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29 juin 2013

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 Vous avez bien lu : 2013

Hier, nous étions deux à nous présenter chez un particulier, peut-on dire une particulière ?

Nous avons conté au salon.

La dame qui nous a demandées nous avait déjà entendues et savait comment organiser. Si dans un salon on se serre cela n’empêche pas la bonne écoute. Il suffit d’ouvrir en grand ses oreilles.

Ils étaient une dizaine, accompagnés, pour certains, de leurs enfants.  N’allez pas imaginer des petits, non des enfants adultes.

Ils se connus à l’université, je crois, et chaque année ils se retrouvent chez l’un ou l’autre mais jamais chez le même. Ils habitent aux quatre coins de France et c’est le moyen qu’ils ont trouvé pour se retrouver tous ensemble.

Ils savaient qu’ils allaient écouter des contes et comme ils ne connaissaient pas plus que cela, ils étaient impatients de nous entendre.

Nous avions préparé quatre contes légers et nous étions étonnées de ne pas entendre de rires.

Je remarquais des visages attentifs.  Certains étaient très détendus, d’autres avaient le sourire mais de rires point et je me demandais si nous avions bien ciblé nos contes. 

Pour les deux derniers contes, là, il y a eu une grosse détente. Des rires ont fusé !

Après la racontée, nous avons eu l’explication :  notre hôtesse avait tellement peur que ses amis soient un peu indisciplinés avec rigolades et interruptions, qu’elle leur avait fait la leçon et demandé le silence complet.

Avant notre départ, nous avons eu droit au champagne.

L’heure du conte a très vite passée

Un vrai bon moment de conte, avec des personnes à l’écoute et je ne dis pas cela à cause du champagne !.

le conte dans ma vie. (une suite qui n’en est pas une)

 

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Trop souvent nous entendons : le conte, c’est pour les enfants.

Pourtant, souvent on nous parle des veillées chez le anciens. Mais on ne se souvient pas que les enfants écoutaient et entendaient les contes qui parlaient de la vie.

Peut-être parce qu’on ne se souvient, maintenant que des films de Walt Disney qui sont pour les enfants, n’est-ce pas, sans voir ce qui se cache dans ces films. 

Pas étonnant, la sœur de Cendrillon ne se retrouve pas avec un talon coupé pour pouvoir entrer son pied dans la pantoufle de vair comme dans le livre, ça ferait désordre, pour les adultes, de voir le sang couler.

Malgré tout, certains films de Walt Disney font pleurer, certains passages font peur aux enfants …

Lorsque j’ai lu ce conte (Cendrillon) au pôle scolaire, une petite de 11 ans était horrifiée, alors que le copain qui avait lu du Grimm se moquait d’elle. Je dis bien lu. Je n’ai pas conté. D’ailleurs il faudrait, peut-être que je mette du Grimm dans ma besace.

Avec d’autres contes, elle a touché du doigt la vie.

Je me souviens d’une soirée pendant laquelle la conteuse a emmenés ses  auditeurs dans des contes de Grimm tous plus horribles les uns que les autres. Pourtant, la bibliothèque, pendant cette soirée, a entendu beaucoup d’éclats de rires.

Nous en avons parlé tout le long du retour et, malgré le temps passé, nous en parlons encore.

Dire qu’à la fin d’une de nos soirées, nous avons entendu un sénateur nous dire : mesdames, c’était très bien. Les contes, étaient « gentillets ».

Il ne doit pas savoir écouter et entendre tout ce qui se dit dans un conte. Dommage qu’il ne puisse véhiculer que cette réflexion.

Il n’a pas entendu toute la violence cachée : la violence des hommes.

J’en donne un qui parle de racisme et qui fait tellement rire, qu’à un moment je ne voulais plus le raconter. Le rire arrive comme un soulagement. 

Même certains contes que je qualifie de « légers » parle de l’hypocrisie de la société.

Le conte est une leçon de vie. 

 

 

 

 

Le conte dans ma vie (6)

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Ah mes amies et amis, quand je vous le disais que j’écris et que je garde. J’avais commencé ce récit il y a à peu près trois ans : le conte dans ma vie et cet article est le dernier de cette suite que j’ai écrite. Le problème pour vous, si vous n’avez pas lu le début, il faudra, peut-être retourner en arrière.

