Othello

 

Othello était invité à se présenter à la cour de récré de maîtresse Jill Bill. Il va vous expliquer ce qui fait qu’il n’est pas vraiment exact au rendez-vous, c’est le moins qu’on puisse dire..

 

Oh, oh Othello

le jour de la cour de récré

va se terminer

tu n’auras pas participé

Comment faire

entre ramassage et cueillette

Je ne vois pas les jours passer

Les quetsches et les mirabelles sont belles

Prêtes à tomber

 elles se laissent cueillir 

J’ai beau dire non

il y en a toujours une pour dire

apporte ton panier

sinon on va se pâmer

Et je chante dans les pruniers

maintenant je suis trop fatigué

Laissez moi me reposer

Filles fleurs

 

 

 

 

 

 

 

 

De chrysalide

     Elle est devenue papillon

Elle est si belle

Jeune

Radieuse

Elles sont là, tout autour

Curieuses

Pas envieuses

Elles savent qu’un jour

Ce sera leur tour

Elles ont envie de lui crier

Fais attention

Car elles ont vu l’ogre

Celui qui guette dans l’ombre

Toute fille fleur

Pour la dévorer

Pourtant

Quant à leur tour

Elles seront devenues filles fleurs

Elles auront tout oublié

Elles aussi se laisseront piéger

Même peut-être dévorer

A propos de “Maman n’a pas volé une voiture, mais …”

 

Papa riait parfois mais, la plupart du temps, il rouspétait. C’est vrai que Maman était un peu étourdie, mais je la battais haut la main sur ce plan là !

Je ne voyais ni les vitrines, ni les portes en glace d’immeubles, ni les fils entourant une pelouse. Bref, je ne devais pas voir grand-chose !

Bien sûr … à lui rien de tout cela arrivait. Il faisait attention, était réfléchi (ce qui est vrai).

N’empêche que …

Le matin, c’était lui le matinal de la famille et il se préparait son premier petit café filtre.

En Hongrie nous avions trouvé une petite cafetière une tasse que nous lui avions offerte.

Comment expliquer cette cafetière ? On mettait l’eau dans le corps, le café dans le filtre dessus. On fermait, on mettait sur le gaz et le café coulait par le bec en forme de coude.

Un jour Papa me demande s’il serait possible d’avoir un autre joint. Normal, avec du chaud le caoutchouc durcit.

Il a donc eu un nouveau joint.

Peu de temps après, il nous dit que … hum … le joint … n’a pas tenu le coup.

Là, c’est Maman qui s’est moquée et a raconté : Papa avait oublié, les deux fois, de mettre de l’eau dans la cafetière !

Pas besoin de vous faire un dessin ! Qu’est-ce que nous avons ri.

 

Maman n’a pas volé de voiture, mais …

Fanfan avait publié un article : j’ai essayé de voler une auto.

Maman n’a pas volé de voiture. Elle a juste emprunté le monsieur qui était au volant.

Comme tous les vendredis après-midi, maman allait faire ses commissions au centre-ville. Papa était chargé de l’attendre Place de la Mairie lorsqu’il sortait du travail.

Ce vendredi-là, j’étais avec elle.

Nous revenions chargées comme des baudets. Un petit crachin pas chaud du tout tombait. Les lampadaires étaient allumés et nous avions hâte d’arriver sur la place pour nous mettre à l’abri.

Des yeux, je cherchais la voiture.

Maman filait déjà. La voiture, elle l’avait repérée.

Elle a ouvert le coffre. Elle a chargé ses paniers et elle est montée en voiture, à côté du monsieur qui lisait son journal.

Lequel monsieur qui n’a pas tourné la tête n’a pas eu droit au bonjour et s’est fait copieusement disputer parce qu’il ne l’avait pas aidée à ranger les commissions dans le coffre de la voiture.

Et lui la laissait parler !

Et moi, de loin, je rigolais.

Papa, garé deux, trois voitures plus loin avait vu le manège et lorsqu’il est sorti de voiture, lui aussi rigolait.

La tête de Maman lorsqu’elle nous a vus tous les deux, et que le monsieur a baissé son journal avec un plus que sourire en coin !

J’imagine encore sa tête si, comme d’habitude, elle s’était penchée vers le conducteur sitôt assise et qu’elle lui ait fait le bisou ! (oh que j’aurais aimé, oui, je sais je ne suis pas gentille du tout du tout !).

Et, si la femme du Monsieur était arrivée ?…

 

 

Le début du conte

 

Conter, tout au moins pour notre petit groupe, c‘était une grosse envie mais sans vouloir en faire un métier.

On nous a dit que ce n’est pas chose facile pour tout le monde, qu’il fallait se former et qu’ensuite nous pourrions « affronter » le public. J’emploie ce mot avec intention car, c’est ce que nous ressentions. Vous savez, cela a été, pour nous, comme si nous passions un examen. La différence c’est qu’il n’y avait pas un examinateur, mais une trentaine.

Nous ne nous attendions pas à conter à la fin du premier stage. Pour nous c’était juste un apprentissage. Nous n’avions pas encore entendu l’adage : on devient conteur en contant. Oui mais devant un public !

Je tremblais comme une feuille lorsqu’est arrivé mon tour. Je n’aurais pas pu tenir debout. Heureusement que la maître de stage avait prévu : la chaise était là.

Malgré ce trac incroyable, le petit groupe s’est revu et a décidé de se revoir et de conter comme nous pourrions, où nous pourrions.

Et nous avons continué, comme cela, pendant dix-huit mois, avant de prendre la décision de créer une association.

Notre siège social a été déclaré dans la ville centrale qui nous réunissait toutes.

Une salle nous a été prêtée mais pas très longtemps car on trouvait les conteuses trop bruyantes. Oui, oui, ils ne savaient pas que les conteuses parlent et même beaucoup.

Les réunions se sont donc faites chez les unes et les autres.

Lorsque nous avons décidé de continuer à nous former, tout de suite après la création de notre association, le groupe a fondu rapidement. 

Nous ne sommes plus que deux conteuses plus notre trésorière qui était conteuse, elle aussi, au début, jusqu’à la naissance de son premier fils. Dommage, elle me manque toujours dans le conte car, avec son petit air de ne pas y toucher; elle faisait passer tellement de choses.

Je dis souvent que le conte est un ogre. Il dévore nos jours et à cette époque, souvent nos nuits. Cela lui arrive encore.

Mais comment lutter contre ce travail qui se fait et doit se faire dans nos têtes et même bien plus profondément.

Au début, nous voulions les accumuler. On ne savait pas que, bizarrement, certains seraient évacués et que d’autres se mettraient en veille pour attendre des années avant d’avoir envie de ressortir.

Ils attendaient sagement que la vie nous apprenne à les voir autrement, à les ressentir autrement pour pouvoir les donner pleinement.

Pour le moment, et pour moi, ils n’ont pas été écrits.

Il m’arrive d’aller repêcher, rechercher dans ma mémoire, de tirer sur le fil des images et hop des morceaux de phrases, des mots arrivent … le conte se déroule.

Combien de fois, pendant le travail du lundi avons-nous dit : impossible, je ne me souviens pas. A ces moments là, c’est un peu panique à bord !

C’est impressionnant une image qui arrive et qui demande des mots. C’est magique.