Archive | 18 août 2012

Un petit garçon.

 

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Il était une fois, un petit garçon qui vivait avec son papa, sa maman et son grand frère.

 

Tout petit, commençant à marcher, il donnait des frayeurs à sa maman.

 

Comme il trouvait qu’il ne marchait pas assez vite, il se laissait tomber et partait, à toute vitesse, à quatre pattes.

 

Et c’était des rigolades avec son frère. Tous les deux faisaient des courses de vitesse et c’était le petit qui gagnait, bien
sûr.

 

Dans la maison, tout allait bien, mais il fallait faire les courses et surtout le marché. 

 

La première fois, sous la halle couverte, ils étaient devant l’étal du poissonnier.

 

La maman a rangé le poisson dans le panier, a ouvert son porte-monnaie pour payer et s’est rendu compte qu’elle n’avait
plus de petit garçon.

 

Elle a couru dans tout le marché, demandant à chacun : vous n’avez pas vu un petit garçon blond avec de très beaux yeux,
habillé d’un polo bleu comme ses yeux.

 

Elle était folle d’angoisse pensant que son petit avait été enlevé, guettant la sirène des gendarmes, le pimpon des pompiers au
cas où il aurait eu un accident.

 

Elle était prête à partir à la gendarmerie quand la marchande poisson l’a hellée.

 

Son petit était sous l’étal recouvert de la grande toile cirée verte qui descendait jusqu’à terre.

 

Elle n’aurait jamais eu l’idée de le chercher à cet endroit. 

 

Merci la marchande de poisson ! 

 

Ouf, son coeur a pris du temps pour se calmer.

 

Jusqu’au jour où, ayant pris l’habitude de ne pas le lâcher des yeux, elle a confié son porte-monnaie à la
poissonnière, elle l’a vu s’éloigner, carrément partir et d’un seul coup se retrouver perdu,  trois étals plus loin,  entouré de personnes inconnues qui lui demandaient comment il
s’appelait, où était sa maman, où il habitait.

 

Lui, si petit, complètement paniqué, ne savait plus rien dire, il ne pouvait que hurler.

 

Sa maman, tranquillement s’est approchée, l’a pris par la main, n’a rien dit, a seulement remercié les personnes qui 
tentaient de consoler le petit.

 

Elle s’est dit que la frayeur porterait ses fruits.

 

A croire qu’elle ne connaissait pas assez bien son fils.

 

Pour ce petit garçon, une leçon ne suffisait pas. Il lui fallait toujours recommencer.

 

Il a simplement choisi un autre endroit : un magasin fermé.

 

Dans un magasin fermé, l’attention s’était un peu relâchée, mais une cliente entrant, la maman payant, il s’est faufilé à quatre pattes et s’est retrouvé dehors, devant la porte du magasin, avec juste un tout petit bout de trottoir le protégeant de la chaussée.

 

Après cet épisode,la maman a simplement pris la
décision d’acheter un harnais.

 

Elle s’est fait agresser par une grand-mère qui trouvait qu’on ne doit pas tenir un enfant en laisse, comme un chien.

 

Ce n’est pas elle qui a répondu mais sa belle-mère, et
 sur un ton qui ne supportait pas de réplique : Je préfère voir mon petit-fils en laisse comme un chien, comme vous le dites, plutôt qu’écrasé
.