entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Maintenant on m’appelle Chipie (suite 2)

 

Coucou, c’est moi Chipie.

Ceux qui ont lu ma petite histoire me connaissent un petit peu, juste un petit peu. Si vous saviez comme ma jeune vie a été riche.

Après avoir vu ses pieds à Elle, j’ai eu tellement peur que j’aie voulu courir me réfugier sur ma table. Je tremblais, je n’avais plus de forces.

Elle m’a prise dans ses bras et posée sur la table. Ouf, j’étais sauvée !

Lui disait toujours : non, non pas maintenant, c’est trop tôt.

Deux ou trois jours plus tard, j’en ai vu arriver deux autres. Eux aussi voulaient me prendre dans leurs bras, mais je ne me suis pas laissé faire et je suis tombée.

Un était bien plus petit que l’autre et il voulait me faire courir. Il disait : viens, viens jouer.

Et encore un grand, plus grand avec une barbe.

Il a calmé le plus petit en lui expliquant que j’étais malade.

C’est quoi être malade pour Chipie ?

Et je me suis mise à tousser.

Le barbu a dit : tu vois c’est comme toi quand tu tousses, mais c’est plus grave.

Il m’a prise dans ses bras.

Qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir me prendre dans leurs bras.

Il s’est vite rendu compte que je ne voulais pas être dans des bras. Il m’a remise sur Ma Table, sur Mon Tapis.

Voilà autre chose, il s’est allongé lui aussi sur ma table, tout à côté de moi. Tout doucement, il a mis un bras de l’autre côté et m’a tirée. D’une main, il m’a soulevée et posée sur lui. Il croyait peut-être que j’allais me laisser faire, non, j’ai glissé sur la table et … vive mon tapis.

Mais il a recommencé et j’ai entendu, senti un truc. Ça faisait toc, toc, toc. Ça me berçait. C’était comme lorsque j’étais contre mon frère et avant, ma mère. Alors, je suis restée un moment.

 

C’était agréable mais bon, lorsqu’il a voulu se relever avec moi dans ses bras, j’ai dit non.

Je me suis sauvée dans un de mes trous préférés.

 

 

 

Publication, juste pour Eglantine … et les autres !

Entre article et commentaires, nous avons échangé, toutes les deux, à propos d’Odette, une conteuse « qui a l’accent » !

Ayant poussé la curiosité un peu plus loin que l’écoute préconisée par Eglantine, j’ai vu : Kiki la cocotte.

Conteuse moi-même et toujours à l’écoute des autres conteurs vous pensez bien que je me suis laissée emporter par mon désir, surtout que Kiki … je l’utilise !

Cela fait partie des virelangues que je pratique régulièrement pour me la délier cette langue qui parfois peut fourcher.

Je fais faire ces exercices aux 6ème qui m’accompagnent pendant une heure chaque semaine (quand il n’y a pas de confinement).

Je m’en sers aussi assez souvent en fin de racontée.

Comme Eglantine me dit ne pas connaitre, je vous plonge dedans.

Amusez-vous à dire et redire encore et de plus en plus vite. Et surtout, amusez-vous à le faire dire.

Ce virelangue me semble facile, mais cela dépend de chacun(e). Nous avons toutes/tous un petit défaut de prononciation dont on ne se rend même pas compte.

Kiki la cocotte convoitait un caraco kaki à col de karakul

Coco le concasseur de cacao savait que Kiki la cocotte convoitait un caraco kaki à col de karakul

Mais Coco le concasseur de cacao préférait caracoler sur sa Kawasaki avec son cacatoès sur l’épaule.

Un grand brun aux yeux coquins sut conquérir le cœur de Kiki la cocotte en lui offrant un caraco kaki à col de karakul

Lorsque Coco le concasseur de cacao vit Kiki la cocotte arborer un caraco kaki à col de karakul il se dit

Coco mon Coco Coco t’es foutu

Coco mon Coco Coco t’es cocu

Il y a des centaines de virelangues et viroreilles dont il faut souvent chercher le sens et pas toujours vraiment le trouver, mais qu’importe c’est juste un exercice.

Je suis certaine que vous en connaissez depuis votre enfance. Souvenez vous des chaussettes de l’Archiduchesse.

Maintenant, on m’appelle Chipie

 

Bonjour à tout le monde.

J’ai très envie de partager mon aventure car c’en est une.

Je suis née dans une ferme. Maintenant, je sais même que c’était dans le poulailler d’une ferme car ma mère avait été adoptée par les poules et vivait avec elles.

