Le début du conte

 

Conter, tout au moins pour notre petit groupe, c‘était une grosse envie mais sans vouloir en faire un métier.

On nous a dit que ce n’est pas chose facile pour tout le monde, qu’il fallait se former et qu’ensuite nous pourrions « affronter » le public. J’emploie ce mot avec intention car, c’est ce que nous ressentions. Vous savez, cela a été, pour nous, comme si nous passions un examen. La différence c’est qu’il n’y avait pas un examinateur, mais une trentaine.

Nous ne nous attendions pas à conter à la fin du premier stage. Pour nous c’était juste un apprentissage. Nous n’avions pas encore entendu l’adage : on devient conteur en contant. Oui mais devant un public !

Je tremblais comme une feuille lorsqu’est arrivé mon tour. Je n’aurais pas pu tenir debout. Heureusement que la maître de stage avait prévu : la chaise était là.

Malgré ce trac incroyable, le petit groupe s’est revu et a décidé de se revoir et de conter comme nous pourrions, où nous pourrions.

Et nous avons continué, comme cela, pendant dix-huit mois, avant de prendre la décision de créer une association.

Notre siège social a été déclaré dans la ville centrale qui nous réunissait toutes.

Une salle nous a été prêtée mais pas très longtemps car on trouvait les conteuses trop bruyantes. Oui, oui, ils ne savaient pas que les conteuses parlent et même beaucoup.

Les réunions se sont donc faites chez les unes et les autres.

Lorsque nous avons décidé de continuer à nous former, tout de suite après la création de notre association, le groupe a fondu rapidement. 

Nous ne sommes plus que deux conteuses plus notre trésorière qui était conteuse, elle aussi, au début, jusqu’à la naissance de son premier fils. Dommage, elle me manque toujours dans le conte car, avec son petit air de ne pas y toucher; elle faisait passer tellement de choses.

Je dis souvent que le conte est un ogre. Il dévore nos jours et à cette époque, souvent nos nuits. Cela lui arrive encore.

Mais comment lutter contre ce travail qui se fait et doit se faire dans nos têtes et même bien plus profondément.

Au début, nous voulions les accumuler. On ne savait pas que, bizarrement, certains seraient évacués et que d’autres se mettraient en veille pour attendre des années avant d’avoir envie de ressortir.

Ils attendaient sagement que la vie nous apprenne à les voir autrement, à les ressentir autrement pour pouvoir les donner pleinement.

Pour le moment, et pour moi, ils n’ont pas été écrits.

Il m’arrive d’aller repêcher, rechercher dans ma mémoire, de tirer sur le fil des images et hop des morceaux de phrases, des mots arrivent … le conte se déroule.

Combien de fois, pendant le travail du lundi avons-nous dit : impossible, je ne me souviens pas. A ces moments là, c’est un peu panique à bord !

C’est impressionnant une image qui arrive et qui demande des mots. C’est magique.

 

9 réflexions au sujet de « Le début du conte »

  1. Alors j’arrive tout de suite…
    J’aime ta façon de définir le conte tel que tu le vis … c’est très clair pour moi et ça me renvoie à des images lointaine où dans une “maison des jeunes” je disais ma “poésie” souvent sur des sons de guitare sèche…. je me souviens des répétitions interminables, et cette peur le jour J où l’on pensait avoir tout oublié… Ah! tu me ramènes loin!!!!!!!!
    Sinon vois tu, je viens aussi de commencer un texte et c’est parti d’une image………..
    Je ne sais pas si ça sera magique, mais j’espère au moins que ce sera “bon”
    Bonne soirée Pimprenelle et pour toi aussi, continue d’écrire et de conter!

    • Conter … pas de problèmes tant qu’il y aura des oreilles pour écouter. Jeunes ou pas !
      J’ai eu un petit mot de l’institutrice de la classe où nous sommes intervenues quatre fois : vous êtes un concentré de bien être à vous deux.
      Je me dis que c’est le plus beau compliment que nous ayons reçu depuis que nous contons.
      Bien sûr que ce sera bon avec l’imaginaire que tu as.
      J’ai d’ailleurs commencé à te lire.
      Bon après-midi Passion
      Bisous

      • Merci pour tout Pimprenelle, merci d’avoir passer du temps sur cette histoire… et jusqu’à la fin.
        Oui tu as reçu un beau compliment . je ressens aussi ce plaisir lorsqu’on me dit avoir distrait des jours un peu tristes par mes textes ou mes recettes, et ce bien être que vous aimez aussi trouver dans les jardins que je partage
        Alors oui, tant que tu le pourras, donne ces plaisirs aux gens qui t’écoutent.
        Un jour bien chaud par ici et pourtant en pleine chaleur, il va me falloir amener Onsen chez son vêto… mais cette fois, ce n’est que pour ses vaccins .
        Bisous et merci encore

  2. C’est une très belle aventure, et c’est dommage que votre groupe se soit éclairci.
    En tout cas, tu es là, et même à deux, à trois, le conte existe, c’est bien.
    Merci pour tout ce que vous faites, pour ce partage aussi.
    Bisous et douce journée.

    • Tu sais, il y a le gros travail du conte mais je dois avouer que je ne suis pas une bonne présidente. J’ai eu trop tendance à dire : nous sommes des adultes, à nous de nous comporter de cette manière. Il aurait fallu que je serve d’arbitre trop souvent.
      Il continuera à exister tant que nous pourrons le faire. On apprend, on grandit, on se fait plaisir et je pense, on en donne. Que demander de plus.
      Bisous Quichottine et merci d’être toi.

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