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A la MARPA

 

Mercredi après-midi, nous contions à la MARPA, une résidence pour personnes âgées.

C’est toujours un agréable moment, pour eux, disent-ils et j’ajoute : pour nous.

Je suis souvent étonnée de les entendre lorsque nous prenons le goûter ensemble, après la racontée.

Le plus jeune, je pense, est mal voyant, très mal voyant, il dit qu’il voit vaguement des ombres. Il a une écoute incroyable.

Lorsque nous avions préparé notre programme avec mon amie, j’avais repris mes « copions » et donc, pour un conte, j’ai dit que je ne le raconterais pas car déjà donné. Mon amie me disait que non.

En arrivant ce mercredi après-midi, je demande donc à ce monsieur si oui ou non il avait entendu de ma part une histoire qui parle d’un cordonnier et il me dit non. Je pense que je peux vraiment me fier à lui. Ce conte sera pour la prochaine fois … peut-être. N’importe comment a-t-il ajouté, vous pouvez recommencer un conte de temps en temps, comme cela tout restera dans ma tête.

Pendant le goûter, à la même table que moi, ils étaient deux qui nous suivent depuis le début que nous allons dans cette résidence, c’est-à-dire six ans. Ce monsieur mal voyant et une dame de 87 ans.

Le monsieur mal voyant commence à me parler d’un de mes deux contes en me disant : vous pouvez revenir dessus, je n’ai pas bien compris la fin. Je me dis : là, il y a un problème. Donc, je reviens rapidement sans conter et je le sentais en attente. La dame de 87 ans elle aussi attendait. Il leur manquait quelque chose !

Normal, je n’ai pas terminé mon conte !

Enfin, quand je dis que je n’ai pas terminé mon conte … effectivement, sans y penser, je l’ai arrêté comme « avant ». Car, lorsque j’ai commencé à le raconter il y a … un grand moment, je terminais un peu de cette manière et personne n’en attendait plus.

Au bout de quelques années, je lui ai fait une autre fin et voilà que c’est elle que tous les deux attendaient !

Incroyable, non. 

S’ils n’en avaient pas parlé, je n’aurais jamais pensé que cela puisse manquer. 

En plus, je ne m’en étais même pas aperçue.

 

Le 200ème défi des Croqueurs : Je me souviens

 

 

La principale consigne donnée par Durgalola est de commencer son texte par : « je me souviens »

et une proposition de consigne supplémentaire, uniquement si vous en avez envie,  : choisir un mot unique dans la liste et l’intégrer dans votre texte :

« maison, anniversaire, rouge, bateau ou lundi »

 

Bien sûr, je suis en retard. Je ne pouvais quand même pas laisser passer le 200ème. Je ne savais même pas si c’était la semaine du défi !

Je me souviens mon bébé était  né. Nous avions rejoint mes beaux-parents et nous avions parlé de notre projet de chercher une petite maison pour y installer nos trois bouts de bois.

Nous avions tellement envie de passer la dernière année de cours de mon mari, ensemble. Ce serait la seule année qui nous serait accordée pendant toutes celles qui iraient jusqu’à la retraite. Un hic … nous ne pouvions pas payer deux loyers.

Justement, au village il y avait la prévision de vente à la chandelle d’une maison.  Le maire nous a donné les clés pour la visiter.

C’était une petite maison noyée dans la verdure et le foin du jardin. Le toit avait perdu des ardoises, beaucoup d’ardoises. Elles étaient tombées, au nord, le long du mur de la maison. Les feuilles de muguet perçaient les ardoises. Stupéfaction de voir cette force de vie.

Un prunier montrait déjà ses fruits. Au fond du jardin, une grand et vieux noyer.

Perdus dans l’herbe folle, un cœur de marie, un gros bouquet de couronnes royales et des iris.

A l’est, un puits, pratiquement le long du mur.

Côté sud, encore un noyer, mais jeune cette fois, dans ce que j’appelle maintenant, ma cour. Au fond de cette cour accolée à la maison, une « cabane à chèvres ». En « L » une à cochons. Un pied de vigne grimpait le long de la porte de la grange. Du raisin blanc.

