entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Défi n° 192. Les temps forts d’une heure de votre vie

 

Les temps forts d’une heure de votre vie en 280 mots. C’est le défi du lundi lancé par Jeanne notre commandant de bord pour la quinzaine.

Je crois que ce ne sera qu’un temps fort de ma vie. Non de notre vie. Sinon, je vais faire de l’énumération.

Nous attendions notre aîné avec femme et enfant. Petit encore l’enfant. Il commençait à babiller, à dire papa, maman.

Notre fils avait dit : il y a une surprise. Nous attendions la surprise. Peut-être un autre petit enfant.

Allez savoir pourquoi ma cervelle se met si vite en route alors qu’elle n’en a pas besoin.

La porte de communication garage/cuisine s’est ouverte. Mon fils était là, le sien dans les bras et soudain j’ai entendu ce mot : grand-père.

C’était un grand cri avec les « r » qui roulaient.

Mon époux est arrivé en courant.

Mon cœur a bondi dans ma poitrine.

 

 

Voyage.

 

L’Association Rêves, vous connaissez ?

Venez rêver avec nous.

 

Il y a eu ceux là :

 

Oui … quatre livres créés par des blogeurs(euses) qui ont eu envie de donner du plaisir à des enfants gravement malade en leur permettant de réaliser leur rêve.
Le cinquième a été lancé ! Il a pris les airs, il a pris la mer, il a pris la route. Il n’attend plus que l’envie de chacun(e) d’entre nous de l’avoir  entre les mains.
  • Voyage, voyage...

     

     

    Tout cela sous l’impulsion de Quichottine.

    Les couvertures ont été réalisées par Solyzaan.

    Pour l’acquérir voir avec Quichottine ou directement The Book Edition

    Merci à tous.

Défi 191 – Se tuer à la tâche

  • Oyez, oyez les Croqeurs de mots...

     

    Sur cette illustration titrée « Se tuer à la tâche »  Jill Bill,  à la barre de la coquille pour cette quinzaine, nous demande un texte incluant une des deux citations suivantes :

    De Paris Hilton

    On a besoin des animaux, le jaguar pour la voiture, le vison pour sa fourrure et le dindon pour la facture !

    De Pierre Doris

    Je me suis engagé dans la marine le jour où mon père a dit qu’on était sur terre pour travailler dur !

     

    Oyez, oyez les Croqeurs de mots...
    Photo Ed Uncovered

    Lorsque j’ai rencontré ce gamin, il naviguait et pendant le repas il m’a confié : je me suis engagé dans la marine le jour où mon père m’a dit qu’on était sur terre pour travailler dur et me l’a prouvé !

    Tout jeune, il entendait la chanson d’Henry Salvador :

    Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver, les prisonniers du boulot font pas de vieux os …

    Du coup, à l’école, il avait décidé d’en faire le moins possible.

    Malgré tout, les notes n’étaient pas si mauvaises que cela. Seulement, son père ne l’entendait pas de cette oreille.

    A la fin de la 3ème, au collège, il y a eu réunion au sommet : le père, la mère et le gamin. Année d’orientation, et là, maintenant, c’était la décision pour le choix du métier.

     Quand on lui demandait ce qu’il voulait faire plus tard, le gamin regardait le bout de ses baskets et hochait la tête. Il savait ce que son père désirait plus que tout au monde : le voir naviguer comme tout bon Breton qu’il était, mais il n’en avait pas du tout envie.

     C’était sans compter sur la détermination de son père qui l’a fait embarquer sur un morutier.

    Le gamin a fait la campagne. Le chalutier est rentré au port quelques mois plus tard.

    Le gamin avait sacrément grandi. En l’espace de si peu de temps il avait compris ce que le travail représentait dans une vie. La pêche est un métier plus que dur.

    Il a exaucé le désir de son père : il est entré à l’école de la marine.

N’a qu’un œil.


Je sais, le samedi n’est pas « mon jour de lait ». En ce moment je n’ai plus de jour.

Tout cela pour dire qu’hier je suis allée au lait. J’arrive à la salle de traite. Le papa se retourne et me fait signe de ne plus avancer et même de me cacher. Du coup, je pars voir les veaux. Un vient de naître. Il est encore tout flageolant sur ses pattes pourtant il ne veut pas se coucher, l’instinct de survie donne une drôle de force.

Après avoir parlé un peu avec eux (vous savez bien que je suis un peu bizarre) et grattouillé une croupe, je repars à la salle de traite où tout est normal et tranquille.

Je dis bonsoir.

Je remarque la vache qui vient de vêler. Je pose la question et oui c’est la mère de celui que je viens de voir  avec les autres.

Pendant leur travail et malgré le bruit important on discute comme d’habitude.

J’apprends le pourquoi de cet accueil pas habituel du  tout : la vache qui vient de vêler n’a pas encore l’habitude d’entrer dans la salle de traite, c’était une génisse donc c’est son premier veau et elle n’a qu’un œil. Ça, c’est une façon de parler. Elle a ses deux yeux mais ne voit qu’avec un et il fallait la guider pour cette première fois. Donc, il ne fallait pas de bruit et pas de personne étrangère au groupe des trois.

Cat m’a expliqué que, malgré la surveillance des veaux lorsqu’ils sont en pâture, cela peut arriver : le veau est piqué par un insecte au coin de l’œil et si on ne le remarque pas rapidement, un voile blanc peut se former dessus, suivi de sang et l’œil est perdu. 

Ange

Pour la  rentrée, la maitresse Jill Bill nous demande d’accueillir Ange à la cour de récré

Ange, n’est pas Michel Ange … quoique. Lorsque les doigts sont maculés de confiture, de chocolat ou de beurre, il se fait fort de faire de beaux tableaux sur les murs.

C’est certain, à ces moments-là, il y a toujours quelqu’un pour le contrarier.

Là on peut dire qu’Ange n’est pas toujours un ange.

Ses ailes, il sait les replier.

 La bouche de travers, tordue par la colère, laisse passer des mots … hum, que je ne répèterai pas.

C’est quand même curieux que cet Ange soit si souvent en colère.

Les coups de pieds … il sait les donner, les coups de poings aussi. Les croche-pieds il les fait volontiers.

En classe, il ne voulait pas aller.

Il est tellement attaché à sa maman. Avec elle, c’est un vrai petit ange.  Elle n’a jamais compris, admis ce qu’on dit de son fils.

Maitresse, maitresse, il va falloir le surveiller cet énergumène.

Pourtant, je me dis qu’à la cour de récré, il se fera peut-être des copains, qu’il participera aux jeux et que, sans devenir un ange, Ange sera un petit garçon comme les autres. .

Surtout, surtout, que les autres ne le laissent pas seul dans un coin où il va s’ennuyer.

Là, il pourrait se déchaîner.