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N’a qu’un œil.


Je sais, le samedi n’est pas « mon jour de lait ». En ce moment je n’ai plus de jour.

Tout cela pour dire qu’hier je suis allée au lait. J’arrive à la salle de traite. Le papa se retourne et me fait signe de ne plus avancer et même de me cacher. Du coup, je pars voir les veaux. Un vient de naître. Il est encore tout flageolant sur ses pattes pourtant il ne veut pas se coucher, l’instinct de survie donne une drôle de force.

Après avoir parlé un peu avec eux (vous savez bien que je suis un peu bizarre) et grattouillé une croupe, je repars à la salle de traite où tout est normal et tranquille.

Je dis bonsoir.

Je remarque la vache qui vient de vêler. Je pose la question et oui c’est la mère de celui que je viens de voir  avec les autres.

Pendant leur travail et malgré le bruit important on discute comme d’habitude.

J’apprends le pourquoi de cet accueil pas habituel du  tout : la vache qui vient de vêler n’a pas encore l’habitude d’entrer dans la salle de traite, c’était une génisse donc c’est son premier veau et elle n’a qu’un œil. Ça, c’est une façon de parler. Elle a ses deux yeux mais ne voit qu’avec un et il fallait la guider pour cette première fois. Donc, il ne fallait pas de bruit et pas de personne étrangère au groupe des trois.

Cat m’a expliqué que, malgré la surveillance des veaux lorsqu’ils sont en pâture, cela peut arriver : le veau est piqué par un insecte au coin de l’œil et si on ne le remarque pas rapidement, un voile blanc peut se former dessus, suivi de sang et l’œil est perdu. 

Les petits soucis de la jardinière

Ah oui, au fait … des soucis il y en a plein le jardin, tout comme la bourrache, les œillets de poètes et les nigelles de Damas, qu’elles soient bleues ou blanches.

Bizarre, cette année les œillets d’inde ne se sont pas ressemés et très peu les capucines.

Tout cela se mêle joyeusement avec les légumes.

Bien obligée, oui, enfin, ça c’est plutôt monsieur qui s’en occupe, de faire un peu de place.

Quand Monsieur fait de la place … je ne reconnais plus « mon » jardin.

Avant, lorsqu’il rentrait après ses longues absences et qu’il voulait jardiner, j’avais intérêt à le suivre pas à pas.

Combien de fois ai-je demandé où se trouvait telle ou telle plante. Envolée la plante aromatique, le persil et la ciboulette, n’en parlons pas, il ne devait pas connaître du tout ! La binette avait fait son œuvre !

Maintenant, en principe, sagement, il vient me demander si oui ou non il peut arracher, biner ou mettre un coup de bêche.

Au fait, ce n’était pas du tout de cela dont je voulais vous entretenir.

Cette année il a fait chaud de bonne heure. Chaud et sec.

Lorsque j’ai semé les haricots verts, j’ai arrosé, … rien n’a levé.

J’ai fini par voir … un puis deux puis trois pieds sur tout une rangée.

J’avais semé deux « routes », du coup, j’en ai remis deux. J’ai encore arrosé, puis j’ai fini par arrêter car mes réservoirs d’eau de pluie se vidaient.

La pluie a fini par arriver. Une grosse pluie.

Le premier semis a levé. Pas le second.

En désespoir de cause, j’ai semé une troisième fois, juste un rang. Je crois bien qu’il ne restait plus grand-chose dans le paquet et j’ai dû être un peu paresseuse, du coup je ne suis pas allé « en ville » en chercher d’autres.

La pluie est revenue. Elle a mouillé la terre mais pas le dessous des feuilles des premiers. C’est dire à quel point la végétation était assoiffée.

Quelques matins plus tard … tout était sorti.

Les quatre premiers rangs ont continué à pousser, pousser. Les haricots ont tellement poussé qu’ils se sont couchés les uns sur les autres, les tiges n’étant pas assez robustes pour se dresser complètement.

Et je ne voyais toujours pratiquement pas de fleurs. Et je ne voyais pas de haricots.

