entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Sur le pas de la porte

Je suis très en retard mais je tenais à participer à ce dernier défi des Croqueurs tenu par Asfree, à la demande de notre Amiral Dômi. Elle nous demandait de placer une personne sur le pas de sa porte.

 

C’était une belle fin d’après-midi. Il avait fait chaud.

La jeune femme s’était assise, là, sur le banc près du pas de la porte. Elle les a vus arriver. Ils venaient chacun d’un bout des chemins.

Elle partait à la décharge avec, dans sa brouette, des déchets verts de son jardin.

Lui revenait des champs, sa brouette pleine de foin.

Ils se sont arrêtés au croisement, se sont salués et ont entamé une discussion.

Les voix étaient calmes et même rieuses. Ils échangeaient sur le temps, les moissons à venir, le jardin.

Et soudain, venant du haut du village, ELLE est arrivée, fulminant, hurlant, vociférant !

Elle criait à tous vents qu’elle ne voulait plus la voir « elle » dans les pattes de son mari.

On a dû l’entendre dans tout le village.

Elle a intimé l’ordre à son mari de rentrer. Il a pris le temps de dire au revoir à celle avec qui il parlait.

Tranquillement, il a soulevé sa brouette de foin.

Elle a repris le chemin de la décharge.

La jeune femme a pensé, avec un brin d’amusement à une scène de jalousie.

Les trois têtes blanches ont disparu de son champ de vision.

 

 

Les fils électriques

Je viens de chez Passion qui disait qu’elle avait préparé le repas avant de partir car les fils électriques n’étant toujours pas enterrés, il risquait d’y avoir une coupure de courant à cause du vent.

Cela m’a rappelé le temps où, ici aussi, il suffisait d’avoir du vent un peu fort et … plus de courant. De ce fait nous avions un stock de bougies (j’en ai d’ailleurs encore !).  Dans le village l’électricité avait été refaite (toujours sans fils enterrés), mais pas dans notre rue.  Nous n’avons jamais su pourquoi. Normal ? Peut-être car notre maison est la seule de la rue, avec, maintenant, le numéro 1 à la porte. 

Nos enfants ont grandi, ils avaient l’habitude du recours à la bougie et au manque de télévision.

Notre fils aîné vivait en couple et venait pratiquement chaque fin de semaine à la maison. Depuis un moment, ils avaient pris l’habitude de repartir le dimanche soir après le dîner, car la route passait par un village en longueur avec un feu. La circulation devenant de plus en plus dense, ils trouvaient le temps bien long pour parcourir les cinquante kilomètres.

C’était l’été. Ce dimanche soir là, la nuit était tombée. Nous discutions tranquillement. Mon fils a appuyé sur l’interrupteur des appliques de la cuisine et plouf … plus de courant dans la maison, tout avait sauté.

Pas de vent donc un petit problème à régler. A cette époque, j’avais l’habitude de régler les problèmes domestiques seule. Je vais au disjoncteur … rien. J’appelle le fils qui contrôle … rien. Je vais chercher mon père qui habitait à quelques maisons de nous, il contrôle aussi … rien. Constatation de nous trois : cela ne vient pas de la maison.

Donc, coup de fil à EDF. L’homme d’astreinte arrive environ une demi heure après pour constater, lui aussi, que cela provient de notre ligne.

Il fallait le camion nacelle. Donc attendre le lendemain. Le lendemain, notre ligne a été changée, mais pas enterrée !

N’empêche, depuis, les coupures d’électricité n’arrivent qu’en cas de violent orage.

Si quelqu’un a besoin de bougies …

 

Le petit dernier

 

C’était pas gagné au départ.

Pensez, des cerveaux un peu farfelus ont eu une idée de génie : pourquoi ne pas trouver des métiers improbables et les faire vivre.

A croire que nous sommes tous aussi farfelus puisqu’il est arrivé à son terme et né dans les meilleures conditions possibles le petit dernier.

C’est le sixième après : Mijoty, L’atelier de Mijoty, La marguerite des possibles, Le mariage, Voyage.

Il faut quand même dire que nous nous y sommes mis à 108, 108 mères et pères  pour ce petit dernier !

Un beau méli-mélo d’auteurs, illustrateurs, photographes.

Quel travail, quelle organisation pour celle qui a pensé, un jour, qu’un enfant à qui on peut offrir un rêve est un enfant qui vivra mieux sa maladie.

Si vous avez envie de participer à ce rêve par l’achat de ce livre vous pouvez aller souscrire chez http://www.les-anthologies-ephemeres.fr/ 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une discussion entre femmes

 

Un échange sur mon blog, à propos du petit article « Vieillir, un écho », avec Passion me fait revenir une discussion que j’avais eue, sur un bateau, il y a bien des années, avec l’épouse d’un commandant.

