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Zorro

 

Oui, vous avez bien lu, je vais vous parler de Zorro. Pas le cavalier masqué, juste un chien !

Ce midi, nous avons évoqué ce chien de bateau tout cela à cause d’assiettes !

Un sacré chien Zorro. 

Il faisait partie de ces chiens jaunes d’Afrique si maigres là-bas.

Il s’était attaché, à un chef mécanicien, pendant une escale en Afrique.

Il l’a suivi à bord et y est resté.

Lorsque je suis arrivée sur les bateaux, les matelots et les ouvriers mécaniciens, les maîtres, les officiers et le commandant, le chef mécanicien et le radio avaient un carré (salle à manger) en rapport avec leur fonction.

Quand mon époux a pris sa retraite, la salle à manger était commune ! Cela n’a pas tellement plu à certains que ce soit au commandement ou aux ouvriers et matelots. Moi, je trouvais que c’était drôlement bien car nous pouvions nous côtoyer autrement.

Bref, Zorro lui n’a pas connu la salle à manger commune, son maître étant en retraite bien avant.

C’était un chien comme je n’en ai jamais connu.

Rapidement, il était devenu un gros, gros chien.

A chaque repas, il visitait chaque carré. Ce voyou connaissait tout le monde, et faisait le tour. Il savait bien qu’il y aurait toujours des morceaux de viande qui arriveraient jusqu’à sa gueule. J’ai connu des repas où la viande n’était franchement pas terrible. Zorro à ces moments là avait vite fait le tour et avalait pratiquement tous les morceaux de toutes les assiettes. Que ce soit steaks, saucisses ou même aussi morceaux en sauce. Nous nous sommes toujours demandé comment il faisait pour ne pas être malade.

Lorsque le chef débarquait pour les congés, Zorro restait à bord. C’était sa vie.

Lorsque le bateau arrivait à quai, Zorro était le premier à terre. Il n’attendait même pas que la coupée soit installée complètement. Là, il vivait une autre vie. Et si, par hasard, une petite chienne voyageait sur un autre bateau, il allait lui conter fleurette. Il est arrivé que nous le cherchions longuement avant de repartir et comme il était connu par tellement de marins on arrivait toujours à savoir où il se trouvait. Parfois, malgré tout, le navire est parti sans lui. Cela n’avait pas l’air de le traumatiser ! Aucune importance, il retrouvait le bord à une autre escale, dans un autre port. Il avait fait le bout de voyage sur un autre bateau, de la compagnie ou d’une autre compagnie.

Je vous le dis, il était incroyable !

Lorsque le chef est parti à la retraite, Zorro a mis son sac à terre. Il est devenu Breton.

Une catastrophe pour lui au début car madame chef n’a pas voulu lui acheter une vingtaine de steaks deux fois par jour ! Son boucher a eu beau lui faire de la belle petite viande, il a fait la grève de la faim et puis … il a mangé normalement.

 Il a pris sur le tard, une ligne de « jeune homme » et a vécu très longtemps.

Ce chien a eu la vie de marin que, quelque part, il avait choisie en suivant l’homme qui s’est occupé de lui.

Ils avaient un attachement profond, l’un envers l’autre. C’était formidable de les voir ensemble.

 

 

 

 

 

 

Irène

La maîtresse, madame Jill Bill nous demande d’accueillir Irène dans la cour de récré.

 

Irène

Avec ton port de reine

Il faut encore que tu la traînes

Ta traîne

Tu ne peux rien faire comme tout le monde

Pourquoi t’habiller comme Cunégonde

A la cour de récré

On n’aime pas ceux qui snobent le monde

Tu vas te faire moquer

Gare aux pieds

Qui se poseront sur ta traîne

Pour te faire t’étaler

 

Mais, je suis sûre, maîtresse, que vous allez tout faire pour que cela n’arrive pas

 

Repos !

Comme nous trouvons que le vent d’ici n’est pas celui que nous aimons, nous partons demain respirer celui de la mer en Bretagne pour une grande semaine. 

 

Rentrée

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Voilà, je suis de nouveau dans ma maison.

