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Maintenant on m’appelle Chipie (3)

Le lendemain, c’était pire. Lorsque j’ai voulu sauter pour me sauver, je n’ai pas pu.

J’ai donc essayé de faire comme mon frère : grimper le long d’un poteau en ciment. Tu parles, je me suis retrouvée vite fait parterre.

Là, quand ils sont venus me prendre, je n’ai pas résisté et, cette fois, j’étais dans des bras pour de bon.

Nous avons monté les escaliers et je me suis retrouvée dans une boîte. Confortable la boîte. J’ai eu un peu peur car j’ai senti que je quittais mon coin de vie. Ça faisait un drôle de bruit et ça bougeait dans un sens et dans l’autre, mais pas trop fort.

J’ai entendu des voix que je ne connaissais pas et je me suis retrouvée dans les mains d’un homme, pas désagréables du tout, qui me tâtaient, me tournaient, me retournaient, me mettaient un truc pour écouter mon intérieur et un thermomètre pour ma température (je n’ai pas aimé du tout mais il parait que c’était nécessaire). Bref, ils disent que c’est une auscultation.
Et toc, j’ai eu droit à des piqûres. Il est adroit l’homme, je n’ai pas senti !

Il a dit : revenez dans trois jours si elle est encore là.

Pourquoi donc voulait-il que je ne sois plus là ?

Un fois rentrés, ils m’ont gardée en haut. Plus le droit de descendre. N’importe comment, j’étais tellement fatiguée que je n’ai même pas essayé.

Ils voyaient tout et, si j’avais des petits besoins à faire, les bras étaient là pour me poser à un endroit particulier.

Après tout, le fauteuil au coin du feu était confortable. Je me suis laissée faire.

Je ne pouvais ne pouvais me mettre que comme vous me voyez sur la photo sinon je toussais.

Elle venait me donner un petit peu à manger et à boire. C’était difficile, je n’avais pas de force.

Cela aussi me faisait tousser.

Les trois jours ont passé et hop, on a recommencé le voyage.

Cette fois ce n’était pas un homme mais une femme. Elle a dit : ha ! c’est la petite chatte, comme si elle me connaissait.

Puis elle m’a prise et tournée et retournée et auscultée. Vous savez, comme la première fois. Et hop, encore des piqûres.

J’ai entendu : bon on verra. Si elle s’accroche, vous revenez dans huit jours.

M’accrocher à quoi, je ne sais pas mais en définitive, je n’étais pas si mal en haut.

Maintenant on m’appelle Chipie (suite 2)

 

Coucou, c’est moi Chipie.

Ceux qui ont lu ma petite histoire me connaissent un petit peu, juste un petit peu. Si vous saviez comme ma jeune vie a été riche.

Après avoir vu ses pieds à Elle, j’ai eu tellement peur que j’aie voulu courir me réfugier sur ma table. Je tremblais, je n’avais plus de forces.

Elle m’a prise dans ses bras et posée sur la table. Ouf, j’étais sauvée !

Lui disait toujours : non, non pas maintenant, c’est trop tôt.

Deux ou trois jours plus tard, j’en ai vu arriver deux autres. Eux aussi voulaient me prendre dans leurs bras, mais je ne me suis pas laissé faire et je suis tombée.

Un était bien plus petit que l’autre et il voulait me faire courir. Il disait : viens, viens jouer.

Et encore un grand, plus grand avec une barbe.

Il a calmé le plus petit en lui expliquant que j’étais malade.

C’est quoi être malade pour Chipie ?

Et je me suis mise à tousser.

Le barbu a dit : tu vois c’est comme toi quand tu tousses, mais c’est plus grave.

Il m’a prise dans ses bras.

Qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir me prendre dans leurs bras.

Il s’est vite rendu compte que je ne voulais pas être dans des bras. Il m’a remise sur Ma Table, sur Mon Tapis.

Voilà autre chose, il s’est allongé lui aussi sur ma table, tout à côté de moi. Tout doucement, il a mis un bras de l’autre côté et m’a tirée. D’une main, il m’a soulevée et posée sur lui. Il croyait peut-être que j’allais me laisser faire, non, j’ai glissé sur la table et … vive mon tapis.

Mais il a recommencé et j’ai entendu, senti un truc. Ça faisait toc, toc, toc. Ça me berçait. C’était comme lorsque j’étais contre mon frère et avant, ma mère. Alors, je suis restée un moment.

 

C’était agréable mais bon, lorsqu’il a voulu se relever avec moi dans ses bras, j’ai dit non.

Je me suis sauvée dans un de mes trous préférés.

 

 

 

Maintenant, on m’appelle Chipie

 

Bonjour à tout le monde.

J’ai très envie de partager mon aventure car c’en est une.

Je suis née dans une ferme. Maintenant, je sais même que c’était dans le poulailler d’une ferme car ma mère avait été adoptée par les poules et vivait avec elles.

Un jour, je ne sais même plus comment j’ai fait, j’ai suivi frère et sœurs. J’étais petite, toute petite.

Pourquoi sommes-nous partis ? Le fermier a dit que la petite chatte était morte et que les petits ne se laissaient pas approcher. Nous avons donc dû marauder pour trouver un peu de nourriture.

Avec eux, je me suis blottie dans le coin d’une porte-fenêtre au soleil. Qu’est-ce que c’était bon.

Avec eux, je me suis retrouvée dans un sous-sol et j’ai pu dormir tranquille.

