Archive | mai 2011

le hangar

 

 

 Usé par une longue vie de servitude

 Blessé par le vent, la pluie, les orages

Je m’affaisse

Tel un taureau blessé

Sur une balle de foin

 Qui me sert
d’oreiller
                                                                                

    hangar kiki 

 

 

Je vous ai parlé des foins qui prennent maintenant le chemin
des hangars puisque les balles ne rentrent plus, de par leur grosseur, dans les greniers.

 

 

Où est-il le temps des ballots de paille ?

 

Celui des gerbes de blé que l’on dressaient, têtes contre têtes,  en forme de tente en attendant de le rentrer ? 

Dans cette petite tente,  les enfants faisaient une petite porte, invisible des adultes, c’est ce qu’ils croyaient,
pour se cacher ou simplement se mettre à l’abri de la pluie. 

 

Celui des meules de foin que l’on rentrait à la fourche dans les greniers ? 

 

Ah, les greniers à foin !

Par les chaudes journées d’été, lorsque la grand-mère envoyait les enfants à la sieste, c’était le grenier à foin qu’ils
choisissaient pour son odeur inimitable. Alors on entendait des rires, des discussions, des chuchotements et des : aie, linkouille, ça
pique. Même les orties ne les rebutaient pas.

 

Un hangar s’est doucement affalé,
vaillament soutenu par 
les balles  jusqu’à la dernière.

Ce hangar, peut-être, un jour,  sera
démonté,
enfin ce qui en reste. 

 

Pourtant, juste en face,

il y a une croix  portant

une plaque émaillée

sur laquelle on peut lire :

 

Une charette m’a renversée

Une bonne âme m’a redressée

Monseigneur Suart 

m’a bénite et glorifiée croix du barsat

L’an 1939 le 30 du mois de mai

 

 

 Curieux, non,  ce face à face                                      

                                                                

les foins

linklink 

  les foins                      
ma campagne

 

 

 

Nous sommes mi-mai

Et déjà les foins sont faits

Ils ont été coupés

Ils ont été fanés

Ils ont séchés

Les balles bien roulées

Attendent sagement  alignées

Mais pour elles pas de greniers

Ce temps est terminé

Elles s’empileront sous un hangar

Qui ne satisfait pas mon regard

Bien sûr elles seront à l’abri

Mais lorsque le hangar faiblit

Elles doivent en supporter la charge

Jusqu’à la dernière

y a bon !

 

Il était une fois … Un petit garçon qui le matin et le « quatre heure » se régalait d’un bon bol d’une potion magique,
énergétique, qui, comme à Tricôtine, lui laissait une grande moustache qui augurait du futur.

Le chocolat était préparé de façon très méticuleuse. Tricôtine a  bien décrit les gestes, c’est exactement cela. Et, à la
fin de la préparation, il fallait qu’il y ait une mousse onctueuse.

Je ne reviendrai pas sur le texte de Tricôtine qui m’a fait revivre des moments de  bonheur, de plaisir, de
complicité.

Non, je vous dirai simplement que ce petit garçon était très attiré par la publicité. Il y croyait dur comme fer. Si c’était dit
ou écrit, c’était vrai, il n’y avait pas à revenir là-dessus.

Un jour, il a décidé que son Ba…nia n’était plus à la hauteur. Il avait vu à la télévision une publicité pour un autre B. qui,
selon lui, était un délice. Sa maman a eu beau discuter, lui parler de la composition du produit qui n’était pas du tout la même, non, non, non, c’était celui là, l’autre était bon à jeter aux
orties.

Sa maman, lui a bien dit que si elle achetait, ce ne serait pas elle qui dégusterait. Il y eu entente parfaite, ils ont même
« topé là ».

Alors, ils sont partis pour l’acheter ce fameux breuvage. Et ils l’ont trouvé.

En rentrant, il a assisté à la préparation. Sa maman a essayé de faire les mêmes gestes. Mais avec ce produit différent, le
chocolat est resté sans vraie mousse.

Il a goûté. Il n’a pas eu un grand sourire de bonheur.

Mais un marché « topé », on ne revient pas dessus.

Manque de chance pour le petit garçon, il n’y avait pas de petit pot en rayon, sa maman a donc acheté un gros pot.

Il a presque terminé le pot. La maman, s’est laissée un peu attendrir.

Il a préféré recommencer à se faire de grandes moustaches.

Chez lui, pas le temps de se préparer ce doux nectar. Mais, chez maman, il redevient le petit garçon qu’il était, pour le plus
grand plaisir de son petit garçon à lui qui dit : « y a bon » ! dans un grand éclat de rire.

elle est partie

link 

 

Mais quelle mouche l’a piquée ?

S’est-elle envolée ?

Dans les fourrés

On a fouillé

On a eu peur qu’elle ait été kidnappée

Un article dans le journal

On a publié

Il n’y a pas eu de demande de rançon

On a dû se faire une raison 

Elle a  dû vouloir terminer sa nuit en boîte

Sur la route elle est partie

Elle s’est faite toute petite

Pour ne pas se faire remarquer

J’espère qu’elle n’était pas trop fatiguée

A l’arrivée

Elle manque à tous ceux

Qui peut-être sans pitié

Se servaient d’elle

Nos aieux ont dû  frémir

De la voir ainsi partir

Elle qui servait à maintenir

Propre et net

Leur dernier lieu de résidence

Sa remplaçante est attachée

Par une chaîne cadenassée 

 

              poubelle du cimetiere              

                                                               

le boule de neige

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 M’Annette m’a prêté sa photo et je l’en remercie.

Elle était si belle que je n’ai pu lui résister.

 

 

BOULE-DE-NEIGE-GROS-PLAN.jpg

 

 

Le boule de neige

Venant après le perce-neige

Dans le jardin

Est un roi

Il sait attirer à lui

Les petits prédateurs

Des roses et autres fleurs

Certainement il donne de la joie

Les filles ne s’y trompaient pas

Lorsque pour préparer le chariot

Pour le bal

De la fête patronale

Elles venaient  avec de grands rires

Le quémander dans tous les jardins

Voisins après voisins

Et repartaient avec de grosses brassées

Remerciant par des sourires

Et parfois un baiser

Le chariot prenait des airs de mariée

La fête pouvait commencer