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Une soirée au château


Une racontée dans un château.

Nous l’avons déjà fait.     

A cette époque, nous étions encore trois à conter.

Le châtelain, un professeur de lycée, nous avait ouvert ses portes, mais il avait fallu que nous fassions de la publicité, ce que je n’aime pas parce que je ne sais jamais à qui adresser les invitations.

La soirée s’était passée dans la « salle basse » du château.

Dans la grosse cheminée les bûches flambaient depuis le début de l’après-midi.

Je me demande si je n’en avais pas déjà parlé.

Vendredi de la semaine dernière, c’était un peu différent car, ayant un ami d’enfance conteur,  les châtelains ont l’habitude d’ouvrir leur porte, une fois par an, aux conteurs depuis six ans.

Il faudrait que je retourne faire des photos car le lieu est superbe, malgré que la nuit était installée lorsque nous sommes arrivées,  et le château ne l’est pas moins.

Le château … maison forte disent-ils. Propriété familiale depuis 1525 ou quelque chose comme cela, qui a été remise en état en 1923, je crois. Il est entretenu bellement.

Nous entrons par la tour. Il y a du feu dans la cheminée. Des fauteuils invitent à la rêverie. Tiens, pour un petit moment, je me verrais bien châtelaine !

Il y en a beaucoup de ces grosses maisons dans mon Ardenne, mais là je dis château car il y a la tour, ainsi que des églises fortifiées.

Les frontières du nord ont souvent été occupées et ce depuis si longtemps.

Bref, nous étions cinq à nous partager l’espace et ce sans grosses contraintes.

Le public est arrivé nombreux, soixante-dix personnes et deux enfants. En prenant possession de l’espace, je m’étais  dit qu’ils avaient prévu large car souvent des chaises restent inoccupées. Poufs et coussins avaient été disposés devant. Tout a été occupé et  il a fallu ajouter des chaises.

Et c’était un public qui venait vraiment écouter du conte. 

Une amie conteuse était venue avec une de ses petites filles. Celle-ci a demandé si on voulait bien l’autoriser à conter. Elle a six ans !

Il lui a fallu un peu de temps pour démarrer, puis elle a fait une pause et elle est repartie pour arriver au bout. C’est vrai qu’elle manquait de voix. Je n’ai pas entendu tout “le petit bonhomme de pain d’épices”. C’est ça les vieilles oreilles !

Ah le trac … elle a fait connaissance avec.

 Elle sait maintenant ce que c’est que se retrouver face au public. 

Et elle dit qu’elle veut devenir conteuse !

Une bonne expérience.

Sa mamie et moi lui avons dit que pour nous, c’est la même chose.

La soirée s’est terminée par le verre de l’amitié accompagné de ta’te à suc.

Une soirée de vrai plaisir.

A la MARPA

 

Mercredi après-midi, nous contions à la MARPA, une résidence pour personnes âgées.

C’est toujours un agréable moment, pour eux, disent-ils et j’ajoute : pour nous.

Je suis souvent étonnée de les entendre lorsque nous prenons le goûter ensemble, après la racontée.

Le plus jeune, je pense, est mal voyant, très mal voyant, il dit qu’il voit vaguement des ombres. Il a une écoute incroyable.

Lorsque nous avions préparé notre programme avec mon amie, j’avais repris mes « copions » et donc, pour un conte, j’ai dit que je ne le raconterais pas car déjà donné. Mon amie me disait que non.

En arrivant ce mercredi après-midi, je demande donc à ce monsieur si oui ou non il avait entendu de ma part une histoire qui parle d’un cordonnier et il me dit non. Je pense que je peux vraiment me fier à lui. Ce conte sera pour la prochaine fois … peut-être. N’importe comment a-t-il ajouté, vous pouvez recommencer un conte de temps en temps, comme cela tout restera dans ma tête.

Pendant le goûter, à la même table que moi, ils étaient deux qui nous suivent depuis le début que nous allons dans cette résidence, c’est-à-dire six ans. Ce monsieur mal voyant et une dame de 87 ans.

Le monsieur mal voyant commence à me parler d’un de mes deux contes en me disant : vous pouvez revenir dessus, je n’ai pas bien compris la fin. Je me dis : là, il y a un problème. Donc, je reviens rapidement sans conter et je le sentais en attente. La dame de 87 ans elle aussi attendait. Il leur manquait quelque chose !

Normal, je n’ai pas terminé mon conte !

