Nini regarde la télévision.

 

En ce moment la porte fenêtre étant ouverte, lorsqu’elle entre au salon, Nini jette un coup d’œil à la télévision, si celle-ci fonctionne.

Souvent, elle a l’air intéressée. Elle s’arrête, s’assoit et regarde la télévision.

Mais oui, elle est comme tant d’autres chats ou chiens, cela lui arrive de faire comme nous. A chaque fois cela nous fait rire.

N’empêche qu’au moment de son repas, la voyant dédaigneuse, je me suis dit qu’elle est comme les enfants : elle regarde la pub et du coup, veut ce qui est proposé par la télé et en ce moment c’est du Félix. Oui mais je n’ai pas de Félix à lui offrir, elle n’a droit qu’à des croquettes de chez le vétérinaire.

Dédaigneuse … nous avons trouvé pourquoi. Il ne faut pas que les mains qui la servent sentent l’orange !

Pauvre Nini.

Pauvre Nini, c’est vite dit. Ses croquettes sont des spéciales « ligne ». Lorsque je vois son ventre, cela me fait bien rire !

Il faut dire que la coquine se met à table sitôt qu’elle a attrapé une proie et elle ne fait pas dans le détail ! Ce sera aussi bien une souris qu’un pigeon ou un beau petit lapin.

Ce qui ne l’empêche pas de venir réclamer ses croquettes !

Je sais que certaines d’entre vous vont frémir mais dites-vous que, si elle les attrape c’est que ces proies sont faibles et vouées à la mort quoi qu’on fasse.

De plus, un soir, mon mari lui a donné le fond de la coupelle de fromage blanc qu’il avait mélangé à de la confiture de fraises. Maintenant, c’est la rigolade car lorsqu’elle entend mon époux se lever, prendre une coupelle et faire sa préparation, vous la voyez arriver à toutes pattes, la queue en l’air ! Elle peut être n’importe où dans la maison ou même dehors, elle sait.

Oui mais … un jour, il a mis de la confiture de mirabelles et là elle est partie !

Un autre soir, il a mis de l’abricot. Elle a goûté et est revenue.

Depuis, elle a appris à apprécier la mirabelle.

Si elle trouve qu’il ne finit pas assez vite son dessert, elle rouspète. 

Comment voulez-vous qu’elle garde la ligne avec un régime pareil !

 

Ce matin au jardin.

 

Hier soir, l’orage a grondé. La pluie est tombée. Une fois assez fort, puis plus doucement dans la nuit. Enfin, c’est ce que j’aie entendu.

Ce matin, la température avait chuté ?  … Non, c’était seulement le ressenti car il y a eu des matins bien plus frais. La différence, le soleil était là et chauffait rapidement l’atmosphère alors que ce matin le ciel était gris.

Toujours est-il que mon mari et moi étions au jardin et que, d’un seul coup, j’ai entendu : as-tu vu les pommes de terre, elles frissonnent non elles tremblent de froid !

C’était vrai qu’on pouvait les voir frissonner. ¨Peut-être voulaient-elles se débarrasser des gouttes de pluie qu’elles avaient encore sur leurs feuilles.

Comme j’avais remis un pull un peu plus chaud que ces derniers matins, j’ai fait la relation et j’ai éclaté de rire.

Et alors … on peut être légume et montrer son ressenti, non !

 

 

Un rendez-vous manqué

 

Mon amie conteuse a été sollicitée en janvier pour intervenir le dimanche 8 avril, en après-midi.

Heureusement, la vie de Saint Berthauld nous est connue, d’autant plus qu’elle est liée à celle des deux saintes de notre village : Olive et Libérette.

Mon amie a fait des recherches plus approfondies, quoique … elle ne voulait pas que ce soit trop long surtout après un conférencier historien. Elle m’a demandé de l’aider à construire.

Pour cela il n’y qu’à prêter son oreille et réagir. Pas si simple qu’il y parait.

Nous nous y sommes attelées tous les lundis après-midi.

