Archive | 21 juillet 2016

Mon jardin et moi

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Entre lui et moi, c’et une longue histoire d’amour.

Il y a bientôt cinquante ans, je l’ai vu pour la première fois. Il était abandonné depuis quelques années, depuis que le vieux monsieur ne vivait plus dans la maison qui était restée exactement dans l’état. Un coquetier avec un œuf entamé était encore sur la table.

Le jardin … c’était un grand fouillis de verdure, du muguet, enfin les feuilles, tout le long du mur nord de la maison, un puits sur le côté est, un noyer au fond et un prunier.

La première année, j’ai demandé de l’aide à deux femmes du pays pour bêcher un peu de terre. Elles se sont un peu moquées de la parisienne et je pense qu’elles ne croyaient pas que je m’y mettrais vraiment.

Lorsque j’allais en vacances chez mes grands parents de vacances, j’avais mon petit jardin dans le leur. J’avais appris à semer, à repiquer et à entretenir.

Au fur et à meure que les années ont passé, il m’a permis de donner le goût du bon à mes garçons.

Je l’aime et il me le rend bien.

Pourtant, pendant de longues années, je l’ai maltraité. Il m’a servi d’exutoire. Je lui tapais dessus avec rage. Cela ne l’a pas empêché de continuer à me combler, à me calmer. Il me disait tout bas qu’il fallait du temps, que la vie c’est comme le jardin, il faut de la patience, il faut savoir attendre.

C’est vrai que, lorsque je vais chercher de la mâche, j’y passe un temps infini. Il y en a partout. J’ai  semé, j’ai fait tout ce que j’ai pu lire, tout ce que j’ai entendu comme conseils … et rien à l’arrivée … trois pieds qui se battaient en duel.  A partir du moment où j’ai dit zut … où j’ai laissé faire la nature, où j’ai laissé un pauvre pied en graines se ressemer comme il avait envie … j’en ai eue et en ai encore à ne savoir qu’en faire.

Le persil, le cerfeuil, tout cela pousse à « la va comme j’te pousse ».

Bien sûr, cela ne fait pas un jardin bien ordonné, mais je l’aime comme cela. Il a été cause de discussions avec monsieur qui, lui, aime que tout soit bien aligné ! Il a cédé et moi aussi. Les plates bandes sont en beaux rectangles.

Mais, car bien sûr il y a un mais, dans les légumes je laisse pousser des capucines, des œillets d’Inde, des soucis et de la bourrache. Et tout cela pousse à la “va comme j’te pousse” puisqu’elles se ressèment. Là, c’est encore cause de discussions avec monsieur ! J’avoue que cela génère du travail car il faut bien en retirer à un certain moment !

Bon d’accord, j’avoue que parfois j’exagère.

Je me dis souvent que mon jardin doit me ressembler … indiscipliné.


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 La photo n’est pas de cette année. Mais … tiens, tiens, tiens, la main de Monsieur avait dû passer par là car les capucines ont disparu, non pas de la photo mais des plates bandes, juste avant la photo.

En ce moment, il n’y a pratiquement rien au jardin. Si le temps veut bien se calmer un peu … nous verrons.

Cet article a été écrit le 26 juin. Ce qui m’a fait dire qu’il n’y avait rien au jardin. Nous y reviendrons.