Archive | 24 octobre 2020

Maintenant on m’appelle Chipie (4)

 

J’avais froid, si froid, pourtant j’étais toujours au coin du feu.

Un soir, j’ai remarqué qu’elle posait une assiette sur le poêle. C’était pour que ses petits gâteaux restent bien secs et tièdes.

Tièdes ? c’était juste ce qu’il me fallait. D’ailleurs je l’ai vue poser ses mains à côté de l’assiette. Si Elle ne se brûlait pas les mains, je ne me brûlerais pas les pattes. Donc, je pouvais essayer.

Cela n’a pas été facile mais, après quelques tests, j’ai pu sauter du bras du fauteuil sur le poêle et je ne me suis pas brulée les pattes. 

Qu’est-ce que j’étais bien.

Et non, non, je n’ai pas grignoté les gâteaux. Ca c’était lui lorsqu’il passait avant que je m’installe. Je l’avais vu faire !

Je me suis accrochée comme tout le monde disait.

Si bien que je me suis, encore, retrouvée entre les mains expertes et féminines que je connaissais.

Maintenant je savais ce qu’il allait se passer : encore une auscultation.

Ce que je ne savais pas c’est que j’aurais des médicaments à prendre. J’étais un peu rétive mais avec beaucoup de caresses de petits nez-nez et d’explications je les ai pris.

C’est le moment où je les ai entendus discuter : comment faire pour lui faire accepter une inhalation ?

Ils m’ont expliqué mais j’avoue que je n’ai rien compris.

Ils ont trouvé le truc. Retour dans ma boîte de voyage. Là je me suis dit : bizarre, d’habitude c’est pas à cette heure là, on va où cette fois ? Non, la boîte est restée dans la cuisine et moi dedans.

Devant mon nez, Elle a mis un petit bol et ça sentait drôlement bon. Il a mis une grande couverture sur la boîte et je suis restée bien sage. Au début, j’ai toussé un peu et puis ça s’est calmé. Qu’est-ce que je me sentais bien.

Les jours suivants, je savais. Après leur petit déjeuner, leur déjeuner et leur dîner, elle préparait le petit bol qui sentait si bon et j’ai pris l’habitude d’aller direct dans ma boîte.

Et je ne toussais plus !