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Un parallèle

Je viens de lire, bien sûr, comme souvent, avec du retard, un article de 2009 de Quichottine qu’elle a republié le 1er mars 2017 « Le monde où nous vivons ». (sur : http://quichottine.fr./?p=4364). Difficile de ne pas réagir. Depuis 2009 cela n’a pas changé en mieux.

Je dis souvent que depuis que je suis devenue conteuse je me désespère de l’humain.

Quand on travaille un conte repris du collectage, on peut avoir les cheveux qui se dressent sur la tête tellement on tombe en plein sur notre époque. Bien sûr, on ne vit plus du tout de la même manière, mais … c’est effarant.

D’un conte millénaire, on peut faire un conte urbain.

Qu’on se le dise.

Je rigole quand on vient nous dire que le conte ce n’est que pour les enfants et que c’est gentillet (parole d’un sénateur).

Est-ce que certaines personnes savent écouter et entendre ?

Oui, je le dis que je désespère de l’humain, pourtant j’ai tellement envie de transmettre ce patrimoine de contes en me disant qu’il y aura bien au moins une personne dans l’assistance pour adhérer et d’autres que cela pourra faire avancer, que je continue depuis vingt et un ans.

Je vous donne simplement un exemple : j’ai lu, un soir un conte turc, je crois, à mes deux petits enfants aînés, ils avaient environ sept et dix ans. Une histoire entre un sultan, son grand vizir et Nashrédine, si je me souviens bien.

Une histoire d’argent, de sous, de pari !

A un repas de Noël, je donne un conte urbain. Histoire d’argent, de sous, de pari entre une grand-mère, un banquier et un huissier. L’aîné de mes petits enfants se met à rire et dit : mais Grand-Mère, c’est l’histoire de Nashrédine ça ! Les années avaient pourtant passé.

Croyez-moi, je n’avais même pas fait la relation.

Alors oui, de l’avoir entendu faire un parallèle, cela m’a donné de l’espoir.

Les contes dans lesquels, parfois, on rentre de l‘humour ou de la franche rigolade ont souvent un impact plus grand. C’est ce que j’ai constaté.

C’est un exercice assez difficile.

Merci Quichottine de nous faire réagir et réfléchir sur le devenir de nos petits-enfants, de notre planète, de l’humanité.

 

les centimètres.

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Je viens de lire une réponse à un commentaire sur un article chez Passion. Du coup, j’ai envie de mettre en mots des questions que je me suis posée,  bêtement, pendant un moment.

Nous avons eu la cuisine, il y aura bientôt quarante ans.

Un artisan, proposé par un de mes beaux frères, a été retenu. Avec lui, les échanges ont été longs mais fructueux.

Mon époux et moi avions discuté de cette cuisine dont je rêvais.  

Même si ce n’était pas  SA pièce nous la désirions chaleureuse, un peu cuisine de campagne dans laquelle on a envie de cuisiner mais aussi d’y prendre les repas et même d’y recevoir certaines visites lorsque le temps est un peu boueux car chez nous, à cette époque, les betteraves occupaient beaucoup de terres et le maïs commençait à s’implanter.

En fin de compte, on doit s’y trouver vraiment bien car on y reste souvent pour discuter, et pas que nous, peut-être la paresse de se lever pour changer de pièce !

Donc, cette cuisine que je voulais pleine de tiroirs a été fabriquée à ma taille. Je voulais pouvoir poser ou attraper les boîtes de rangement jusque sur la plus haute étagère. Je m’étais même arrangée pour tricher un peu et, du coup, je pouvais prendre et poser les objets de décoration sur les meubles.

Il y a quatre ou cinq ans, je me suis mise à pester parce que je n’arrivais plus à prendre les objets pour les nettoyer, il fallait que je monte sur le marche pieds. Et puis, tout doucement, la dernière étagère n’a plus été, elle aussi, à ma main. Il me fallait me mettre sur la pointe des pieds.

Le truc amusant, je n’ai jamais pensé que je perdais des centimètres.

L’année dernière, le médecin a dû trouver un truc bizarre à mon squelette, toujours est-il qu’elle m’a fait passer à la toise. Résultat, il me manque cinq centimètres.

C’est idiot, mais ça m’a fichu un coup. Pourtant, je sais bien que chacun rapetisse et je l’avais déjà constaté dans la famille, mais là, c’était moi.