Heureusement que je suis curieuse, j’ai fini par soulever les tiges et là, stupeur …. Il y avait à cueillir. J’ai cueilli, cueilli … on a cru devenir haricots ! Et ce malgré le congélateur qui a accueilli les paquets pour l’hiver.

C’est ça aussi le jardin … l’apprentissage année après année. Pas une qui ressemble à l’autre.

Le pire est que je continue à cueillir « la dernière route » qui donne encore plus que les autres !

Hirondelles

 

Chez elles comme chez nous ?

Je vous avais dit que je poserais des questions. C’est fait.

Comme certaines, certains le savent, ma petite laitière, Cat, livre aussi le pain le matin et cela lui permet de se renseigner auprès de pas mal de personnes sur les faits et gestes des hirondelles.

Déjà, dans la ferme, ils ont remarqué certains comportements qui sont, du coup, corroborés.

Il parait que, cette année, il y a du rififi chez les hirondelles.

Les couples ne sont plus ce qu’ils étaient. Le dialogue devient de plus en plus difficile et à la moindre querelle elles se battent et se séparent. Ensuite, elles restent quelques jours sans se parler et surtout sans partager le même lit, oui, enfin … le même nid.

Ce qui fait qu’on les cherche car, en plus, les voisines s’en mêlent et le pugilat devient général.

Mais que se passe-t-il donc qui puisse les rendre d‘humeur aussi belliqueuse ?

Serait-ce le réchauffement climatique !!!

J’espère que ce ne sont pas nos comportements d’humains qui déteignent.

Mais oui !

Oui, il y a une dizaine de jours, pendant une marche de fin d’après-midi, on a vraiment eu l’impression d’en voir arriver un grand groupe !

Je parle des hirondelles bien sûr.

Mais depuis, plus rien, elles devaient rester tranquillement dans les granges de la Ferme du Château.

On ne s’imagine pas … mais c’est qu’il y a du travail à leur retour : des nids à consolider, à réaménager et aussi d’autres à construire. Pensez donc, une demeure qui reste sans habitants s’abîme, donc, il n’y a plus qu’à relever ses plumes et hop, au boulot. Seulement lorsqu’elles s’échinent, on ne voit pas les grands vols, on ne les entend pas discuter sur les fils, normal, elle n’ont pas le temps !

Et puis,lundi 1er mai, dans l’après-midi,  elles se sont vraiment annoncées. Elles étaient là, sur les fils à pépier à qui mieux mieux et surtout à voler en nombre, je n’ai pas dit grand, en tournoyant, en montant et descendant. Ce qui m’a fait dire : elles attendent la pluie. Et la pluie est arrivée dans la nuit. Une petite pluie, mais quand même. Depuis, il y en a eu d’autres plus importantes.

Alors oui … elles sont bien là. Peut-être ne répondent-elles pas encore toutes : présentes ! 

Une hirondelle

 

C’était le dimanche 9 avril, comme souvent le dimanche soir, je suis allée à la ferme pour acheter mon lait.

A la fin de la traite … des vaches, pendant que Cat finissait :

de faire « sa vaisselle »

  • les seaux dont elle se sert pour donner du lait aux veaux, oui, ils sont grands mais ils sont gourmands et on ne les prive pas.
  • le bidon qui lui sert pour recevoir le lait d’une vache « à part » (une qui vient de vêler ou qui a un petit problème de santé, ça leur arrive comme à nous).

de faire « sa lessive »

  • les lavettes qui servent à nettoyer les pis des vaches, il doit y en avoir environ trente six, avant l’essuyage avec la serviette intissée pour chacune et qui est jetée à chaque usage.

d’assurer la mise en route du lavage des appareils de traite.

nous avons entendu un cri sonore « tsvouit ».

Oui !!! elle était là l’hirondelle. Attention hein, une seule.

Cet après-midi, ici, nous en avons vu une seule aussi.

Elles arrivent en « éclaireur ». A croire que le temps est encore un peu froid pour qu’elles fassent signe au gros de la troupe d’arriver en force !

Ne nous impatientons pas, nous allons vers le bon côté !