Archive | avril 2020

Maintenant, on m’appelle Chipie

 

Bonjour à tout le monde.

J’ai très envie de partager mon aventure car c’en est une.

Je suis née dans une ferme. Maintenant, je sais même que c’était dans le poulailler d’une ferme car ma mère avait été adoptée par les poules et vivait avec elles.

Un jour, je ne sais même plus comment j’ai fait, j’ai suivi frère et sœurs. J’étais petite, toute petite.

Pourquoi sommes-nous partis ? Le fermier a dit que la petite chatte était morte et que les petits ne se laissaient pas approcher. Nous avons donc dû marauder pour trouver un peu de nourriture.

Avec eux, je me suis blottie dans le coin d’une porte-fenêtre au soleil. Qu’est-ce que c’était bon.

Avec eux, je me suis retrouvée dans un sous-sol et j’ai pu dormir tranquille.

Au matin, j‘ai eu très peur. Du bruit dans l’escalier. Une Humaine venait là tout à côté. Elle disait que je n’avais pas à avoir peur (tu parles les trois autres s’étaient déjà sauvés), qu’Elle venait s’occuper de son linge. Moi aussi je me suis sauvée.

Et puis … nous sommes revenus pour la nuit.

Nous sortions et rentrions comme nous voulions. Il y avait toujours quelque chose pour emplir notre ventre.

Sur une table,  une vieille chatte venait passer des petits moments. Un jour, elle n’a pas monté l’escalier. Ils sont venus lui parler, l’ont prise dans leurs bras et elle a disparu  avec eux. Plusieurs jours comme ça. Et puis elle n’est pas revenue.

Une de mes sœurs est morte ce jour là. Quelques jours plus tard, l’autre a disparu. Mon frère était toujours là, avec moi.

Lorsqu’Elle descendait, Elle disait, plusieurs fois : c’est moi, bonjour Tichat.

Lui aussi venait. Il ne s’occupait pas de moi. Il disait : non, c’est trop tôt, je ne pourrai pas.

Je me suis mise à tousser. Je me sauvais toujours lorsqu’Elle descendait. 

Un jour, je n’ai pas pu me sauver car il fallait sauter en zigzag et je n’avais plus la force, pourtant, je ne voulais toujours pas qu’Elle m’approche.

Au bout de presque une semaine de ce petit manège, j’avais du mal à manger. Elle est venue doucement, a posé sa main sur moi en me disant : il faut manger, il faut boire, allez fais un effort.

Je toussais de plus en plus. J’avais tellement mal que je l’ai laissée venir, me prendre dans ses bras mais j’ai eu très peur, alors Elle m’a posée sur le sol.

Ça a été encore pire lorsque j’ai vu ses pieds !