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Maintenant on m’appelle Chipie (7)

 

Je commence à avoir l’habitude. Ils ont sorti la boîte de voyage.

Bon, c’est sûr, je n’y coupe pas, encore le véto. C’est pour quoi cette fois ?

Je me sens bien moi. Je mange bien, je bois bien, je ne tousse plus, je fais des bêtises parait il, alors, c’est bon.

La voiture, cela ne me dérange pas mais on fait que me réveiller, c’est barbant à la fin.

Si j’avais su …  Mais oui, bien sûr, Madame la Véto m’a auscultée et j’ai eu la surprise. Elle a dit : c’est bon, maintenant, elle peut sortir.

Du coup, j’ai couru partout dans la salle d’auscultation. La rigolade ! Ils n’arrivaient pas à m’attraper !

 

Première sortie pour de vrai au jardin. Quel bonheur.

Il y a de tout : de la terre, des herbes, des fleurs, des arbres, tout ce que je voyais derrière les fenêtres.

J’ai mis les pattes avec prudence, on ne sait jamais.

J’ai senti les odeurs, j’ai musardé, j’ai mis mon nez partout et cela les faisait rire.

Ils disaient : regarde, tu as vu, elle est tellement belle. 

Puis j’ai  entendu : j’espère qu’elle va faire bon ménage avec Filou.

Tiens, c’est qui Filou.

Maintenant, je sais. Filou, c’est la chatte des voisins, elle est bien plus vieille que moi et pas aussi belle c’est sûr !

Lorsqu’elle est venue, je n’ai pas trop aimé mais elle vient juste chercher trois croquettes puis s’en va. Bon, si c’est comme ça, ça ira.

Après quelques jours, je l’ai vu arriver … Ils ont dit : regarde, c’est ton frère. Un frère ? J’avais un frère. Ben c’est quoi un frère ?

Il s’est approché, on s’est reniflé et j’ai senti une odeur qui m’a fait penser à  avant, à quand j’étais toute petite et que je toussais.

Vous avez vu, je suis à droite.

Les jours suivants, il est revenu.

Que c’était bon. On se roulait, on se coursait. Mais, un jour on a entendu : ha non, alors là vous exagérez !

Hum … Elle n’avait pas l’air contente du tout.

D’accord, on s’était roulé dans les premières fleurs, on avait couru sur le tunnel de protection et on l’avait plus que déchiré,  on faisait des glissades sur les asperges ! La tête des asperges, je ne vous explique pas !

Ben aussi, pourquoi faire des buttes dessus, c’était trop drôle.

 

 

 

 

 

 

Maintenant on m’appelle Chipie (6)

 

 

Comme j’ai encore souvent froid, je trouve que la corbeille à linge est bien confortable. Seul problème le linge est propre et à ranger !

Bien sûr, elle n’apprécie pas trop. 

J’ai appris à connaître toute la famille. Le chien ne me faisait pas peur, mais je me méfiais encore du dernier petit-fils. Un jour, j’ai compris que, lui aussi savait, comme moi, être très tranquille. Là j’ai apprécié ses petites caresses sous le cou.

Je prenais des forces. Dans la maison, il fallait que je m’exerce pour plus tard aller au jardin. Qu’est-ce qu’Elle riait lorsque je faisais de la gym sur les chaises de la cuisine.

Je suis encore un peu maladroite, mais  j’ai réussi à me stabiliser sur le haut du dossier.

Vous allez voir ce que vous allez voir.

Un peu floue la photo ? Que voulez-vous, je bouge tout le temps.

Et hop, vous avez vu, j’ai réussi à me retourner.

Ca y est, je suis prête !

Vous voyez, j’ai grandi. 

Il est temps que je connaisse un peu l’extérieur.

 

Maintenant on m’appelle Chipie (5)

 

J’ai pris des forces. J’ai grandi.

Maintenant je faisais des bêtises.

Je ne savais pas moi que sauter dans le grand grand pot, grattouiller la terre, mâcher les plantes, les arracher, c’était des bêtises. Pas plus que me mettre sur le bras du canapé pour lacérer les très grandes feuilles qui pendaient devant mon nez en était aussi.

 

Elle rouspétait un peu mais aussitôt qu’elle me laissait, je recommençais.  C’était trop drôle parce qu’elle rouspétait et riait en même temps.

Les enfants venaient et je jouais avec eux. Je crois qu’ils ne comprenaient pas que j’étais encore petite et que je me fatiguais vite. Pourtant, Elle le leur disait.

Un jour, « les grands » comme elle dit, sont venus avec un quatre pattes, mais pas comme moi. Il était gros et ne miaulait pas. Ben, j’ai même pas eu vraiment peur.

J’ai fait un peu celle qui voulait se cacher car il approchait un peu trop de moi et puis j’ai craché et c’est lui qui a reculé ! A l’intérieur de moi, j’ai crié : Victoire !

Enfin de compte, c’est un gentil pépère qui m’a laissée tranquille tout le temps qu’ils ont été là.

 

Maintenant, si un insecte entrait dans la maison, je courrais, je sautais après lui jusqu’au moment où il se posait sur une vitre. Là, je m’élançais dans les rideaux et j’entendais : ha non ! Chipie, là tu exagères. Regarde ce que tu as fait. Ben quoi, j’avais sauté, c’est tout.

Quand le soleil faisait une apparition et que l’Autre venait derrière la fenêtre, j’aurais tellement aimé aller le retrouver. Je le faisais savoir à haute voix, mais rien à faire la porte restait fermée.

J’apprenais la vie avec Eux. Ce que j’avais le droit de faire, ce que je n’avais pas le droit de faire. J’étais caressée, complimentée. Ils disaient que je comprenais tout.

