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Hier, c’était le printemps


Le 20 mars, c’est La Journée Mondiale du Conte.

Hier nous étions en forêt. Dans la Forêt d’Ardennes bien sûr.

Le Parc Régional de la Forêt d’Ardennes nous a ouvert ses portes pour une petite balade contée.

L’organisation était bien lancée mais la défection d’une conteuse est venue contrarier notre programme alors que nous n’étions pas  nombreux.

Oh vous savez, même chez nous, il y a parfois des petites dissonances.

Malheureusement, deux jours avant la date,  une deuxième défection s’est manifestée mais je dis bien malheureusement car le conteur venait d’apprendre que son frère était mort.

Comme quoi, il y a des périodes qui marquent.

Nous sommes restés à trois à nous régaler car conter c’est donner du plaisir autant que l’on peut mais c’est en prendre beaucoup.

L’organisateur avait eu la gentillesse de prévoir une chaise pour  celle qui ne conterait pas. Oui, l’âge venant, c’est parfois un peu difficile d’écouter debout un certain temps.

La mise en bouche a été faite par mon amie. Pas un conte, non, une randonnée que les parents, encore plus que les enfants, se sont fait un plaisir de reprendre. Pas toujours facile de lancer le public dans cet exercice, il est souvent trop « timide ».

Mais ce n’était pas cadré, le temps était beau, le printemps était dans bien des têtes alors … c’était peut-être cela aussi.

Pourtant, un petit vent frisquet aurait pu déranger les auditeurs.

Et, aux arrêts prévus, les contes ont été donnés. Nous avons honoré les arbres, les loups et j’ai pu donner Ma Rose Pimprenelle dans sa forêt.

Une très belle balade instructive car il y est question des métiers de la forêt.

ORPEA

On a beaucoup entendu parler de ces maisons de retraite depuis un moment.

Cela m’a rappelé une racontée particulière, même très particulière pour nous. Pour nous et pas que, car je crois qu’elle a marqué une partie du personnel présent ce jour là.

Nous sommes allées plusieurs fois conter dans une maison de retraite ORPEA. 

Nous n’étions plus débutantes lorsque l’évènement s’est produit, heureusement.  Je suis allée rechercher la date avant de faire ce petit article, c’était en 2003 et c’était la première fois que nous y allions.

Nous avions été surprise de trouver porte close car à la maison de retraite près de chez nous, les résidents sortaient s’il le désiraient lorsque cela leur était possible physiquement. Mais là, nous étions en ville.

Personne ne savait ce qu’était une racontée et les personnes qui venaient écouter étaient divisées en deux parties sur une grande longueur. C’est vrai que la pièce ne permettait pas tellement autre chose.

Bref, nous étions trois pour les contes. Un conte, deux contes et notre amie commence son histoire : La dernière dent. Vous savez celle qu’on peut avoir contre une personne, même aimée. N’allez pas croire, c’est très amusant.

Nous qui avions déjà conté étions placées en retrait derrière elle.

Les résidents suivaient l’histoire et, même pour certains riaient, quand d’un seul coup … juste sur le bord de l’allée centrale, une dame a glissé tout doucement de sa chaise et est tombée.

Elle a été entourée tout de suite par du personnel soignant, les secours sont arrivés mais sans succès, elle était morte.

Tout le monde nous a dit : elle vous écoutait et elle souriait, elle a eu une belle mort.

Défi N° 260 – Les deux doyennes


Pour ce défi N° 260, la capitaine Domi nous demande un petit texte parlant des deux doyennes de la coquille : M’amzelle Jeanne et Eglantine.

 

M’amzelle Jeanne, je dirai simplement que je la connais depuis peu. Enfin, peu, tout est relatif. Un jour par hasard, je l’ai croisée au détour d’un article  et j’ai aimé son écriture. J’ai aimé aussi ses souvenirs. C’est une personne attachante, charmante et bienveillante. 

M’amzelle Jeanne j’aime son pseudo qui me fait penser à une personne douce.

En ce qui concerne Eglantine dite Mère Grand, je peux en dire plus car le temps a passé sur nous deux.

J’ai fait sa connaissance par blogueuse interposée.

La plus jeune de nos conteuses m’a téléphoné un jour pour me dire : j’ai ouvert un blog, tu veux bien aller voir et me dire ce que tu en penses ? 

Je connaissais bien l’ironie de mon amie conteuse et j’ai lu des commentaires qui m’ont fait sourire, dont ceux d’Eglantine. Je trouvais des échanges entre elles deux qui me plaisaient beaucoup.

Je n’avais pas de blog et pas du tout envie d’en avoir un.

Déjà à l’époque je n’avais pas spécialement de temps à consacrer à ce genre de divertissement.

Mais … de fil en aiguille,  j’ai fini par en ouvrir un avec l’aide d’Adamante qui a été très patiente et qui ne comprenait pas pourquoi je ne réagissais pas plus vite.

Difficile à comprendre pour les gens de la ville qu’internet n’était pas du tout une priorité dans mon village et ceux d’alentour car les habitants n’étaient pas assez nombreux. Nous sommes en bout de réseau et les communications … surtout à cette époque étaient très difficiles.

