Anniversaire pour une petite fille

 

 

Une maman nous avait demandé d’animer l’anniversaire de sa petite fille.

C’était l’été, il faisait un temps à donner envie de raconter au jardin.

Le goûter était prêt, le gâteau d’anniversaire n’attendait plus que ses bougies soient soufflées pour être dégusté, les jus de fruits étaient au frais.

Bref, tout ce qu’il fallait pour faire un très bel après-midi. Et nous étions impatientes de donner nos histoires, nos contes.

Nous étions quatre/cinq conteuses et les mamans présentes étaient aussi impatientes que nous.

Les enfants jouaient.

Le signal nous a été donné. Les enfants se sont groupés et nous avons commencé.

Malheureusement, il y avait un bruit de fond perturbant. Il faut dire qu’il y avait peu de temps que nous contions. Nous n’étions pas encore « rodées ». C’est une chose pour laquelle il nous a fallu beaucoup de temps.

Donc … arrêt après un conte et tout le monde présent cherche d’où vient ce bruit de conversation.

De l’autre côté de la rue, l’entrepôt du personnel attaché à la voierie et aux espaces verts. Donc … bien sûr, nous avons commencé à ronchonner après ces hommes qui savaient qu’en face il y avait un anniversaire un peu particulier et qui ne respectaient pas leur engagement. En plus, nous ne comprenions pas pourquoi ils parlaient si fort.

Il a fallu qu’Agnès (un petit clin d’œil à Eglantine), la plus jeune conteuse dise qu’il faudrait peut-être aller leur demander de baisser un peu le son de leurs voix et qu’elle sorte dans la rue pour s’en charger.

La connaissant, nous nous sommes dit : ils vont voir de quel bois se chauffe une conteuse pas contente du tout.

Ni une ni deux, le silence s’est fait !

Agnès est rentrée dans le jardin et elle a éclaté de rire : sa voiture était garée juste à la porte du jardin, elle avait roulé vitres ouvertes et les avait laissées ainsi pour ne pas avoir trop chaud au retour. La radio fonctionnait et, comme elle n’était pas en avance, qu’elle s’était dépêchée, elle avait oublié d’éteindre.

Et les contes se sont déroulés dans la bonne humeur !

 

 

 

Une hirondelle

 

C’était le dimanche 9 avril, comme souvent le dimanche soir, je suis allée à la ferme pour acheter mon lait.

A la fin de la traite … des vaches, pendant que Cat finissait :

de faire « sa vaisselle »

  • les seaux dont elle se sert pour donner du lait aux veaux, oui, ils sont grands mais ils sont gourmands et on ne les prive pas.
  • le bidon qui lui sert pour recevoir le lait d’une vache « à part » (une qui vient de vêler ou qui a un petit problème de santé, ça leur arrive comme à nous).

de faire « sa lessive »

  • les lavettes qui servent à nettoyer les pis des vaches, il doit y en avoir environ trente six, avant l’essuyage avec la serviette intissée pour chacune et qui est jetée à chaque usage.

d’assurer la mise en route du lavage des appareils de traite.

nous avons entendu un cri sonore « tsvouit ».

Oui !!! elle était là l’hirondelle. Attention hein, une seule.

Cet après-midi, ici, nous en avons vu une seule aussi.

Elles arrivent en « éclaireur ». A croire que le temps est encore un peu froid pour qu’elles fassent signe au gros de la troupe d’arriver en force !

Ne nous impatientons pas, nous allons vers le bon côté !

Un sourire, un bonjour.

 

 

On en parle souvent, mais le fait-on ?

Je vis dans un petit village (environ 110 habitants). Tout le monde se connait ou presque car sont venus s’ajouter des jeunes. Hum … pas tellement, je crois quatre couples, plus un qui est là depuis quelques années mais l’homme ne doit pas savoir dire bonjour.

Amusant, plusieurs jeunes natifs du village sont revenus y vivre, mais plus chez papa/maman.

Tout cela pour vous dire que lorsque nous nous rencontrons dans la rue il y a au moins un bonjour souvent accompagné d’une bise. En principe, on prend le temps de demander des nouvelles. Cela dégénère par un brin de causette en plein milieu de la chaussée ! C’est quand même normal non, le village est à nous ! Je ne vous explique pas lorsque cela se fait en voiture, oui, oui, cela arrive aussi !

Les enfants ont eux aussi l’habitude de dire bonjour. Sauf que, souvent, arrive l’âge où on a plus envie de le faire alors on fait comme si on ne vous voyait pas. Seulement cela dure peu de temps.

Mon petit-fils aîné ne marchait pas encore qu’il racontait plein de choses aux gens qu’il croisait. Mon fils m’avait rapporté qu’une caissière qui ne faisait pas attention à lui s’est fait « rappeler à l’ordre ». Cela devait valoir son pesant de cacahuètes.

