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Un prénom

 

Pas un prénom genre le prénom de la cour de récré de la maîtresse madame Jill Bill, non, juste un prénom normal.

Le mien m’a été donné par hasard ou presque.

Je suis née à sept mois et j’ai souvent entendu que j’avais été installée dans du coton, dans une boîte, pour que je n’aie pas froid.  En plus, j’ai été ondoyée par précaution !

A la guerre comme à la guerre. D’ailleurs, c’était la guerre.

Mon papa était en Allemagne. On était venu le chercher, dans les premiers, là où il travaillait.

Il a réussi, allez savoir comment, à rentrer en France après ma naissance avec une autorisation portant les dates de départ et de retour.

Le retour … il l’a oublié. Je me souviens de ce papier qui avait été gommé et gommé, encore et encore, jusqu’à devenir transparent. Il y avait pratiquement un trou à la place de la date de retour. Papa « a pris le maquis » comme on disait et la petite famille était recherchée.

Donc, à ma naissance, maman était dans le lit et c’est ma grand-mère qui est allée me déclarer à la mairie.

Il faisait froid, il avait neigé. Elle avait mis ses sabots et posé un gros châle sur ses épaules.

Lorsque, tout essoufflée par la marche, elle est arrivée à la mairie, et je peux dire qu’il y a une grande trotte à faire, l’employée l’a félicitée pour cette naissance, comme si c’était elle qui venait d’accoucher, et lui a demandé le prénom de la petite fille.

Là, il y a eu un grand blanc !

Ma grand-mère a dit : Je ne sais pas trop, on n’a pas eu le temps d’en parler. Lorsqu’elle était petite fille, ma fille disait toujours : si un jour j’ai une fille, je l’appellerai Josette. Alors, notez ce prénom.

 

Maman, lorsqu’elle voulait se moquer et me fâcher un peu, m’appelait Joséphine. Elle attendait ma réaction pour me dire que Joséphine était impératrice. Tu parles ce n’est pas pour cela que j’aimais !

Un prénom est un prénom. Je n’ai jamais cherché à savoir si je l’aimais ou non. C’est le mien, c’est tout.

Je n’en ai qu’un, enfin quand je dis cela … Un pour l’état civil : Josette.

Mais j’ai un prénom de baptême : Claudine, ce qui interpelle une amie.

J’ai fini par savoir, un jour pas fait comme un autre, que Maman aimait beaucoup un roman de Colette et que ce prénom venait de là.  Allez savoir, si elle m’avait déclarée … je me pose encore la question : lequel des deux prénoms aurais-je eu à l’état civil ?

Ma rentrée est faite (suite)

 

Aujourd’hui, comme les enfants hier, j’ai repris le chemin du collège.

« Mes » quatre filles m’attendaient, car, maintenant, elles m’attendent.

Tout doucement, elles avancent, elles font des progrès et je le leur ai dit. Elles prennent un peu confiance en elles, peut-être seulement avec moi, mais ça vient et je les ai fait rire en leur disant de ne pas attendre d’avoir 75 ans pour cela.

Elles m’ont même étonnée en me disant avoir lu, un peu, pendant les vacances. Une a quand même dit que c’était la lecture obligatoire. Mais la tablette ….

Je leur avais donné quatre virelangues pour s’amuser avec et en en parlant elles se sont rendu compte que ce que je leur en avais dit était vrai : il y a toujours des sons plus difficiles que d’autres à prononcer et que c’est pour tout le monde la même chose.

Une m’a dit l’avoir fait avec sa maman.

Je commence toujours la séance par un petit conte que je ne le lis pas .

Je reprends sur quelques phrases la lecture précédente et c’est elles qui s’y collent.  C’est pour cette raison que je peux vous dire qu’elles ont fait des progrès.  

Se rendre compte que les syllabes sont encore parfois difficiles à assembler, que les verbes à la troisième personne du pluriel font « an », j’ai vraiment connu cela au premier trimestre.

C’est vrai qu’aujourd’hui, il n’y a pas eu ce problème de verbes au pluriel.

Une lisait comme une machine et à toute vitesse. Là, elle a assimilé qu’elle doit se servir de la ponctuation et comprendre ce qu’elle lit au fur et à mesure.

Pour elle aussi il faudra du temps.

Pendant le premier trimestre, une des jeunes filles a fait un petit stage au CEGPA. Je ne pensais pas la revoir mais elle est là.

