Archive | 6 juillet 2017

Zorro

 

Oui, vous avez bien lu, je vais vous parler de Zorro. Pas le cavalier masqué, juste un chien !

Ce midi, nous avons évoqué ce chien de bateau tout cela à cause d’assiettes !

Un sacré chien Zorro. 

Il faisait partie de ces chiens jaunes d’Afrique si maigres là-bas.

Il s’était attaché, à un chef mécanicien, pendant une escale en Afrique.

Il l’a suivi à bord et y est resté.

Lorsque je suis arrivée sur les bateaux, les matelots et les ouvriers mécaniciens, les maîtres, les officiers et le commandant, le chef mécanicien et le radio avaient un carré (salle à manger) en rapport avec leur fonction.

Quand mon époux a pris sa retraite, la salle à manger était commune ! Cela n’a pas tellement plu à certains que ce soit au commandement ou aux ouvriers et matelots. Moi, je trouvais que c’était drôlement bien car nous pouvions nous côtoyer autrement.

Bref, Zorro lui n’a pas connu la salle à manger commune, son maître étant en retraite bien avant.

C’était un chien comme je n’en ai jamais connu.

Rapidement, il était devenu un gros, gros chien.

A chaque repas, il visitait chaque carré. Ce voyou connaissait tout le monde, et faisait le tour. Il savait bien qu’il y aurait toujours des morceaux de viande qui arriveraient jusqu’à sa gueule. J’ai connu des repas où la viande n’était franchement pas terrible. Zorro à ces moments là avait vite fait le tour et avalait pratiquement tous les morceaux de toutes les assiettes. Que ce soit steaks, saucisses ou même aussi morceaux en sauce. Nous nous sommes toujours demandé comment il faisait pour ne pas être malade.

Lorsque le chef débarquait pour les congés, Zorro restait à bord. C’était sa vie.

Lorsque le bateau arrivait à quai, Zorro était le premier à terre. Il n’attendait même pas que la coupée soit installée complètement. Là, il vivait une autre vie. Et si, par hasard, une petite chienne voyageait sur un autre bateau, il allait lui conter fleurette. Il est arrivé que nous le cherchions longuement avant de repartir et comme il était connu par tellement de marins on arrivait toujours à savoir où il se trouvait. Parfois, malgré tout, le navire est parti sans lui. Cela n’avait pas l’air de le traumatiser ! Aucune importance, il retrouvait le bord à une autre escale, dans un autre port. Il avait fait le bout de voyage sur un autre bateau, de la compagnie ou d’une autre compagnie.

Je vous le dis, il était incroyable !

Lorsque le chef est parti à la retraite, Zorro a mis son sac à terre. Il est devenu Breton.

Une catastrophe pour lui au début car madame chef n’a pas voulu lui acheter une vingtaine de steaks deux fois par jour ! Son boucher a eu beau lui faire de la belle petite viande, il a fait la grève de la faim et puis … il a mangé normalement.

 Il a pris sur le tard, une ligne de « jeune homme » et a vécu très longtemps.

Ce chien a eu la vie de marin que, quelque part, il avait choisie en suivant l’homme qui s’est occupé de lui.

Ils avaient un attachement profond, l’un envers l’autre. C’était formidable de les voir ensemble.