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Défi N° 215

 

Lancement du défi N°214

 

L’Amiral Dômi a demandé au Commandant Fanfan de prendre la barre pour la quinzaine. Ce qui donne :

-Vous allez écrire une lettre pour demander un emploi (sorte de lettre de motivation) , en prose, en vers, en image , comme vous voulez. Mais il faudra convaincre votre futur employeur.

-Dans cette lettre ,il faudra  “incorporer”, pour que la mayonnaise tienne,  des titres de chansons .J’ai choisi Aznavour (Si vous le déteste  choisissez des titres d’un chanteur qui vous convient )

. Voici les titres (à utiliser dans n’importe quel ordre )

– Il faut savoir ; la bohême ; non, je n’ai rien oublié ; hier encore ; les plaisirs démodés ;

je m’voyais déjà ; comme ils disent; tu t’laisses aller ; viens pleurer au creux de mon épaule ; la mamma.

 

Monsieur,

Par la présente je viens solliciter un poste dans votre cabaret. N’importe lequel fera l’affaire. Je connais bien le métier.

Bien sûr, il faut savoir que je suis à la retraite depuis une vingtaine d’années, mais non je n’ai rien oublié.

Hier encore, j’étais meneuse de revue. Il est vrai que j’ai dû arrêter mon activité car la Mamma était très malade.

Lorsque j’ai voulu reprendre, elle m’a dit : j’en ai assez de cette vie que tu me fais mener. Il n’y a pas d’heure pour manger, pas d’heure pour dormir. Depuis le temps, tu devrais quand même penser que, tant que tu n’es pas rentrée, je ne peux pas m’endormir.

Avec toi, c’est la bohème.

Et j’ai tout laissé tomber.

Un jour elle m’a fait remarquer : tu t’laisses aller ma fille. Tu devrais soigner un peu plus ta tenue. Les voisins parlent. Ils se demandent de quoi nous vivons. Tu devrais trouver un travail, un travail normal comme ils disent.

Au lieu de ça, j’aurais aimé qu’elle me dise : allez, viens pleurer au creux de mon épaule, laisse-les dire. Je sais que tu es honnête.

Ne croyez pas Monsieur, que je veuille reprendre la revue. J’ai aimé passionnément mon métier mais je n’ai pas envie de tomber dans les plaisirs démodés pour moi. Je me contenterai de servir à table les clients, d’être une bonne habilleuse et une bonne maquilleuse.

Je vous prie de croire, Monsieur, en mes respectueuses salutations.

 

Une soirée au château


Une racontée dans un château.

Nous l’avons déjà fait.     

A cette époque, nous étions encore trois à conter.

Le châtelain, un professeur de lycée, nous avait ouvert ses portes, mais il avait fallu que nous fassions de la publicité, ce que je n’aime pas parce que je ne sais jamais à qui adresser les invitations.

La soirée s’était passée dans la « salle basse » du château.

Dans la grosse cheminée les bûches flambaient depuis le début de l’après-midi.

Je me demande si je n’en avais pas déjà parlé.

Vendredi de la semaine dernière, c’était un peu différent car, ayant un ami d’enfance conteur,  les châtelains ont l’habitude d’ouvrir leur porte, une fois par an, aux conteurs depuis six ans.

Il faudrait que je retourne faire des photos car le lieu est superbe, malgré que la nuit était installée lorsque nous sommes arrivées,  et le château ne l’est pas moins.

Le château … maison forte disent-ils. Propriété familiale depuis 1525 ou quelque chose comme cela, qui a été remise en état en 1923, je crois. Il est entretenu bellement.

Nous entrons par la tour. Il y a du feu dans la cheminée. Des fauteuils invitent à la rêverie. Tiens, pour un petit moment, je me verrais bien châtelaine !

Il y en a beaucoup de ces grosses maisons dans mon Ardenne, mais là je dis château car il y a la tour, ainsi que des églises fortifiées.

Les frontières du nord ont souvent été occupées et ce depuis si longtemps.

Bref, nous étions cinq à nous partager l’espace et ce sans grosses contraintes.

Le public est arrivé nombreux, soixante-dix personnes et deux enfants. En prenant possession de l’espace, je m’étais  dit qu’ils avaient prévu large car souvent des chaises restent inoccupées. Poufs et coussins avaient été disposés devant. Tout a été occupé et  il a fallu ajouter des chaises.

Et c’était un public qui venait vraiment écouter du conte. 

Une amie conteuse était venue avec une de ses petites filles. Celle-ci a demandé si on voulait bien l’autoriser à conter. Elle a six ans !

Il lui a fallu un peu de temps pour démarrer, puis elle a fait une pause et elle est repartie pour arriver au bout. C’est vrai qu’elle manquait de voix. Je n’ai pas entendu tout “le petit bonhomme de pain d’épices”. C’est ça les vieilles oreilles !

Ah le trac … elle a fait connaissance avec.

 Elle sait maintenant ce que c’est que se retrouver face au public. 

Et elle dit qu’elle veut devenir conteuse !

Une bonne expérience.

Sa mamie et moi lui avons dit que pour nous, c’est la même chose.

La soirée s’est terminée par le verre de l’amitié accompagné de ta’te à suc.

Une soirée de vrai plaisir.

A la MARPA

 

Mercredi après-midi, nous contions à la MARPA, une résidence pour personnes âgées.

C’est toujours un agréable moment, pour eux, disent-ils et j’ajoute : pour nous.

Je suis souvent étonnée de les entendre lorsque nous prenons le goûter ensemble, après la racontée.

Le plus jeune, je pense, est mal voyant, très mal voyant, il dit qu’il voit vaguement des ombres. Il a une écoute incroyable.

