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Pélagie … une drôle de suite.

Vous demandiez une suite à :

Le soir du 7 juillet, il faisait tellement bon.

Je suis sortie.

Je vais essayer de vous la raconter. Vous ne me connaissez pas encore.

 

 

Moi, on m’appelle Pélagie.

Oui, je sais, c’est un drôle de nom pour une chatte mais c’est Lui qui l’a voulu. Tout cela parce que je suis arrivée dans Leur maison le jour de la Sainte Pélagie et que, comme Ils deviennent un peu vieux, ce sera plus facile pour qu’Ils se souviennent exactement du jour.

Je sais, vous allez dire que je ne peux pas vous parler de Chipie et pourtant, si vous saviez …

Souvenez-vous de son frère qu’Ils appelaient Vagabond et qu’Ils avaient fini par nommer Titi.

Lorsque Chipie n’est pas revenue, Il a beaucoup sifflé car, lorsqu’Il la sifflait comme pour un chien, elle arrivait.

Ils l’ont cherchée un peu partout. Ce n’était pas difficile, le village n’est pas grand et elle avait fait son domaine juste autour de la maison, là où elle suivait Titi. Ils savaient. Mais peut-être ne savaient Ils pas tout.

Ils ont parlé de sa disparition.

Quand ils ont compris qu’elle ne reviendrait pas, Ils ont pensé à plein de choses : l’accident, mais on leur en aurait parlé. Une bagarre, mais c’est tellement rare que les animaux arrivent à se tuer. Elle a pensé fouine.

Ils ont été bien malheureux, c’est qu’elle prenait sa place dans la maison.

Les jours ont passé, Titi, ne venait plus dans le jardin, même pas quémander un petit truc à manger.

Et puis, un jour Ils l’ont vu arriver…

A leur grande surprise, ce n’était plus Titi, c’était Titie ! Le ventre s’était arrondi. Elle est revenue régulièrement, mais toujours sans se laisser approcher.

N’empêche, elle venait manger. Je le sais, elle me l’a dit.

Nous sommes nés. Nous étions quatre.

Elle nous a emmenés dans Leur jardin.

Il faisait beau, le soleil était là.

Elle est restée avec nous sur le tas de bois au fond du jardin et un jour, elle m’a portée dans le sous-sol de leur maison. Et elle est repartie. Je n’ai pas pu la suivre.

Elle est revenue le lendemain mais elle est repartie sans moi. 

 

Maintenant, on m’appelle Chipie (8)

 

Maintenant, il venait tous les jours. On se retrouvait, on se papouillait, on se coursait, on se roulait, quelquefois, la patte partait un peu fort mais ce n’était pas méchant.

Un jour, elle l’a appelé Lui et a dit : regarde les et écoute. Il ne comprenait pas, alors Elle a ajouté ils marounent. Ben ça alors, c’était quoi encore ce truc.

J’allais vite le savoir.

Le lendemain, hop la boîte de voyage, encore. Direction vétos, lequel j’allais voir ?

C’était Elle : non ce n’est pas possible, elle est trop jeune encore. Elle a ouvert ma gueule et s’est rendu compte que j’avais bien changé, qu’Ils avaient fait une petite erreur sur mon âge vu mon état lorsque nous leur avions amenée, que malgré tout elle était un peu en avance, que cela se pouvait, que je devenais une grande chatte et que …

Mais qu’est-ce qu’Elle racontait ?

Elle a appelé. Il est arrivé et j’ai entendu : vous l’amenez lundi matin à 8h et je ferai le nécessaire. Mais qu’est-ce qu’Il allait encore me faire.

Le lundi matin, j’ai encore eu droit à une piqure, là je commence à en avoir assez des piqures.

Après … plus rien. Il parait que j’ai été très sage.

Quand je me suis réveillée, j’étais dans ma boîte de voyage. Ils étaient là.

Le véto a bien précisé que je ne devais pas toucher aux fils.  Mais qu’est-ce qu’Il racontait encore. Y avait pas de fils dans ma boîte !

J’ai entendu parler de collerette. Allons bon, Il ne peut pas employer des mots que je connais !

Une fois à la maison, je me suis sentie bien réveillée mais aussi, ça tiraillait du côté de mon ventre et j’ai léché et j’ai tiré. Tiens ça devait être ça les fils.

Elle s’est précipitée en disant non, non, il ne faut pas.

Tu penses bien que j’ai recommencé.

C’est comme a que je me suis retrouvée avec la fameuse collerette. Ha non, je n’ai pas aimé du tout. J’ai foncé droit devant, je suis rentrée dans le mur, dans un meuble et Ils ont retiré cet objet de malheur.

