entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Pélagie … une drôle de suite.

Vous demandiez une suite à :

Le soir du 7 juillet, il faisait tellement bon.

Je suis sortie.

Je vais essayer de vous la raconter. Vous ne me connaissez pas encore.

 

 

Moi, on m’appelle Pélagie.

Oui, je sais, c’est un drôle de nom pour une chatte mais c’est Lui qui l’a voulu. Tout cela parce que je suis arrivée dans Leur maison le jour de la Sainte Pélagie et que, comme Ils deviennent un peu vieux, ce sera plus facile pour qu’Ils se souviennent exactement du jour.

Je sais, vous allez dire que je ne peux pas vous parler de Chipie et pourtant, si vous saviez …

Souvenez-vous de son frère qu’Ils appelaient Vagabond et qu’Ils avaient fini par nommer Titi.

Lorsque Chipie n’est pas revenue, Il a beaucoup sifflé car, lorsqu’Il la sifflait comme pour un chien, elle arrivait.

Ils l’ont cherchée un peu partout. Ce n’était pas difficile, le village n’est pas grand et elle avait fait son domaine juste autour de la maison, là où elle suivait Titi. Ils savaient. Mais peut-être ne savaient Ils pas tout.

Ils ont parlé de sa disparition.

Quand ils ont compris qu’elle ne reviendrait pas, Ils ont pensé à plein de choses : l’accident, mais on leur en aurait parlé. Une bagarre, mais c’est tellement rare que les animaux arrivent à se tuer. Elle a pensé fouine.

Ils ont été bien malheureux, c’est qu’elle prenait sa place dans la maison.

Les jours ont passé, Titi, ne venait plus dans le jardin, même pas quémander un petit truc à manger.

Et puis, un jour Ils l’ont vu arriver…

A leur grande surprise, ce n’était plus Titi, c’était Titie ! Le ventre s’était arrondi. Elle est revenue régulièrement, mais toujours sans se laisser approcher.

N’empêche, elle venait manger. Je le sais, elle me l’a dit.

Nous sommes nés. Nous étions quatre.

Elle nous a emmenés dans Leur jardin.

Il faisait beau, le soleil était là.

Elle est restée avec nous sur le tas de bois au fond du jardin et un jour, elle m’a portée dans le sous-sol de leur maison. Et elle est repartie. Je n’ai pas pu la suivre.

Elle est revenue le lendemain mais elle est repartie sans moi. 

 

ANNEE 2021

 

Une amie « Rose d’Or » m’a fait le plaisir de partager un moment mon blog. Elle m’a envoyé ce petit texte tiré d’une de ses lectures.

J’ai ri et je l’ai trouvé très sensé.

Du coup, j’ai eu envie de le partager avec vous afin qu’il vous fasse entrer dans 2021 avec un grand sourire.

Alors, que 2021 nous donne le sourire autant que l’on peut.

 

Un petit genevois de 8 ans, interrogé par sa directrice d’école sur ce qu’il pensait des grands-mères répondit :

.une grand-mère est une femme qui n’a pas d’enfants ; c’est pour cela qu’elle aime les enfants des autres. 

 Et de poursuivre : 

  • les grands-mères n’ont rien à faire ; elles n’ont qu’à être là.
  • Quand elles vous emmènent en promenade, elles marchent lentement sans écraser les belles feuilles, ni les chenilles.
  • Elles ne disent jamais : avance plus vite !
  • En général, elles sont grosses, mais pas trop pour pouvoir attacher nos souliers.
  • Elles savent qu’on a toujours besoin d’un second morceau de gâteau ou du plus gros.
  • Une vraie grand-mère ne frappe jamais un enfant ; elle se met en colère en riant.
  • Les grands-mères portent des lunettes et, parfois, elles peuvent même enlever leurs dents.
  • Quand elles nous lisent des histoires, elles ne sautent jamais un bout et n’on rien contre si on leur réclame la même histoire plusieurs fois.
  • Les grands-mères sont les seuls adultes qui ont toujours le temps.
  • Elles ne sont pas aussi fragiles qu’elles le disent, même si elles meurent plus souvent que nous. 
  • Tout le monde devrait essayer d’avoir une grand-mère, surtout ceux qui n’ont pas la télé.

(extrait de « Mes plus belles prières de Guy Gilbert)  

 

 

 

La rentrée 2020

pour donner l’envie de lire aux enfants

 

Comme certaines d’entre vous le savent, tous les ans, je vais au collège pour des 6ème en difficulté avec la lecture.

Cette année la rentrée était différée. Jusqu’à présent je rencontrais le CPE adjoint qui a été muté, notre collège étant un multisite,  pour devenir CPE principal.

Le rendez-vous avec la CPE le remplaçant a été tardif.

Ma rentrée s’est effectuée le 10 novembre.

A 12h40, comme c’était prévu, il n’y avait pas d’élèves pour moi. Ils sont arrivés à 13h comme les années précédentes puisqu’ils étaient à la cantine.

