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Défi N° 257 – Chassé croisé

Durgalola , en capitaine de la coquille de noix nous propose de regarder cette toile et de nous en inspirer pour écrire un texte.

Elle se nomme chassé-croisé. Vous pouvez vous inspirer de la totalité ou de la partie droite ou gauche du tableau.

Ce peut être en relation directe avec le tableau ou simplement ce que cela invoque pour vous.

Un souvenir, c’est ce qui me vient à l’esprit en voyant ce tableau.

Mon fils avait 4ans.

Nous étions sur le bateau comme assez souvent.

A bord, deux « Garçons » pour s’occuper des cabines, bureaux et douches du Commandant, du Chef Mécanicien et pour faire le service à table. La plupart du temps les Garçons étaient des Sénégalais. Je n’ai connu qu’un seul Français.

Mon fils connaissait tout le monde, allait et venait pratiquement à sa guise, aussi bien à la Passerelle que dans les cuisines, sauf à la machine où il ne pouvait aller qu’accompagné et donc pas souvent.

Il était aimé de tous ces messieurs car toujours poli et très curieux. Peut-être parfois un peu trop car toujours à poser des questions.

Pendant un déjeuner, sans aucune discussion préalable, il a demandé au Garçon qui était Sénégalais :

  • Dis Cissé pourquoi on n’est pas pareils.

Cet homme qui n’avait pas une très grosse instruction mais avait une belle intelligence lui a posé la question.

  • Ca veut dire quoi, pas pareils ?
  • Ben, tu vois bien, on a pas la même peau.
  • Tu veux dire que je suis noir et toi blanc ?
  • Oui, c’est ça.
  • Tu es sûr ?
  • Ben oui quoi.
  • Pourtant regarde. Je pose ma main comme ça et tu fais la même chose.

Cissé a posé sa main sur la table : dos de la main sur la table la paume vers le plafond, mon fils a mis sa main à toucher dans la même position.

  • Il a fait la remarque qui a fait rire : bien sûr, dessus tu as plus de soleil dans ton pays, alors c’est forcé.
  •  Je suis né avec la peau noire et toi avec la peau blanche. 
  • Oui, mais j’ai bien vu que dans ta main, c’est pareil que dans la mienne. Et quand tu saignes ?
  • Mon sang est rouge comme le tien.

Il suffit de si peu de chose pour faire comprendre à un enfant.

Encore faut-il le vouloir quand on est parent.

 

Une nouvelle école

Une nouvelle école a ouvert ses portes à la rentrée. Une école alternative avec un drôle de nom : Reykjanes

Il n’y a qu’une classe tous âges confondus.

Amusant, ce matin, en parlant avec une camarade de classe de mon aîné, nous avons  pensé à « leur classe » qui était aussi mélangée. La différence : l’enseignement.

Nous avions discuté contes avec l’institutrice/directrice et samedi matin, nous y étions.

Pour cette fois, très peu d’enfants de trois à huit ans.

Comme nous avions demandé : tout le monde à terre sur des coussins. Il y a longtemps que nous nous sommes rendu compte que c’est ainsi que les enfants écoutent le mieux, en prenant leurs aises et s’ils veulent se trémousser, pas de problème, du moment qu’ils ne se bousculent pas.

Je peux vous dire qu’ils comprennent très bien le truc.

Comme nous savions pour les âges, nous avions choisi deux contes très enfantins pour la petite de trois ans. Pour moi, ce n’était pas un conte, juste une petite randonnée. Mon amie avait un conte animé.

Avec elle ils ont rêvé avec un petit pâtre qui apprend beaucoup en montagne.

Avec moi, ils sont partis en Afrique.

La fin du conte a saisi l’institutrice tellement elle est dure,  mais les enfants ont eu l’air de trouver cela normal alors que c’était une première pour eux. Ils m’ont posé des questions donc, ils étaient bien dedans.

