Archives

Un pont ou l’autre

ma-pimprenelle-qui-n-est-pas-blanche.1JPG

 

Jeudi dernier, c’était départ à sept heures un quart. Nous avions rendez-vous à huit heures quarante cinq. C’est rare les racontées du matin.

Tout était réuni pour une racontée exceptionnelle !

Depuis le lundi, je n’avais plus de voix. Jeudi matin un tout petit filet. J’avais quand même prévu de ne pas ouvrir la bouche.

Le temps qui n’est pas formidable cette année m’inquiétait et j’avais envoyé plusieurs courriels demandant un endroit de repli au cas où la pluie serait un peu trop présente.

L’ organisatrice m’avaient répondu que l’institutrice maintenait le programme.

Pendant le voyage, nous étions déjà dans le conte : des fumerolles s’élevaient de la forêt un peu partout et le paysage semblait fait pour nourrir l’imaginaire. Les nutons se sont mis à vivre dans la voiture !

Le premier endroit fixé pour conter était à un point de vue. Vue imprenable sur la Meuse.

Vous vous doutez bien que si je m’inquiétais du temps c’est que la pluie est présente tous les jours depuis quelque temps.

Il était impossible de faire asseoir les enfants !  

Une trentaine d’enfants alignés le long de la rambarde, c’est l’idéal pour la conteuse . 

Pour eux, la position verticale, ce n’était pas le mieux non plus ! Ils on pourtant su ouvrir leurs oreilles.

Nous avions notre deuxième point de rencontre sur la voie verte.

Monsieur le président de la Ligue de l’Enseignement nous a montré l’endroit depuis le point de vue. Pas de problème !

Le petit monde parti, mon amie et moi sommes allées prendre un thé pour nous réchauffer.

Nous avons repris la voiture et … au point de rencontre, comme nous n’étions pas d’accord sur droite ou gauche du pont nous avons marché chacune de son côté. Et nous n’avons vu personne arriver !

Au bout d’une bonne heure d’attente nous avons décidé d’aller voir à l’école.

Une fois la voiture garée, nous avons entendu mon téléphone sonner. Il était dans mon sac, dans le coffre de la voiture et il tombait des hallebardes.

Bref, c’était mon époux. La jeune organisatrice qui n’avait pas mon numéro de téléphone mobile avait appelé à la maison.

Et voilà ! Je ne le donne pas et ne pense pas à demander le leur aux autres car chez nous, ça ne passe pas ou si mal !

Nous avons enfin pu communiquer et tout le monde s’est retrouvé à l’école.

Le temps que les enfants se changent car l’institutrice qui avait prévu qu’ils seraient certainement mouillés avait demandé une rechange de vêtements aux parents, la racontée s’est terminée en milieu scolaire. Dommage, c’était en classe.

 Je n’ai pas conté ! J’ai été sage.

Il y a deux ponts, il fallait bien que nous choisissions celui qu’il ne fallait pas !

 

petit conte à dormir debout

nouveau logo des croqueurs de môts

La capitaine Domi a pris la barre du défi N° 164 et nous demande de prendre cinq livres, de les ouvrir à la cinquième page et de prendre la cinquième phrase pour en faire … une histoire.

 Excuse Cap’taine, je suis un peu beaucoup en retard. La vie est ainsi et ne me laisse pas faire ce que je veux !

 

Aujourdh’ui, c’est mon jour de vérité.

Normal pour une conteuse.

Il faut aller au ravin de l’Ours, près de Linchamps, sur le rocher du Héron, qui trempe dans l’Ourthe ou au fond des gorges d’Ofivat, au pied des Hautes Fagnes, pour s’expliquer le paganisme, religion de nos pères et première source de nos légendes.

On peut encore voir certaines pierres exceptionnelles qui racontent si bien.

Chez moi, c’est tout petit.

Les maisons étaient petites, même les châteaux préféraient garder un peu de chaleur. 

Elle le traitait de bon à rien, parce qu’il gagnait de l’argent sans rien faire, de sapas, parce qu’il mangeait et buvait comme dix hommes ordinaires et il ne se passait jamais de jour sans qu’elle déclara d’un air exaspéré : « Ça serait-il point mieux dans l’étable à cochons un quétou comme ça ? C’est que d’la graisse que ça fait mal au coeur ».

C’était la mère, elle pouvait toujours parler ! Mais … derrière il entend … quoi, qui ?

Il prit peur, redoutant le père.

 Et voilà, quand je vous le disais. Pourquoi le père a-t-il cette autorité innée sur le fils ?

 

Les phrase ont été prises, dans l’ordre, dans : La guérison se cueille dans le jardin fleuri de l’espérance de Bernard Ulrich. Légendes ardennaises – Société française du livre. Le Petit Prince. Contes de Maupassant. Récits de Nantes et du Pays de Retz.

Merci Domi, je me suis beaucoup amusée à ordonner les phrases.

 

 

 

Un début de soirée émouvant.

ma-pimprenelle-qui-n-est-pas-blanche.1JPG

 

Jeudi 30 septembre,  nous étions conviées, mon amie et moi, par l’association Trisomie 21, pour animer l’anniversaire d’Alain, soixante ans et trisomique.

 Normalement il devait y avoir des enfants et même un petit de cinq ans. Tous trisomiques.

 Les parents devaient accompagner ce petit monde.

