Archives

La source

 

 

 

 ob_b5781c_le-banc

Il est encore là, le banc du Fé enneigé. Peut-être le retrouverons-nous parfois.

 

Hier matin, alors que la sophrologue nous demandait de voir un petit filet d’eau ou une cascade, le Fé du banc enneigé est venu me titiller et me souffler à l’oreille : attends, un ru ou une cascade, tu n’as pas mieux ? Rappelle-toi … un jour pendant tes vacances à la campagne. Rappelle-toi … la grand-mère des vacances avait dit : nous partons pour la journée.

 Et les souvenirs ont afflué.

 Il y avait eu la préparation du panier repas qui avait été installé aux pieds de la filleule de la grand-mère. Normal, la petite fille était encore assise dans le landau bien plus pratique qu’une poussette lorsque nous partions ainsi.

 C’était la première fois, pour moi, ce grand départ d’une journée, là-bas.

 J’ai été surprise lorsque j’ai attrapé deux bouteilles à emporter. Elles étaient bien légères. Normal, elles étaient vides. Comment boire si les bouteilles sont vides ?

 Ca y est, vous y êtes ?

 A l’Etang Neuf (on disait Neu), le petit-fils de la grand-mère et moi  avons eu la mission d’aller remplir les bouteilles. Nous avons traversé une grande pâture jusqu’au petit bois avec les deux bouteilles vides. Pas difficile, dans le petit bois, nous n’avons eu qu’à suivre un chemin très étroit, entre ronces et orties.

 Il y avait le bruit de nos pas, l’air chaud au travers des feuilles des arbres, les oiseaux qui faisaient un ramdam pas possible et un petit chant d’eau. En approchant elle était là … la source.

 Il n’y avait plus qu’à remplir les deux bouteilles. Avant de les remplir nous l’avons goûtée cette eau. Je ne vous dis pas … un vrai régal. Lorsque nous avons plongé les mains dedans, elle nous a paru tellement froide, glacée même. Lorsque nous avons bu dans nos mains elle avait un goût … hum … tiens j’en ai l’eau à la bouche en écrivant.

 En revenant à l’endroit du pique-nique,  les deux bouteilles étaient tout embuées.

Comme ce soir, hier matin,  j’ai eu le plaisir de sentir à nouveau cette eau dans ma bouche. Un savoureux moment !

 

Le fé du banc enneigé

ob_b5781c_le-banc

Merci à Eglantine dont la photo d’un banc dans la neige m’a fait souvenir d’un écrit resté dans l’ordinateur.

 

Un soir, mon amie conteuse et Belge de surcroît s’est mise à raconter des histoires de Fées et de Fés.  J’étais prise au piège de sa voix mais, à la fin de la veillée, j’ai rué dans les brancards .

– Attends, tu nous racontes des carabistouilles ou quoi ? Les Fées, je connais, j’en ai déjà rencontrées au détour de mes contes, mais des Fés…

-Mais Pimprenelle tu ne te promènes  jamais dans les bois ?

Là elle se moquait carrément ! Elle sait bien que les chemins, les bois m’entendent placer mes mots.

Lorsque j’ai vu la photo chez Eglantine, j’ai eu la surprise de voir un Fé se poser sur le banc  enneigé.  Il avait une cape verte à festons et sur la tête une cupule en guise de chapeau. Il s’est secoué. La neige avait  mis des étoiles de diamant sur son habit.

J’ai frotté mes yeux, mais il était toujours là.

Il s’est présenté.  C’était le Fé du Chêne.

Il a épousseté un peu la neige du banc et m’a demandé de m’asseoir avec lui. Non mais, il rigolait, moi, sur un banc couvert d’un édredon de neige.  J’ai repensé à mon amie et je me suis assise. Je n’ai pas eu l’impression de froid et en plus c’était très confortable, doux, moelleux.

Il m’a raconté l’histoire d’une petite fille qui, lorsqu’elle voulait avoir la paix pour coudre, prenait sa boîte à couture et grimpait dans le chêne du chemin de l’Etang Neuf. Elle se plaçait sur une branche fourchue bien confortable et jamais elle n’a voulu le dire de peur que sa maman ne lui permette plus de partir chez les « grands-parents de vacances»  qui l’hébergeaient.