La maitresse ayant aimé, nous a demandé si nous pouvions  venir chez elle pour une intervention en  soirée. Donc petite discussion. 

Les enfants avaient regagné l’endroit où chacun peut dessiner, lire ou écrire.

Tout le monde sait que les enfants ont de grandes oreilles. Alors qu’on les pense très occupés, ils entendent tout ce qui se dit.

Ce qu’ils ont entendu a dû les intéresser car ils nous ont dit que pour fêter Noël, ils allaient faire une soirée pyjama et nous ont demandé si nous voudrions venir !

Là, il y a eu rigolade.

J’ai répondu que je n’ai pas de pyjama et que je n’aurais pas assez chaud. Alors fou rire car, enfin, comment est-ce que je peux dormir sans pyjama ?

Mon amie veut bien y aller en robe de chambre mais l’ennui, elle est trouée !

Bien sûr que nous retournerons à l’école.

 

 

Défi N° 254

 

Jeanne est à la barre de la coque de noix des Croqueurs de Mots pour cette quinzaine.

Elle nous demande d’imaginer que nous sommes à la fin de septembre 2019, que l’année scolaire vient de commencer et de rêver à cette année.

Tu vois Jeanne, je crois qu’il faut que je rêve que je n’ai plus de problème avec le temps qui passe et que je suis capable de publier le lundi comme demandé. 

Je te demande de m’excuser pour ce grand retard.

 

Septembre 2019. Rentrée des classes. Entretien avec les CPE des collèges multisite d’Asfeld et de Château Porcien. Comme les années précédentes, nous sommes trois. Je suis la seule à toujours rouspéter car je ne trouve pas normal que des enfants qui arrivent en 6ème ne sachent pas lire. Comme tous les ans on me répond que ces enfants ont la chance de nous rencontrer sur leur chemin. Cela les fait toujours un peu sourire ma réaction car ils savent que j’aime venir aider du mieux que je peux ces enfants.

 En Septembre 2019 … comme ceux qui ont précédé, je rêve.

Je rêve à des enfants qui vont me suivre sur le chemin de la lecture. Qui vont prendre un grand plaisir à ouvrir un livre. Qui vont arriver un mardi en me disant j’ai lu ce livre, c’était incroyable, j’ai oublié le lieu où j’étais, les copains et les copines, la fratrie, les parents et même l’heure.

Bien sûr, je sais que je vais les voir arriver renfrognés, très indisciplinés.

Alors  oui, je rêve que je vais les amadouer.

Que je vais leur donner le plaisir d’écouter parce que je commence par cela et que je sais que s’ils mordent à l’hameçon, c’est au moins cela de gagné.

Qu’ils vont s’amuser à décrypter des virelangues, à rire des fautes de prononciation des autres mais aussi des leurs, qu’ils riront aussi des miennes lorsque j’en fais.

Je rêve que tout cela va arriver. 

Je rêve de voir, un jour de cette année, un visage épanoui. De sentir ce plaisir de la lecture.

Comme chaque année je rêve de leur apporter, de leur donner tout ce que je peux dans la joie et la bonne humeur.

Le monde ou mon monde ?

Notre capitaine, Jill Bill, pour le défi N°253, nous demande de refaire le monde sur le zinc en incluant ces 15 expressions en verlan, s’il vous plait!

Auch = chaud, Beubard = barbe, Cheum = moche, Gueudin = dingue, Joibour = bourgeois, Keum = mec, Laisse béton = laisse tomber, Meuf = femme, Nawak = n’importe quoi, Péta = taper, Résoi = soirée, Teillebout = bouteille, Veugra = grave, Yeuve = vieux,  Zeyo = oseille

Ce soir, coup de cafard, j’ai passé les monts et me retrouve au café.

– Patron, une teillebout !

– Une pour toi seul ?

– Et comment !