 Nous avions donc préparé une racontée plus pour jeunes que pour adultes, quoi que …Et nous avons eu la surprise de ne voir que trois grands jeunes. Deux qui viennent d’entrer au lycée et une collégienne.

 Par contre, il y avait des parents … vingt deux.

 Nous avons passé un merveilleux moment de plaisir. Une belle écoute.

 J’assurais les liens avec une comptine  enfantine, pour le petit de cinq ans.

Au début, la plus jeune  nous regardait d’un air de dire mais qu’est-ce que c’est que cela, je ne suis plus un bébé. Elle s’est prise au jeu de l’écoute et très vite elle s’est mise à intervenir et il a fallu incorporer sa parole à la nôtre.

Avec elle, le silence n’était pas complet. Et elle en a fait un jeu. Nous aussi.

 A la fin de la racontée, comme personne n’avait l’air de bouger, mon amie a donné sa pêche à la ligne qui cible plus les petits. Seulement, ne dit-on pas que les contes pour petits sont pour les grands aussi ? D’ailleurs, ce n’est pas un conte mais une randonnée.

Arrivée à la souris qui aide à sortir le poisson de l’eau, la collégienne s’est invitée, physiquement et oralement,  pour s’accrocher à la conteuse et  tirer sur la ligne. Ensuite elle a demandé à certains adultes  de la rejoindre et elle a fini par moi.

Nous devions être une petite dizaine à se tenir par la taille et à tirer sur la ligne.

 Si vous aviez  vu ! Si vous aviez entendu !

 Malgré tout ce que je vous ai raconté, l’écoute a été très bonne. Vous savez … l’écoute qui nous fait nous sentir sur un petit nuage et nous pousse à donner plus et mieux.

 Je pense que les parents ont vraiment été heureux de voir leurs enfants passer un si bon moment. Ils n’ont d’ailleurs pas boudé leur plaisir.

 La maman du fêté était là, elle aussi.

 Je crois bien que nous n’avons jamais eu une pareille racontée.

 Je ne peux que dire que nous aussi avons été heureuses de voir parents et enfants aussi détendus et souriants.

La racontée s’est terminée autour du gâteau d’anniversaire.

Puis, une flûte dans une main, les petite préparations apéritives préparées par les mains des mamans  dans l’autre et des langues bien déliées.

 Merci à eux.

 

Tendrement enlacés

nouveau logo des croqueurs de môts

 

Jill Bill, en bon petit moussaillon, prend la barre de la coquille de noix pour le défi N° 150;

Elle nous demande de faire parler ce vieux couple d’amoureux pour le 21 septembre 2015.

Je viens de me rendre compte en écrivant la demande de Jill que moi qui aime tant les dialogues suis passée à côté.

 

le-defi N° 150

 

Ils avaient vingt ans.

Tendrement enlacés, ils ont pris le chemin de la vie, de leur vie. Elle leur a apporté son lot de bonheurs et de malheurs.

Maintenant ils ont les cheveux blancs.

Toujours tendrement enlacés, ils prennent le chemin.

Celui-ci ne les mène plus qu’à la boulangerie, à la boucherie et à l’épicerie.

Déjà bien se disent-ils parfois, tant de temps a passé.

Ils ont pourtant encore envie de profiter de la présence l’un de l’autre.

Le chemin des courses est court mais pour eux il dure un grand moment.

Voyant des bicyclettes en attente sur le trottoir des souvenirs remontent.

 

Ils ont traversé leur vie d’un même pas, alors pourquoi faut-il que les souvenirs ne soient pas toujours les mêmes ?  Cela leur permet d’échanger vivement car la tête est toujours bien présente.

Comme c’est bon de pouvoir se parler. Comme c’est bon de savoir le faire encore.

Peut-être, lorsque la Grande Faucheuse, se présentera à eux, partiront-ils toujours tendrement enlacés.

 

 

La mer

 

Croqueurs.jpg

 

Pour la coquille de noix des croqueurs de mots dont  Enriquetta a pris la barre

Défi N° 148 

On l’a rimé, on l’a chanté sur tous les rythmes et tous les tons, à toutes les époques…

C’est l’océan, la mer, le grand bleu…

Choisissez votre océan ou votre mer et rendez-lui hommage…

 

 SANYO DIGITAL CAMERA

 

La mer

Huit ans ? Neuf ans ? En vacances chez « mes grands parents » de vacances il y a eu un voyage municipal auquel j’ai participé.

La première rencontre avec Elle à perte de vue.

J’étais fascinée : elle bougeait tout le temps et sa couleur était … des couleurs.

Bien sûr il y avait eu l’école et les leçons. Seulement, peut-on imaginer pareil spectacle surtout qu’à cette époque il n’était pas question de télévision, tout au moins chez mes parents (chez ceux de mes copains et copines, non plus).

Puis, nous nous sommes perdues de vue.

Je l’ai retrouvée à dix sept ans. Et j’ai eu le grand bonheur de pouvoir entrer dans cette eau en mouvement qui me caressait. J’ai fini par apprendre à nager, seule,  pour pouvoir la sentir encore autrement.

La mer, c’est la sensation, c’est l’odeur, c’est le son, c’est le goût.

Je ne savais pas encore la place qu’elle prendrait dans ma vie.

J’ai appris à la connaitre encore autrement. A l’aimer, la respecter mais aussi la craindre.

Je sais maintenant à quel point elle peut être possessive, je sais qu’elle peut donner beaucoup mais qu’elle peut reprendre aussi.