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Le défi N° 175

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Jeanne Fadosi nous donne comme instructions pour ce défi N° 175 : 

 On peut faire quelquefois d’un désagrément un atout.
Raconter, de préférence sur mode léger et sans allusion à l’actualité votre plus beau souvenir de petit désagrément (maladie d’enfance, voyage annulé, …)

 

 

Désagrément ?

C’était … il y a bien longtemps,  les téléphones mobiles n’existaient pas, enfin pas pour les travailleurs.

C’était le week-end de la promotion de l’année à l’Ecole de la Marine de Saint Malo. J’étais invitée et bien décidée à participer, mais comment faire.

L’école était bien loin, il fallait loger et je n’avais pas assez d’argent car je commençais seulement à travailler. Une collègue m’avait recommandée à un vieux couple chez qui elle logeait l’été.

Il faisait froid, très froid et il avait neigé. Et en avant pour l’aventure, normal, je partais pour Saint-Malo.

J’ai pris le train à Saint Lazare, comme tous les jours mais pas sur le même quai, et c’est parti.

Le train s’est arrêté, est reparti, s’est arrêté … plusieurs fois. Les voyageurs installés dans le même compartiment que moi étaient des habitués et l’ambiance était agréable. Après tout, même si j’étais attendue, ce n’était qu’un petit retard et celui qui m’attendait saurait se renseigner auprès des agents de la gare.

La vie est ainsi faite que, parfois, elle aime contrarier  les amoureux.

A un moment, le train n’est plus reparti. L’attente a été longue et on nous a annoncé qu’un car prendrait le relais. La nuit, la route enneigée et l’ambiance toujours aussi bonne. Enfin, nous sommes arrivés. Oui mais … Nous sommes descendus, nous nous sommes dit au revoir et je suis restée seule à attendre. Et j’ai attendu, attendu, les pieds dans la neige et il n’est pas venu ! Bien sûr, il s‘était renseigné, bien sûr on lui avait expliqué que le train était bloqué, mais c’est tout. Il a attendu longtemps, longtemps et ne voyant rien venir il est reparti à l’école. Il aurait pu attendre longtemps encore puisque le car ne s’est pas arrêté à la gare !

Heureusement, j’ai rencontré une personne. J’ai demandé mon chemin et je suis partie à pieds à Paramé. Les vieilles personnes ne m’attendaient plus et j’ai tiré la dame du lit. Malgré mon arrivée plus que tardive, elle a été charmante et m’a montré ma chambre.

Le lendemain matin mon futur est arrivé de bonne heure avec des croissants pour tout le monde et nous sommes partis à Saint Malo.

J’ai découvert un port fortifié. J’ai failli être emportée par le vent par-dessus les remparts. Un élève a très gentiment brossé mes bottes marrons avec du cirage noir !

Tout cela dans la bonne humeur, dans le bonheur, dans les bras de celui que j’aime  encore et avec « sagesse », comme je l’avais promis à maman.

J’y pense encore maintenant avec le sourire.

Défi N° 170

 

nouveau logo des croqueurs de môts

 

Martine, prend le commandement de la coquille de noix pour ce défi et nous demande de faire un inventaire à la Prévert.

Vous pensez bien que je ne suis pas Prévert, cela se saurait, mais j’ai eu envie de faire fonctionner, un petit peu, mes neurones.

 

 

Pour faire perdre du poids à une femme

D’abord

Avoir l’œil afin de prévoir les proportions désirées

Etre un peu jardinier

Pour faire pousser de l’osier

Il faut savoir l’arroser

Etre aussi un brin vannier

Savoir entrelacer l’osier

Afin de faire un corset aux mesures désirées

Etre petite main

Car il faut  savoir couper et coudre

Connaître le goût de la dame

Trouver le tissu qui lui sierra au teint

Débarrasser la table de toute gourmandise

Enfin gourmandise pour elle

Mettre devant elle salade verte sans assaisonnement

Et fruits en quantité

C’est sûr, elle va bouder

Elle vous tournera le dos dans le lit

 

Si par malheur elle entre dans une pâtisserie

Et se pâme devant un gâteau à la crème

Se dépêcher de l’avaler

Et savoir recommencer avec toute chose qu’elle aime

Lorsqu’elle serrera les poings

Qu’elle prendra le fusil

Il sera temps alors de la faire entrer

Dans la cage d’osier

Puis de glisser sur elle

Taffetas et dentelles

défi N° 169

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Notre amiral Dômi a pris la barre de ce défi et nous a demandé de choisir parmi trois sculptures de l’artiste Bernard Mages pour poser nos mots.

 

On leur avait dit : allez en haut, tout en haut au sommet du Toit du Monde, là-bas vous trouverez la sagesse dont vous avez besoin pour arriver à vivre, survivre.

Hommes, femmes, enfants, des bords de mers, de l’intérieur des terres se sont donnés la main pour essayer d’atteindre le sommet.

Le sommet de la sagesse …

Mais où est la sagesse ? 

Ils ont gravi une montagne, se sont retrouvés sur l’autre versant, gravi une autre montagne et encore et encore. A force de monter et descendre, les jambes se sont fatiguées jusqu’à ne plus pouvoir les porter mais la sagesse avait tellement d’avance sur eux qu’ils ne l’ont pas trouvée.

A chaque arrivée au sommet, ils pensaient la trouver, à chaque arrivée au sommet là-haut, tout là-haut, un étrange vieux leur disait : vous n’avez rien compris … recommencez à chercher.