– Ben dis donc, ça doit pas aller fort, d’habitude, tu plaisantes, tu fais rire, tu remontes le moral de tout l’monde. Mais qu’est-ce qu’il t’arrive ? Les infos ? Le monde qui ne va pas ?

– Le monde qui ne va pas, tu parles depuis le temps qu’on en parle et que chez toi, justement on essaie de le refaire et que ça marche pas parce que les humains sont les humains, qu’ils jalousent les voisins, alors le monde, tu parles, normal, c’est pareil, ils sont tous à couteaux tirés. J’ai jeté les armes, je ne veux même plus en parler, ça m’fout le moral à zéro en temps normal, alors, en ce moment …

– Mais qu’y a-t-il de plus en ce moment ?

– La meuf qui nous gouverne cette quinzaine nous a lancé un défi complètement  gueudin. Elle a dit que joibour comme je suis, je s’rais pas capable de r’faire le monde chez toi.

– Ben c’est qu’elle te connait mal.

– Tu parles, surtout avec tout ce qu’il se passe en ce moment, c’est pas l’plus difficile. Laisse béton, c’est nawak.

– Toujours parler de ce sujet, c’est auch chez moi. Ca tire à hue et à dia et finalement, il faut que je m’interpose car il y a toujours risque de bagarre ici aussi. Tu dois être trop yeuve. Les keums dans ton genre parlent plutôt d’zeyo. Tu f’rais mieux de péta la belotte.

– Même pas envie. J’en ai peut-être de la zeyo mais en ce moment elle fond rapidement.

– Mais qu’est-ce que t’as à rabacher comme ça ?

– J’ai qu’au lieu de passer la résoi chez moi, j’suis dans mes pâtures et que ça me beubard et même bien plus, mes bêtes crèvent les unes après les autres, au moins une par jour, c’est vegra. Les vétos ont fait autopsie sur autopsie et ils sont sûrs de rien. Des bestioles, des vers, qui se promènent dans mes pâtures et tout ça la faute des inondations qu’ils disent.

– Ha, je comprends mieux ! C’est cheum. Allez tiens, je te l’offre la teillebout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Défi N° 245 – Souvenirs souvenirs

 

Fanfan, capitaine de la coquille de noix pour la quinzaine nous demande une publication pour le lundi 8 février 2021

« Souvenirs, attention danger … » !

A partir d’une photo, ou d’un objet, d’une odeur, d’un lieu , racontez- nous en quelques lignes , un souvenir  bon, gai , ou triste, ou une anecdote de votre enfance, que cela a réveillé en vous .

 

Cette photo me ramène quelques soixante treize en arrière et me fait souvenir du bois de Vincennes et de la rigole en ciment qui drainait la pluie vers le ruisseau.

C’était à qui descendrait jusqu’au ras de l’eau assis dans la rigole.

J’avoue, sans fausse honte, que j’aimais beaucoup me lancer ce défi : ne pas me mouiller les pieds. Il fallait simplement freiner au bon moment avec le côté des pieds.

Aïe les chaussures !

Bien sûr que maman n’aimait pas trop. Les chaussure devaient être un gros trou dans le budget surtout si mon pied n’avait pas grandi et que donc, les chaussures n’avaient pas besoin d’être renouvelées. 

Ca ronchonnait beaucoup et pourtant … je profitais d’un instant d’inattention et hop … vite assise dans la rigole et je descends ! Parfois les pieds se mouillaient. Là, je ne pouvais pas nier.

La punition, si toutefois on peut la nommer ainsi : Un soir, je chahutais avec mon père. Je me suis retrouvée à quatre pattes. Papa m’a attrapée par le fond de ma culotte qui a lâché arrivée à la hauteur des épaules de papa et … plaf, je me suis écrasée à plat ventre sur le parquet.

Qu’est-ce que maman a crié. Après papa car j’aurais pu me faire très mal et après moi car c’était à cause de mes descentes dans la rigole que mon fond de culotte avait lâché.