J’ai fini par connaître de plus en plus Eglantine par ses écrits que j’aimais et que  j’aime toujours, beaucoup. Ses nouvelles, ses contes provençaux, ses souvenirs corses, ses recettes de cuisine … 

Un jour, elle m’a nommée Mousse au Chocolat sur la Coquille. La  coquine, elle connaissait déjà bien des choses sur moi à travers nos écrits.

Merci Eglantine d’être comme tu es sur ton blog et dans tes commentaires ou tes réponses.

Que ce soit M’amzelle Jeanne ou Eglantine, je ne me sers que de leur pseudo car il me fait penser vraiment à elles. Je trouve qu’elles ont fait un bon choix.

 

 

Défi N° 257 – Chassé croisé

Durgalola , en capitaine de la coquille de noix nous propose de regarder cette toile et de nous en inspirer pour écrire un texte.

Elle se nomme chassé-croisé. Vous pouvez vous inspirer de la totalité ou de la partie droite ou gauche du tableau.

Ce peut être en relation directe avec le tableau ou simplement ce que cela invoque pour vous.

Un souvenir, c’est ce qui me vient à l’esprit en voyant ce tableau.

Mon fils avait 4ans.

Nous étions sur le bateau comme assez souvent.

A bord, deux « Garçons » pour s’occuper des cabines, bureaux et douches du Commandant, du Chef Mécanicien et pour faire le service à table. La plupart du temps les Garçons étaient des Sénégalais. Je n’ai connu qu’un seul Français.

Mon fils connaissait tout le monde, allait et venait pratiquement à sa guise, aussi bien à la Passerelle que dans les cuisines, sauf à la machine où il ne pouvait aller qu’accompagné et donc pas souvent.

Il était aimé de tous ces messieurs car toujours poli et très curieux. Peut-être parfois un peu trop car toujours à poser des questions.

Pendant un déjeuner, sans aucune discussion préalable, il a demandé au Garçon qui était Sénégalais :

  • Dis Cissé pourquoi on n’est pas pareils.

Cet homme qui n’avait pas une très grosse instruction mais avait une belle intelligence lui a posé la question.

  • Ca veut dire quoi, pas pareils ?
  • Ben, tu vois bien, on a pas la même peau.
  • Tu veux dire que je suis noir et toi blanc ?
  • Oui, c’est ça.
  • Tu es sûr ?
  • Ben oui quoi.
  • Pourtant regarde. Je pose ma main comme ça et tu fais la même chose.

Cissé a posé sa main sur la table : dos de la main sur la table la paume vers le plafond, mon fils a mis sa main à toucher dans la même position.

  • Il a fait la remarque qui a fait rire : bien sûr, dessus tu as plus de soleil dans ton pays, alors c’est forcé.
  •  Je suis né avec la peau noire et toi avec la peau blanche. 
  • Oui, mais j’ai bien vu que dans ta main, c’est pareil que dans la mienne. Et quand tu saignes ?
  • Mon sang est rouge comme le tien.

Il suffit de si peu de chose pour faire comprendre à un enfant.

Encore faut-il le vouloir quand on est parent.

 

Une nouvelle école

Une nouvelle école a ouvert ses portes à la rentrée. Une école alternative avec un drôle de nom : Reykjanes

Il n’y a qu’une classe tous âges confondus.

Amusant, ce matin, en parlant avec une camarade de classe de mon aîné, nous avons  pensé à « leur classe » qui était aussi mélangée. La différence : l’enseignement.

Nous avions discuté contes avec l’institutrice/directrice et samedi matin, nous y étions.

Pour cette fois, très peu d’enfants de trois à huit ans.

Comme nous avions demandé : tout le monde à terre sur des coussins. Il y a longtemps que nous nous sommes rendu compte que c’est ainsi que les enfants écoutent le mieux, en prenant leurs aises et s’ils veulent se trémousser, pas de problème, du moment qu’ils ne se bousculent pas.

Je peux vous dire qu’ils comprennent très bien le truc.

Comme nous savions pour les âges, nous avions choisi deux contes très enfantins pour la petite de trois ans. Pour moi, ce n’était pas un conte, juste une petite randonnée. Mon amie avait un conte animé.

Avec elle ils ont rêvé avec un petit pâtre qui apprend beaucoup en montagne.

Avec moi, ils sont partis en Afrique.

La fin du conte a saisi l’institutrice tellement elle est dure,  mais les enfants ont eu l’air de trouver cela normal alors que c’était une première pour eux. Ils m’ont posé des questions donc, ils étaient bien dedans.

La maitresse ayant aimé, nous a demandé si nous pouvions  venir chez elle pour une intervention en  soirée. Donc petite discussion. 

Les enfants avaient regagné l’endroit où chacun peut dessiner, lire ou écrire.

Tout le monde sait que les enfants ont de grandes oreilles. Alors qu’on les pense très occupés, ils entendent tout ce qui se dit.

Ce qu’ils ont entendu a dû les intéresser car ils nous ont dit que pour fêter Noël, ils allaient faire une soirée pyjama et nous ont demandé si nous voudrions venir !

Là, il y a eu rigolade.

J’ai répondu que je n’ai pas de pyjama et que je n’aurais pas assez chaud. Alors fou rire car, enfin, comment est-ce que je peux dormir sans pyjama ?

Mon amie veut bien y aller en robe de chambre mais l’ennui, elle est trouée !

Bien sûr que nous retournerons à l’école.