J’ai donc fait connaissance de cinq élèves alors que six étaient prévus. Je sais bien que tous les ans, le démarrage est un peu difficile, mais là alors !… Je ne m’attendais pas à cela.

Je leur avais préparé des virelangues, comme tous les ans. Là, je me suis vite rendu compte du manque de vocabulaire pour certains. Chacun avait son petit papier, covid oblige, pour lire.

« Le ver vers le verre en verre vert ». Lu, décortiqué, dit avec des gestes de ma part, pour certains, rien à faire. Une a expliqué ce qu’est un ver de terre. Et nous vivons à la campagne !

Mise au point avec la CPE. Nous repartons sur de bonnes bases. Enfin, c’est ce que je pensais.

La semaine suivante, il n’y avait qu’une élève. Elle est très timide et j’ai pu expliquer certaines choses. Elle a fini par oser me parler.

Je viens, je viens pas. Vous connaissez ?

Cette semaine il a fallu mettre des règles de conduite, il en manquait encore un. J’espère que tout va rentrer dans l’ordre. Je n’avais pas encore connu cela. C’est une première.

Le seul garçon qui était là m’a dit être un hyperactif obligé de prendre des médicaments le matin avant de venir au collège et le soir pour dormir. Donc, c’est normal qu’il se lève, qu’il veuille aller aux toilettes et autre. Mais, il y a un petit mais, j’ai lu un conte, et, si tout au début, je voyais les regards inattentifs, tous sont venus se poser sur moi, ne m’ont plus quittée. 

Bizarrement, l’hyperactif, n’a pas bougé, même pas un doigt.

On verra par la suite.

Une fille m’a demandé à quoi servait ce que nous faisions puisqu’elle lit. Elle lit, oui,  comme une petite machine, sans comprendre. Mais nous n’avons pas attaqué un texte.

L’hyperactif m’a dit qu’il n’a rien « senti » depuis la semaine précédente. J’ai simplement répondu  qu’il faudrait attendre un moment pour voir des progrès. Qu’eux ne se rendraient peut-être pas compte mais leur professeur si.

Espérons que je puisse les emmener un peu sur le chemin.

Si je vous disais, qu’il y a deux semaines, j’étais tellement fatiguée, lasse, que je n’avais plus du tout envie de retourner et puis, je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison, qu’ils arriveraient bien à progresser un peu.

Qu’il y a trois ans j’avais bien entendu que la lecture ne servait à rien dans la vie et que j’ai continué.

 

Maintenant, on m’appelle Chipie (8)

 

Maintenant, il venait tous les jours. On se retrouvait, on se papouillait, on se coursait, on se roulait, quelquefois, la patte partait un peu fort mais ce n’était pas méchant.

Un jour, elle l’a appelé Lui et a dit : regarde les et écoute. Il ne comprenait pas, alors Elle a ajouté ils marounent. Ben ça alors, c’était quoi encore ce truc.

J’allais vite le savoir.

Le lendemain, hop la boîte de voyage, encore. Direction vétos, lequel j’allais voir ?

C’était Elle : non ce n’est pas possible, elle est trop jeune encore. Elle a ouvert ma gueule et s’est rendu compte que j’avais bien changé, qu’Ils avaient fait une petite erreur sur mon âge vu mon état lorsque nous leur avions amenée, que malgré tout elle était un peu en avance, que cela se pouvait, que je devenais une grande chatte et que …

Mais qu’est-ce qu’Elle racontait ?

Elle a appelé. Il est arrivé et j’ai entendu : vous l’amenez lundi matin à 8h et je ferai le nécessaire. Mais qu’est-ce qu’Il allait encore me faire.

Le lundi matin, j’ai encore eu droit à une piqure, là je commence à en avoir assez des piqures.

Après … plus rien. Il parait que j’ai été très sage.

Quand je me suis réveillée, j’étais dans ma boîte de voyage. Ils étaient là.

Le véto a bien précisé que je ne devais pas toucher aux fils.  Mais qu’est-ce qu’Il racontait encore. Y avait pas de fils dans ma boîte !

J’ai entendu parler de collerette. Allons bon, Il ne peut pas employer des mots que je connais !

Une fois à la maison, je me suis sentie bien réveillée mais aussi, ça tiraillait du côté de mon ventre et j’ai léché et j’ai tiré. Tiens ça devait être ça les fils.

Elle s’est précipitée en disant non, non, il ne faut pas.

Tu penses bien que j’ai recommencé.

C’est comme a que je me suis retrouvée avec la fameuse collerette. Ha non, je n’ai pas aimé du tout. J’ai foncé droit devant, je suis rentrée dans le mur, dans un meuble et Ils ont retiré cet objet de malheur.

J’avais compris. Il ne fallait pas toucher aux fils.

J’avoue que, de temps en temps, quand Ils ne me voyaient pas, je tirais discrètement sur un fil, pas trop quand même, ça faisait mal.

