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Maman n’a pas volé de voiture, mais …

Fanfan avait publié un article : j’ai essayé de voler une auto.

Maman n’a pas volé de voiture. Elle a juste emprunté le monsieur qui était au volant.

Comme tous les vendredis après-midi, maman allait faire ses commissions au centre-ville. Papa était chargé de l’attendre Place de la Mairie lorsqu’il sortait du travail.

Ce vendredi-là, j’étais avec elle.

Nous revenions chargées comme des baudets. Un petit crachin pas chaud du tout tombait. Les lampadaires étaient allumés et nous avions hâte d’arriver sur la place pour nous mettre à l’abri.

Des yeux, je cherchais la voiture.

Maman filait déjà. La voiture, elle l’avait repérée.

Elle a ouvert le coffre. Elle a chargé ses paniers et elle est montée en voiture, à côté du monsieur qui lisait son journal.

Lequel monsieur qui n’a pas tourné la tête n’a pas eu droit au bonjour et s’est fait copieusement disputer parce qu’il ne l’avait pas aidée à ranger les commissions dans le coffre de la voiture.

Et lui la laissait parler !

Et moi, de loin, je rigolais.

Papa, garé deux, trois voitures plus loin avait vu le manège et lorsqu’il est sorti de voiture, lui aussi rigolait.

La tête de Maman lorsqu’elle nous a vus tous les deux, et que le monsieur a baissé son journal avec un plus que sourire en coin !

J’imagine encore sa tête si, comme d’habitude, elle s’était penchée vers le conducteur sitôt assise et qu’elle lui ait fait le bisou ! (oh que j’aurais aimé, oui, je sais je ne suis pas gentille du tout du tout !).

Et, si la femme du Monsieur était arrivée ?…

 

 

Un parallèle

Je viens de lire, bien sûr, comme souvent, avec du retard, un article de 2009 de Quichottine qu’elle a republié le 1er mars 2017 “Le monde où nous vivons”. (sur : http://quichottine.fr./?p=4364). Difficile de ne pas réagir. Depuis 2009 cela n’a pas changé en mieux.

Je dis souvent que depuis que je suis devenue conteuse je me désespère de l’humain.

Quand on travaille un conte repris du collectage, on peut avoir les cheveux qui se dressent sur la tête tellement on tombe en plein sur notre époque. Bien sûr, on ne vit plus du tout de la même manière, mais … c’est effarant.

D’un conte millénaire, on peut faire un conte urbain.

Qu’on se le dise.

Je rigole quand on vient nous dire que le conte ce n’est que pour les enfants et que c’est gentillet (parole d’un sénateur).

Est-ce que certaines personnes savent écouter et entendre ?

Oui, je le dis que je désespère de l’humain, pourtant j’ai tellement envie de transmettre ce patrimoine de contes en me disant qu’il y aura bien au moins une personne dans l’assistance pour adhérer et d’autres que cela pourra faire avancer, que je continue depuis vingt et un ans.

Je vous donne simplement un exemple : j’ai lu, un soir un conte turc, je crois, à mes deux petits enfants aînés, ils avaient environ sept et dix ans. Une histoire entre un sultan, son grand vizir et Nashrédine, si je me souviens bien.

Une histoire d’argent, de sous, de pari !

A un repas de Noël, je donne un conte urbain. Histoire d’argent, de sous, de pari entre une grand-mère, un banquier et un huissier. L’aîné de mes petits enfants se met à rire et dit : mais Grand-Mère, c’est l’histoire de Nashrédine ça ! Les années avaient pourtant passé.

Croyez-moi, je n’avais même pas fait la relation.

Alors oui, de l’avoir entendu faire un parallèle, cela m’a donné de l’espoir.

Les contes dans lesquels, parfois, on rentre de l‘humour ou de la franche rigolade ont souvent un impact plus grand. C’est ce que j’ai constaté.

C’est un exercice assez difficile.

Merci Quichottine de nous faire réagir et réfléchir sur le devenir de nos petits-enfants, de notre planète, de l’humanité.

 

les centimètres.

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Je viens de lire une réponse à un commentaire sur un article chez Passion. Du coup, j’ai envie de mettre en mots des questions que je me suis posée,  bêtement, pendant un moment.

Nous avons eu la cuisine, il y aura bientôt quarante ans.

Un artisan, proposé par un de mes beaux frères, a été retenu. Avec lui, les échanges ont été longs mais fructueux.

Mon époux et moi avions discuté de cette cuisine dont je rêvais.  

Même si ce n’était pas  SA pièce nous la désirions chaleureuse, un peu cuisine de campagne dans laquelle on a envie de cuisiner mais aussi d’y prendre les repas et même d’y recevoir certaines visites lorsque le temps est un peu boueux car chez nous, à cette époque, les betteraves occupaient beaucoup de terres et le maïs commençait à s’implanter.

En fin de compte, on doit s’y trouver vraiment bien car on y reste souvent pour discuter, et pas que nous, peut-être la paresse de se lever pour changer de pièce !

