entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Lubin

 

Madame la maîtresse Jill Bill demande à Lubin d’entrer dans la cour de récré.

Un petit peu de retard mais je ne pouvais pas laisser passe ce prénom !

 

Lubin

un vrai petit coquin

un petit lutin

qui vous regarde en coin

un petit sourire

au bord des yeux

il sait ce qu’il veut

lorsqu’il demande avec ce sourire

je crois que je deviens un pantin

il ferait ce qu’il veut de moi

enfin c’est un mot pour rire

et c’est bien comme ça

Le Festival Conte

 

Les 16, 17, 18 et 19 novembre c’était le Festival du Conte de ma petite ville.

Donc, du conte à écouter sous toutes ses formes et à donner aussi.

Le 16 dans l’après-midi, le conteur a charmé des enfants, mais pas que puisque j’y étais avec mon époux et trois quatre autres personnes dont l’organisateur et sa compagne.

Cela se passait au Théâtre mais sans tout l’appareillage et sans les jeux de lumière. Il était seul et cela, j’aime.

Le 17, j’y suis retournée avec mon amie conteuse. Pour moi, c’était plus de la curiosité. Je n’ai pas été déçue.

Ce conteur, je l’ai connu il y a 17 ans environ. Nous faisions connaissance avec le conte urbain. Un soir nous sommes allés à un repas conte et il faisait partie des conteurs de la soirée. J’avais aimé, mon mari aussi, mon amie non. Bien sûr, c’était une histoire étrange, un peu paranormale.

Le 17 au soir, il a conté l’histoire d’un soldat russe, Vania, pendant la guerre de 1914/1918. Cet homme venu de si loin défendre un petit coin de la Marne et qui y est mort.

Nous avons salué un gros travail de recherche et son talent de conteur qui a su s’adjoindre un accordéoniste qui n’a pas couvert sa voix mais qui faisait ressortir certaines situations. Le son pouvant être poignant, triste, nous emmenait avec eux dans les tranchées. Il a chanté des airs russes pour les besoins du conte, accompagné bien sûr par l’accordéon.

 Bref, une très bonne soirée.

Le 18 à 10h il y avait une conférence donnée par une conteuse et l’organisateur, sur le conte merveilleux. Merveilleux, merveilleux … vous savez genre Petit Poucet, Hansel et Gretel , etc …  Bien sûr qu’ils sont merveilleux puisqu’ils permettent aux enfants de « grandir » et de trouver des solutions pour ne pas mourir.

Le soir, c’était scène partagée et nous en faisions partie.

Je n’aime pas conter ne serait-ce que sur une estrade. J’aime être à la hauteur du public, voir les personnes, leurs réactions … et je n’aime pas me retrouver dans la lumière.

Malgré tout, cela s’est très bien passé. J’avais une pêche d’enfer !

Notre présentateur s’est amusé avec la personnalité de chacun.  Pour moi, cela a été : C’est une râleuse patentée, sauf dans son jardin où elle parle à ses tomates, ses radis, ses laitues, ses carottes, du coup elle n’a pas le temps de râler !

Ensuite, c’était la fin de soirée dans une taverne.

L’année dernière j’ai beaucoup appris de cette ambiance où le conteur se débrouille pour se faire entendre. La salle étant petite, il y en a une autre derrière et ceux qui s’y trouvent traversent la salle conte pour sortir fumer sans attendre la fin d’un conte.

De plus la porte a un petit carillon qui carillonne à tout va à chaque fois que la porte s’ouvre et se ferme. Le conteur n’a que cet emplacement pour conter ! Le top quoi!

Le 19 jusqu’à 13h, c’était la Master Class ! Quelle drôle d’idée de donner ce nom pour du conte français.

Je trouve toujours quelque chose à apprendre.

L’après-midi, nous avons eu des contes merveilleux. Et nous les avons dégustés.

Nous n’avons pas terminé la soirée au café conte. Trop fatiguées.

Dans le courant de cette semaine, il y a eu des contes dans des cafés, un café philo et des contes à la bibliothèque.

 

 

 

 

11 Novembre

 

Ce matin, j’étais au monument au morts comme chaque année.

Il pleuvait mais cela n’a pas empêché jeunes et bien moins jeunes d’être là.

Après la lecture de la lettre du ministre, faite par notre maire, une femme ici, la lecture du nom des morts pendant la guerre de 14/18, le dépôt de la gerbe, la minute silence, ceux qui étaient là ont entonné la Marseillaise.