Un très bon séjour d’une semaine en Hongrie où nous allions pour fêter les 50 ans de mariage de ma belle-sœur et du beau-frère.

Leurs deux enfants leur avaient préparé une belle petite fête de retrouvailles avec parents et amis.

J’ai eu un grand bonheur à retrouver la famille de « là-bas » que nous ne voyons qu’occasionnellement.  C’était chaleureux, plein de partage et d’amour.

Bon, il fallait bien que cela arrive : j’ai oublié mon appareil photos dans leur maison à Szentendre. Il reviendra avec la nièce qui fait souvent des voyages sur Paris pour faire connaître des vins … hum … je ne vous dis que ça !

Malgré tout, il faudra que je ressorte de vieilles photos car nous ne sommes guère sortis, sauf pour des balades derrière chez eux et c’est plutôt nature.

Non, un soir, en ramenant une nièce à l’aéroport, nous sommes allés au marché.

C’était une première pour moi. Une découverte  et un ébahissement.

Comme je n’avais pas prévu de photos, pas d’appareil.  Heureusement que mon époux avait son téléphone, cela ne remplacera pas car j’aurais eu plaisir à vous montrer et montrer encore, j’aurais mitraillé dans tous les sens. Cela n’a rien à voir avec nos marchés, même si, le marché plus conventionnel existe aussi.

Mais aussi, une journée dans la petite ville de Mad où le neveu produit les vins dont je vous ai parlé un peu plus haut.

Le banc de scie (suite)

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C’était en septembre. Il pleuvait. Mon petit garçon avait décidé qu’il irait voir les « tontontata » à trois minutes de chez nous. Il faut dire que chez eux c’était le roi et même plus. Les « tontontata » n’avaient pas pu avoir d’enfant, alors … 

Il venait d’avoir cinq ans. J’avais décidé qu’il allait entrer à l’école et qu’il fallait le responsabiliser car, le connaissant bien, je savais qu’il ne voudrait pas que je l’accompagne jusqu’à la porte de la cour qui n’est qu’à trois minutes elle aussi.

La circulation n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Il avait mis son ciré et son chapeau de ciré bleu. Dans un sac, j’avais  glissé ses chaussons bleus, eux aussi.

Je le regardais partir avec un peu d’appréhension car c’était la première fois qu’il allait ainsi seul.

Il s’est retourné avant de traverser la rue et m’a fait un petit signe de la main. Il a fait bien attention, a regardé à gauche puis à droite, comme nous le lui avions appris, a traversé et bifurqué un peu à gauche et j’ai commencé à avancer dans la rue. Je le gardais en vue mais … surtout ne pas se faire voir. Lorsqu’il a pris sur la droite, j’ai pu avancer plus vite, puis arrivée au coin du bas de la rue de « tontontata », je l’ai vu « toquer », alors je suis rentrée chez nous.

L’heure du goûter étant arrivée, je suis partie le rechercher. Lorsque j’ai frappé à la porte, tata m’a dit tout de suite : il est reparti presque aussitôt car tonton faisait la sieste.

Alors … où pouvait-il bien être.

J’ai commencé à paniquer.

En bas de cette petite rue, il y avait le lavoir encore en fonction. J’ai foncé, j’ai ouvert la porte, mais personne.

J’ai parcouru le village, mais je ne l’ai pas vu et personne dans les rue pour me dire …

J’ai pensé à l’eau donc course jusqu’à la rivière où il aimait regarder petits et gros poissons, mais encore personne.

En revenant vers notre maison, j’ai entendu le banc de scie. Il était en route depuis le matin avec arrêt pour le déjeuner.

Lorsque mon fils était parti, le banc de scie chantait. Et là, dans la cour de la ferme, je l’ai vu, droit comme un I, son petit sac avec les chaussons dedans à la main. Il regardait attentivement les mouvements des deux hommes, un qui passait le bois, l’autre qui le passait dans la scie et les morceaux qui tombaient en tas dans la remise en attendant d’être rangés soigneusement.

 Mon cœur a explosé de soulagement et de joie mais j’ai crié très fort. Réaction idiote, mais j’avais eu tellement peur.