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C’était lundi, au lait.

 

Si vous m’aviez vue !

Quelle chaleur dans la salle de traite. J’ai lancé que ce serait bien de mettre la clim ! Pour qui m’a demandé le maître des lieux. Pour les vaches bien sûr !

Le lait, c’est toujours un moment de papotage. Je sais ne pas être gênante (sinon, il y longtemps qu’il m’aurait mise à la porte, dixit sa mère il y a quelques années maintenant). Nous bavardons de tout et de rien et … des vaches ! C’est drôle, je trouve souvent des questions à leur poser. Eux, je pense qu’ils sont heureux qu’on s’intéresse à leur métier.

Et la traite se fait dans la bonne humeur.

Lundi soir, après le papotage de rigueur, il n’y avait plus que les six dernières vaches à passer.

Cat va les chercher dans « l’antichambre ».

Aïe, une bouchait la porte. Elle ne voulait pas laisser passer celle qui, normalement, devait entrer la première.

Finalement, elle s’est précipitée. Du coup, elle s’est retrouvée la première et la dernière n’était pas à sa place.

Vous voyez ce que cela veut dire ? Non, peut-être pas.

Il faut que je vous dise qu’elles ont un caractère bien trempé.

Non, non, il n’y a pas eu de bagarre. Non pas de coups de queues, de pattes, de cornes (qu’elles n’ont en principe plus).

Rien de tout cela.

La première a levé la queue et cela a fusé.

Je n’ai eu que le temps de me mettre complètement dans le coin du tank à lait. Mais … mais … cela m’a rattrapé !

La dernière a dû trouver cela plutôt amusant … elle a levé la queue et … Oui, elles ont fait un concours d’envoi de bouse !

Il faut dire qu’elles sont en hauteur et que donc … 

Entre elles deux j’étais remplie de confettis ! Mouchetée du bout de mes chaussures jusqu’à la poitrine !

 

Un dicton

 

Je l’ai toujours entendu ainsi au village :

S’il fait beau à la fête à Chappes, il pleut à la fête à Hauteville.

Tous les ans, il y a ceux qui disent : tu parles ce n’est pas toujours vrai. Cela ne les empêche pas de scruter le ciel. Bon, ils n’ont pas tort, mais … Je dis que c’est souvent vrai.

Tous les ans, même si … tout le monde guette le ciel de la semaine d’avant et se fait ses idées quant au week-end de la Pentecôte.

Cette année, il faisait beau à la fête à Chappes !

Comme j’y tiens à ce dicton, je le dis facilement à ceux qui pensent que … cette année …

Hier, le matin le temps était lourd.

Bien sûr que ma petite voisine m’a dit que non, non, le temps va se maintenir, que le bal qui, de tous temps est en plein air, se fera au sec.

Début de soirée, une petite pluie de rien qui m’a fait dire que je n’avais arrosé que mes bacs à fleurs et que j’aurais bien fait de continuer pour les légumes mais que j’en avais plein le dos !

Fin de soirée, la pluie est arrivée.

Comme le bal commençait à 23h …

Cela ne nous a pas empêché d’entendre la musique pendant la nuit et donc de penser que certains dansaient.

Ils ont eu intérêt à se remuer car la température a drôlement chuté.

Cette année n’a pas dérogé à la règle. Les anciens savaient bien tirer des leçons de la nature.

Je n’ai jamais compris comment cela pouvait aussi bien « marcher » ce dicton.

Un sourire, un bonjour.

 

 

On en parle souvent, mais le fait-on ?

Je vis dans un petit village (environ 110 habitants). Tout le monde se connait ou presque car sont venus s’ajouter des jeunes. Hum … pas tellement, je crois quatre couples, plus un qui est là depuis quelques années mais l’homme ne doit pas savoir dire bonjour.

Amusant, plusieurs jeunes natifs du village sont revenus y vivre, mais plus chez papa/maman.

Tout cela pour vous dire que lorsque nous nous rencontrons dans la rue il y a au moins un bonjour souvent accompagné d’une bise. En principe, on prend le temps de demander des nouvelles. Cela dégénère par un brin de causette en plein milieu de la chaussée ! C’est quand même normal non, le village est à nous ! Je ne vous explique pas lorsque cela se fait en voiture, oui, oui, cela arrive aussi !

Les enfants ont eux aussi l’habitude de dire bonjour. Sauf que, souvent, arrive l’âge où on a plus envie de le faire alors on fait comme si on ne vous voyait pas. Seulement cela dure peu de temps.

Mon petit-fils aîné ne marchait pas encore qu’il racontait plein de choses aux gens qu’il croisait. Mon fils m’avait rapporté qu’une caissière qui ne faisait pas attention à lui s’est fait « rappeler à l’ordre ». Cela devait valoir son pesant de cacahuètes.

Il avait remarqué qu’ici on se dit bonjour. Cela lui semblait tellement naturel qu’un jour il a fait la réflexion qu’en ville les gens ne sont pas polis ! A l’époque, il était en maternelle.

En ville, la nôtre est petite, si je ne regarde pas où je mets les pieds par obligation, sinon c’est trop souvent le plat-ventre, je fais un sourire ou je dis bonjour, c’est plus souvent les deux,  et j’ai facilement un retour.

Comme c’est agréable ! Cela me met toujours de bonne humeur.

En plus, lorsque ce partage se fait dans les couloirs de l’hôpital … comme ça fait du bien.

 

 

Garfield, notre dernier chien.

 

 

On dirait qu’il repose sa tête sur Nini.  C’est juste qu’elle se faisait un malin plaisir à passer dessous.

 

Il vous a raconté ses débuts dans la vie. Il ne vous a pas raconté comment, après avoir fait des pattes, de la queue et de la langue, il est arrivé chez nous.