Je lui ai dit : raconte encore. Il a ri et m’a répondu : plus tard, maintenant, je vais aller me réchauffer.

Alors, comme dirait mon amie, si on vous dit que les Fées et les Fés n’existent pas, bouchez-vous les oreilles.

Aujourd’hui j’ai rencontré mon premier Fé.  Merci Eglantine.

Vendredi 27 mars 2015

ma-pimprenelle-qui-n-est-pas-blanche.1JPG

 

Vendredi dernier, c’était une journée atelier conte. Toute le journée mais, heureusement, maintenant, c’est elle qui vient à nous. Avant nous avions trois heures de route à ajouter. Il n’empêche que je suis encore « sur les rotules » et je me dis qu’il y a la semaine qui vient à faire. Mais je sais qu’elle se fera comme se sont faites les précédentes !

Quand je vous dis que j’ai du mal, souvent, à me mettre à l’ordinateur, c’est simplement parce qu’un conte travaille dans ma tête, qu’il vit avec moi, ne me laisse pas vraiment en paix, même la nuit et que j’aimerais bien qu’il finisse par sortir. Pourtant, je sais qu’écrire me fait du bien, mais … 

Je cherchais un conte à travailler avec notre maître de stage, je me plaignais de ne plus rien avoir dans la tête et mon amie conteuse, il y a environ deux mois, m’a suggéré  : tu sais ta légende des cigognes.

Oui, je me souvenais effectivement,  mais comment la tirer par le bon bout. Je ne savais même plus comment je la démarrais la première fois que j’avais voulu la travailler. Si, si je savais que je faisais : clap, clap, clap et que c’était une histoire de grands oiseaux et de guerre et de deuil.

Pour un fois, j’ai repris mon livre d’enfance. Deux pages à lire et voilà, depuis elle travaille.

Celle-là aussi, je pourrai dire qu’elle  a été longue à prendre forme. Il doit y avoir une douzaine d’années que j’avais donné ma première version en atelier.  

Après le travail d’hier, il va falloir que je me force, car, malheureusement, je n’arrive pas à prendre cette habitude : Sortir je conte lorsque je travaille avec mes mains. C’est très curieux, mais les mots se mettent en place beaucoup plus aisément de cette manière. Sinon, il faut que je prenne ma posture de conteuse et là, je rouspète car je ne fais rien d’autre et je peux ne pas voir le temps passer.

Maintenant, je vais encore tâtonner un moment avant qu’elle coule harmonieusement et un jour je la donnerai.

Pas si facile de trouver où raconter maintenant  car je ne sais pas frapper aux portes alors que j’aime la relation et la discussion avec la personne qui nous demande.  

Lorsque je suis en travail ou devant le public, je ne suis plus fatiguée. Il parait même que j’ai la pêche.

Soirée plaisir

 

ma-pimprenelle-qui-n-est-pas-blanche.1JPG

 

 

 

Samedi soir,le public, ne connaissait pas le conte, donc, encore moins, une soirée contes.

Des questions nous ont été posées : qu’allions-nous raconter. Lorsque nous avons répondu qu’il y avait une histoire sur la guerre de 14/18, nous avons entendu : ah non, nous n’avons pas envie d’entendre encore parler de cela.  J’ai rassuré en disant qu’il n’y aurait pas que cela, mais que nous avions été demandées pour cela.

Et combien de temps : cinq minutes ? Non. Dix, non. Comptez au moins vingt minutes pour chaque conte.

Alors, ça fait long !

La guerre de 14/18 – le choix d’un métier – un p’tit conte de terroir – une légende.

Ils ont été formidables.  L’écoute était captive et comme c’était bon pour nous. Du coup, nous nous sommes retrouvées en état de grâce et ça, c’est un sentiment … intense, on se sent porté avec l’envie de donner plus et mieux.. Heureusement que cela arrive et même assez souvent sinon il y a longtemps que je ne conterais plus, j’ai trop le trac avant.

Mais là, nous avions le sentiment que c’était spécial. Un drôle de sentiment d’osmose.

Nous avions été demandées par une association culturelle et de sauvegarde du patrimoine.

Dans le village, il y a un four à pain dont cette association s’occupe pendant toute la belle saison.

