entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Défi N° 254

 

Jeanne est à la barre de la coque de noix des Croqueurs de Mots pour cette quinzaine.

Elle nous demande d’imaginer que nous sommes à la fin de septembre 2019, que l’année scolaire vient de commencer et de rêver à cette année.

Tu vois Jeanne, je crois qu’il faut que je rêve que je n’ai plus de problème avec le temps qui passe et que je suis capable de publier le lundi comme demandé. 

Je te demande de m’excuser pour ce grand retard.

 

Septembre 2019. Rentrée des classes. Entretien avec les CPE des collèges multisite d’Asfeld et de Château Porcien. Comme les années précédentes, nous sommes trois. Je suis la seule à toujours rouspéter car je ne trouve pas normal que des enfants qui arrivent en 6ème ne sachent pas lire. Comme tous les ans on me répond que ces enfants ont la chance de nous rencontrer sur leur chemin. Cela les fait toujours un peu sourire ma réaction car ils savent que j’aime venir aider du mieux que je peux ces enfants.

 En Septembre 2019 … comme ceux qui ont précédé, je rêve.

Je rêve à des enfants qui vont me suivre sur le chemin de la lecture. Qui vont prendre un grand plaisir à ouvrir un livre. Qui vont arriver un mardi en me disant j’ai lu ce livre, c’était incroyable, j’ai oublié le lieu où j’étais, les copains et les copines, la fratrie, les parents et même l’heure.

Bien sûr, je sais que je vais les voir arriver renfrognés, très indisciplinés.

Alors  oui, je rêve que je vais les amadouer.

Que je vais leur donner le plaisir d’écouter parce que je commence par cela et que je sais que s’ils mordent à l’hameçon, c’est au moins cela de gagné.

Qu’ils vont s’amuser à décrypter des virelangues, à rire des fautes de prononciation des autres mais aussi des leurs, qu’ils riront aussi des miennes lorsque j’en fais.

Je rêve que tout cela va arriver. 

Je rêve de voir, un jour de cette année, un visage épanoui. De sentir ce plaisir de la lecture.

Comme chaque année je rêve de leur apporter, de leur donner tout ce que je peux dans la joie et la bonne humeur.

Le monde ou mon monde ?

Notre capitaine, Jill Bill, pour le défi N°253, nous demande de refaire le monde sur le zinc en incluant ces 15 expressions en verlan, s’il vous plait!

Auch = chaud, Beubard = barbe, Cheum = moche, Gueudin = dingue, Joibour = bourgeois, Keum = mec, Laisse béton = laisse tomber, Meuf = femme, Nawak = n’importe quoi, Péta = taper, Résoi = soirée, Teillebout = bouteille, Veugra = grave, Yeuve = vieux,  Zeyo = oseille

Ce soir, coup de cafard, j’ai passé les monts et me retrouve au café.

– Patron, une teillebout !

– Une pour toi seul ?

– Et comment !

– Ben dis donc, ça doit pas aller fort, d’habitude, tu plaisantes, tu fais rire, tu remontes le moral de tout l’monde. Mais qu’est-ce qu’il t’arrive ? Les infos ? Le monde qui ne va pas ?

– Le monde qui ne va pas, tu parles depuis le temps qu’on en parle et que chez toi, justement on essaie de le refaire et que ça marche pas parce que les humains sont les humains, qu’ils jalousent les voisins, alors le monde, tu parles, normal, c’est pareil, ils sont tous à couteaux tirés. J’ai jeté les armes, je ne veux même plus en parler, ça m’fout le moral à zéro en temps normal, alors, en ce moment …

– Mais qu’y a-t-il de plus en ce moment ?

– La meuf qui nous gouverne cette quinzaine nous a lancé un défi complètement  gueudin. Elle a dit que joibour comme je suis, je s’rais pas capable de r’faire le monde chez toi.

– Ben c’est qu’elle te connait mal.

– Tu parles, surtout avec tout ce qu’il se passe en ce moment, c’est pas l’plus difficile. Laisse béton, c’est nawak.