Enfin, quand je dis que je n’ai pas terminé mon conte … effectivement, sans y penser, je l’ai arrêté comme “avant”. Car, lorsque j’ai commencé à le raconter il y a … un grand moment, je terminais un peu de cette manière et personne n’en attendait plus.

Au bout de quelques années, je lui ai fait une autre fin et voilà que c’est elle que tous les deux attendaient !

Incroyable, non. 

S’ils n’en avaient pas parlé, je n’aurais jamais pensé que cela puisse manquer. 

En plus, je ne m’en étais même pas aperçue.

 

Un pont ou l’autre

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Jeudi dernier, c’était départ à sept heures un quart. Nous avions rendez-vous à huit heures quarante cinq. C’est rare les racontées du matin.

Tout était réuni pour une racontée exceptionnelle !

Depuis le lundi, je n’avais plus de voix. Jeudi matin un tout petit filet. J’avais quand même prévu de ne pas ouvrir la bouche.

Le temps qui n’est pas formidable cette année m’inquiétait et j’avais envoyé plusieurs courriels demandant un endroit de repli au cas où la pluie serait un peu trop présente.

L’ organisatrice m’avaient répondu que l’institutrice maintenait le programme.

Pendant le voyage, nous étions déjà dans le conte : des fumerolles s’élevaient de la forêt un peu partout et le paysage semblait fait pour nourrir l’imaginaire. Les nutons se sont mis à vivre dans la voiture !

Le premier endroit fixé pour conter était à un point de vue. Vue imprenable sur la Meuse.

Vous vous doutez bien que si je m’inquiétais du temps c’est que la pluie est présente tous les jours depuis quelque temps.

Il était impossible de faire asseoir les enfants !  

Une trentaine d’enfants alignés le long de la rambarde, c’est l’idéal pour la conteuse . 

Pour eux, la position verticale, ce n’était pas le mieux non plus ! Ils on pourtant su ouvrir leurs oreilles.

Nous avions notre deuxième point de rencontre sur la voie verte.

Monsieur le président de la Ligue de l’Enseignement nous a montré l’endroit depuis le point de vue. Pas de problème !

Le petit monde parti, mon amie et moi sommes allées prendre un thé pour nous réchauffer.

Nous avons repris la voiture et … au point de rencontre, comme nous n’étions pas d’accord sur droite ou gauche du pont nous avons marché chacune de son côté. Et nous n’avons vu personne arriver !

Au bout d’une bonne heure d’attente nous avons décidé d’aller voir à l’école.

Une fois la voiture garée, nous avons entendu mon téléphone sonner. Il était dans mon sac, dans le coffre de la voiture et il tombait des hallebardes.

Bref, c’était mon époux. La jeune organisatrice qui n’avait pas mon numéro de téléphone mobile avait appelé à la maison.

Et voilà ! Je ne le donne pas et ne pense pas à demander le leur aux autres car chez nous, ça ne passe pas ou si mal !

Nous avons enfin pu communiquer et tout le monde s’est retrouvé à l’école.

Le temps que les enfants se changent car l’institutrice qui avait prévu qu’ils seraient certainement mouillés avait demandé une rechange de vêtements aux parents, la racontée s’est terminée en milieu scolaire. Dommage, c’était en classe.

 Je n’ai pas conté ! J’ai été sage.

Il y a deux ponts, il fallait bien que nous choisissions celui qu’il ne fallait pas !

 

Un début de soirée émouvant.

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Jeudi 30 septembre,  nous étions conviées, mon amie et moi, par l’association Trisomie 21, pour animer l’anniversaire d’Alain, soixante ans et trisomique.

 Normalement il devait y avoir des enfants et même un petit de cinq ans. Tous trisomiques.

 Les parents devaient accompagner ce petit monde.

 Nous avions donc préparé une racontée plus pour jeunes que pour adultes, quoi que …Et nous avons eu la surprise de ne voir que trois grands jeunes. Deux qui viennent d’entrer au lycée et une collégienne.

 Par contre, il y avait des parents … vingt deux.

 Nous avons passé un merveilleux moment de plaisir. Une belle écoute.

 J’assurais les liens avec une comptine  enfantine, pour le petit de cinq ans.

Au début, la plus jeune  nous regardait d’un air de dire mais qu’est-ce que c’est que cela, je ne suis plus un bébé. Elle s’est prise au jeu de l’écoute et très vite elle s’est mise à intervenir et il a fallu incorporer sa parole à la nôtre.