J’avais compris. Il ne fallait pas toucher aux fils.

J’avoue que, de temps en temps, quand Ils ne me voyaient pas, je tirais discrètement sur un fil, pas trop quand même, ça faisait mal.

Je les ai entendus dire que maintenant, il n’y avait plus de risques, que je pouvais aller gambader dehors.

Enfin, j’ai retrouvé le jardin. Que c’était bon de courir avec mon frère !

Au début, j’ai dit qu’Il venait tous les jours, mais quand je dis tous les jours … il arrivait en principe l’après-midi.

Quel paresseux ! Je dis çà mais je ne dis rien !

Elle m’a expliqué qu’il devait chasser. Chasser, pour quoi faire. Il avait à manger comme moi au sous-sol.

Et même, maintenant, j’avais réussi à le décider de rentrer de quelques mètres dans la maison et il avait des croquettes comme moi.

Mais il ne voulait pas rester. Ca me rendait un peu triste, mais il avait décidé de sa vie comme il me disait.

Une nuit, en le suivant, j’ai appris moi aussi.

Le matin, j’ai déposé ma proie à Ses pieds. Elle a appelé et Il est arrivé.

J’ai eu droit à plein de compliments : que j’étais belle (çà je le savais déjà), que j’étais grande (ben oui, j’avais grandi et les vétos l’avait bien dit), que c’était bien, que j’avais bien travaillé.

Ah bon, c’était du travail ? C’est drôle, c’était comme lorsque je courrai après la petite boule de papier alu et ça c’était pas du travail, c’était de la rigolade.

Du coup, maintenant, « je vais à la chasse ». Il y a les nuits avec et les nuits sans.

Souvent, lorsque je rentre avec souris, musaraigne ou autre, c’est trop tôt pour eux alors j’ai trouvé un truc, je dépose ma proie sous les fenêtres de leur chambre que je connais bien, et je pousse mon cri !

Je miaule jusqu’à ce que les volets  s’ouvrent et qu’Ils commencent à me complimenter.

Après, je sais que la porte va s’ouvrir, que je rentrerai et que je l’accompagnerai, Lui qui porte les tasses de café du matin qu’ils vont déguster tous les deux au lit en écoutant la radio. Moi, du coup, j’en profite et hop, sur le lit et même, hop… je ne  vous dirai pas ce que je fais parce que je n’ai pas trop le droit, mais … je le fais quand même, il fait tellement bon dans le lit.

Il y a des jours et des nuits de pluie et là, je n’ai pas envie de sortir. J’en profite pour faire de grosses siestes.

Quand il pleut, j’ai froid, alors, je me couvre.

Le soir du 7 juillet, il faisait tellement bon.

Je suis sortie.

 

Maintenant on m’appelle Chipie (7)

 

Je commence à avoir l’habitude. Ils ont sorti la boîte de voyage.

Bon, c’est sûr, je n’y coupe pas, encore le véto. C’est pour quoi cette fois ?

Je me sens bien moi. Je mange bien, je bois bien, je ne tousse plus, je fais des bêtises parait il, alors, c’est bon.

La voiture, cela ne me dérange pas mais on fait que me réveiller, c’est barbant à la fin.

Si j’avais su …  Mais oui, bien sûr, Madame la Véto m’a auscultée et j’ai eu la surprise. Elle a dit : c’est bon, maintenant, elle peut sortir.

Du coup, j’ai couru partout dans la salle d’auscultation. La rigolade ! Ils n’arrivaient pas à m’attraper !

 

Première sortie pour de vrai au jardin. Quel bonheur.

Il y a de tout : de la terre, des herbes, des fleurs, des arbres, tout ce que je voyais derrière les fenêtres.

J’ai mis les pattes avec prudence, on ne sait jamais.

J’ai senti les odeurs, j’ai musardé, j’ai mis mon nez partout et cela les faisait rire.

Ils disaient : regarde, tu as vu, elle est tellement belle. 

Puis j’ai  entendu : j’espère qu’elle va faire bon ménage avec Filou.

Tiens, c’est qui Filou.

Maintenant, je sais. Filou, c’est la chatte des voisins, elle est bien plus vieille que moi et pas aussi belle c’est sûr !

Lorsqu’elle est venue, je n’ai pas trop aimé mais elle vient juste chercher trois croquettes puis s’en va. Bon, si c’est comme ça, ça ira.

Après quelques jours, je l’ai vu arriver … Ils ont dit : regarde, c’est ton frère. Un frère ? J’avais un frère. Ben c’est quoi un frère ?

Il s’est approché, on s’est reniflé et j’ai senti une odeur qui m’a fait penser à  avant, à quand j’étais toute petite et que je toussais.