Pour eux, c’était soirée de remerciements pour les bénévoles avec pizzas et galettes des rois que le président nous avait gentiment demandé de partager. Offre que nous avions déclinée car cela nous faisait au minimum deux heures à bavarder alors que la guerre demandait une grosse concentration à Marie-Thérèse.

Le four à pain avait été allumé pour la cuisson des pizzas et galettes mais aussi pour …

Pendant la racontée, à la fin d’un conte, quelques personnes sont parties discrètement et sont revenues une fois le dernier conte terminé avec une douzaine de tartes à suc’  que nous avons dégustées de bonne grâce avec eux.

Comme elles étaient bonnes !

On nous en a offert une pour le petit déjeuner du lendemain et je peux vous dire que nous ne nous sommes pas fait prier !

Je vous passe la conversation d’après les contes. Ce sont souvent les mêmes interrogations sur notre mémoire et pas moyen de faire comprendre que nous n’en avons pas vraiment, que nous suivons un fil et heureusement sinon le trou pourrait survenir et là … catastrophe !

Surtout, non…  pas d’apprentissage « par coeur ». Un ancien instituteur nous a dit que cela était impossible !

Le marin et la conteuse

 

Je me suis servie de Monsieur/Madame pour vous souhaiter la nouvelle année en vous disant que je vous les ferais connaitre.  Voici de quelle manière ils sont arrivés chez nous.

 

SANYO DIGITAL CAMERA

 

Il était une fois …

Un marin et une pas encore conteuse, quoique, elle parlait déjà beaucoup.

Ils se sont rencontrés, ils se sont aimés, ils se sont mariés, ils ont vécu en Normandie, en Bretagne et sont arrivés en Ardenne.

Là, ils ont pris racine dans un petit village.

Ils y vivent depuis … quarante sept ans et même un peu plus.

Toute la jeunesse de leur village, ils l’ont vue naître. Toute la jeunesse de leur village les connait.

 

 

 

SANYO DIGITAL CAMERA

 

Un jour, une toute jeune ado s’est mise en tête de confectionner des « monsieur/madame » en poterie. C’était déjà bien réussi.

Elle a offert le premier couple à ses parents, je ne pourrai pas vous  le montrer car ce qui devait être l’hiver est arrivé et ils sont rentrés se mettre au chaud.

Ensuite,  un autre est arrivé au village. Il a été positionné dans un lieu où tout le monde peut le voir, à l’embranchement de deux rues à une entrée, ou presque, du village.

 

SANYO DIGITAL CAMERA

 

 Il accueillent les arrivants.

Dans le village beaucoup ont eu envie d’avoir un exemplaire.

Du coup, on a vu des enfants en poterie arriver dans les jardins.

 Quelques années se sont écoulées. La petite lycéenne a commencé à prendre vraiment de l’assurance, à vouloir faire d’autres modèles.

Elle a créé un pompier pour signaler un point d’eau incendie.

 

SANYO DIGITAL CAMERA

 

 Nous avons offerts deux petits garçons qui sont partis égayer le jardin de la famille de notre N°2. L’ennui : je n’ai pas pris de photos.

Lorsque je lui ai proposé de faire un couple pour nous, je lui ai dit : tu te débrouilles.

J’aimerais que l’homme soit un marin c’est tout.

Nous avons beaucoup parlé.

Elle me voyait en jardinière puisque j’aime tant mon jardin.

Elle est venue voir Monsieur et elle l’a fait parler. Elle a engrangé, dans sa mémoire, tous les détails qu’elle a pu obtenir sur l’habillement.

Et, au début du mois d’Août,  elle est arrivée avec le couple.

Bon d’accord, pas facile de créer un chef mécanicien avec des pots de fleurs.

Elle a laissé parler son imagination et ma foi, même s’il n’y a pas vraiment de ressemblance dans le costume, elle a mis des petits détails qui ont comblé mon époux : une ancre marine pour le retenir à terre et  un hippocampe qui a été l’emblème de sa compagnie.

Quant à moi, ce fut la grande surprise.

Elle m’avait annoncé une jardinière, elle en a fait une conteuse avec ce qu’elle sait de moi en tant que conteuse.

Elle a représenté le conte par un livre et une fée, elle a peint une clé de sol car elle m’a entendu chanter dans certains contes. Vraiment, je crois que tout est à admirer. 

 

SANYO DIGITAL CAMERA