Je me dis parfois que je suis bizarre dans ma tête et cela en est une preuve.

 

 

Ca arrive.

 

 

Ce matin, j’ai lu un article de Passion qui parlait d’un colis qui lui a été envoyé en Chronopost, lequel colis s’est promené dans les villages autour de chez elle sans jamais trouver le sien qui était bel et bien inscrit sur le paquet. 

Bien sûr c’était quelques jour avant Noël ! A croire qu’il faille expédier un colis un an à l’avance. Et encore, rien n’est sûr !

Je lui raconte donc qu’à la ville voisine qui dessert, entre autre, notre village, il a été demandé aux habitants si ils seraient d’accord pour aller chercher leurs lettres et/ou colis  à trois/quatre kilomètres de la ville, en cas de neige ou verglas.

Sachant que, pour nous, le lieu est situé complètement à l’opposé de l’entrée de la ville alors que nous avons déjà treize kilomètres à parcourir pour y arriver.

Si j’ai bien tout compris, La Poste préfère que nous ayons l’accident plutôt que leurs employés.

D’accord, je préfère qu’il n’y ait pas d’accident du tout, mais quand même ! …

Ce midi, je faisais part à mon époux de l’article de Passion et du coup, il me lance que La Poste va créer un service déménagements !

J’ai éclaté de rire et lui ait dit : attention aux meubles ! Si celui qui déménage attend après eux pour se nourrir et se coucher, il risque d’être obligé d’aller au restaurant et à l’hôtel.

Je sais, je l’ai lu, Chronopost est privé tout en faisant toujours partie de la poste. Donc, le « déménagement » sera dans le même cas. Y comprenne qui pourra. Moi, je dois avoir les neurones frigorifiés !

 

 

Echo à j’ai testé : l’idiot du village

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En écho à un article de Florence : j’ai testé : l’idiot du village (je crois).

C’était ma dernière année de communale, l’année de la préparation pour l’entrée en sixième lycée, au collège ou la continuation jusqu’au certificat d’études.

Maman avait choisi pour moi. C’était entrée en sixième lycée. Et j’ai choisi un lycée mixte. La raison, à Hélène Boucher, c’était chaussettes blanches, chemisier blanc, jupe plissée bleu marine, veste bleu marine, chaussures noires et je savais que la bourse de mes parents ne serait pas assez grosse pour cela.

Nous avions une très bonne institutrice, un peu bohème ma foi. Elle ne faisait absolument pas attention à ses vêtements qui pouvaient être en mélange de couleurs heurtées. Cela ne la gênait pas de venir en classe avec un ourlet décousu, les cheveux un peu en bataille. Maman disait qu’elle s’habillait comme l’as de pique.

Un jour d’examen blanc, lorsque l’heure  du déjeuner a sonné, notre institutrice a demandé de poser les plumes et de venir déposer les  feuilles  au bureau.

Après m’être habillée, je repassais devant la classe. A ma hauteur les vitres qui donnaient sur le couloir. Là, oh stupeur, j’ai vu une camarade à son pupitre, la feuille devant elle et la maîtresse à côté.

Je n’ai pas dû dire grand-chose ce midi là à table. Je n’ai pas dû, non plus, écouter grand-chose des chroniques et feuilleton radiophoniques de ce  moment. Je mâchais et remâchais cette injustice qui nous était faite à nous toutes, toutes celles qui avaient obéi.

Je suis repartie à l’école toujours en ébullition. Lorsque je suis entrée en classe, je me suis plantée à côté du bureau. Bien sûr, l’institutrice est entrée la dernière et m’a demandé ce que je voulais. Elle n’aurait pas dû. Sans réfléchir, j’ai sorti tout ce qui me pesait sur le cœur depuis une heure et demie. Cela s’est terminé par : ce n’est pas parce que les parents de … sont volaillers et que  samedi vous aurez  votre poulet gratuit qu’il faut être injuste comme cela.

J’ai vu qu’elle encaissait le coup.

Bien entendu, maman a été convoquée. Devant madame la directrice, elle m’a sermonnée en disant que ce n’était pas bien élevé, que cela ne se disait pas (donc cela se pense).  Mais le soir papa a convenu que je n’avais pas tout à fait tort.

Cela m’a rendue plus forte.

 

 

Adoption

 Passion nous demande d’offrir des mots pour Noël; Je vous offre ceux-là.

