Archive | 19 février 2018

Le 200ème défi des Croqueurs : Je me souviens

 

 

La principale consigne donnée par Durgalola est de commencer son texte par : “je me souviens”

et une proposition de consigne supplémentaire, uniquement si vous en avez envie,  : choisir un mot unique dans la liste et l’intégrer dans votre texte :

“maison, anniversaire, rouge, bateau ou lundi”

 

Bien sûr, je suis en retard. Je ne pouvais quand même pas laisser passer le 200ème. Je ne savais même pas si c’était la semaine du défi !

Je me souviens mon bébé était  né. Nous avions rejoint mes beaux-parents et nous avions parlé de notre projet de chercher une petite maison pour y installer nos trois bouts de bois.

Nous avions tellement envie de passer la dernière année de cours de mon mari, ensemble. Ce serait la seule année qui nous serait accordée pendant toutes celles qui iraient jusqu’à la retraite. Un hic … nous ne pouvions pas payer deux loyers.

Justement, au village il y avait la prévision de vente à la chandelle d’une maison.  Le maire nous a donné les clés pour la visiter.

C’était une petite maison noyée dans la verdure et le foin du jardin. Le toit avait perdu des ardoises, beaucoup d’ardoises. Elles étaient tombées, au nord, le long du mur de la maison. Les feuilles de muguet perçaient les ardoises. Stupéfaction de voir cette force de vie.

Un prunier montrait déjà ses fruits. Au fond du jardin, une grand et vieux noyer.

Perdus dans l’herbe folle, un cœur de marie, un gros bouquet de couronnes royales et des iris.

A l’est, un puits, pratiquement le long du mur.

Côté sud, encore un noyer, mais jeune cette fois, dans ce que j’appelle maintenant, ma cour. Au fond de cette cour accolée à la maison, une “cabane à chèvres”. En “L” une à cochons. Un pied de vigne grimpait le long de la porte de la grange. Du raisin blanc.

Une fois poussée la porte d’entrée en bois, la pièce à vivre avec au fond un lit et dans la cheminée un poêle très long à pattes de lion. En face une pièce vide avec un beau parquet et face à celle de la pièce à vivre, une autre cheminée.

Face à la porte d’entrée, une pièce ?… juste des briques non jointées, le maçon disait : jointoyées, posées au sol, un gros buffet bas campagnard, une petite table, une assiette et dans l’assiette, une petite cuillère et un coquetier avec la coquille d’un œuf.

Il fallait laver les briques une par une pour éviter que l’eau ne s’infiltre entre elles.

Au premier, le grenier dans lequel se trouvait “une petite chambre” : des planches comme cloisons. De quoi mettre un lit de 120 en coin et une chaise. Au fond du grenier, deux grosses armoires de même style que le buffet, c’est à dire, sans style vraiment. Juste des armoires d’ici à portes plates.

La grange et une cave.

Et voilà. Nous sommes tombés amoureux de cette petite maison. Elle a grandi pour pouvoir recevoir toute notre famille à chaque occasion qui se présentait lorsque Monsieur avait quitté son bateau.

Elle est devenue la maison du bonheur.