Une fois poussée la porte d’entrée en bois, la pièce à vivre avec au fond un lit et dans la cheminée un poêle très long à pattes de lion. En face une pièce vide avec un beau parquet et face à celle de la pièce à vivre, une autre cheminée.

Face à la porte d’entrée, une pièce ?… juste des briques non jointées, le maçon disait : jointoyées, posées au sol, un gros buffet bas campagnard, une petite table, une assiette et dans l’assiette, une petite cuillère et un coquetier avec la coquille d’un œuf.

Il fallait laver les briques une par une pour éviter que l’eau ne s’infiltre entre elles.

Au premier, le grenier dans lequel se trouvait « une petite chambre » : des planches comme cloisons. De quoi mettre un lit de 120 en coin et une chaise. Au fond du grenier, deux grosses armoires de même style que le buffet, c’est à dire, sans style vraiment. Juste des armoires d’ici à portes plates.

La grange et une cave.

Et voilà. Nous sommes tombés amoureux de cette petite maison. Elle a grandi pour pouvoir recevoir toute notre famille à chaque occasion qui se présentait lorsque Monsieur avait quitté son bateau.

Elle est devenue la maison du bonheur.

Défi n° 192. Les temps forts d’une heure de votre vie

 

Les temps forts d’une heure de votre vie en 280 mots. C’est le défi du lundi lancé par Jeanne notre commandant de bord pour la quinzaine.

Je crois que ce ne sera qu’un temps fort de ma vie. Non de notre vie. Sinon, je vais faire de l’énumération.

Nous attendions notre aîné avec femme et enfant. Petit encore l’enfant. Il commençait à babiller, à dire papa, maman.

Notre fils avait dit : il y a une surprise. Nous attendions la surprise. Peut-être un autre petit enfant.

Allez savoir pourquoi ma cervelle se met si vite en route alors qu’elle n’en a pas besoin.

La porte de communication garage/cuisine s’est ouverte. Mon fils était là, le sien dans les bras et soudain j’ai entendu ce mot : grand-père.

C’était un grand cri avec les « r » qui roulaient.

Mon époux est arrivé en courant.

Mon cœur a bondi dans ma poitrine.

 

 

Défi 189

 

Elles seront trois pour ce défi : QuichottineDômi et Jeanne 

Fiction ou réalité.

« La vie c’est comme une pièce de théâtre … »

Parce que ….

“Il y a dans les planches une beauté qui permet à tous,

initiés ou non, d’entrer en contact avec différents univers.”

Avec un mot à caser : Voyage

 

Fiction ou réalité ?

Tu parles d’une fiction l’arrivée dans le monde.

Déjà, la conception. Tu passes de l’un à l’autre sans qu’on te demande ton avis. Là, tu te rends compte que c’est une compétition sportive. Tu es dans un canoë et tu as intérêt à pagayer.

On ne t’avait pas renseigné au départ.

Tu ne sais pas où tu vas, mais tu fonces, tu n’as pas envie de rester à la traîne et de te retrouver tout seul comme un petit malheureux.

A l’arrivée, on ne t’accueille pas en héros. Non, tu es obligé d’enfoncer la porte. Et tu prends tes quartiers.

Là, c’est le bonheur. Tu es tranquille. Tu navigues dans des eaux paisibles. Personne ne te brusque. Tu entends des voix et non, tu ne rêves pas.

Hahaha, tu en apprends des choses, tu en sais des choses.

Mais bien sûr, le bonheur ne peut pas durer. Tu vas l’apprendre à tes dépends.

A un moment donné, tu as un signal d’alerte : il faut sortir à tout prix. Tu as beau dire : non ce n’est pas encore mon heure, rien n’y fait. Mais, tu entends la voix : quel mauvais caractère il a déjà !

Mauvais caractère, mauvais caractère, tu le sais toi qu’il fait bien trop froid pour toi et que si tu sors si peu vêtu, tu vas attraper un rhume. Du coup, tu le fais ton mauvais caractère, et tu retournes te coucher bien au chaud !

