Archive | 5 décembre 2020

Maintenant, on m’appelle Chipie (8)

 

Maintenant, il venait tous les jours. On se retrouvait, on se papouillait, on se coursait, on se roulait, quelquefois, la patte partait un peu fort mais ce n’était pas méchant.

Un jour, elle l’a appelé Lui et a dit : regarde les et écoute. Il ne comprenait pas, alors Elle a ajouté ils marounent. Ben ça alors, c’était quoi encore ce truc.

J’allais vite le savoir.

Le lendemain, hop la boîte de voyage, encore. Direction vétos, lequel j’allais voir ?

C’était Elle : non ce n’est pas possible, elle est trop jeune encore. Elle a ouvert ma gueule et s’est rendu compte que j’avais bien changé, qu’Ils avaient fait une petite erreur sur mon âge vu mon état lorsque nous leur avions amenée, que malgré tout elle était un peu en avance, que cela se pouvait, que je devenais une grande chatte et que …

Mais qu’est-ce qu’Elle racontait ?

Elle a appelé. Il est arrivé et j’ai entendu : vous l’amenez lundi matin à 8h et je ferai le nécessaire. Mais qu’est-ce qu’Il allait encore me faire.

Le lundi matin, j’ai encore eu droit à une piqure, là je commence à en avoir assez des piqures.

Après … plus rien. Il parait que j’ai été très sage.

Quand je me suis réveillée, j’étais dans ma boîte de voyage. Ils étaient là.

Le véto a bien précisé que je ne devais pas toucher aux fils.  Mais qu’est-ce qu’Il racontait encore. Y avait pas de fils dans ma boîte !

J’ai entendu parler de collerette. Allons bon, Il ne peut pas employer des mots que je connais !

Une fois à la maison, je me suis sentie bien réveillée mais aussi, ça tiraillait du côté de mon ventre et j’ai léché et j’ai tiré. Tiens ça devait être ça les fils.

Elle s’est précipitée en disant non, non, il ne faut pas.

Tu penses bien que j’ai recommencé.

C’est comme a que je me suis retrouvée avec la fameuse collerette. Ha non, je n’ai pas aimé du tout. J’ai foncé droit devant, je suis rentrée dans le mur, dans un meuble et Ils ont retiré cet objet de malheur.

J’avais compris. Il ne fallait pas toucher aux fils.

J’avoue que, de temps en temps, quand Ils ne me voyaient pas, je tirais discrètement sur un fil, pas trop quand même, ça faisait mal.

Je les ai entendus dire que maintenant, il n’y avait plus de risques, que je pouvais aller gambader dehors.

Enfin, j’ai retrouvé le jardin. Que c’était bon de courir avec mon frère !

Au début, j’ai dit qu’Il venait tous les jours, mais quand je dis tous les jours … il arrivait en principe l’après-midi.

Quel paresseux ! Je dis çà mais je ne dis rien !

Elle m’a expliqué qu’il devait chasser. Chasser, pour quoi faire. Il avait à manger comme moi au sous-sol.

Et même, maintenant, j’avais réussi à le décider de rentrer de quelques mètres dans la maison et il avait des croquettes comme moi.

Mais il ne voulait pas rester. Ca me rendait un peu triste, mais il avait décidé de sa vie comme il me disait.

Une nuit, en le suivant, j’ai appris moi aussi.

Le matin, j’ai déposé ma proie à Ses pieds. Elle a appelé et Il est arrivé.

J’ai eu droit à plein de compliments : que j’étais belle (çà je le savais déjà), que j’étais grande (ben oui, j’avais grandi et les vétos l’avait bien dit), que c’était bien, que j’avais bien travaillé.

Ah bon, c’était du travail ? C’est drôle, c’était comme lorsque je courrai après la petite boule de papier alu et ça c’était pas du travail, c’était de la rigolade.

Du coup, maintenant, « je vais à la chasse ». Il y a les nuits avec et les nuits sans.

Souvent, lorsque je rentre avec souris, musaraigne ou autre, c’est trop tôt pour eux alors j’ai trouvé un truc, je dépose ma proie sous les fenêtres de leur chambre que je connais bien, et je pousse mon cri !

Je miaule jusqu’à ce que les volets  s’ouvrent et qu’Ils commencent à me complimenter.

Après, je sais que la porte va s’ouvrir, que je rentrerai et que je l’accompagnerai, Lui qui porte les tasses de café du matin qu’ils vont déguster tous les deux au lit en écoutant la radio. Moi, du coup, j’en profite et hop, sur le lit et même, hop… je ne  vous dirai pas ce que je fais parce que je n’ai pas trop le droit, mais … je le fais quand même, il fait tellement bon dans le lit.

Il y a des jours et des nuits de pluie et là, je n’ai pas envie de sortir. J’en profite pour faire de grosses siestes.

Quand il pleut, j’ai froid, alors, je me couvre.

Le soir du 7 juillet, il faisait tellement bon.

Je suis sortie.