 

Le doigt, non, la voix était mise dans l’engrenage. Je ne savais pas que 17 ans plus tard je conterais encore en disant si souvent : j’arrête tout, tellement j’ai du mal à vivre avec ce trac pendant plusieurs jours avant une racontée.

Nous avions décidé de nous retrouver après cette veillée pour échanger nos ressentis. Ce qui a été fait en septembre 1996.

Nous avions laissé passer 3 mois pendant lesquels nous avions trouvé des lieux pour raconter. A commencer par une veillée organisée par une stagiaire, pour une « ruche » pendant les vacances. Cette veillée, elle l’avait proposée chez elle, dans son jardin.

En septembre, nous avions décidé de fonctionner « comme cela » pendant un an, après quoi nous prendrions une décision.

Nous avions pris tellement de plaisir pendant cette année qu’en Novembre 1997, l’Association Contes et Veillées était créée.

A ce moment là, nous n’étions déjà plus que huit conteuses, chacune ayant pu se rendre compte du travail, du temps passé, des kilomètres à parcourir, de l’exigence du conte.  Puis, tout doucement, les rangs se sont resserrés. Nous sommes maintenant trois conteuses « accro ».

Avec le conte, il faut toujours batailler pour pouvoir être présentes dans notre vie, c’est un peu comme le blog!

Lorsqu’il m’habite, il n’y en a que pour lui dans ma tête. Que ce soit de jour ou de nuit.

Il y en a qui rêvent ou écrivent pendant ces fameuses nuits où je me raconte une histoire qui, parfois, ne veut pas se mettre en place comme je le veux.

Cela peut demander très longtemps avant que je décide de le présenter devant un maître de stage pour avoir une oreille différente, une oreille « neuve ».

Entre nous, nous nous écoutons et entendons tant de fois qu’il nous faut beaucoup d’attention pour pouvoir dire : tiens, ici, j’ai décroché ; ou même : il faudrait peut-être que tu revois le passage, il ne sonne pas bien.

 

 

Nos petits avatars

 

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Rappelez-vous, c’était le 13 juin 2015 et le titre était : contes en forêt.

Je vous avais parlé d’un petit couac au moment où mon amie commençait son conte pour la deuxième partie de l’après-midi.

Depuis que je conte, en association, il nous est arrivé beaucoup de petits avatars et j’ai envie d’essayer de vous emmener avec nous pendant ces moments.

En principe, ils ont été amusants même si cela nous faisait rouspéter un peu après la racontée, pendant le voyage de retour. Car oui, pour raconter, nous avons beaucoup voyagé mais en nous arrangeant toujours pour pouvoir rentrer chez nous pour la nuit, même si elle était bien avancée.

Je dis amusants en principe … mais vous verrez que … pas tous.

Je ne sais pas encore comment je vais m’y prendre car nous, nous avons vécu les situations pendant la racontée alors que vous, vous n’aurez que mes mots pour vous donner juste l’endroit et j’espère l’ambiance.

Il y a, bien sûr, les classiques ceux qui , lorsqu’on en parle trouvent toujours un écho chez les conteuses (eurs).

Je ne daterai pas car il me faudrait reprendre les copions (les cahiers avec la date et les contes pour chaque racontée). Et aussi parce qu’ils arrivent dans le désordre à ma mémoire.

 

Un arbre , une vie

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Une année, les tempêtes ont sévi.

Cette année là, l’arbre était en fleurs,

Cette année là, l’arbre s’est couché.

Cette année là, elle a eu l’impression d’être cassée

Cette année là, l’arbre n’a pas voulu être relevé.

Cette année là, elle ne pouvait plus avancer.

Cette année là, l’arbre a donné des fruits.

Cette année là, elle attendait.

L’année suivante, l’arbre a donné des fruits comme jamais.

L’année suivante, elle a reçu un cadeau de vie.

La troisième année, l’arbre s’est creusé.

La troisième année, elle se sentait tellement vide.

La quatrième année, des mésanges bleues sont nées dans le trou de l’arbre.

La quatrième année, elle marchait, mais une jambe traînait.

La cinquième année, l’arbre est mort.

La cinquième année, elle a recommencé à vivre tout doucement.

Les années suivantes, s’est elle qui s’est redressée doucement.

Elle est debout.