Vous avez vu, je suis à droite.

Les jours suivants, il est revenu.

Que c’était bon. On se roulait, on se coursait. Mais, un jour on a entendu : ha non, alors là vous exagérez !

Hum … Elle n’avait pas l’air contente du tout.

D’accord, on s’était roulé dans les premières fleurs, on avait couru sur le tunnel de protection et on l’avait plus que déchiré,  on faisait des glissades sur les asperges ! La tête des asperges, je ne vous explique pas !

Ben aussi, pourquoi faire des buttes dessus, c’était trop drôle.

 

 

 

 

 

 

Maintenant on m’appelle Chipie (6)

 

 

Comme j’ai encore souvent froid, je trouve que la corbeille à linge est bien confortable. Seul problème le linge est propre et à ranger !

Bien sûr, elle n’apprécie pas trop. 

J’ai appris à connaître toute la famille. Le chien ne me faisait pas peur, mais je me méfiais encore du dernier petit-fils. Un jour, j’ai compris que, lui aussi savait, comme moi, être très tranquille. Là j’ai apprécié ses petites caresses sous le cou.

Je prenais des forces. Dans la maison, il fallait que je m’exerce pour plus tard aller au jardin. Qu’est-ce qu’Elle riait lorsque je faisais de la gym sur les chaises de la cuisine.

Je suis encore un peu maladroite, mais  j’ai réussi à me stabiliser sur le haut du dossier.

Vous allez voir ce que vous allez voir.

Un peu floue la photo ? Que voulez-vous, je bouge tout le temps.

Et hop, vous avez vu, j’ai réussi à me retourner.

Ca y est, je suis prête !

Vous voyez, j’ai grandi. 

Il est temps que je connaisse un peu l’extérieur.

 

Maintenant on m’appelle Chipie (5)

 

J’ai pris des forces. J’ai grandi.

Maintenant je faisais des bêtises.

Je ne savais pas moi que sauter dans le grand grand pot, grattouiller la terre, mâcher les plantes, les arracher, c’était des bêtises. Pas plus que me mettre sur le bras du canapé pour lacérer les très grandes feuilles qui pendaient devant mon nez en était aussi.

 

Elle rouspétait un peu mais aussitôt qu’elle me laissait, je recommençais.  C’était trop drôle parce qu’elle rouspétait et riait en même temps.

Les enfants venaient et je jouais avec eux. Je crois qu’ils ne comprenaient pas que j’étais encore petite et que je me fatiguais vite. Pourtant, Elle le leur disait.

Un jour, « les grands » comme elle dit, sont venus avec un quatre pattes, mais pas comme moi. Il était gros et ne miaulait pas. Ben, j’ai même pas eu vraiment peur.

J’ai fait un peu celle qui voulait se cacher car il approchait un peu trop de moi et puis j’ai craché et c’est lui qui a reculé ! A l’intérieur de moi, j’ai crié : Victoire !

Enfin de compte, c’est un gentil pépère qui m’a laissée tranquille tout le temps qu’ils ont été là.

 

Maintenant, si un insecte entrait dans la maison, je courrais, je sautais après lui jusqu’au moment où il se posait sur une vitre. Là, je m’élançais dans les rideaux et j’entendais : ha non ! Chipie, là tu exagères. Regarde ce que tu as fait. Ben quoi, j’avais sauté, c’est tout.

Quand le soleil faisait une apparition et que l’Autre venait derrière la fenêtre, j’aurais tellement aimé aller le retrouver. Je le faisais savoir à haute voix, mais rien à faire la porte restait fermée.

J’apprenais la vie avec Eux. Ce que j’avais le droit de faire, ce que je n’avais pas le droit de faire. J’étais caressée, complimentée. Ils disaient que je comprenais tout.

Tiens, encore une visite chez la vétérinaire. Comme d’habitude : auscultation et piqure, encore une. C’était le vaccin. Il parait qu’avant j’étais encore trop faible. En plus, un traitement contre les parasites, tu sais, tout ce qui gratte ou qui te fait mal au ventre.

J’ai entendu des compliments : que je devenais belle, et forte mais qu’il faudrait surveiller la moindre petite toux.

J’était en bonne santé.

Alors, Elle a demandé si j’avais le droit de sortir.

Aïe, je ne m’attendais pas à cela après les compliments.

Le non est tombé direct dans mes oreilles. Pour un peu, j’en aurais pleuré.

Il fallait attendre que le temps soit plus clément, un peu plus doux pour que je n’attrape pas froid. Ca, le froid je connais même à la maison alors …

En attendant, je faisais des essais de sortie mais il y en avait toujours un pour me voir.