Comme je ne vois pas leur professeur, je n’en sais pas plus.

Les deux qui devaient nous rejoindre une fois tous les quinze jours ont joué l’Arlésienne. Comme ils ne restent pas à la cantine, il parait que les mères trouvent que cela fait une coupure trop courte pour déjeuner.

Il en faut vraiment peu

 

Un souci : mon article n’est pas parti ! Il date de la semaine dernière.

Depuis hier matin, j’ai cette chanson du dessin animé, le livre de la jungle,  dans la tête.

Peu de chose me direz-vous et pourtant … c’est tant.

Le dernier de mes petits-fils ne voulait jamais me parler au téléphone et puis … une fois, deux fois un petit peu … et hier. Son papa a été épaté de l’entendre me parler aussi longtemps.

Il faut dire que nous avions un sujet idéal : le Père Noël. Lui ne l’a jamais vu, moi si.

Alors, bien sûr, j’ai raconté !

Je le voyais écouter et réagir. Oui, nous nous parlions au téléphone, et alors …

Faites-vous votre cinéma lorsque vous êtes au téléphone et vous verrez … ça marche !

Depuis, je suis sur un petit nuage.

La rentrée

 

La rentrée s’est faite avec du conte dans une école communale pour des CP et CE1.

Nous sommes allées à leur rencontre la semaine précédente pour faire connaissance, dans les deux sens. Très bonne idée de leur “maîtresse”.

Cela nous a permis d’échanger et de répondre à leurs questions, très pertinentes d’ailleurs. Hum … à la fin des questions ils nous ont demandé notre âge !

Au rendez-vous suivant il ne nous restait plus qu’à les emmener dans l’imaginaire. Leur instit nous a laissées gérer ce petit monde sans intervenir et cela j’ai aimé.

Cette jeune femme vit dans notre village. Elle ne nous avait jamais entendues. Je l’ai rencontrée il y a peu et elle m’a demandé : bon alors, quand est-ce que vous revenez ? Cela m’a fait plaisir mais je lui ai dit que c’est à elle de choisir le moment.

La semaine suivante j’avais rendez-vous avec les CPE du collège multi sites de notre canton.

Les professeurs de français ont senti un grand besoin de donner l’envie d’ouvrir un livre aux élèves de sixième.

Du coup, chez eux, je vais faire ma rentrée le mardi qui suit les congés. C’est bientôt et je stresse déjà. Mais pourquoi suis-je ainsi ? C’est d’un ridicule !

Ce que je souhaite :  juste qu’ils comprennent que la lecture n’est pas un exercice ennuyeux.

 

 

C’était lundi, au lait.

 

Si vous m’aviez vue !

Quelle chaleur dans la salle de traite. J’ai lancé que ce serait bien de mettre la clim ! Pour qui m’a demandé le maître des lieux. Pour les vaches bien sûr !

Le lait, c’est toujours un moment de papotage. Je sais ne pas être gênante (sinon, il y longtemps qu’il m’aurait mise à la porte, dixit sa mère il y a quelques années maintenant). Nous bavardons de tout et de rien et … des vaches ! C’est drôle, je trouve souvent des questions à leur poser. Eux, je pense qu’ils sont heureux qu’on s’intéresse à leur métier.

Et la traite se fait dans la bonne humeur.

Lundi soir, après le papotage de rigueur, il n’y avait plus que les six dernières vaches à passer.

Cat va les chercher dans « l’antichambre ».

Aïe, une bouchait la porte. Elle ne voulait pas laisser passer celle qui, normalement, devait entrer la première.

Finalement, elle s’est précipitée. Du coup, elle s’est retrouvée la première et la dernière n’était pas à sa place.

Vous voyez ce que cela veut dire ? Non, peut-être pas.

Il faut que je vous dise qu’elles ont un caractère bien trempé.

Non, non, il n’y a pas eu de bagarre. Non pas de coups de queues, de pattes, de cornes (qu’elles n’ont en principe plus).

Rien de tout cela.

La première a levé la queue et cela a fusé.

Je n’ai eu que le temps de me mettre complètement dans le coin du tank à lait. Mais … mais … cela m’a rattrapé !

La dernière a dû trouver cela plutôt amusant … elle a levé la queue et … Oui, elles ont fait un concours d’envoi de bouse !

Il faut dire qu’elles sont en hauteur et que donc … 

Entre elles deux j’étais remplie de confettis ! Mouchetée du bout de mes chaussures jusqu’à la poitrine !