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Les fils électriques

Je viens de chez Passion qui disait qu’elle avait préparé le repas avant de partir car les fils électriques n’étant toujours pas enterrés, il risquait d’y avoir une coupure de courant à cause du vent.

Cela m’a rappelé le temps où, ici aussi, il suffisait d’avoir du vent un peu fort et … plus de courant. De ce fait nous avions un stock de bougies (j’en ai d’ailleurs encore !).  Dans le village l’électricité avait été refaite (toujours sans fils enterrés), mais pas dans notre rue.  Nous n’avons jamais su pourquoi. Normal ? Peut-être car notre maison est la seule de la rue, avec, maintenant, le numéro 1 à la porte. 

Nos enfants ont grandi, ils avaient l’habitude du recours à la bougie et au manque de télévision.

Notre fils aîné vivait en couple et venait pratiquement chaque fin de semaine à la maison. Depuis un moment, ils avaient pris l’habitude de repartir le dimanche soir après le dîner, car la route passait par un village en longueur avec un feu. La circulation devenant de plus en plus dense, ils trouvaient le temps bien long pour parcourir les cinquante kilomètres.

C’était l’été. Ce dimanche soir là, la nuit était tombée. Nous discutions tranquillement. Mon fils a appuyé sur l’interrupteur des appliques de la cuisine et plouf … plus de courant dans la maison, tout avait sauté.

Pas de vent donc un petit problème à régler. A cette époque, j’avais l’habitude de régler les problèmes domestiques seule. Je vais au disjoncteur … rien. J’appelle le fils qui contrôle … rien. Je vais chercher mon père qui habitait à quelques maisons de nous, il contrôle aussi … rien. Constatation de nous trois : cela ne vient pas de la maison.

Donc, coup de fil à EDF. L’homme d’astreinte arrive environ une demi heure après pour constater, lui aussi, que cela provient de notre ligne.

Il fallait le camion nacelle. Donc attendre le lendemain. Le lendemain, notre ligne a été changée, mais pas enterrée !

N’empêche, depuis, les coupures d’électricité n’arrivent qu’en cas de violent orage.

Si quelqu’un a besoin de bougies …

 

Une discussion entre femmes

 

Un échange sur mon blog, à propos du petit article « Vieillir, un écho », avec Passion me fait revenir une discussion que j’avais eue, sur un bateau, il y a bien des années, avec l’épouse d’un commandant.

Je crois l’avoir déjà dit, j’avais abandonné « le travail chez un patron » pour pouvoir retrouver mon mari chaque fois que le navire revenait en France et faire ce que nous appelions « la tournée du nord ». Cela pouvait aller de Bordeaux à Oslo ou en Allemagne en passant par des ports intermédiaires.

Une quinzaine de jours ensemble. Ensuite, il y a eu les garçons et lorsqu’ils étaient en vacances et que le commandant acceptait leur venue, c’était la parenthèse bonheur.

Donc la femme d’un commandant était infirmière au Havre. Ils étaient en discussions pour qu’elle cesse son travail car il avait très envie de retourner vivre en Bretagne dans une maison à eux.

Un jour, elle m’a fait part de son souci : elle avait du mal à se voir dans une maison et qui plus est dans un village.

Elle m’a posé la question : comment faites-vous pour ne pas vous ennuyer ?

J’ai répondu : m’ennuyer, mais je n’ai pas le temps.

Si vous prenez du plaisir au jardin, vous verrez, on vit d’une manière complètement différente, tout au moins moi.

Il y a toujours le plaisir de faire un petit tour de jardin. Pour rien, pour voir même en hiver, comment il se porte.

Comme nous étions en été, je lui ai donné l’exemple de la matinée qui commence par le linge à étendre.

Là, sur la pelouse, devant les fils à étendre, c’est plus fort que moi, mes yeux voyagent autour et, bien sûr, il y a une rose à couper.

Aussitôt le linge étendu, je prends le sécateur, je fais un tour dans les roses et c’est terrible car d’une rose je passe à une autre, puis à autre chose et d’un seul coup, je me rends compte que l’église sonne. Je compte les coups et hop, il est plus que temps de renter.

Rien n’a changé depuis sauf que je suis beaucoup plus lente, que ce soit dans le jardin ou dans la maison. Alors le temps passe encore plus vite !

Il y a tant de petits bonheurs à picorer.

Regarder les graines lever, les surveiller, les chouchouter. Une fleur qui s’ouvre. 

Au fait, elle passe par le cycle de vie elle aussi : le bouton,  l’adolescence, l’épanouissement, le flétrissement et la mort.

Vite, je vais me couvrir et j’y fonce car j’ai dit à Passion que j’ai des petits plants de fleurs qui restent à planter et qu’ils doivent avoir les pieds dans l’eau et qu’avec le temps qu’il fait ils risquent fort de s’enrhumer.

 

 

Vieillir. Un écho.

 

 

 

C’était  lundi, je venais d’entendre Eglantine sur RTL via son blog.

Oui, comme je le lui ai dit « se regarder vieillir » doit être très difficile.

Je  crois que je suis comme elle : je n’ai pas de temps pour cela.

Même les douleurs me font avancer. Là, lorsque je dis cela, c’est au figuré car parfois c’est un peu plus difficile de mettre un pied devant l’autre. Que faire ? Se plaindre tout le temps ? Là on s’enferme dedans. Le dire, oui pourquoi pas.

