Archive | novembre 2017

11 Novembre

 

Ce matin, j’étais au monument au morts comme chaque année.

Il pleuvait mais cela n’a pas empêché jeunes et bien moins jeunes d’être là.

Après la lecture de la lettre du ministre, faite par notre maire, une femme ici, la lecture du nom des morts pendant la guerre de 14/18, le dépôt de la gerbe, la minute silence, ceux qui étaient là ont entonné la Marseillaise.

Après chaque nom énoncé, une voix répond : mort pour la France.

C’est un enfant qui dépose la gerbe.

Mon village est petit, pourtant j’ai toujours l’impression que l’énoncé des morts est assez long.

Ensuite, nous nous retrouvons pour échanger dans la salle communale, l’ancienne salle de classe.

Je ne sais pas pourquoi, cette année, j’ai eu envie de l’écrire. Peut-être parce que je pensais fort à mon grand-père qui pourtant n’est pas mort pendant cette guerre.

Seulement blessé trois fois.

 Envoyé à chaque fois dans un hôpital à l’opposé de là où il se trouvait avec interdiction de sortir de l’hôpital pendant sa convalescence et ce à chaque fois.

Avait-on peur qu’il se sauve ! Peut-être qu’il se mutine …

 

Ma rentrée est faite … en partie.


Ca y est elle est fait ma rentrée !

J’ai poussé la porte de la cour. Je suis entrée.

J’étais en avance, comme toujours. Une jeune femme, la surveillante, est arrivée. Elle m’attendait.

Nous avons discuté un petit moment. Comme je lui ai dit préférer ne pas me trouver en salle de classe elle m’a conduite au CDI.

Il a beaucoup changé ce collège que j’ai connu avec mon premier fils, changé car réaménagé, pourtant il reste ouvert sur l’extérieur. C’est-à-dire pas de murs, juste du grillage, pas de grand bâtiment, des petits modules.

Quatre jeunes filles sont arrivées. La semaine prochaine, un garçon et une autre jeune fille nous rejoindrons et ne seront avec nous que tous les quinze jours. Nous nous sommes présentées. Elles ont des prénoms incroyables sauf une. Il va falloir que je les apprenne mais elles sont prévenues que je n’ai pas de mémoire !

Venir vers moi est un choix de leur part puisque mes interventions étaient prévues sur le volontariat. J’ai parlé contes. Je leur ai demandé leurs préférences de lectures.  J’ai senti une grosse hésitation. J’ai donc repris en demandant si elles préféraient que je vienne avec mes livres. Oui.  Elles aimeraient je leur fasse découvrir mes livres d’enfance. Il va falloir que je fouille au grenier.

Avant de repartir j’ai demandé à rencontrer leur professeur de français. Elle a été ravie de m’entendre dire que ses élèves ont l’air intelligentes et qu’elles sont très à l’écoute. Elle m’a dit qu’elles étaient en difficultés et qu’une d’entre elles ne sait pas lire.

Je vais donc attaquer le vif du sujet la semaine prochaine. A moi de la décoincer, de lui faire prendre de l’assurance.

Lorsque nous étions en réunion préparatoire, les CPE ont parlé de conflit de loyauté.

S’il s’agit de cette jeune fille, elle a déjà fait le grand pas de venir et ce serait formidable qu’elle accepte la lecture.