Il était tout sec, maigre comme clou, mais ses yeux brillaient, brillaient, luisaient de bonté et de sagesse.

Il est arrivé le moment où certains lui ont dit : j’arrête de courir pour attraper quelque chose qui fuit toujours devant. Je resterai chez moi, je prendrai le temps de faire mon travail avec coeur, de donner tout ce que je pourrai donner d’amour à ma famille et tout autour. Pourquoi gâcher ma vie à chercher quelque chose que je ne trouverai peut-être jamais ?

L’étrange vieux a souri.

Il existera toujours un étrange vieux, là-haut qui attendra les impatients au somment du Toit du Monde.

 

Un pont ou l’autre

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Jeudi dernier, c’était départ à sept heures un quart. Nous avions rendez-vous à huit heures quarante cinq. C’est rare les racontées du matin.

Tout était réuni pour une racontée exceptionnelle !

Depuis le lundi, je n’avais plus de voix. Jeudi matin un tout petit filet. J’avais quand même prévu de ne pas ouvrir la bouche.

Le temps qui n’est pas formidable cette année m’inquiétait et j’avais envoyé plusieurs courriels demandant un endroit de repli au cas où la pluie serait un peu trop présente.

L’ organisatrice m’avaient répondu que l’institutrice maintenait le programme.

Pendant le voyage, nous étions déjà dans le conte : des fumerolles s’élevaient de la forêt un peu partout et le paysage semblait fait pour nourrir l’imaginaire. Les nutons se sont mis à vivre dans la voiture !

Le premier endroit fixé pour conter était à un point de vue. Vue imprenable sur la Meuse.

Vous vous doutez bien que si je m’inquiétais du temps c’est que la pluie est présente tous les jours depuis quelque temps.

Il était impossible de faire asseoir les enfants !  

Une trentaine d’enfants alignés le long de la rambarde, c’est l’idéal pour la conteuse . 

Pour eux, la position verticale, ce n’était pas le mieux non plus ! Ils on pourtant su ouvrir leurs oreilles.

Nous avions notre deuxième point de rencontre sur la voie verte.

Monsieur le président de la Ligue de l’Enseignement nous a montré l’endroit depuis le point de vue. Pas de problème !

Le petit monde parti, mon amie et moi sommes allées prendre un thé pour nous réchauffer.

Nous avons repris la voiture et … au point de rencontre, comme nous n’étions pas d’accord sur droite ou gauche du pont nous avons marché chacune de son côté. Et nous n’avons vu personne arriver !

Au bout d’une bonne heure d’attente nous avons décidé d’aller voir à l’école.

Une fois la voiture garée, nous avons entendu mon téléphone sonner. Il était dans mon sac, dans le coffre de la voiture et il tombait des hallebardes.

Bref, c’était mon époux. La jeune organisatrice qui n’avait pas mon numéro de téléphone mobile avait appelé à la maison.

Et voilà ! Je ne le donne pas et ne pense pas à demander le leur aux autres car chez nous, ça ne passe pas ou si mal !

Nous avons enfin pu communiquer et tout le monde s’est retrouvé à l’école.

Le temps que les enfants se changent car l’institutrice qui avait prévu qu’ils seraient certainement mouillés avait demandé une rechange de vêtements aux parents, la racontée s’est terminée en milieu scolaire. Dommage, c’était en classe.

 Je n’ai pas conté ! J’ai été sage.

Il y a deux ponts, il fallait bien que nous choisissions celui qu’il ne fallait pas !

 

petit conte à dormir debout

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La capitaine Domi a pris la barre du défi N° 164 et nous demande de prendre cinq livres, de les ouvrir à la cinquième page et de prendre la cinquième phrase pour en faire … une histoire.

 Excuse Cap’taine, je suis un peu beaucoup en retard. La vie est ainsi et ne me laisse pas faire ce que je veux !

 

Aujourdh’ui, c’est mon jour de vérité.

Normal pour une conteuse.

Il faut aller au ravin de l’Ours, près de Linchamps, sur le rocher du Héron, qui trempe dans l’Ourthe ou au fond des gorges d’Ofivat, au pied des Hautes Fagnes, pour s’expliquer le paganisme, religion de nos pères et première source de nos légendes.

On peut encore voir certaines pierres exceptionnelles qui racontent si bien.

Chez moi, c’est tout petit.

Les maisons étaient petites, même les châteaux préféraient garder un peu de chaleur. 

Elle le traitait de bon à rien, parce qu’il gagnait de l’argent sans rien faire, de sapas, parce qu’il mangeait et buvait comme dix hommes ordinaires et il ne se passait jamais de jour sans qu’elle déclara d’un air exaspéré : « Ça serait-il point mieux dans l’étable à cochons un quétou comme ça ? C’est que d’la graisse que ça fait mal au coeur ».

C’était la mère, elle pouvait toujours parler ! Mais … derrière il entend … quoi, qui ?

Il prit peur, redoutant le père.

 Et voilà, quand je vous le disais. Pourquoi le père a-t-il cette autorité innée sur le fils ?

 

Les phrase ont été prises, dans l’ordre, dans : La guérison se cueille dans le jardin fleuri de l’espérance de Bernard Ulrich. Légendes ardennaises – Société française du livre. Le Petit Prince. Contes de Maupassant. Récits de Nantes et du Pays de Retz.

Merci Domi, je me suis beaucoup amusée à ordonner les phrases.