entre brume et soleil

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                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Le défi N° 175

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Jeanne Fadosi nous donne comme instructions pour ce défi N° 175 : 

 On peut faire quelquefois d’un désagrément un atout.
Raconter, de préférence sur mode léger et sans allusion à l’actualité votre plus beau souvenir de petit désagrément (maladie d’enfance, voyage annulé, …)

 

 

Désagrément ?

C’était … il y a bien longtemps,  les téléphones mobiles n’existaient pas, enfin pas pour les travailleurs.

C’était le week-end de la promotion de l’année à l’Ecole de la Marine de Saint Malo. J’étais invitée et bien décidée à participer, mais comment faire.

L’école était bien loin, il fallait loger et je n’avais pas assez d’argent car je commençais seulement à travailler. Une collègue m’avait recommandée à un vieux couple chez qui elle logeait l’été.

Il faisait froid, très froid et il avait neigé. Et en avant pour l’aventure, normal, je partais pour Saint-Malo.

J’ai pris le train à Saint Lazare, comme tous les jours mais pas sur le même quai, et c’est parti.

Le train s’est arrêté, est reparti, s’est arrêté … plusieurs fois. Les voyageurs installés dans le même compartiment que moi étaient des habitués et l’ambiance était agréable. Après tout, même si j’étais attendue, ce n’était qu’un petit retard et celui qui m’attendait saurait se renseigner auprès des agents de la gare.

La vie est ainsi faite que, parfois, elle aime contrarier  les amoureux.

A un moment, le train n’est plus reparti. L’attente a été longue et on nous a annoncé qu’un car prendrait le relais. La nuit, la route enneigée et l’ambiance toujours aussi bonne. Enfin, nous sommes arrivés. Oui mais … Nous sommes descendus, nous nous sommes dit au revoir et je suis restée seule à attendre. Et j’ai attendu, attendu, les pieds dans la neige et il n’est pas venu ! Bien sûr, il s‘était renseigné, bien sûr on lui avait expliqué que le train était bloqué, mais c’est tout. Il a attendu longtemps, longtemps et ne voyant rien venir il est reparti à l’école. Il aurait pu attendre longtemps encore puisque le car ne s’est pas arrêté à la gare !

Heureusement, j’ai rencontré une personne. J’ai demandé mon chemin et je suis partie à pieds à Paramé. Les vieilles personnes ne m’attendaient plus et j’ai tiré la dame du lit. Malgré mon arrivée plus que tardive, elle a été charmante et m’a montré ma chambre.

Le lendemain matin mon futur est arrivé de bonne heure avec des croissants pour tout le monde et nous sommes partis à Saint Malo.

J’ai découvert un port fortifié. J’ai failli être emportée par le vent par-dessus les remparts. Un élève a très gentiment brossé mes bottes marrons avec du cirage noir !

Tout cela dans la bonne humeur, dans le bonheur, dans les bras de celui que j’aime  encore et avec « sagesse », comme je l’avais promis à maman.

J’y pense encore maintenant avec le sourire.

Rentrée

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Voilà, je suis de nouveau dans ma maison.

Un très bon séjour d’une semaine en Hongrie où nous allions pour fêter les 50 ans de mariage de ma belle-sœur et du beau-frère.

Leurs deux enfants leur avaient préparé une belle petite fête de retrouvailles avec parents et amis.

J’ai eu un grand bonheur à retrouver la famille de “là-bas” que nous ne voyons qu’occasionnellement.  C’était chaleureux, plein de partage et d’amour.

Bon, il fallait bien que cela arrive : j’ai oublié mon appareil photos dans leur maison à Szentendre. Il reviendra avec la nièce qui fait souvent des voyages sur Paris pour faire connaître des vins … hum … je ne vous dis que ça !

Malgré tout, il faudra que je ressorte de vieilles photos car nous ne sommes guère sortis, sauf pour des balades derrière chez eux et c’est plutôt nature.

Non, un soir, en ramenant une nièce à l’aéroport, nous sommes allés au marché.

C’était une première pour moi. Une découverte  et un ébahissement.

Comme je n’avais pas prévu de photos, pas d’appareil.  Heureusement que mon époux avait son téléphone, cela ne remplacera pas car j’aurais eu plaisir à vous montrer et montrer encore, j’aurais mitraillé dans tous les sens. Cela n’a rien à voir avec nos marchés, même si, le marché plus conventionnel existe aussi.

Mais aussi, une journée dans la petite ville de Mad où le neveu produit les vins dont je vous ai parlé un peu plus haut.

Le banc de scie (suite)

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C’était en septembre. Il pleuvait. Mon petit garçon avait décidé qu’il irait voir les « tontontata » à trois minutes de chez nous. Il faut dire que chez eux c’était le roi et même plus. Les « tontontata » n’avaient pas pu avoir d’enfant, alors … 

Il venait d’avoir cinq ans. J’avais décidé qu’il allait entrer à l’école et qu’il fallait le responsabiliser car, le connaissant bien, je savais qu’il ne voudrait pas que je l’accompagne jusqu’à la porte de la cour qui n’est qu’à trois minutes elle aussi.

La circulation n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Il avait mis son ciré et son chapeau de ciré bleu. Dans un sac, j’avais  glissé ses chaussons bleus, eux aussi.

Je le regardais partir avec un peu d’appréhension car c’était la première fois qu’il allait ainsi seul.