Avec elle, le silence n’était pas complet. Et elle en a fait un jeu. Nous aussi.

 A la fin de la racontée, comme personne n’avait l’air de bouger, mon amie a donné sa pêche à la ligne qui cible plus les petits. Seulement, ne dit-on pas que les contes pour petits sont pour les grands aussi ? D’ailleurs, ce n’est pas un conte mais une randonnée.

Arrivée à la souris qui aide à sortir le poisson de l’eau, la collégienne s’est invitée, physiquement et oralement,  pour s’accrocher à la conteuse et  tirer sur la ligne. Ensuite elle a demandé à certains adultes  de la rejoindre et elle a fini par moi.

Nous devions être une petite dizaine à se tenir par la taille et à tirer sur la ligne.

 Si vous aviez  vu ! Si vous aviez entendu !

 Malgré tout ce que je vous ai raconté, l’écoute a été très bonne. Vous savez … l’écoute qui nous fait nous sentir sur un petit nuage et nous pousse à donner plus et mieux.

 Je pense que les parents ont vraiment été heureux de voir leurs enfants passer un si bon moment. Ils n’ont d’ailleurs pas boudé leur plaisir.

 La maman du fêté était là, elle aussi.

 Je crois bien que nous n’avons jamais eu une pareille racontée.

 Je ne peux que dire que nous aussi avons été heureuses de voir parents et enfants aussi détendus et souriants.

La racontée s’est terminée autour du gâteau d’anniversaire.

Puis, une flûte dans une main, les petite préparations apéritives préparées par les mains des mamans  dans l’autre et des langues bien déliées.

 Merci à eux.

 

Contes en forêt

Une classe d’école communale avait gagné une balade contes et nous avons été demandées pour la réaliser.

La jeune femme coordinatrice de Lire et Faire Lire qui, là, représentait La Ligue de l’Enseignement, a sillonné les chemins avec un guide forestier pendant plusieurs jours, pour trouver ce que nous avions demandé comme endroits. Pour une fois, nous ne sommes pas allées en repérage avant mais nous n’avons pas été déçues.  

Les lieux sélectionnés convenaient parfaitement, même avec cette grosse chaleur.

Vendredi dernier, nous sommes donc parties à 11h30 car il y a un bon bout de route, l’Ardenne est en longeur. Nous sommes du Sud Ardenne et nous allions dans La Pointe.

Le rendez-vous  avec  la coordinatrice et le guide était à 13h30.  

La jeune femme a eu pitié de deux grands mères … elle nous a véhiculé car le chemin grimpe assez rudement et le soleil tapait dur. Une fois dans la forêt la chaleur devenait une bonne chaleur.

Nous avions demandé à raconter à un point d’eau. Le ruisseau chantait gaiement et donnait de la fraîcheur. Devinez la première réaction des garçons en arrivant : maîtresse, on peut se baigner ? La maîtresse a dit non et moi j’ai ri car je pense que si je dis une profondeur de cinq centimètres je suis peut-être large. Je l’ai dit et ils ont regardé. Les filles se sont un peu moqué. Tout le monde s’est installé et nous avons conté.

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Voyez la profondeur du ruisseau. Sentez la fraîcheur. Comme nous étions bien !

Bizarrement, plus le temps passe et plus nous nous rendons compte que les enfants ne connaissent pas plus que cela les environs de leur village et là pas plus qu’ailleurs. Quel dommage, il y a tant de belles promenades à faire.

Nous avons repris la grimpette pour arriver dans une clairière en demi cercle avec vue imprenable sur l’autre versant de la forêt.

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Bien entendu, il fallait qu’il y ait un petit couac ! Un avion s’est mis à tourner au-dessus de nos têtes et lorsqu’il s’est éloigné des jeunes gens qui s’étaient donné rendez-vous à ce point, se sont mis à discuter. Celle qui commençait a été la plus gênée. Je venais, cette fois en deuxième position et les jeunes étaient partis.

Les enfants de CM1 et CM2 ont pu entendre deux contes et deux légendes toutes deux d’Ardenne.

Avant de redescendre, le guide nous a montré une mine d’ardoise et  expliqué qu’il y en a  beaucoup de petites car elles étaient familiales et portaient chacune un prénom. Il n’y a plus que le couloir dans lequel ont peut entrer pour éviter les accidents car elles sont libres d’accès.

Et voilà, il n’y avait plus qu’à rentrer.