je le lui ai dit « se regarder vieillir » doit être très difficile.

Je  crois que je suis comme elle : je n’ai pas de temps pour cela.

Même les douleurs me font avancer. Là, lorsque je dis cela, c’est au figuré car parfois c’est un peu plus difficile de mettre un pied devant l’autre. Que faire ? Se plaindre tout le temps ? Là on s’enferme dedans. Le dire, oui pourquoi pas.

J’ai trouvé un truc pour passer ces caps plus difficiles et c’est grâce à Adamante qui, un jour a parlé de Ci Cong. Comme cela n’existait pas ici, je suis partie sur la sophrologie et c’est incroyable comme on peut « oublier » ses douleurs. 

La nuit, je n’écris plus dans mes cahiers, je fais souvent de la sophrologie et de la méditation.

Si je continue à bavarder à ce sujet, vous ne saurez pas pourquoi j’ai dit à Eglantine : attends, il faut que je fasse tout de suite un petit article. Je me connais, si je dis je le fais demain, il restera dans le bout de mes doigts car ma tête n’y pensera plus … pas le temps.

Donc, courant janvier, je parlais avec ma belle-sœur de ma future opération de la cataracte pour mon œil gauche et de celle qui suivrait un mois après pour l’œil droit.

Sa réaction a été de me dire : si tu es comme moi, la première chose que tu vas voir en rentrant, ce sont tes rides. Et nous avons bien ri car elle n’est pas, elle non plus, à demander à son miroir si elle est la plus belle. De plus, elle n’en a vraiment pas beaucoup.

Bien sûr que j’en ai des rides car, en plus, je n’ai pas les joues rondes. Et puis, la vie avec ses joies, je ris facilement, et ses chagrins, j’ai beaucoup pleuré, marque un visage. Et alors, cela n’empêche pas de vivre et d’aimer.

Et il y a tant à aimer !

Lorsque je conte, je n’y pense absolument pas. Pourtant je suis devant le public.

 

Saint Valentin

 

Dômi, nous avait demandé une lettre pour la Saint Valentin, avec des mots imposés. J’ai encore dû oublier d’envoyer.

clin d’œil, chaussette, sucette, réfléchir, velours, mèche de cheveux, bonbons, gratitude.

Souviens-toi de mon premier clin d’œil. C’était la première fois que nous nous rencontrions. Tu avais mis une chaussette rouge et une chaussette jaune ! On peut dire que les chaussettes étaient assorties, à quoi, je n’ai jamais pu le découvrir. Cela nous a permis de faire connaissance

Rappelle-toi de cette première sucette que tu m’as fait découvrir. Je n’étais pas spécialement nonne, mais … comme j’avais été surprise !

Tu as toujours, ou presque, été en retard. En ai-je passé du temps à t’attendre (c’est moi, parait-il qui te fais attendre maintenant). Ca m’a donné le temps de réfléchir. Réfléchir … tu parles ! On ne réfléchit pas quand on aime. On se laisse avoir par surprise, pour le plaisir.

Tu jouais sur du velours. Il y avait longtemps déjà que tu savais que je serais à toi.

Toi et ta mèche de cheveux que je faisais exprès de mettre en bataille. Bien sûr que je le savais que tu n’aimais pas cela, mais je crois bien que j’en aurais ronronné de plaisir.

Tu as été un amoureux, un mari, un amant ardent. Normal, je t’ai aussi attendu près d’un brasero pour me réchauffer, mais lorsque je me suis retrouvée dans tes bras, je peux te dire que je n’avais plus froid.

C’est vrai que les années ont passé, que notre amour dure toujours malgré la vie qui nous a marqués. Tu as été là, patient, attentif. La gratitude s’est mêlée à mon amour.

M’offriras-tu des bonbons cette année ? Car, comme le disait le grand Jacques Brel, les fleurs, c’est périssable.

 

Défi N° 215 – Qui suis-je ?

Lettre au Père Noël :

De moussaillon à Capitaine, il n’y a qu’un pas !Embauchée par Fanfan, me voilà promue par Dômi !!!

Pour lundi 28 janvier:

« Qui suis-je ? »

Écrivez une phrase qui parle de vous, sans vous décrire, mais à travers laquelle, ceux qui vous connaissent, à coup sûr vous reconnaîtront, (pas de nom, pas d’âge, pas de lieu d’habitation…), exemple Domî pourrait écrire :

« Croqueuse de mots tout en étant Amiral, je tiens bon la vague grâce à mes moussaillons »

C’est ce que nous demande abécé

 

Gourmande, très gourmande, trop peut-être, souvent, les mots, je les goûte, je les croque, je les mâche et je les restitue.