Archives

Stage clown

ma-pimprenelle-qui-n-est-pas-blanche.1JPG

 

Un drôle de stage pour des conteuses, n’est-ce pas : aller faire le clown. 

Mais non, mais non, vous n’y êtes pas.

Pourtant, cette fois, il nous a fait mettre le nez rouge. Ce nez qui ne nous a servi que de petite caméra.

Mettez en un et regardez avec …, d’accord, regarder avec un nez c’est loufoque !  Vous allez vous rendre compte que la position change automatiquement et que vous regarderez d’une autre manière. Pas évident du tout.

Aller au plus profond de ses émotions. Pas toujours facile à vivre en groupe. Surtout avec un maître qui n’est pas souvent satisfait, qui dit, tellement souvent : tu mens. Mais que c’est bon lorsqu’il dit : je te crois.

Le plus amusant dans l’histoire est que c’est un film muet ! Amusant, c’est vite dit, pour une conteuse qui n’a que ses mots.

Le stage ne consiste qu’à déambuler.

Prendre possession de l’espace, je sais le faire depuis déjà longtemps, mais marcher dans tous les sens, certainement pas. Allez écouter un conteur qui déambule sur scène et il y en a, vous me direz ce que vous aurez retenu de l’histoire. Pour moi, il reste surtout les mouvements de trop.

Bien sûr, je saurai dire : c’était l’histoire d’une princesse que son prince allait rechercher au galop de son cheval. C’est vrai, c’est ce qu’il m’est resté.

Pourtant, ce conteur, je le connais et, lorsqu’il n’est pas à cheval, je l’apprécie beaucoup.                               

S’arrêter, repartir, dans un sens, dans un autre, faire sortir : l’étonnement, le questionnement, la joie, l’incrédulité, la colère, le plaisir, la tristesse, la stupeur … enfin, toutes ces émotions que nous traversons à longueur de temps, par le regard, le mouvement du corps et surtout sans parler, on en sort cassée mais tellement heureuse.

Oui, je sais, nous sommes un peu masochistes ! Les conteurs font partie d’une drôle de race !

Pas étonnant que ma maman me disait qu’elle ne m’avait pas mise au monde pour me voir sur les planches à cet âge là, surtout que la scène, je la fuis autant que possible, je préfère les petites salles. Ce qui ne l’empêchait pas, lorsque je l’emmenais avec moi pour une racontée, de dire à ceux qui voulaient l’entendre : vous savez, c’est ma fille.

Comme nous sommes bizarres, nous les humains.

Stage clown, c’est le deuxième que nous faisons et c’est éreintant.

Pour le maître aussi, c’est difficile, car il est prévenu que nous ne voulons pas qu’il nous pousse dans la théâtralisation. Cela donne parfois des discussions assez vives.

Peut-être en parlerai-je un jour.

Comment le dire ?

ma-pimprenelle-qui-n-est-pas-blanche.1JPG

 

Je me dis, parfois, que les paroles dépassent trop souvent, la pensée. C’est ce qui vient de  passer dans ma tête.

Et voilà que mon cerveau commence à turbiner et me délivre un message auquel je n’avais jamais pensé : c’est la raison pour laquelle j’aime conter.

Dans une discussion un peu vive ou pas, la parole fuse et pour la rattraper, dur, dur.

Le conte lui, est pensé, travaillé, roulé, rodé et un jour tous les mots qui le composent trouvent leur place. Cela  ne l’empêchera pas de continuer à grossir, peut-être, s’il en a envie.

Pourtant, lui aussi, n’est que paroles, tout au moins chez moi.

On peut en dire des choses lorsque les mots sont pensés, pesés, un peu comme en écrit.

La différence : j’écris, je peux retoucher bien sûr, mais une fois envoyés, les mots sont lus et donc devenus immuables, alors que dans ma tête je peux faire des ajouts, des retraits, des changements …

Et même lorsque le conte sera donné, je pourrai le changer encore et encore et parfois même le malmener, mais toujours dans ma tête.

Et je le redonnerai encore et encore et il changera au fil des racontées parce que la parole n’est pas figée. Seulement, ses mots seront toujours pesés.

C’était ma pensée philosophique du jour !