J’ai trouvé un truc pour passer ces caps plus difficiles et c’est grâce à Adamante qui, un jour a parlé de Ci Cong. Comme cela n’existait pas ici, je suis partie sur la sophrologie et c’est incroyable comme on peut « oublier » ses douleurs. 

La nuit, je n’écris plus dans mes cahiers, je fais souvent de la sophrologie et de la méditation.

Si je continue à bavarder à ce sujet, vous ne saurez pas pourquoi j’ai dit à Eglantine : attends, il faut que je fasse tout de suite un petit article. Je me connais, si je dis je le fais demain, il restera dans le bout de mes doigts car ma tête n’y pensera plus … pas le temps.

Donc, courant janvier, je parlais avec ma belle-sœur de ma future opération de la cataracte pour mon œil gauche et de celle qui suivrait un mois après pour l’œil droit.

Sa réaction a été de me dire : si tu es comme moi, la première chose que tu vas voir en rentrant, ce sont tes rides. Et nous avons bien ri car elle n’est pas, elle non plus, à demander à son miroir si elle est la plus belle. De plus, elle n’en a vraiment pas beaucoup.

Bien sûr que j’en ai des rides car, en plus, je n’ai pas les joues rondes. Et puis, la vie avec ses joies, je ris facilement, et ses chagrins, j’ai beaucoup pleuré, marque un visage. Et alors, cela n’empêche pas de vivre et d’aimer.

Et il y a tant à aimer !

Lorsque je conte, je n’y pense absolument pas. Pourtant je suis devant le public.

 

Maman n’a pas volé de voiture, mais …

Fanfan avait publié un article : j’ai essayé de voler une auto.

Maman n’a pas volé de voiture. Elle a juste emprunté le monsieur qui était au volant.

Comme tous les vendredis après-midi, maman allait faire ses commissions au centre-ville. Papa était chargé de l’attendre Place de la Mairie lorsqu’il sortait du travail.

Ce vendredi-là, j’étais avec elle.

Nous revenions chargées comme des baudets. Un petit crachin pas chaud du tout tombait. Les lampadaires étaient allumés et nous avions hâte d’arriver sur la place pour nous mettre à l’abri.

Des yeux, je cherchais la voiture.

Maman filait déjà. La voiture, elle l’avait repérée.

Elle a ouvert le coffre. Elle a chargé ses paniers et elle est montée en voiture, à côté du monsieur qui lisait son journal.

Lequel monsieur qui n’a pas tourné la tête n’a pas eu droit au bonjour et s’est fait copieusement disputer parce qu’il ne l’avait pas aidée à ranger les commissions dans le coffre de la voiture.

Et lui la laissait parler !

Et moi, de loin, je rigolais.

Papa, garé deux, trois voitures plus loin avait vu le manège et lorsqu’il est sorti de voiture, lui aussi rigolait.

La tête de Maman lorsqu’elle nous a vus tous les deux, et que le monsieur a baissé son journal avec un plus que sourire en coin !

J’imagine encore sa tête si, comme d’habitude, elle s’était penchée vers le conducteur sitôt assise et qu’elle lui ait fait le bisou ! (oh que j’aurais aimé, oui, je sais je ne suis pas gentille du tout du tout !).

Et, si la femme du Monsieur était arrivée ?…

 

 

Un parallèle

Je viens de lire, bien sûr, comme souvent, avec du retard, un article de 2009 de Quichottine qu’elle a republié le 1er mars 2017 « Le monde où nous vivons ». (sur : http://quichottine.fr./?p=4364). Difficile de ne pas réagir. Depuis 2009 cela n’a pas changé en mieux.

Je dis souvent que depuis que je suis devenue conteuse je me désespère de l’humain.

Quand on travaille un conte repris du collectage, on peut avoir les cheveux qui se dressent sur la tête tellement on tombe en plein sur notre époque. Bien sûr, on ne vit plus du tout de la même manière, mais … c’est effarant.

D’un conte millénaire, on peut faire un conte urbain.

Qu’on se le dise.

Je rigole quand on vient nous dire que le conte ce n’est que pour les enfants et que c’est gentillet (parole d’un sénateur).

Est-ce que certaines personnes savent écouter et entendre ?

Oui, je le dis que je désespère de l’humain, pourtant j’ai tellement envie de transmettre ce patrimoine de contes en me disant qu’il y aura bien au moins une personne dans l’assistance pour adhérer et d’autres que cela pourra faire avancer, que je continue depuis vingt et un ans.

Je vous donne simplement un exemple : j’ai lu, un soir un conte turc, je crois, à mes deux petits enfants aînés, ils avaient environ sept et dix ans. Une histoire entre un sultan, son grand vizir et Nashrédine, si je me souviens bien.

Une histoire d’argent, de sous, de pari !

A un repas de Noël, je donne un conte urbain. Histoire d’argent, de sous, de pari entre une grand-mère, un banquier et un huissier. L’aîné de mes petits enfants se met à rire et dit : mais Grand-Mère, c’est l’histoire de Nashrédine ça ! Les années avaient pourtant passé.

Croyez-moi, je n’avais même pas fait la relation.

Alors oui, de l’avoir entendu faire un parallèle, cela m’a donné de l’espoir.

Les contes dans lesquels, parfois, on rentre de l‘humour ou de la franche rigolade ont souvent un impact plus grand. C’est ce que j’ai constaté.

C’est un exercice assez difficile.

Merci Quichottine de nous faire réagir et réfléchir sur le devenir de nos petits-enfants, de notre planète, de l’humanité.