– Toujours parler de ce sujet, c’est auch chez moi. Ca tire à hue et à dia et finalement, il faut que je m’interpose car il y a toujours risque de bagarre ici aussi. Tu dois être trop yeuve. Les keums dans ton genre parlent plutôt d’zeyo. Tu f’rais mieux de péta la belotte.

– Même pas envie. J’en ai peut-être de la zeyo mais en ce moment elle fond rapidement.

– Mais qu’est-ce que t’as à rabacher comme ça ?

– J’ai qu’au lieu de passer la résoi chez moi, j’suis dans mes pâtures et que ça me beubard et même bien plus, mes bêtes crèvent les unes après les autres, au moins une par jour, c’est vegra. Les vétos ont fait autopsie sur autopsie et ils sont sûrs de rien. Des bestioles, des vers, qui se promènent dans mes pâtures et tout ça la faute des inondations qu’ils disent.

– Ha, je comprends mieux ! C’est cheum. Allez tiens, je te l’offre la teillebout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les cartes postales

Juste pour vous dire que je reçois des cartes d’un peu partout et que j’en suis très heureuse.

Ces derniers jours ont été perturbés, la preuve, je ne peux même pas aller au jardin comme je le veux et pourtant la récolte de haricots verts à commencée.

J’espère que mes fleurs n’ont pas trop souffert du manque d’arrosage.

Promis, chacune aura une réponse.

Un gros bisous. Non, des gros bisous à chacune.

Histoire de croquettes

 

Ne dit on pas : les goûts et les couleurs ? 

Notre petite chatte Pélagie, chez nous depuis octobre, est nourrie aux croquettes. Attention hein. Pas n’importe lesquelles. Celles de chez le vétérinaire ! 

La  « voisine » Filou, a l’habitude de venir réclamer une petite poignée de croquettes depuis quatre ou cinq ans.

La mère de Pélagie que nous n’avons pas vue cet hiver a repris l’habitude, elle aussi, de venir voir si des fois … il y aurait un p’tit quelque chose a grignoter ou a croquer. Lorsqu’elle vient, soit elle a un ventre qui s’arrondit, soit elle est plate comme une limande mais elle mange.

Dire que jamais nous n’avons pu l’approcher !

Même lorsqu’elle était avec sa soeur Chipie au sous-sol, elle fuyait si nous faisions un pas de plus.

Pourtant, elle aime nous entendre lui parler.

C’est un mystère cette chatte.

En tous cas, ce n’est pas le sujet de mon écrit.

Simplement, un jour, mon mari est allé me faire quelques commissions et a annoncé fièrement en rentrant : j’ai trouvé des croquettes au supermarché, elles ont l’air très bien et le prix est très raisonnable en comparaison de celui que nous payons pour ces félines.

J’ai regardé, moi aussi, la composition.

Rien à dire.

Allez savoir ce qu’elles auraient pu nous dire si elles avaient eu notre langage.

En tous cas, elles se sont très bien fait comprendre. Une grande partie des croquettes sont restées dans la jatte, toutes les mêmes, des grises.

Mon mari a rusé. Il a mélangé avec les anciennes et comme la grande boîte que nous avons a une contenance de 10kgs, ça fait beaucoup de croquettes.

Que ce soit lui ou que ce soit moi qui sert, même résultat !  

Rien à faire. Elles ont continué et continuent à faire leur tri.

Du coup, le soir, puisque c’est lui qui prépare pour la nuit, il y incorpore du pâté. Là, Pélagie veut bien manger le tout !

Eucher

Madame la maitresse Jill Bill nous demande d’accueillir Eucher à la cour de récré.

Je ne sais pas pourquoi, ce matin, dans mon jardin, j’ai aperçue une Euchère. Bien sûr ce n’est pas vraiment le prénom demandé mais j’ai eu envie de la faire entrer dans la cour de récré. Du coup, elle a pris du retard.

 

Euchère ma chère petite

pourquoi te cacher

ne rougis pas

tu es si belle

si frêle

ne dis rien

je vois

ce n’est pas toi qui te cache

ce sont les autres

un peu jalouses

elles ne veulent pas que l’on t’admire

pourquoi être envieuses de toi

 tu ne leur fais pas d’ombre

allez pousse les un peu 

montre toi