entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Maintenant on m’appelle Chipie (3)

Le lendemain, c’était pire. Lorsque j’ai voulu sauter pour me sauver, je n’ai pas pu.

J’ai donc essayé de faire comme mon frère : grimper le long d’un poteau en ciment. Tu parles, je me suis retrouvée vite fait parterre.

Là, quand ils sont venus me prendre, je n’ai pas résisté et, cette fois, j’étais dans des bras pour de bon.

Nous avons monté les escaliers et je me suis retrouvée dans une boîte. Confortable la boîte. J’ai eu un peu peur car j’ai senti que je quittais mon coin de vie. Ça faisait un drôle de bruit et ça bougeait dans un sens et dans l’autre, mais pas trop fort.

J’ai entendu des voix que je ne connaissais pas et je me suis retrouvée dans les mains d’un homme, pas désagréables du tout, qui me tâtaient, me tournaient, me retournaient, me mettaient un truc pour écouter mon intérieur et un thermomètre pour ma température (je n’ai pas aimé du tout mais il parait que c’était nécessaire). Bref, ils disent que c’est une auscultation.
Et toc, j’ai eu droit à des piqûres. Il est adroit l’homme, je n’ai pas senti !

Il a dit : revenez dans trois jours si elle est encore là.

Pourquoi donc voulait-il que je ne sois plus là ?

Un fois rentrés, ils m’ont gardée en haut. Plus le droit de descendre. N’importe comment, j’étais tellement fatiguée que je n’ai même pas essayé.

Ils voyaient tout et, si j’avais des petits besoins à faire, les bras étaient là pour me poser à un endroit particulier.

Après tout, le fauteuil au coin du feu était confortable. Je me suis laissée faire.

Je ne pouvais ne pouvais me mettre que comme vous me voyez sur la photo sinon je toussais.

Elle venait me donner un petit peu à manger et à boire. C’était difficile, je n’avais pas de force.

Cela aussi me faisait tousser.

Les trois jours ont passé et hop, on a recommencé le voyage.

Cette fois ce n’était pas un homme mais une femme. Elle a dit : ha ! c’est la petite chatte, comme si elle me connaissait.

Puis elle m’a prise et tournée et retournée et auscultée. Vous savez, comme la première fois. Et hop, encore des piqûres.

J’ai entendu : bon on verra. Si elle s’accroche, vous revenez dans huit jours.

M’accrocher à quoi, je ne sais pas mais en définitive, je n’étais pas si mal en haut.

Maintenant on m’appelle Chipie (suite 2)

 

Coucou, c’est moi Chipie.

Ceux qui ont lu ma petite histoire me connaissent un petit peu, juste un petit peu. Si vous saviez comme ma jeune vie a été riche.

Après avoir vu ses pieds à Elle, j’ai eu tellement peur que j’aie voulu courir me réfugier sur ma table. Je tremblais, je n’avais plus de forces.

Elle m’a prise dans ses bras et posée sur la table. Ouf, j’étais sauvée !

Lui disait toujours : non, non pas maintenant, c’est trop tôt.

Deux ou trois jours plus tard, j’en ai vu arriver deux autres. Eux aussi voulaient me prendre dans leurs bras, mais je ne me suis pas laissé faire et je suis tombée.

Un était bien plus petit que l’autre et il voulait me faire courir. Il disait : viens, viens jouer.

Et encore un grand, plus grand avec une barbe.

Il a calmé le plus petit en lui expliquant que j’étais malade.

C’est quoi être malade pour Chipie ?

Et je me suis mise à tousser.

Le barbu a dit : tu vois c’est comme toi quand tu tousses, mais c’est plus grave.

Il m’a prise dans ses bras.

Qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir me prendre dans leurs bras.

Il s’est vite rendu compte que je ne voulais pas être dans des bras. Il m’a remise sur Ma Table, sur Mon Tapis.

Voilà autre chose, il s’est allongé lui aussi sur ma table, tout à côté de moi. Tout doucement, il a mis un bras de l’autre côté et m’a tirée. D’une main, il m’a soulevée et posée sur lui. Il croyait peut-être que j’allais me laisser faire, non, j’ai glissé sur la table et … vive mon tapis.

Mais il a recommencé et j’ai entendu, senti un truc. Ça faisait toc, toc, toc. Ça me berçait. C’était comme lorsque j’étais contre mon frère et avant, ma mère. Alors, je suis restée un moment.

 

C’était agréable mais bon, lorsqu’il a voulu se relever avec moi dans ses bras, j’ai dit non.

Je me suis sauvée dans un de mes trous préférés.

 

 

 

Publication, juste pour Eglantine … et les autres !

Entre article et commentaires, nous avons échangé, toutes les deux, à propos d’Odette, une conteuse « qui a l’accent » !

Ayant poussé la curiosité un peu plus loin que l’écoute préconisée par Eglantine, j’ai vu : Kiki la cocotte.

Conteuse moi-même et toujours à l’écoute des autres conteurs vous pensez bien que je me suis laissée emporter par mon désir, surtout que Kiki … je l’utilise !