Malgré tout, tu te rends compte que plus rien n’est comme avant.

Ca ne peut plus durer un temps illimité.

Au moment où les eaux sortent du ventre de ta mère comme un geyser, tu as la trouille de ta vie. Tu t’accroches comme tu peux à ce que tu peux. Tu te sens malaxé, poussé, aspiré.  Dodu comme tu es, tu te poses la question : comment passer par là !

Personne ne te demande ton avis et d’un seul coup, tu es propulsé, éjecté, craché comme un bonbon.

Tu parles d’une aventure, on se croirait sur les planches.

Non mais, quel voyage depuis le début.

Je vous raconte tout ça, mais … à la sortie, la sage-femme, tu parles d’une sage-femme,  m’a attrapé par les pieds, mis la tête en bas et asséné une grande claque sur les fesses, évidemment j’ai hurlé.

Alors, elle m’a mis le doigt sur la bouche et a juste murmuré : chut … à partir de maintenant tu ne te souviens plus de rien.

 

Une maison de rêve – défi 180

 

    • Oyez oyez les Croqeurs de Mots...

      Pour la communauté « Les Croqueurs de Mots »
      JB à la barre n°180

       Oyez oyez les Croqeurs de Mots...
      Artopterre

       

      Quinzaine du 13 au 26 février 2017
      Thème du lundi/défi 20 février:

      Mari bricoleur rime t-il avec
      « La maison du bonheur… » 

      Il n’y a  qu’un petit hic : employer le mot idiosyncrasie dans le texte ! 

       

       

      maison-pas-comme-les-autres 

       

      Sa future belle-mère l’a prévenu : vous n’aurez ma fille en mariage que lorsque vous lui assurerez un toit.

      Il s’est dit, je suis bricoleur, construire une maison ça ne doit pas être bien difficile.

      –        O.K, pas de problèmes on va s’y mettre !

      Il a dit d’accord. Mais c’était sans compter sur leur idiosyncrasie

      Lorsqu’ils étaient jeunes étudiants, ils avaient chacun une petite pièce meublée par ce que chacun avait pu emporter de chez ses parents 

      Il a commencé par les plans. Oui mais, Lui et Elle n’étaient pas d’accord sur l’emplacement des pièces : elle voulait une grande pièce à vivre, avec tout autour, les chambres, la salle de bains les W.C.Bref, tout le confort quoi.

      Sur deux étages a-t-elle dit. Elle n’avait vraiment aucune notion d’une construction !

       Alors, tout simplement, il a eu l’idée de faire pièce par pièce à l’endroit qui leur plairait à tous les deux.

      Ils sont allés dans la grande enseigne de bricolage du coin. Là, ils ont commencé leurs emplettes : petit manuel de bricolage, sable, ciment, parpaings, pelle, truelle, seau, volige..

      Pour payer tous ces frais, plus question de continuer à payer leurs chambres, il leur a donc fallu trouver une solution. Le grenier a donc été le premier endroit aménagé … hum… au rez-de-chaussée. Ben oui quoi, il fallait bien mettre à l’abri les quelques meubles qu’ils ont déménagés. Comme elle était conteuse, sur la porte elle a écrit : Le Grenier d’en Bas

      Ils la voulaient à leur goût cette maison de leurs rêves.

      Au fur et à mesure qu’ils en parlaient, il faisait une pièce. Ils vivaient dedans et rien ne leur plaisait plus que s’appeler à tout bout de champ pour savoir où l’autre se trouvait.

      Ils vivaient tellement dedans, lui à « bricoler » elle à conter, chanter, parler et rire, qu’ils ne se sont pas rendu compte de l’allure qu’elle prenait.

      Un jour, il a voulu admirer son œuvre. Il est sorti a levé les yeux et est tombé raide, non pas mort, sonné quoi.

      Elle qui ne l’entendait plus est sortie à son tour l’a vu par-terre, a regardé la maison de leurs rêves et a simplement dit : Elle est magnifique la maison que tu as construite. D’accord, au premier regard, elle semble un peu bancale mais dedans, on y est si bien.