Il s’est retourné avant de traverser la rue et m’a fait un petit signe de la main. Il a fait bien attention, a regardé à gauche puis à droite, comme nous le lui avions appris, a traversé et bifurqué un peu à gauche et j’ai commencé à avancer dans la rue. Je le gardais en vue mais … surtout ne pas se faire voir. Lorsqu’il a pris sur la droite, j’ai pu avancer plus vite, puis arrivée au coin du bas de la rue de « tontontata », je l’ai vu « toquer », alors je suis rentrée chez nous.

L’heure du goûter étant arrivée, je suis partie le rechercher. Lorsque j’ai frappé à la porte, tata m’a dit tout de suite : il est reparti presque aussitôt car tonton faisait la sieste.

Alors … où pouvait-il bien être.

J’ai commencé à paniquer.

En bas de cette petite rue, il y avait le lavoir encore en fonction. J’ai foncé, j’ai ouvert la porte, mais personne.

J’ai parcouru le village, mais je ne l’ai pas vu et personne dans les rue pour me dire …

J’ai pensé à l’eau donc course jusqu’à la rivière où il aimait regarder petits et gros poissons, mais encore personne.

En revenant vers notre maison, j’ai entendu le banc de scie. Il était en route depuis le matin avec arrêt pour le déjeuner.

Lorsque mon fils était parti, le banc de scie chantait. Et là, dans la cour de la ferme, je l’ai vu, droit comme un I, son petit sac avec les chaussons dedans à la main. Il regardait attentivement les mouvements des deux hommes, un qui passait le bois, l’autre qui le passait dans la scie et les morceaux qui tombaient en tas dans la remise en attendant d’être rangés soigneusement.

 Mon cœur a explosé de soulagement et de joie mais j’ai crié très fort. Réaction idiote, mais j’avais eu tellement peur.

 

 

 

 

 

 

Le banc de scie

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Lorsque je l’entends, je me dis : ça y est l’automne approche.

J’entends le banc de scie du voisin et, automatiquement, chaque année, je pense à l’hiver.

Nous sommes le 12 août et ce soir le son est là. Du coup, je pense à la réflexion que je me suis faite avant-hier en allant et venant pour arroser mes fleurs car le soleil avait un ton dans les arbres, ton que je retrouve chaque année aussi, celui de septembre. Ne cherchez pas à savoir comment est ce “ton” c’est un ressenti. Je regarde et je hume matin et soir.

Et celle de ma petite livreuse de pain ce matin : vous avez vu le ciel et cette température, cela annonce la rentrée.

C’est drôle mais j’ai remarqué que lorsqu’on parle de rentrée c’est d’octobre que l’on parle. Pourtant beaucoup de ceux qui emploient ce terme n’ont pas connu cette rentrée des classes.

Et je remonte à dimanche lorsque j’étais à la salle de traite, je n’ai pas vu une seule hirondelle voler. Il faut que je pense à demander la prochaine fois si elles ont quitté les nids de la ferme.

Voilà encore un écrit commencé … l’année dernière ! Je vais le continuer ce jour.

Les hirondelles se sont rassemblées au 15 août. Malgré que je sache qu’à ce moment là la saison va basculer, j’aime les observer et les écouter : qu’est-ce qu’elles sont bavardes … autant que moi, je crois.

Une majorité est partie, les autres se sont rassemblées un peu plus tard. Dans le groupe, il y avait beaucoup de petits. Ils faisaient encore des exercices de vol. Les parents attendaient que leurs derniers nés soient en mesure de franchir cette incroyable distance pour passer la mauvaise saison d’ici sous des cieux plus cléments pour eux.

Au fait, je parle, je parle, mais … savez-vous ce qu’est le banc de scie ?  Tiens, il aurait fallu que je fasse une photo, cela aurait été plus facile.

C’est une scie circulaire verticale entraînée par une grande courroie. Elle est  couplée à un tracteur, dont le moteur tourne. Autour de la scie il y a un plateau métallique pour poser le bois que l’on pousse avec les deux mains.

Cela fait un bruit caractéristique. Je crois même que l’on ne peut pas dire que chacune a un son, non j’ai toujours eu l’impression que le son est le même d’une scie à l’autre.

 

Elle chante, la scie.

Cette année, ce souvenir en a entraîné un autre que je vous conterai un peu plus tard. Demain peut-être … qui sait.

 

 

 

Moment de retrait

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Je n’étais pas partie, seulement, il arrive que les occupations soient encore plus importantes que d’habitude..

Ma belle-sœur qui vit en Hongrie nous a fait le grand plaisir de venir s’enterrer dans notre petit village pour un petit moment bien agréable.

 Il y a donc eu beaucoup de marche à trois. Beaucoup de rires et de discussions.

Nous avions tant à nous dire, à nous raconter que les jours ont passé bien trop vite. Je crois que nous avons encore beaucoup à échanger.

Comme nous allons partir à la fin du mois dans leur pays fêter leurs cinquante ans de mariage, nous aurons encore un peu de temps de papotage.

Il y avait longtemps que cela ne nous était pas arrivé et nous en avons profité.

Mon autre belle-sœur et les enfants et petits-enfants se sont fait  et nous ont fait plaisir en arrivant à la maison pour être un moment avec leur sœur et tante. 

Déjà que je n’y suis plus vraiment, je vais revenir vers vous mais en pointillés.

Nous avons eu le Festival à la Ferme, nous allons avoir un stage fin de semaine et un autre Festival du Conte à préparer.