Archive | juin 2016

Un pont ou l’autre

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Jeudi dernier, c’était départ à sept heures un quart. Nous avions rendez-vous à huit heures quarante cinq. C’est rare les racontées du matin.

Tout était réuni pour une racontée exceptionnelle !

Depuis le lundi, je n’avais plus de voix. Jeudi matin un tout petit filet. J’avais quand même prévu de ne pas ouvrir la bouche.

Le temps qui n’est pas formidable cette année m’inquiétait et j’avais envoyé plusieurs courriels demandant un endroit de repli au cas où la pluie serait un peu trop présente.

L’ organisatrice m’avaient répondu que l’institutrice maintenait le programme.

Pendant le voyage, nous étions déjà dans le conte : des fumerolles s’élevaient de la forêt un peu partout et le paysage semblait fait pour nourrir l’imaginaire. Les nutons se sont mis à vivre dans la voiture !

Le premier endroit fixé pour conter était à un point de vue. Vue imprenable sur la Meuse.

Vous vous doutez bien que si je m’inquiétais du temps c’est que la pluie est présente tous les jours depuis quelque temps.

Il était impossible de faire asseoir les enfants !  

Une trentaine d’enfants alignés le long de la rambarde, c’est l’idéal pour la conteuse . 

Pour eux, la position verticale, ce n’était pas le mieux non plus ! Ils on pourtant su ouvrir leurs oreilles.

Nous avions notre deuxième point de rencontre sur la voie verte.

Monsieur le président de la Ligue de l’Enseignement nous a montré l’endroit depuis le point de vue. Pas de problème !

Le petit monde parti, mon amie et moi sommes allées prendre un thé pour nous réchauffer.

Nous avons repris la voiture et … au point de rencontre, comme nous n’étions pas d’accord sur droite ou gauche du pont nous avons marché chacune de son côté. Et nous n’avons vu personne arriver !

Au bout d’une bonne heure d’attente nous avons décidé d’aller voir à l’école.

Une fois la voiture garée, nous avons entendu mon téléphone sonner. Il était dans mon sac, dans le coffre de la voiture et il tombait des hallebardes.

Bref, c’était mon époux. La jeune organisatrice qui n’avait pas mon numéro de téléphone mobile avait appelé à la maison.

Et voilà ! Je ne le donne pas et ne pense pas à demander le leur aux autres car chez nous, ça ne passe pas ou si mal !

Nous avons enfin pu communiquer et tout le monde s’est retrouvé à l’école.

Le temps que les enfants se changent car l’institutrice qui avait prévu qu’ils seraient certainement mouillés avait demandé une rechange de vêtements aux parents, la racontée s’est terminée en milieu scolaire. Dommage, c’était en classe.

 Je n’ai pas conté ! J’ai été sage.

Il y a deux ponts, il fallait bien que nous choisissions celui qu’il ne fallait pas !

 

Un rêve

 

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Il faut quand même que j’arrive à l’écrire sinon, un jour, il ne me restera plus de souvenirs car ce rêvel s’amenuise de jour en jour.

Mon mari et moi, étions en compagnie d’un commandant et de son épouse sur un bateau. Ne me demandez surtout pas lequel. Un bateau, pas n’importe lequel, c’était un cargo.

Il était à quai, où, je ne sais pas non plus.

Nous devisions et, d’un seul coup, j’ai pensé que nous aurions dû avoir quitté le quai depuis un moment. Je suis donc allée aux nouvelles. Silence radio, personne ne pouvait me donner de nouvelles.

Sur l’autre bord du bateau, en mer, il y avait une île. J’ai décidé d’aller voir comment elle était.

Je me suis retrouvée dans une barque et j’ai ramé. J’ai accosté et je me suis promenée.

Soudain, j’ai vu le bateau du pilote près du cargo et là, j’ai paniqué : si le pilote arrivait à bord, cela voulait dire que le bateau allait partir et que moi, j’étais là, sans savoir quoi faire pour rejoindre le bord.

Je pensais à ceux que j’avais laissés à bord, qui allaient s’apercevoir de ma disparition et s’affoler certainement.

La décision a été facile à prendre : je me suis mise à courir sur l’eau.

Soudain, j’ai entendu : tu pourrais peut-être nager, non ! Tout en continuant à courir, j’ai répondu : non, je n’irai pas assez vite !

C’est le moment que mon époux a choisi pour me réveiller avec un café ! Là, je me suis dit : zut, je ne connaîtrai pas la suite !

 

 

Les pivoines

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Avant-hier, je regardais les pivoines qui commençaient tout juste à s’ouvrir.

Je me demandais si elles auraient le temps de s’épanouir. La pluie les fait se coucher. Peut-être seront-elles, en partie, sauvées par les autres plantes à fleurs qui les entourent et leur évitera le pourrissement sur la terre.

En les voyant si fragiles je repense à ma mère. Je sais le jour de la fête des mères est passé.  Y a-t-il un jour pour être dans le souvenir ?

Elle aussi était « si fragile ». Elle aussi s’est souvent retrouvée à terre. Elle se relevait ou était relevée.

Rien ne pouvait l’empêcher de cueillir ses pivoines, d’en faire un gros bouquet et tranquillement, de partir dans le village, parfois dans le mauvais sens,  pour arriver à la maison et me les offrir.

Combien de fois ai-je entendue mon amie me dire : si tu avais vue ta maman comme elle était belle dans sa petite robe à fleurs, son grand chapeau sur la tête et son gros bouquet de pivoines dans les bras.

J’entends encore sa voix lorsqu’elle arrivait : houhou ! Il y a du monde ici !