Comme vous l’avez constaté, nous avons subi un interrogatoire en règle. Mon époux s’est même entendu demander s’il était chasseur à la fin de la discussion, lorsque nous avions dit qu’il pouvait intégrer notre maison. A sa réponse négative, le soigneur nous a annoncé que s’il avait répondu par l’affirmative, le chien restait là-bas. Explication : trop de chasseurs arrivent au refuge, prennent un chien de chasse et le ramène à la fin de la saison. Encore un drôle de comportement de certains humains.

Nous suivre n’a pas été un problème, le faire entrer dans la voiture fut un peu plus difficile.

Arrivé à la maison, il a bien voulu descendre de la voiture, il a senti un peu partout autour, mais entrer au garage, car nous passons souvent par là, a été assez long.

Une fois dans le garage qui donne dans la cuisine, il a fallu laisser la porte de communication ouverte et l’inciter encore et encore pour qu’il se décide à mettre une patte dans la pièce. Ensuite, il a eu besoin de temps pour visiter. Pendant une semaine environ, il ne bougeait pratiquement pas de la cuisine et le garage a été sa chambre et l’est resté.

Il a très rapidement appris à reconnaître les intonations et n’attendait pas que la voix s’élève. Il savait !

Bien sûr que, lui aussi a fait deux trois escapades alors que nous étions en promenade avec lui car s’il levait une piste, le rappel était parfois difficile, ce qui lui a valu un empoisonnement. Heureusement que je connaissais les symptômes, il s’est retrouvé très rapidement dans la voiture et là, pour la première fois, il a vomi, c’est ce qui l’a sauvé. Comme il ne mangeait que des croquettes, et qu’il y avait du lard … il n’y a même pas eu d’auscultation pour la piqûre. Le vétérinaire a même dit tout de suite le nom du poison car cela arrivait qu’il y ait des appâts empoisonnés pour les renards.

Oui, il a été tout fou comme tout jeune chien.

Oui, cela m’est arrivé de me retrouver allongée sur le dos dans un chemin, car si je le rappelais, il arrivait à toutes pattes et juste devant moi, il sautait et se retournait. Je prenais alors son arrière train dans la poitrine et … plouf. Là, il se déchainait et c’était la rigolade et bien sûr, plus je riais, plus il continuait à me pousser et me lécher.

Il nous a fait admirer au plus près le gibier car il faisait en sorte de l’amener devant nous.

Il a été parfait avec nos petits-enfants.  Jamais il n’a montré le moindre signe de jalousie. Une chose a été un peu délicate : lui faire comprendre qu’un tout petit ne pouvait pas jouer comme lui aurait aimé, surtout que c’était un grand épagneul et que, lorsque le petit se présentait à la porte, il était tout joyeux et le montrait !

Lorsque la grosse douleur nous est tombée dessus, il a été d’une présence exceptionnelle.

Il a été mon confident, toujours à l’écoute. Il a été celui qui console ou tout au moins qui essaie encore et encore. Il se faisait encore plus tendre dans ces moments là.

Il sentait lorsque plus rien n’allait. Alors il venait et me poussait. Je m’asseyais, il posait sa tête sur mes genoux et levait son regard si doux.

A dix-sept ans, son cœur a donné des signes de faiblesse. Les sorties se sont faites de plus en plus courtes et lentes.

Le jour de sa mort, mon époux était en rendez-vous intercommunal et moi de racontée. Il a attendu que mon mari rentre.

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Notre chien Garfield

 

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Garfield est le nom qu’ils m’ont donné, il y a bientôt seize ans. Ma véto préférée n’en revient pas que je sois toujours avec eux.

Je dois reconnaître que la dernière fois que je l’ai vue, j’étais bien aise en sortant du cabinet. Elle m’avait remis sur pattes. Je ne pouvais plus marcher. Pour monter en voiture, la honte, il a fallu qu’Il me porte. Ma véto m’a fait un peu d’ostéopathie et hop.

Bon, il serait peut-être temps que je vous raconte un peu ma vie car je suis vieux et si je ne le fais pas de suite, pimprenelle me fera un hommage et ça, je n’en ai pas envie.

Il faut que je vous dise tout. Je suis un chien ramassé. Je cherchais la nourriture depuis quelques semaines et un homme est passé et m’a emmené. Je me suis retrouvé avec un compagnon d’enclos entouré d’autres enclos avec des chiens recueillis eux aussi.

J’y suis resté un petit temps et un matin, je les ai vus arriver.

Ils ont expliqué au soigneur que ce n’était pas sûr qu’ils emmènent un des pensionnaires. Ils ont fait tout le tour avec lui. Ils demandaient des renseignements. Ils désiraient un jeune et si possible qui n’ait pas mordu. Il disait qu’un jour ils auraient, ils l’espéraient, un petit enfant, et qu’il fallait un chien doux.

Ouf, heureusement qu’il y avait ce désir, car il y en avait un qui était peut-être un peu son chouchou à Lui. Je reconnais qu’il était beau ce corniaud. Mais il avait mordu, lui !

Pendant ce temps, je faisais de mon mieux pour attirer leur attention, mais Lui continuait à discuter. J’ai tellement fait de la voix et des pattes qu’elle s’est approchée. Lorsqu’elle a passé une partie de sa main à travers le grillage, je me suis dit : vas-y, fais ton cinéma et c’est ce que j’ai fait. Je sentais qu’elle était prête mais lui disait : non, tu sais que j’ai dit que je ne veux plus de chien de chasse à la maison, je ne chasse pas et je suis toujours en train de courir après.

Ils m’ont raconté par la suite, leurs mésaventures avec mon prédécesseur. Il grimpait les clôtures pour partir en vadrouille.