Archive | juin 2019

Sur le pas de la porte

Je suis très en retard mais je tenais à participer à ce dernier défi des Croqueurs tenu par Asfree, à la demande de notre Amiral Dômi. Elle nous demandait de placer une personne sur le pas de sa porte.

 

C’était une belle fin d’après-midi. Il avait fait chaud.

La jeune femme s’était assise, là, sur le banc près du pas de la porte. Elle les a vus arriver. Ils venaient chacun d’un bout des chemins.

Elle partait à la décharge avec, dans sa brouette, des déchets verts de son jardin.

Lui revenait des champs, sa brouette pleine de foin.

Ils se sont arrêtés au croisement, se sont salués et ont entamé une discussion.

Les voix étaient calmes et même rieuses. Ils échangeaient sur le temps, les moissons à venir, le jardin.

Et soudain, venant du haut du village, ELLE est arrivée, fulminant, hurlant, vociférant !

Elle criait à tous vents qu’elle ne voulait plus la voir « elle » dans les pattes de son mari.

On a dû l’entendre dans tout le village.

Elle a intimé l’ordre à son mari de rentrer. Il a pris le temps de dire au revoir à celle avec qui il parlait.

Tranquillement, il a soulevé sa brouette de foin.

Elle a repris le chemin de la décharge.

La jeune femme a pensé, avec un brin d’amusement à une scène de jalousie.

Les trois têtes blanches ont disparu de son champ de vision.

 

 

Les fils électriques

Je viens de chez Passion qui disait qu’elle avait préparé le repas avant de partir car les fils électriques n’étant toujours pas enterrés, il risquait d’y avoir une coupure de courant à cause du vent.

Cela m’a rappelé le temps où, ici aussi, il suffisait d’avoir du vent un peu fort et … plus de courant. De ce fait nous avions un stock de bougies (j’en ai d’ailleurs encore !).  Dans le village l’électricité avait été refaite (toujours sans fils enterrés), mais pas dans notre rue.  Nous n’avons jamais su pourquoi. Normal ? Peut-être car notre maison est la seule de la rue, avec, maintenant, le numéro 1 à la porte. 

Nos enfants ont grandi, ils avaient l’habitude du recours à la bougie et au manque de télévision.

Notre fils aîné vivait en couple et venait pratiquement chaque fin de semaine à la maison. Depuis un moment, ils avaient pris l’habitude de repartir le dimanche soir après le dîner, car la route passait par un village en longueur avec un feu. La circulation devenant de plus en plus dense, ils trouvaient le temps bien long pour parcourir les cinquante kilomètres.

C’était l’été. Ce dimanche soir là, la nuit était tombée. Nous discutions tranquillement. Mon fils a appuyé sur l’interrupteur des appliques de la cuisine et plouf … plus de courant dans la maison, tout avait sauté.

Pas de vent donc un petit problème à régler. A cette époque, j’avais l’habitude de régler les problèmes domestiques seule. Je vais au disjoncteur … rien. J’appelle le fils qui contrôle … rien. Je vais chercher mon père qui habitait à quelques maisons de nous, il contrôle aussi … rien. Constatation de nous trois : cela ne vient pas de la maison.

Donc, coup de fil à EDF. L’homme d’astreinte arrive environ une demi heure après pour constater, lui aussi, que cela provient de notre ligne.

Il fallait le camion nacelle. Donc attendre le lendemain. Le lendemain, notre ligne a été changée, mais pas enterrée !

N’empêche, depuis, les coupures d’électricité n’arrivent qu’en cas de violent orage.

Si quelqu’un a besoin de bougies …