Il avait remarqué qu’ici on se dit bonjour. Cela lui semblait tellement naturel qu’un jour il a fait la réflexion qu’en ville les gens ne sont pas polis ! A l’époque, il était en maternelle.

En ville, la nôtre est petite, si je ne regarde pas où je mets les pieds par obligation, sinon c’est trop souvent le plat-ventre, je fais un sourire ou je dis bonjour, c’est plus souvent les deux,  et j’ai facilement un retour.

Comme c’est agréable ! Cela me met toujours de bonne humeur.

En plus, lorsque ce partage se fait dans les couloirs de l’hôpital … comme ça fait du bien.

 

 

Garfield, notre dernier chien.

 

 

On dirait qu’il repose sa tête sur Nini.  C’est juste qu’elle se faisait un malin plaisir à passer dessous.

 

Il vous a raconté ses débuts dans la vie. Il ne vous a pas raconté comment, après avoir fait des pattes, de la queue et de la langue, il est arrivé chez nous.

Comme vous l’avez constaté, nous avons subi un interrogatoire en règle. Mon époux s’est même entendu demander s’il était chasseur à la fin de la discussion, lorsque nous avions dit qu’il pouvait intégrer notre maison. A sa réponse négative, le soigneur nous a annoncé que s’il avait répondu par l’affirmative, le chien restait là-bas. Explication : trop de chasseurs arrivent au refuge, prennent un chien de chasse et le ramène à la fin de la saison. Encore un drôle de comportement de certains humains.

Nous suivre n’a pas été un problème, le faire entrer dans la voiture fut un peu plus difficile.

Arrivé à la maison, il a bien voulu descendre de la voiture, il a senti un peu partout autour, mais entrer au garage, car nous passons souvent par là, a été assez long.

Une fois dans le garage qui donne dans la cuisine, il a fallu laisser la porte de communication ouverte et l’inciter encore et encore pour qu’il se décide à mettre une patte dans la pièce. Ensuite, il a eu besoin de temps pour visiter. Pendant une semaine environ, il ne bougeait pratiquement pas de la cuisine et le garage a été sa chambre et l’est resté.

Il a très rapidement appris à reconnaître les intonations et n’attendait pas que la voix s’élève. Il savait !

Bien sûr que, lui aussi a fait deux trois escapades alors que nous étions en promenade avec lui car s’il levait une piste, le rappel était parfois difficile, ce qui lui a valu un empoisonnement. Heureusement que je connaissais les symptômes, il s’est retrouvé très rapidement dans la voiture et là, pour la première fois, il a vomi, c’est ce qui l’a sauvé. Comme il ne mangeait que des croquettes, et qu’il y avait du lard … il n’y a même pas eu d’auscultation pour la piqûre. Le vétérinaire a même dit tout de suite le nom du poison car cela arrivait qu’il y ait des appâts empoisonnés pour les renards.

Oui, il a été tout fou comme tout jeune chien.

Oui, cela m’est arrivé de me retrouver allongée sur le dos dans un chemin, car si je le rappelais, il arrivait à toutes pattes et juste devant moi, il sautait et se retournait. Je prenais alors son arrière train dans la poitrine et … plouf. Là, il se déchainait et c’était la rigolade et bien sûr, plus je riais, plus il continuait à me pousser et me lécher.

Il nous a fait admirer au plus près le gibier car il faisait en sorte de l’amener devant nous.

Il a été parfait avec nos petits-enfants.  Jamais il n’a montré le moindre signe de jalousie. Une chose a été un peu délicate : lui faire comprendre qu’un tout petit ne pouvait pas jouer comme lui aurait aimé, surtout que c’était un grand épagneul et que, lorsque le petit se présentait à la porte, il était tout joyeux et le montrait !

Lorsque la grosse douleur nous est tombée dessus, il a été d’une présence exceptionnelle.

Il a été mon confident, toujours à l’écoute. Il a été celui qui console ou tout au moins qui essaie encore et encore. Il se faisait encore plus tendre dans ces moments là.

Il sentait lorsque plus rien n’allait. Alors il venait et me poussait. Je m’asseyais, il posait sa tête sur mes genoux et levait son regard si doux.

A dix-sept ans, son cœur a donné des signes de faiblesse. Les sorties se sont faites de plus en plus courtes et lentes.

Le jour de sa mort, mon époux était en rendez-vous intercommunal et moi de racontée. Il a attendu que mon mari rentre.

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Repos !

Comme nous trouvons que le vent d’ici n’est pas celui que nous aimons, nous partons demain respirer celui de la mer en Bretagne pour une grande semaine.