Je crois l’avoir déjà dit, j’avais abandonné « le travail chez un patron » pour pouvoir retrouver mon mari chaque fois que le navire revenait en France et faire ce que nous appelions « la tournée du nord ». Cela pouvait aller de Bordeaux à Oslo ou en Allemagne en passant par des ports intermédiaires.

Une quinzaine de jours ensemble. Ensuite, il y a eu les garçons et lorsqu’ils étaient en vacances et que le commandant acceptait leur venue, c’était la parenthèse bonheur.

Donc la femme d’un commandant était infirmière au Havre. Ils étaient en discussions pour qu’elle cesse son travail car il avait très envie de retourner vivre en Bretagne dans une maison à eux.

Un jour, elle m’a fait part de son souci : elle avait du mal à se voir dans une maison et qui plus est dans un village.

Elle m’a posé la question : comment faites-vous pour ne pas vous ennuyer ?

J’ai répondu : m’ennuyer, mais je n’ai pas le temps.

Si vous prenez du plaisir au jardin, vous verrez, on vit d’une manière complètement différente, tout au moins moi.

Il y a toujours le plaisir de faire un petit tour de jardin. Pour rien, pour voir même en hiver, comment il se porte.

Comme nous étions en été, je lui ai donné l’exemple de la matinée qui commence par le linge à étendre.

Là, sur la pelouse, devant les fils à étendre, c’est plus fort que moi, mes yeux voyagent autour et, bien sûr, il y a une rose à couper.

Aussitôt le linge étendu, je prends le sécateur, je fais un tour dans les roses et c’est terrible car d’une rose je passe à une autre, puis à autre chose et d’un seul coup, je me rends compte que l’église sonne. Je compte les coups et hop, il est plus que temps de renter.

Rien n’a changé depuis sauf que je suis beaucoup plus lente, que ce soit dans le jardin ou dans la maison. Alors le temps passe encore plus vite !

Il y a tant de petits bonheurs à picorer.

Regarder les graines lever, les surveiller, les chouchouter. Une fleur qui s’ouvre. 

Au fait, elle passe par le cycle de vie elle aussi : le bouton,  l’adolescence, l’épanouissement, le flétrissement et la mort.

Vite, je vais me couvrir et j’y fonce car j’ai dit à Passion que j’ai des petits plants de fleurs qui restent à planter et qu’ils doivent avoir les pieds dans l’eau et qu’avec le temps qu’il fait ils risquent fort de s’enrhumer.

 

 

Vieillir. Un écho.

 

 

 

C’était  lundi, je venais d’entendre Eglantine sur RTL via son blog.

Oui, comme je le lui ai dit « se regarder vieillir » doit être très difficile.

Je  crois que je suis comme elle : je n’ai pas de temps pour cela.

Même les douleurs me font avancer. Là, lorsque je dis cela, c’est au figuré car parfois c’est un peu plus difficile de mettre un pied devant l’autre. Que faire ? Se plaindre tout le temps ? Là on s’enferme dedans. Le dire, oui pourquoi pas.

J’ai trouvé un truc pour passer ces caps plus difficiles et c’est grâce à Adamante qui, un jour a parlé de Ci Cong. Comme cela n’existait pas ici, je suis partie sur la sophrologie et c’est incroyable comme on peut « oublier » ses douleurs. 

La nuit, je n’écris plus dans mes cahiers, je fais souvent de la sophrologie et de la méditation.

Si je continue à bavarder à ce sujet, vous ne saurez pas pourquoi j’ai dit à Eglantine : attends, il faut que je fasse tout de suite un petit article. Je me connais, si je dis je le fais demain, il restera dans le bout de mes doigts car ma tête n’y pensera plus … pas le temps.

Donc, courant janvier, je parlais avec ma belle-sœur de ma future opération de la cataracte pour mon œil gauche et de celle qui suivrait un mois après pour l’œil droit.

Sa réaction a été de me dire : si tu es comme moi, la première chose que tu vas voir en rentrant, ce sont tes rides. Et nous avons bien ri car elle n’est pas, elle non plus, à demander à son miroir si elle est la plus belle. De plus, elle n’en a vraiment pas beaucoup.

Bien sûr que j’en ai des rides car, en plus, je n’ai pas les joues rondes. Et puis, la vie avec ses joies, je ris facilement, et ses chagrins, j’ai beaucoup pleuré, marque un visage. Et alors, cela n’empêche pas de vivre et d’aimer.

Et il y a tant à aimer !

Lorsque je conte, je n’y pense absolument pas. Pourtant je suis devant le public.