Archive | 17 septembre 2017

N’a qu’un œil.


Je sais, le samedi n’est pas « mon jour de lait ». En ce moment je n’ai plus de jour.

Tout cela pour dire qu’hier je suis allée au lait. J’arrive à la salle de traite. Le papa se retourne et me fait signe de ne plus avancer et même de me cacher. Du coup, je pars voir les veaux. Un vient de naître. Il est encore tout flageolant sur ses pattes pourtant il ne veut pas se coucher, l’instinct de survie donne une drôle de force.

Après avoir parlé un peu avec eux (vous savez bien que je suis un peu bizarre) et grattouillé une croupe, je repars à la salle de traite où tout est normal et tranquille.

Je dis bonsoir.

Je remarque la vache qui vient de vêler. Je pose la question et oui c’est la mère de celui que je viens de voir  avec les autres.

Pendant leur travail et malgré le bruit important on discute comme d’habitude.

J’apprends le pourquoi de cet accueil pas habituel du  tout : la vache qui vient de vêler n’a pas encore l’habitude d’entrer dans la salle de traite, c’était une génisse donc c’est son premier veau et elle n’a qu’un œil. Ça, c’est une façon de parler. Elle a ses deux yeux mais ne voit qu’avec un et il fallait la guider pour cette première fois. Donc, il ne fallait pas de bruit et pas de personne étrangère au groupe des trois.

Cat m’a expliqué que, malgré la surveillance des veaux lorsqu’ils sont en pâture, cela peut arriver : le veau est piqué par un insecte au coin de l’œil et si on ne le remarque pas rapidement, un voile blanc peut se former dessus, suivi de sang et l’œil est perdu.