Un jour, je ne sais même plus comment j’ai fait, j’ai suivi frère et sœurs. J’étais petite, toute petite.

Pourquoi sommes-nous partis ? Le fermier a dit que la petite chatte était morte et que les petits ne se laissaient pas approcher. Nous avons donc dû marauder pour trouver un peu de nourriture.

Avec eux, je me suis blottie dans le coin d’une porte-fenêtre au soleil. Qu’est-ce que c’était bon.

Avec eux, je me suis retrouvée dans un sous-sol et j’ai pu dormir tranquille.

Au matin, j‘ai eu très peur. Du bruit dans l’escalier. Une Humaine venait là tout à côté. Elle disait que je n’avais pas à avoir peur (tu parles les trois autres s’étaient déjà sauvés), qu’Elle venait s’occuper de son linge. Moi aussi je me suis sauvée.

Et puis … nous sommes revenus pour la nuit.

Nous sortions et rentrions comme nous voulions. Il y avait toujours quelque chose pour emplir notre ventre.

Sur une table,  une vieille chatte venait passer des petits moments. Un jour, elle n’a pas monté l’escalier. Ils sont venus lui parler, l’ont prise dans leurs bras et elle a disparu  avec eux. Plusieurs jours comme ça. Et puis elle n’est pas revenue.

Une de mes sœurs est morte ce jour là. Quelques jours plus tard, l’autre a disparu. Mon frère était toujours là, avec moi.

Lorsqu’Elle descendait, Elle disait, plusieurs fois : c’est moi, bonjour Tichat.

Lui aussi venait. Il ne s’occupait pas de moi. Il disait : non, c’est trop tôt, je ne pourrai pas.

Je me suis mise à tousser. Je me sauvais toujours lorsqu’Elle descendait. 

Un jour, je n’ai pas pu me sauver car il fallait sauter en zigzag et je n’avais plus la force, pourtant, je ne voulais toujours pas qu’Elle m’approche.

Au bout de presque une semaine de ce petit manège, j’avais du mal à manger. Elle est venue doucement, a posé sa main sur moi en me disant : il faut manger, il faut boire, allez fais un effort.

Je toussais de plus en plus. J’avais tellement mal que je l’ai laissée venir, me prendre dans ses bras mais j’ai eu très peur, alors Elle m’a posée sur le sol.

Ça a été encore pire lorsque j’ai vu ses pieds !

 

Klaus

Pour la cour de récré tenue par la maîtresse Jill Bill, Klaus est prêt à faire sa rentrée 

 

Klaus

C’est décidé

La porte est close

Tu ne pourras pas entrer

Venir flairer

Ce qui se passe en cuisine

Klaus

Tu es trop gourmand

On ne peut pas dire de toi

Quel tas d’os

Klaus

Quelle habitude

Tu as prise

Quand je ne suis pas là

De te soulever

Sur tes pattes arrière

Sur la table de poser

Ton nez

La langue tirer

Et hop l’os

Attraper

Klaus

Tant que de bonnes habitudes

Ne seront pas prises

La porte de la cuisine

Restera close

 

 

Edur

 

Edur arrive un peu en retard dans la cour de récré. La faute au temps qui passe trop vite ! Mais si la maîtresse, madame Jill Bill, veut bien l’accepter, il sera heureux de partager ses petits plaisirs ou ses petits chagrins avec ses camarades.

 

Edur est dur de la feuille. Ce qui ne l’empêche pas de tendre l’oreille à certaine heure du jour.

Quand il entend la poule caqueter, il sait qu’il peut aller au poulailler et que l’œuf qui est arrivé sera dans son coquetier ce soir.

Il se régale déjà.

Pas besoin de faire un repas gastronomique pour se régaler.

Edur sait entendre l’oiseau arriver. Il aime l’entendre chanter.

Un jour, il a même entendu deux oiseaux pleurer.

Quand il en a parlé, on lui a dit qu’avec sa surdité il ne pouvait pas entendre ça et qu’il racontait n’importe quoi … des histoires à dormir debout ! Il était tout triste qu’on ne l’ait pas cru.

Pourtant Edur sait ce qu’il a vu. Derrière la haie, deux oiseaux se parlaient, se désolaient devant le petit corps de leur petit.

Il sait bien, lui, Edur, qu’ils pleuraient.

On peut être sourd mais avoir un cœur si grand qu’on entend même un tout petit bruit lorsqu’il vous remue les tripes.

Edur est juste un petit gars de la campagne qui sait aimer, voir et entendre ce qui le touche.

De toutes petites choses qui semblent tellement anodines.