Au matin, j‘ai eu très peur. Du bruit dans l’escalier. Une Humaine venait là tout à côté. Elle disait que je n’avais pas à avoir peur (tu parles les trois autres s’étaient déjà sauvés), qu’Elle venait s’occuper de son linge. Moi aussi je me suis sauvée.

Et puis … nous sommes revenus pour la nuit.

Nous sortions et rentrions comme nous voulions. Il y avait toujours quelque chose pour emplir notre ventre.

Sur une table,  une vieille chatte venait passer des petits moments. Un jour, elle n’a pas monté l’escalier. Ils sont venus lui parler, l’ont prise dans leurs bras et elle a disparu  avec eux. Plusieurs jours comme ça. Et puis elle n’est pas revenue.

Une de mes sœurs est morte ce jour là. Quelques jours plus tard, l’autre a disparu. Mon frère était toujours là, avec moi.

Lorsqu’Elle descendait, Elle disait, plusieurs fois : c’est moi, bonjour Tichat.

Lui aussi venait. Il ne s’occupait pas de moi. Il disait : non, c’est trop tôt, je ne pourrai pas.

Je me suis mise à tousser. Je me sauvais toujours lorsqu’Elle descendait. 

Un jour, je n’ai pas pu me sauver car il fallait sauter en zigzag et je n’avais plus la force, pourtant, je ne voulais toujours pas qu’Elle m’approche.

Au bout de presque une semaine de ce petit manège, j’avais du mal à manger. Elle est venue doucement, a posé sa main sur moi en me disant : il faut manger, il faut boire, allez fais un effort.

Je toussais de plus en plus. J’avais tellement mal que je l’ai laissée venir, me prendre dans ses bras mais j’ai eu très peur, alors Elle m’a posée sur le sol.

Ça a été encore pire lorsque j’ai vu ses pieds !

 

Par la fenêtre

 Je sais, ce n’est plus Noël, mais nous sommes encore dans la période des fêtes, alors … pourquoi pas un souvenir.

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 La petite, toute petite fille était à la fenêtre.

Pour qu’elle puisse regarder, sa maman la hissait sur une chaise.

Si la fenêtre était ouverte elle se retrouvait attachée avec une sangle. Ouf, quatre étages, c’est haut et si elle, n’avait pas peur du vide, sa maman, elle, tremblait.

C’était son poste d’observation, son bonheur, son occupation favorite. Elle a grandi, un peu.  Son plaisir d’observation était toujours là.

C’était une fin d’après-midi de décembre, lorsque le jour devient, comme on dit, entre chien et loup.

D’un seul coup, elle l’a vu. Il était là.

Elle a appelé : Papa, Maman, vite, vite !

Ses parents sont arrivés rapidement. Pensez une pièce à traverser pour des grandes jambes de papa et maman, cela se fait en quelques pas.

Il a pourtant fallu que maman pose le couteau à éplucher les légumes et là, la petite a trouvé que maman prenait du temps.

– Je l’ai vu, je l’ai vu.

Elle était tout excitée. Elle riait, elle criait. Sa maman disait : chut, pas si fort, les voisins. Mais elle s’en moquait pas mal des voisins.

– Mais qu’as-tu vu ?

– Le Père Noël !

– Le Père Noël ? Impossible on ne peut pas le voir. Il n’y a personne. Regarde, la rue est vide.

– Mais non, là sur le toit.

– Quel toit.

– Le toit de la Tour Pointue.

– Mais que racontes-tu, il n’est pas là.

 – Si, si je le vois, là. 

Elle pointait son doigt dans la direction du toit d’en face. 

Elle en pleurait. Pourquoi ses parents ne voulaient-ils pas la croire ?

Si, il était là, derrière la cheminée double. Elle avait des yeux tout neufs, des yeux de petite fille et elle savait bien qu’elle le voyait. Un bout de sa hotte, le bas de  son manteau et une botte dépassaient encore.

Ses parents ont dit : Ah oui, peut-être que tu as raison. Peut-être qu’il vient voir si tu es sage.

Elle a beaucoup vieilli la petite fille mais elle est sûre qu’elle l’a vu.

D’ailleurs elle aime raconter à ses petits enfants son extraordinaire rencontre avec le Père Noël. Eux la croient, ils ont les yeux qui brillent comme les petites étoiles qui scintillent dans le sapin de Noël.

La Marguerite des Possibles – suite.

 

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 Une sœur de mon époux, vivant en Hongrie depuis de nombreuses années, est arrivée cette semaine pour un petit séjour en France. Elle est donc passée par notre village. Sa fille et sa petite-fille l’accompagnaient.

Hier, j’étais de passage en ville pour une visite concernant un appareillage pour mes oreilles. J’avais donc prévu un temps d’attente et, pour ce faire, j’avais emporté La Marguerite des Possibles.

Etant en ville et ayant dans l’idée des livres pour les petits, je suis allée faire un tour chez mon libraire.

En arrivant à la caisse, j’ai posé La Marguerite sur le comptoir et il a été un peu curieux, encouragé par mes dires.

Dans le livre, j’avais les publicités envoyées par Quichottine. Je lui en ai donné une, puis deux et trois au fur et à mesure de la conversation.

Il a trouvé l’idée de ce livre formidable et il m’a proposé de faire une affiche pour mettre dans la librairie. Bien entendu, j’ai accepté.

Si seulement cela pouvait inciter quelques personnes à être curieuses. Déjà être curieuses, ce serait un grand pas de fait. Pourquoi pas, acheter ensuite. On peut toujours rêver, non ?

C’est bien La Marguerite des Possibles. Oui ou non ?