Cela fait partie des virelangues que je pratique régulièrement pour me la délier cette langue qui parfois peut fourcher.

Je fais faire ces exercices aux 6ème qui m’accompagnent pendant une heure chaque semaine (quand il n’y a pas de confinement).

Je m’en sers aussi assez souvent en fin de racontée.

Comme Eglantine me dit ne pas connaitre, je vous plonge dedans.

Amusez-vous à dire et redire encore et de plus en plus vite. Et surtout, amusez-vous à le faire dire.

Ce virelangue me semble facile, mais cela dépend de chacun(e). Nous avons toutes/tous un petit défaut de prononciation dont on ne se rend même pas compte.

Kiki la cocotte convoitait un caraco kaki à col de karakul

Coco le concasseur de cacao savait que Kiki la cocotte convoitait un caraco kaki à col de karakul

Mais Coco le concasseur de cacao préférait caracoler sur sa Kawasaki avec son cacatoès sur l’épaule.

Un grand brun aux yeux coquins sut conquérir le cœur de Kiki la cocotte en lui offrant un caraco kaki à col de karakul

Lorsque Coco le concasseur de cacao vit Kiki la cocotte arborer un caraco kaki à col de karakul il se dit

Coco mon Coco Coco t’es foutu

Coco mon Coco Coco t’es cocu

Il y a des centaines de virelangues et viroreilles dont il faut souvent chercher le sens et pas toujours vraiment le trouver, mais qu’importe c’est juste un exercice.

Je suis certaine que vous en connaissez depuis votre enfance. Souvenez vous des chaussettes de l’Archiduchesse.

Maintenant, on m’appelle Chipie

 

Bonjour à tout le monde.

J’ai très envie de partager mon aventure car c’en est une.

Je suis née dans une ferme. Maintenant, je sais même que c’était dans le poulailler d’une ferme car ma mère avait été adoptée par les poules et vivait avec elles.

Un jour, je ne sais même plus comment j’ai fait, j’ai suivi frère et sœurs. J’étais petite, toute petite.

Pourquoi sommes-nous partis ? Le fermier a dit que la petite chatte était morte et que les petits ne se laissaient pas approcher. Nous avons donc dû marauder pour trouver un peu de nourriture.

Avec eux, je me suis blottie dans le coin d’une porte-fenêtre au soleil. Qu’est-ce que c’était bon.

Avec eux, je me suis retrouvée dans un sous-sol et j’ai pu dormir tranquille.

Au matin, j‘ai eu très peur. Du bruit dans l’escalier. Une Humaine venait là tout à côté. Elle disait que je n’avais pas à avoir peur (tu parles les trois autres s’étaient déjà sauvés), qu’Elle venait s’occuper de son linge. Moi aussi je me suis sauvée.

Et puis … nous sommes revenus pour la nuit.

Nous sortions et rentrions comme nous voulions. Il y avait toujours quelque chose pour emplir notre ventre.

Sur une table,  une vieille chatte venait passer des petits moments. Un jour, elle n’a pas monté l’escalier. Ils sont venus lui parler, l’ont prise dans leurs bras et elle a disparu  avec eux. Plusieurs jours comme ça. Et puis elle n’est pas revenue.

Une de mes sœurs est morte ce jour là. Quelques jours plus tard, l’autre a disparu. Mon frère était toujours là, avec moi.

Lorsqu’Elle descendait, Elle disait, plusieurs fois : c’est moi, bonjour Tichat.

Lui aussi venait. Il ne s’occupait pas de moi. Il disait : non, c’est trop tôt, je ne pourrai pas.

Je me suis mise à tousser. Je me sauvais toujours lorsqu’Elle descendait. 

Un jour, je n’ai pas pu me sauver car il fallait sauter en zigzag et je n’avais plus la force, pourtant, je ne voulais toujours pas qu’Elle m’approche.

Au bout de presque une semaine de ce petit manège, j’avais du mal à manger. Elle est venue doucement, a posé sa main sur moi en me disant : il faut manger, il faut boire, allez fais un effort.

Je toussais de plus en plus. J’avais tellement mal que je l’ai laissée venir, me prendre dans ses bras mais j’ai eu très peur, alors Elle m’a posée sur le sol.

Ça a été encore pire lorsque j’ai vu ses pieds !

 

Klaus

Pour la cour de récré tenue par la maîtresse Jill Bill, Klaus est prêt à faire sa rentrée 

 

Klaus

C’est décidé

La porte est close

Tu ne pourras pas entrer

Venir flairer

Ce qui se passe en cuisine

Klaus

Tu es trop gourmand

On ne peut pas dire de toi

Quel tas d’os

Klaus

Quelle habitude

Tu as prise

Quand je ne suis pas là

De te soulever

Sur tes pattes arrière

Sur la table de poser

Ton nez

La langue tirer

Et hop l’os

Attraper

Klaus

Tant que de bonnes habitudes

Ne seront pas prises

La porte de la cuisine

Restera close