Après chaque nom énoncé, une voix répond : mort pour la France.

C’est un enfant qui dépose la gerbe.

Mon village est petit, pourtant j’ai toujours l’impression que l’énoncé des morts est assez long.

Ensuite, nous nous retrouvons pour échanger dans la salle communale, l’ancienne salle de classe.

Je ne sais pas pourquoi, cette année, j’ai eu envie de l’écrire. Peut-être parce que je pensais fort à mon grand-père qui pourtant n’est pas mort pendant cette guerre.

Seulement blessé trois fois.

 Envoyé à chaque fois dans un hôpital à l’opposé de là où il se trouvait avec interdiction de sortir de l’hôpital pendant sa convalescence et ce à chaque fois.

Avait-on peur qu’il se sauve ! Peut-être qu’il se mutine …

 

Ma rentrée est faite … en partie.


Ca y est elle est fait ma rentrée !

J’ai poussé la porte de la cour. Je suis entrée.

J’étais en avance, comme toujours. Une jeune femme, la surveillante, est arrivée. Elle m’attendait.

Nous avons discuté un petit moment. Comme je lui ai dit préférer ne pas me trouver en salle de classe elle m’a conduite au CDI.

Il a beaucoup changé ce collège que j’ai connu avec mon premier fils, changé car réaménagé, pourtant il reste ouvert sur l’extérieur. C’est-à-dire pas de murs, juste du grillage, pas de grand bâtiment, des petits modules.

Quatre jeunes filles sont arrivées. La semaine prochaine, un garçon et une autre jeune fille nous rejoindrons et ne seront avec nous que tous les quinze jours. Nous nous sommes présentées. Elles ont des prénoms incroyables sauf une. Il va falloir que je les apprenne mais elles sont prévenues que je n’ai pas de mémoire !

Venir vers moi est un choix de leur part puisque mes interventions étaient prévues sur le volontariat. J’ai parlé contes. Je leur ai demandé leurs préférences de lectures.  J’ai senti une grosse hésitation. J’ai donc repris en demandant si elles préféraient que je vienne avec mes livres. Oui.  Elles aimeraient je leur fasse découvrir mes livres d’enfance. Il va falloir que je fouille au grenier.

Avant de repartir j’ai demandé à rencontrer leur professeur de français. Elle a été ravie de m’entendre dire que ses élèves ont l’air intelligentes et qu’elles sont très à l’écoute. Elle m’a dit qu’elles étaient en difficultés et qu’une d’entre elles ne sait pas lire.

Je vais donc attaquer le vif du sujet la semaine prochaine. A moi de la décoincer, de lui faire prendre de l’assurance.

Lorsque nous étions en réunion préparatoire, les CPE ont parlé de conflit de loyauté.

S’il s’agit de cette jeune fille, elle a déjà fait le grand pas de venir et ce serait formidable qu’elle accepte la lecture.

 

La rentrée

 

La rentrée s’est faite avec du conte dans une école communale pour des CP et CE1.

Nous sommes allées à leur rencontre la semaine précédente pour faire connaissance, dans les deux sens. Très bonne idée de leur « maîtresse ».

Cela nous a permis d’échanger et de répondre à leurs questions, très pertinentes d’ailleurs. Hum … à la fin des questions ils nous ont demandé notre âge !

Au rendez-vous suivant il ne nous restait plus qu’à les emmener dans l’imaginaire. Leur instit nous a laissées gérer ce petit monde sans intervenir et cela j’ai aimé.

Cette jeune femme vit dans notre village. Elle ne nous avait jamais entendues. Je l’ai rencontrée il y a peu et elle m’a demandé : bon alors, quand est-ce que vous revenez ? Cela m’a fait plaisir mais je lui ai dit que c’est à elle de choisir le moment.

La semaine suivante j’avais rendez-vous avec les CPE du collège multi sites de notre canton.

Les professeurs de français ont senti un grand besoin de donner l’envie d’ouvrir un livre aux élèves de sixième.

Du coup, chez eux, je vais faire ma rentrée le mardi qui suit les congés. C’est bientôt et je stresse déjà. Mais pourquoi suis-je ainsi ? C’est d’un ridicule !

Ce que je souhaite :  juste qu’ils comprennent que la lecture n’est pas un exercice ennuyeux.