Pour la Journée Mondiale du Conte qui a toujours lieu vers le 20 mars, la légende était prête et bien que ce ne soit pas prévu au programme, elle l’a donnée dans notre village.

Le Prince Albert de Monaco a fait une petite visite dans le village de Chaumont (Le Mont Chauve) à l’occasion de la remise en état de la Chapelle, quelques jours plus tôt.

Mon amie commençait à stresser sérieusement. Je lui avais dit que j’irais l’écouter. Je sais qu’une présence amie est rassurante.

Le dimanche 8 avril est arrivé. Mon époux m’a proposé de m’accompagner et nous sommes partis confiants.

Demande de renseignements prise, sur la salle communale, auprès de jeunes : 400m. Nous avons donc activé le train 11 (les jambes, vous connaissez ?). Le temps était beau, pas de problèmes. Arrivés sur le lieu, pas de voitures.

 Nous continuons à avancer, rencontrons un homme et il nous fait aller jusqu’à la salle polyvalente. Toujours pas de voitures.

En revenant vers lui, je lui ai demandé la salle paroissiale, on ne sait jamais.

Vous vous doutez du résultat : rien, pas de voitures.

Nous avons fait le village en long en large et en travers ! Le nombre de pas que je dois faire dans la journée a été atteint rapidement.

Du coup, comme il y avait longtemps que nous étions allés à la Chapelle nous avons fait la promenade. Enfin, il faut faire le chemin du pèlerinage comme une promenade car pour moi la pente est rude maintenant.

C’est vrai qu’elle a bien changé d’aspect cette petite Chapelle. Dommage que comme tous les lieux saints elle soit fermée.

Nous avons donc profité du lieu et du paysage qui est tellement beau.

Mon époux voulait rentrer par le village de Remaucourt mais la voiture a pris à droite au lieu de gauche.

Si seulement elle avait bien voulu prendre le chemin demandé, nous aurions trouvé des voitures !

La racontée avait lieu dans ce village qui est détenteur d’une fontaine qui a pris naissance lorsque les deux sœurs ont décidé de rejoindre la petite communauté et qu’elles se sont trouvé séparées. Mais cette histoire fait partie de la légende de Sainte Olive et Sainte Libérette.

Nous avions trop parlé du grand saint !

 

 

 

Un prénom

 

Pas un prénom genre le prénom de la cour de récré de la maîtresse madame Jill Bill, non, juste un prénom normal.

Le mien m’a été donné par hasard ou presque.

Je suis née à sept mois et j’ai souvent entendu que j’avais été installée dans du coton, dans une boîte, pour que je n’aie pas froid.  En plus, j’ai été ondoyée par précaution !

A la guerre comme à la guerre. D’ailleurs, c’était la guerre.

Mon papa était en Allemagne. On était venu le chercher, dans les premiers, là où il travaillait.

Il a réussi, allez savoir comment, à rentrer en France après ma naissance avec une autorisation portant les dates de départ et de retour.

Le retour … il l’a oublié. Je me souviens de ce papier qui avait été gommé et gommé, encore et encore, jusqu’à devenir transparent. Il y avait pratiquement un trou à la place de la date de retour. Papa « a pris le maquis » comme on disait et la petite famille était recherchée.

Donc, à ma naissance, maman était dans le lit et c’est ma grand-mère qui est allée me déclarer à la mairie.

Il faisait froid, il avait neigé. Elle avait mis ses sabots et posé un gros châle sur ses épaules.

Lorsque, tout essoufflée par la marche, elle est arrivée à la mairie, et je peux dire qu’il y a une grande trotte à faire, l’employée l’a félicitée pour cette naissance, comme si c’était elle qui venait d’accoucher, et lui a demandé le prénom de la petite fille.

Là, il y a eu un grand blanc !

Ma grand-mère a dit : Je ne sais pas trop, on n’a pas eu le temps d’en parler. Lorsqu’elle était petite fille, ma fille disait toujours : si un jour j’ai une fille, je l’appellerai Josette. Alors, notez ce prénom.