Donc, cette cuisine que je voulais pleine de tiroirs a été fabriquée à ma taille. Je voulais pouvoir poser ou attraper les boîtes de rangement jusque sur la plus haute étagère. Je m’étais même arrangée pour tricher un peu et, du coup, je pouvais prendre et poser les objets de décoration sur les meubles.

Il y a quatre ou cinq ans, je me suis mise à pester parce que je n’arrivais plus à prendre les objets pour les nettoyer, il fallait que je monte sur le marche pieds. Et puis, tout doucement, la dernière étagère n’a plus été, elle aussi, à ma main. Il me fallait me mettre sur la pointe des pieds.

Le truc amusant, je n’ai jamais pensé que je perdais des centimètres.

L’année dernière, le médecin a dû trouver un truc bizarre à mon squelette, toujours est-il qu’elle m’a fait passer à la toise. Résultat, il me manque cinq centimètres.

C’est idiot, mais ça m’a fichu un coup. Pourtant, je sais bien que chacun rapetisse et je l’avais déjà constaté dans la famille, mais là, c’était moi.

Je me dis parfois que je suis bizarre dans ma tête et cela en est une preuve.

 

 

Ca arrive.

 

 

Ce matin, j’ai lu un article de Passion qui parlait d’un colis qui lui a été envoyé en Chronopost, lequel colis s’est promené dans les villages autour de chez elle sans jamais trouver le sien qui était bel et bien inscrit sur le paquet. 

Bien sûr c’était quelques jour avant Noël ! A croire qu’il faille expédier un colis un an à l’avance. Et encore, rien n’est sûr !

Je lui raconte donc qu’à la ville voisine qui dessert, entre autre, notre village, il a été demandé aux habitants si ils seraient d’accord pour aller chercher leurs lettres et/ou colis  à trois/quatre kilomètres de la ville, en cas de neige ou verglas.

Sachant que, pour nous, le lieu est situé complètement à l’opposé de l’entrée de la ville alors que nous avons déjà treize kilomètres à parcourir pour y arriver.

Si j’ai bien tout compris, La Poste préfère que nous ayons l’accident plutôt que leurs employés.

D’accord, je préfère qu’il n’y ait pas d’accident du tout, mais quand même ! …

Ce midi, je faisais part à mon époux de l’article de Passion et du coup, il me lance que La Poste va créer un service déménagements !

J’ai éclaté de rire et lui ait dit : attention aux meubles ! Si celui qui déménage attend après eux pour se nourrir et se coucher, il risque d’être obligé d’aller au restaurant et à l’hôtel.

Je sais, je l’ai lu, Chronopost est privé tout en faisant toujours partie de la poste. Donc, le “déménagement” sera dans le même cas. Y comprenne qui pourra. Moi, je dois avoir les neurones frigorifiés !

 

 

Echo à j’ai testé : l’idiot du village

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En écho à un article de Florence : j’ai testé : l’idiot du village (je crois).

C’était ma dernière année de communale, l’année de la préparation pour l’entrée en sixième lycée, au collège ou la continuation jusqu’au certificat d’études.

Maman avait choisi pour moi. C’était entrée en sixième lycée. Et j’ai choisi un lycée mixte. La raison, à Hélène Boucher, c’était chaussettes blanches, chemisier blanc, jupe plissée bleu marine, veste bleu marine, chaussures noires et je savais que la bourse de mes parents ne serait pas assez grosse pour cela.

Nous avions une très bonne institutrice, un peu bohème ma foi. Elle ne faisait absolument pas attention à ses vêtements qui pouvaient être en mélange de couleurs heurtées. Cela ne la gênait pas de venir en classe avec un ourlet décousu, les cheveux un peu en bataille. Maman disait qu’elle s’habillait comme l’as de pique.

Un jour d’examen blanc, lorsque l’heure  du déjeuner a sonné, notre institutrice a demandé de poser les plumes et de venir déposer les  feuilles  au bureau.

Après m’être habillée, je repassais devant la classe. A ma hauteur les vitres qui donnaient sur le couloir. Là, oh stupeur, j’ai vu une camarade à son pupitre, la feuille devant elle et la maîtresse à côté.

Je n’ai pas dû dire grand-chose ce midi là à table. Je n’ai pas dû, non plus, écouter grand-chose des chroniques et feuilleton radiophoniques de ce  moment. Je mâchais et remâchais cette injustice qui nous était faite à nous toutes, toutes celles qui avaient obéi.

Je suis repartie à l’école toujours en ébullition. Lorsque je suis entrée en classe, je me suis plantée à côté du bureau. Bien sûr, l’institutrice est entrée la dernière et m’a demandé ce que je voulais. Elle n’aurait pas dû. Sans réfléchir, j’ai sorti tout ce qui me pesait sur le cœur depuis une heure et demie. Cela s’est terminé par : ce n’est pas parce que les parents de … sont volaillers et que  samedi vous aurez  votre poulet gratuit qu’il faut être injuste comme cela.

J’ai vu qu’elle encaissait le coup.

Bien entendu, maman a été convoquée. Devant madame la directrice, elle m’a sermonnée en disant que ce n’était pas bien élevé, que cela ne se disait pas (donc cela se pense).  Mais le soir papa a convenu que je n’avais pas tout à fait tort.

Cela m’a rendue plus forte.