Tiens, encore une visite chez la vétérinaire. Comme d’habitude : auscultation et piqure, encore une. C’était le vaccin. Il parait qu’avant j’étais encore trop faible. En plus, un traitement contre les parasites, tu sais, tout ce qui gratte ou qui te fait mal au ventre.

J’ai entendu des compliments : que je devenais belle, et forte mais qu’il faudrait surveiller la moindre petite toux.

J’était en bonne santé.

Alors, Elle a demandé si j’avais le droit de sortir.

Aïe, je ne m’attendais pas à cela après les compliments.

Le non est tombé direct dans mes oreilles. Pour un peu, j’en aurais pleuré.

Il fallait attendre que le temps soit plus clément, un peu plus doux pour que je n’attrape pas froid. Ca, le froid je connais même à la maison alors …

En attendant, je faisais des essais de sortie mais il y en avait toujours un pour me voir.

Maintenant on m’appelle Chipie (4)

 

J’avais froid, si froid, pourtant j’étais toujours au coin du feu.

Un soir, j’ai remarqué qu’elle posait une assiette sur le poêle. C’était pour que ses petits gâteaux restent bien secs et tièdes.

Tièdes ? c’était juste ce qu’il me fallait. D’ailleurs je l’ai vue poser ses mains à côté de l’assiette. Si Elle ne se brûlait pas les mains, je ne me brûlerais pas les pattes. Donc, je pouvais essayer.

Cela n’a pas été facile mais, après quelques tests, j’ai pu sauter du bras du fauteuil sur le poêle et je ne me suis pas brulée les pattes. 

Qu’est-ce que j’étais bien.

Et non, non, je n’ai pas grignoté les gâteaux. Ca c’était lui lorsqu’il passait avant que je m’installe. Je l’avais vu faire !

Je me suis accrochée comme tout le monde disait.

Si bien que je me suis, encore, retrouvée entre les mains expertes et féminines que je connaissais.

Maintenant je savais ce qu’il allait se passer : encore une auscultation.

Ce que je ne savais pas c’est que j’aurais des médicaments à prendre. J’étais un peu rétive mais avec beaucoup de caresses de petits nez-nez et d’explications je les ai pris.

C’est le moment où je les ai entendus discuter : comment faire pour lui faire accepter une inhalation ?

Ils m’ont expliqué mais j’avoue que je n’ai rien compris.

Ils ont trouvé le truc. Retour dans ma boîte de voyage. Là je me suis dit : bizarre, d’habitude c’est pas à cette heure là, on va où cette fois ? Non, la boîte est restée dans la cuisine et moi dedans.

Devant mon nez, Elle a mis un petit bol et ça sentait drôlement bon. Il a mis une grande couverture sur la boîte et je suis restée bien sage. Au début, j’ai toussé un peu et puis ça s’est calmé. Qu’est-ce que je me sentais bien.

Les jours suivants, je savais. Après leur petit déjeuner, leur déjeuner et leur dîner, elle préparait le petit bol qui sentait si bon et j’ai pris l’habitude d’aller direct dans ma boîte.

Et je ne toussais plus !

 

 

 

Maintenant on m’appelle Chipie (3)

Le lendemain, c’était pire. Lorsque j’ai voulu sauter pour me sauver, je n’ai pas pu.

J’ai donc essayé de faire comme mon frère : grimper le long d’un poteau en ciment. Tu parles, je me suis retrouvée vite fait parterre.

Là, quand ils sont venus me prendre, je n’ai pas résisté et, cette fois, j’étais dans des bras pour de bon.

Nous avons monté les escaliers et je me suis retrouvée dans une boîte. Confortable la boîte. J’ai eu un peu peur car j’ai senti que je quittais mon coin de vie. Ça faisait un drôle de bruit et ça bougeait dans un sens et dans l’autre, mais pas trop fort.

J’ai entendu des voix que je ne connaissais pas et je me suis retrouvée dans les mains d’un homme, pas désagréables du tout, qui me tâtaient, me tournaient, me retournaient, me mettaient un truc pour écouter mon intérieur et un thermomètre pour ma température (je n’ai pas aimé du tout mais il parait que c’était nécessaire). Bref, ils disent que c’est une auscultation.
Et toc, j’ai eu droit à des piqûres. Il est adroit l’homme, je n’ai pas senti !

Il a dit : revenez dans trois jours si elle est encore là.

Pourquoi donc voulait-il que je ne sois plus là ?

Un fois rentrés, ils m’ont gardée en haut. Plus le droit de descendre. N’importe comment, j’étais tellement fatiguée que je n’ai même pas essayé.

Ils voyaient tout et, si j’avais des petits besoins à faire, les bras étaient là pour me poser à un endroit particulier.

Après tout, le fauteuil au coin du feu était confortable. Je me suis laissée faire.

Je ne pouvais ne pouvais me mettre que comme vous me voyez sur la photo sinon je toussais.

Elle venait me donner un petit peu à manger et à boire. C’était difficile, je n’avais pas de force.

Cela aussi me faisait tousser.

Les trois jours ont passé et hop, on a recommencé le voyage.

Cette fois ce n’était pas un homme mais une femme. Elle a dit : ha ! c’est la petite chatte, comme si elle me connaissait.

Puis elle m’a prise et tournée et retournée et auscultée. Vous savez, comme la première fois. Et hop, encore des piqûres.

J’ai entendu : bon on verra. Si elle s’accroche, vous revenez dans huit jours.

M’accrocher à quoi, je ne sais pas mais en définitive, je n’étais pas si mal en haut.