 

Maman, lorsqu’elle voulait se moquer et me fâcher un peu, m’appelait Joséphine. Elle attendait ma réaction pour me dire que Joséphine était impératrice. Tu parles ce n’est pas pour cela que j’aimais !

Un prénom est un prénom. Je n’ai jamais cherché à savoir si je l’aimais ou non. C’est le mien, c’est tout.

Je n’en ai qu’un, enfin quand je dis cela … Un pour l’état civil : Josette.

Mais j’ai un prénom de baptême : Claudine, ce qui interpelle une amie.

J’ai fini par savoir, un jour pas fait comme un autre, que Maman aimait beaucoup un roman de Colette et que ce prénom venait de là.  Allez savoir, si elle m’avait déclarée … je me pose encore la question : lequel des deux prénoms aurais-je eu à l’état civil ?

Le 200ème défi des Croqueurs : Je me souviens

 

 

La principale consigne donnée par Durgalola est de commencer son texte par : “je me souviens”

et une proposition de consigne supplémentaire, uniquement si vous en avez envie,  : choisir un mot unique dans la liste et l’intégrer dans votre texte :

“maison, anniversaire, rouge, bateau ou lundi”

 

Bien sûr, je suis en retard. Je ne pouvais quand même pas laisser passer le 200ème. Je ne savais même pas si c’était la semaine du défi !

Je me souviens mon bébé était  né. Nous avions rejoint mes beaux-parents et nous avions parlé de notre projet de chercher une petite maison pour y installer nos trois bouts de bois.

Nous avions tellement envie de passer la dernière année de cours de mon mari, ensemble. Ce serait la seule année qui nous serait accordée pendant toutes celles qui iraient jusqu’à la retraite. Un hic … nous ne pouvions pas payer deux loyers.

Justement, au village il y avait la prévision de vente à la chandelle d’une maison.  Le maire nous a donné les clés pour la visiter.

C’était une petite maison noyée dans la verdure et le foin du jardin. Le toit avait perdu des ardoises, beaucoup d’ardoises. Elles étaient tombées, au nord, le long du mur de la maison. Les feuilles de muguet perçaient les ardoises. Stupéfaction de voir cette force de vie.

Un prunier montrait déjà ses fruits. Au fond du jardin, une grand et vieux noyer.

Perdus dans l’herbe folle, un cœur de marie, un gros bouquet de couronnes royales et des iris.

A l’est, un puits, pratiquement le long du mur.

Côté sud, encore un noyer, mais jeune cette fois, dans ce que j’appelle maintenant, ma cour. Au fond de cette cour accolée à la maison, une “cabane à chèvres”. En “L” une à cochons. Un pied de vigne grimpait le long de la porte de la grange. Du raisin blanc.

Une fois poussée la porte d’entrée en bois, la pièce à vivre avec au fond un lit et dans la cheminée un poêle très long à pattes de lion. En face une pièce vide avec un beau parquet et face à celle de la pièce à vivre, une autre cheminée.

Face à la porte d’entrée, une pièce ?… juste des briques non jointées, le maçon disait : jointoyées, posées au sol, un gros buffet bas campagnard, une petite table, une assiette et dans l’assiette, une petite cuillère et un coquetier avec la coquille d’un œuf.

Il fallait laver les briques une par une pour éviter que l’eau ne s’infiltre entre elles.

Au premier, le grenier dans lequel se trouvait “une petite chambre” : des planches comme cloisons. De quoi mettre un lit de 120 en coin et une chaise. Au fond du grenier, deux grosses armoires de même style que le buffet, c’est à dire, sans style vraiment. Juste des armoires d’ici à portes plates.

La grange et une cave.

Et voilà. Nous sommes tombés amoureux de cette petite maison. Elle a grandi pour pouvoir recevoir toute notre famille à chaque occasion qui se présentait lorsque Monsieur avait quitté son bateau.

Elle est devenue la maison du bonheur.