 

 Trois ans. Déjà trois années qu’ils se sont dit : nous n’en aurons plus. Ils parlaient de chien.

Le dernier avait le cœur malade et, arrivé au bout de sa vie, il avait fallu faire le nécessaire pour lui éviter l’embolie pulmonaire et la grande souffrance.

Mais, au bout de ses trois années, ils ont commencé à se donner des raisons qui n’en étaient pas (genre : pour  la promenade, c’est quand même mieux, alors qu’ils pestaient l’un comme l’autre de ne pouvoir détacher ce chien sous peine de ne pas le revoir, avant … longtemps). L’entourage souriait dans sa barbe.

Et ils en ont parlé de plus en plus. Lui prévenait : plus jamais de chien de chasse.

Un jour de juillet, ils ont décidé d’aller faire un tour à l’ASAPA. Comme cela, juste pour voir. Leurs chiens d’avant étaient tous des abandonnés, alors pourquoi ne pas y aller.

Il ont discuté avec l’homme qui s’occupait  du chenil. Ils ont fait connaissance avec un vieux berger allemand sans crocs, son maître un jour où il était trop parti pour se rendre compte de ce qu’il faisait ou simplement par méchanceté, les lui avait arrachés. Comment avait-il pu réussir ce tour de force sur un animal  pareil, grand mystère, soit il l’avait endormi, soit il l’avait assommé. Toujours est-il qu’il était prévu finir ses jours au chenil (le berger allemand, pas le maître. Peut-être que cela ne lui aurait pas fait de mal !).

Et ils ont commencé à faire le tour. Monsieur  expliquait qu’il préférerait  un jeune qui n’avait jamais mordu car il pensait qu’un jour, un petit enfant serait là dans les pattes du chien, que non ils n’étaient pas pressés, que c’était juste des renseignements, qu’ils étaient venus pour voir.

C’était sans compter sur un chien, un adorable épagneul breton de grande taille, avec une grande queue. Elle s’était approchée un peu trop près du grillage, il s’était dressé, avait passé son museau sorti la langue et essayait de mordiller, de lécher.

Monsieur disait, non, pas de chien de chasse.

Alors ils sont passés. L’épagneul a fait le gros malheureux. Il s’est couché, il a pleuré, il a fait des yeux pas possibles. Mais non, Monsieur avait dit non.

Et il y a eu un autre chien qui a attiré le regard de Monsieur. Lui aussi ne demandait qu’à sortir de l’enclos. Cela allait lui arriver, c’était sûr, surtout que Madame était d’accord. Mais l’homme du chenil a dit que celui-là avait mordu son maître un jour de bagarre entre homme et chien.

Ils sont repassés devant l’épagneul qui s’est dit : ça y est, c’est bon. Mais non, ils sont partis … jusqu’à la sortie, en discutant. N’importe comment disait Monsieur ce n’était pas pour maintenant. Madame répondait : d’accord mais l’épagneul avait l’air si doux et si affectueux.

Et voilà, ils ont tourné les talons, sont rentrés, ont signé des papiers. L’homme du chenil leur a confié le chien, alors qu’il n’était pas encore tatoué, sous condition que le vétérinaire les voit arriver rapidement.

 

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Le chien n’a pas fait de difficultés pour monter en voiture. Arrivé devant la maison, il n’a pas osé entrer. Doucement, il est passé au garage, puis, encore doucement, il a bien voulu faire ses premiers pas dans la cuisine.

Il a été tatoué. Il a eu un nom Garfield. Rapidement, les enfants lui ont expliqué que, décidément, les adultes de cette maison étaient un peu farfelus pour lui donner le nom d’un chat.

 Ce chien observait, écoutait les conversations. Jamais il n’y a eu à élever la voix. Il était incroyable.

Il leur a permis de voir de tout près des animaux sauvages, à presque les toucher (une trentaine de centimètres).  Son plus grand plaisir aurait certainement été de partir à la chasse, mais pas de chasseur dans la famille.

Un petit enfant est né. Il s’est fait rouler par terre par le chien.

 Il a partagé d’une manière extraordinaire leur vie. Du plus grand bonheur au plus grand malheur, il a été là. Il sentait, il devinait quand il devait venir faire la fête ou consoler.

Incroyable chien. La photo a été prise peu de temps avant son saut de l’autre côté de  la vie.

Garfield a été un vrai cadeau de la vie.