Je les ai entendus dire que maintenant, il n’y avait plus de risques, que je pouvais aller gambader dehors.

Enfin, j’ai retrouvé le jardin. Que c’était bon de courir avec mon frère !

Au début, j’ai dit qu’Il venait tous les jours, mais quand je dis tous les jours … il arrivait en principe l’après-midi.

Quel paresseux ! Je dis çà mais je ne dis rien !

Elle m’a expliqué qu’il devait chasser. Chasser, pour quoi faire. Il avait à manger comme moi au sous-sol.

Et même, maintenant, j’avais réussi à le décider de rentrer de quelques mètres dans la maison et il avait des croquettes comme moi.

Mais il ne voulait pas rester. Ca me rendait un peu triste, mais il avait décidé de sa vie comme il me disait.

Une nuit, en le suivant, j’ai appris moi aussi.

Le matin, j’ai déposé ma proie à Ses pieds. Elle a appelé et Il est arrivé.

J’ai eu droit à plein de compliments : que j’étais belle (çà je le savais déjà), que j’étais grande (ben oui, j’avais grandi et les vétos l’avait bien dit), que c’était bien, que j’avais bien travaillé.

Ah bon, c’était du travail ? C’est drôle, c’était comme lorsque je courrai après la petite boule de papier alu et ça c’était pas du travail, c’était de la rigolade.

Du coup, maintenant, « je vais à la chasse ». Il y a les nuits avec et les nuits sans.

Souvent, lorsque je rentre avec souris, musaraigne ou autre, c’est trop tôt pour eux alors j’ai trouvé un truc, je dépose ma proie sous les fenêtres de leur chambre que je connais bien, et je pousse mon cri !

Je miaule jusqu’à ce que les volets  s’ouvrent et qu’Ils commencent à me complimenter.

Après, je sais que la porte va s’ouvrir, que je rentrerai et que je l’accompagnerai, Lui qui porte les tasses de café du matin qu’ils vont déguster tous les deux au lit en écoutant la radio. Moi, du coup, j’en profite et hop, sur le lit et même, hop… je ne  vous dirai pas ce que je fais parce que je n’ai pas trop le droit, mais … je le fais quand même, il fait tellement bon dans le lit.

Il y a des jours et des nuits de pluie et là, je n’ai pas envie de sortir. J’en profite pour faire de grosses siestes.

Quand il pleut, j’ai froid, alors, je me couvre.

Le soir du 7 juillet, il faisait tellement bon.

Je suis sortie.

 

Maintenant on m’appelle Chipie (7)

 

Je commence à avoir l’habitude. Ils ont sorti la boîte de voyage.

Bon, c’est sûr, je n’y coupe pas, encore le véto. C’est pour quoi cette fois ?

Je me sens bien moi. Je mange bien, je bois bien, je ne tousse plus, je fais des bêtises parait il, alors, c’est bon.

La voiture, cela ne me dérange pas mais on fait que me réveiller, c’est barbant à la fin.

Si j’avais su …  Mais oui, bien sûr, Madame la Véto m’a auscultée et j’ai eu la surprise. Elle a dit : c’est bon, maintenant, elle peut sortir.

Du coup, j’ai couru partout dans la salle d’auscultation. La rigolade ! Ils n’arrivaient pas à m’attraper !

 

Première sortie pour de vrai au jardin. Quel bonheur.

Il y a de tout : de la terre, des herbes, des fleurs, des arbres, tout ce que je voyais derrière les fenêtres.

J’ai mis les pattes avec prudence, on ne sait jamais.

J’ai senti les odeurs, j’ai musardé, j’ai mis mon nez partout et cela les faisait rire.

Ils disaient : regarde, tu as vu, elle est tellement belle. 

Puis j’ai  entendu : j’espère qu’elle va faire bon ménage avec Filou.

Tiens, c’est qui Filou.

Maintenant, je sais. Filou, c’est la chatte des voisins, elle est bien plus vieille que moi et pas aussi belle c’est sûr !

Lorsqu’elle est venue, je n’ai pas trop aimé mais elle vient juste chercher trois croquettes puis s’en va. Bon, si c’est comme ça, ça ira.

Après quelques jours, je l’ai vu arriver … Ils ont dit : regarde, c’est ton frère. Un frère ? J’avais un frère. Ben c’est quoi un frère ?

Il s’est approché, on s’est reniflé et j’ai senti une odeur qui m’a fait penser à  avant, à quand j’étais toute petite et que je toussais.

Vous avez vu, je suis à droite.

Les jours suivants, il est revenu.

Que c’était bon. On se roulait, on se coursait. Mais, un jour on a entendu : ha non, alors là vous exagérez !

Hum … Elle n’avait pas l’air contente du tout.

D’accord, on s’était roulé dans les premières fleurs, on avait couru sur le tunnel de protection et on l’avait plus que déchiré,  on faisait des glissades sur les asperges ! La tête des asperges, je ne vous explique pas !

Ben aussi, pourquoi faire des buttes dessus, c’était trop drôle.