Lorsque nous avions préparé notre programme avec mon amie, j’avais repris mes « copions » et donc, pour un conte, j’ai dit que je ne le raconterais pas car déjà donné. Mon amie me disait que non.

En arrivant ce mercredi après-midi, je demande donc à ce monsieur si oui ou non il avait entendu de ma part une histoire qui parle d’un cordonnier et il me dit non. Je pense que je peux vraiment me fier à lui. Ce conte sera pour la prochaine fois … peut-être. N’importe comment a-t-il ajouté, vous pouvez recommencer un conte de temps en temps, comme cela tout restera dans ma tête.

Pendant le goûter, à la même table que moi, ils étaient deux qui nous suivent depuis le début que nous allons dans cette résidence, c’est-à-dire six ans. Ce monsieur mal voyant et une dame de 87 ans.

Le monsieur mal voyant commence à me parler d’un de mes deux contes en me disant : vous pouvez revenir dessus, je n’ai pas bien compris la fin. Je me dis : là, il y a un problème. Donc, je reviens rapidement sans conter et je le sentais en attente. La dame de 87 ans elle aussi attendait. Il leur manquait quelque chose !

Normal, je n’ai pas terminé mon conte !

Enfin, quand je dis que je n’ai pas terminé mon conte … effectivement, sans y penser, je l’ai arrêté comme “avant”. Car, lorsque j’ai commencé à le raconter il y a … un grand moment, je terminais un peu de cette manière et personne n’en attendait plus.

Au bout de quelques années, je lui ai fait une autre fin et voilà que c’est elle que tous les deux attendaient !

Incroyable, non. 

S’ils n’en avaient pas parlé, je n’aurais jamais pensé que cela puisse manquer. 

En plus, je ne m’en étais même pas aperçue.

 

Le 200ème défi des Croqueurs : Je me souviens

 

 

La principale consigne donnée par Durgalola est de commencer son texte par : “je me souviens”

et une proposition de consigne supplémentaire, uniquement si vous en avez envie,  : choisir un mot unique dans la liste et l’intégrer dans votre texte :

“maison, anniversaire, rouge, bateau ou lundi”

 

Bien sûr, je suis en retard. Je ne pouvais quand même pas laisser passer le 200ème. Je ne savais même pas si c’était la semaine du défi !

Je me souviens mon bébé était  né. Nous avions rejoint mes beaux-parents et nous avions parlé de notre projet de chercher une petite maison pour y installer nos trois bouts de bois.

Nous avions tellement envie de passer la dernière année de cours de mon mari, ensemble. Ce serait la seule année qui nous serait accordée pendant toutes celles qui iraient jusqu’à la retraite. Un hic … nous ne pouvions pas payer deux loyers.

Justement, au village il y avait la prévision de vente à la chandelle d’une maison.  Le maire nous a donné les clés pour la visiter.

C’était une petite maison noyée dans la verdure et le foin du jardin. Le toit avait perdu des ardoises, beaucoup d’ardoises. Elles étaient tombées, au nord, le long du mur de la maison. Les feuilles de muguet perçaient les ardoises. Stupéfaction de voir cette force de vie.

Un prunier montrait déjà ses fruits. Au fond du jardin, une grand et vieux noyer.

Perdus dans l’herbe folle, un cœur de marie, un gros bouquet de couronnes royales et des iris.

A l’est, un puits, pratiquement le long du mur.

Côté sud, encore un noyer, mais jeune cette fois, dans ce que j’appelle maintenant, ma cour. Au fond de cette cour accolée à la maison, une “cabane à chèvres”. En “L” une à cochons. Un pied de vigne grimpait le long de la porte de la grange. Du raisin blanc.

Une fois poussée la porte d’entrée en bois, la pièce à vivre avec au fond un lit et dans la cheminée un poêle très long à pattes de lion. En face une pièce vide avec un beau parquet et face à celle de la pièce à vivre, une autre cheminée.

Face à la porte d’entrée, une pièce ?… juste des briques non jointées, le maçon disait : jointoyées, posées au sol, un gros buffet bas campagnard, une petite table, une assiette et dans l’assiette, une petite cuillère et un coquetier avec la coquille d’un œuf.

Il fallait laver les briques une par une pour éviter que l’eau ne s’infiltre entre elles.

Au premier, le grenier dans lequel se trouvait “une petite chambre” : des planches comme cloisons. De quoi mettre un lit de 120 en coin et une chaise. Au fond du grenier, deux grosses armoires de même style que le buffet, c’est à dire, sans style vraiment. Juste des armoires d’ici à portes plates.

La grange et une cave.

Et voilà. Nous sommes tombés amoureux de cette petite maison. Elle a grandi pour pouvoir recevoir toute notre famille à chaque occasion qui se présentait lorsque Monsieur avait quitté son bateau.

Elle est devenue la maison du bonheur.

Défi n° 192. Les temps forts d’une heure de votre vie

 

Les temps forts d’une heure de votre vie en 280 mots. C’est le défi du lundi lancé par Jeanne notre commandant de bord pour la quinzaine.

Je crois que ce ne sera qu’un temps fort de ma vie. Non de notre vie. Sinon, je vais faire de l’énumération.

Nous attendions notre aîné avec femme et enfant. Petit encore l’enfant. Il commençait à babiller, à dire papa, maman.

Notre fils avait dit : il y a une surprise. Nous attendions la surprise. Peut-être un autre petit enfant.

Allez savoir pourquoi ma cervelle se met si vite en route alors qu’elle n’en a pas besoin.

La porte de communication garage/cuisine s’est ouverte. Mon fils était là, le sien dans les bras et soudain j’ai entendu ce mot : grand-père.

C’était un grand cri avec les « r » qui roulaient.

Mon époux est arrivé en courant.

Mon cœur a bondi dans ma poitrine.