entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Maintenant on m’appelle Chipie (5)

 

J’ai pris des forces. J’ai grandi.

Maintenant je faisais des bêtises.

Je ne savais pas moi que sauter dans le grand grand pot, grattouiller la terre, mâcher les plantes, les arracher, c’était des bêtises. Pas plus que me mettre sur le bras du canapé pour lacérer les très grandes feuilles qui pendaient devant mon nez en était aussi.

 

Elle rouspétait un peu mais aussitôt qu’elle me laissait, je recommençais.  C’était trop drôle parce qu’elle rouspétait et riait en même temps.

Les enfants venaient et je jouais avec eux. Je crois qu’ils ne comprenaient pas que j’étais encore petite et que je me fatiguais vite. Pourtant, Elle le leur disait.

Un jour, « les grands » comme elle dit, sont venus avec un quatre pattes, mais pas comme moi. Il était gros et ne miaulait pas. Ben, j’ai même pas eu vraiment peur.

J’ai fait un peu celle qui voulait se cacher car il approchait un peu trop de moi et puis j’ai craché et c’est lui qui a reculé ! A l’intérieur de moi, j’ai crié : Victoire !

Enfin de compte, c’est un gentil pépère qui m’a laissée tranquille tout le temps qu’ils ont été là.

 

Maintenant, si un insecte entrait dans la maison, je courrais, je sautais après lui jusqu’au moment où il se posait sur une vitre. Là, je m’élançais dans les rideaux et j’entendais : ha non ! Chipie, là tu exagères. Regarde ce que tu as fait. Ben quoi, j’avais sauté, c’est tout.

Quand le soleil faisait une apparition et que l’Autre venait derrière la fenêtre, j’aurais tellement aimé aller le retrouver. Je le faisais savoir à haute voix, mais rien à faire la porte restait fermée.

J’apprenais la vie avec Eux. Ce que j’avais le droit de faire, ce que je n’avais pas le droit de faire. J’étais caressée, complimentée. Ils disaient que je comprenais tout.

Tiens, encore une visite chez la vétérinaire. Comme d’habitude : auscultation et piqure, encore une. C’était le vaccin. Il parait qu’avant j’étais encore trop faible. En plus, un traitement contre les parasites, tu sais, tout ce qui gratte ou qui te fait mal au ventre.

J’ai entendu des compliments : que je devenais belle, et forte mais qu’il faudrait surveiller la moindre petite toux.

J’était en bonne santé.

Alors, Elle a demandé si j’avais le droit de sortir.

Aïe, je ne m’attendais pas à cela après les compliments.

Le non est tombé direct dans mes oreilles. Pour un peu, j’en aurais pleuré.

Il fallait attendre que le temps soit plus clément, un peu plus doux pour que je n’attrape pas froid. Ca, le froid je connais même à la maison alors …

En attendant, je faisais des essais de sortie mais il y en avait toujours un pour me voir.

Maintenant on m’appelle Chipie (4)

 

J’avais froid, si froid, pourtant j’étais toujours au coin du feu.

Un soir, j’ai remarqué qu’elle posait une assiette sur le poêle. C’était pour que ses petits gâteaux restent bien secs et tièdes.

Tièdes ? c’était juste ce qu’il me fallait. D’ailleurs je l’ai vue poser ses mains à côté de l’assiette. Si Elle ne se brûlait pas les mains, je ne me brûlerais pas les pattes. Donc, je pouvais essayer.

Cela n’a pas été facile mais, après quelques tests, j’ai pu sauter du bras du fauteuil sur le poêle et je ne me suis pas brulée les pattes. 

Qu’est-ce que j’étais bien.

Et non, non, je n’ai pas grignoté les gâteaux. Ca c’était lui lorsqu’il passait avant que je m’installe. Je l’avais vu faire !

Je me suis accrochée comme tout le monde disait.

Si bien que je me suis, encore, retrouvée entre les mains expertes et féminines que je connaissais.

Maintenant je savais ce qu’il allait se passer : encore une auscultation.

Ce que je ne savais pas c’est que j’aurais des médicaments à prendre. J’étais un peu rétive mais avec beaucoup de caresses de petits nez-nez et d’explications je les ai pris.

C’est le moment où je les ai entendus discuter : comment faire pour lui faire accepter une inhalation ?

Ils m’ont expliqué mais j’avoue que je n’ai rien compris.

Ils ont trouvé le truc. Retour dans ma boîte de voyage. Là je me suis dit : bizarre, d’habitude c’est pas à cette heure là, on va où cette fois ? Non, la boîte est restée dans la cuisine et moi dedans.

Devant mon nez, Elle a mis un petit bol et ça sentait drôlement bon. Il a mis une grande couverture sur la boîte et je suis restée bien sage. Au début, j’ai toussé un peu et puis ça s’est calmé. Qu’est-ce que je me sentais bien.

Les jours suivants, je savais. Après leur petit déjeuner, leur déjeuner et leur dîner, elle préparait le petit bol qui sentait si bon et j’ai pris l’habitude d’aller direct dans ma boîte.

Et je ne toussais plus !

 

 

 

Maintenant on m’appelle Chipie (3)

Le lendemain, c’était pire. Lorsque j’ai voulu sauter pour me sauver, je n’ai pas pu.

J’ai donc essayé de faire comme mon frère : grimper le long d’un poteau en ciment. Tu parles, je me suis retrouvée vite fait parterre.

Là, quand ils sont venus me prendre, je n’ai pas résisté et, cette fois, j’étais dans des bras pour de bon.

Nous avons monté les escaliers et je me suis retrouvée dans une boîte. Confortable la boîte. J’ai eu un peu peur car j’ai senti que je quittais mon coin de vie. Ça faisait un drôle de bruit et ça bougeait dans un sens et dans l’autre, mais pas trop fort.

J’ai entendu des voix que je ne connaissais pas et je me suis retrouvée dans les mains d’un homme, pas désagréables du tout, qui me tâtaient, me tournaient, me retournaient, me mettaient un truc pour écouter mon intérieur et un thermomètre pour ma température (je n’ai pas aimé du tout mais il parait que c’était nécessaire). Bref, ils disent que c’est une auscultation.
Et toc, j’ai eu droit à des piqûres. Il est adroit l’homme, je n’ai pas senti !

Il a dit : revenez dans trois jours si elle est encore là.

Pourquoi donc voulait-il que je ne sois plus là ?

Un fois rentrés, ils m’ont gardée en haut. Plus le droit de descendre. N’importe comment, j’étais tellement fatiguée que je n’ai même pas essayé.

Ils voyaient tout et, si j’avais des petits besoins à faire, les bras étaient là pour me poser à un endroit particulier.

Après tout, le fauteuil au coin du feu était confortable. Je me suis laissée faire.

Je ne pouvais ne pouvais me mettre que comme vous me voyez sur la photo sinon je toussais.

Elle venait me donner un petit peu à manger et à boire. C’était difficile, je n’avais pas de force.

Cela aussi me faisait tousser.

Les trois jours ont passé et hop, on a recommencé le voyage.

Cette fois ce n’était pas un homme mais une femme. Elle a dit : ha ! c’est la petite chatte, comme si elle me connaissait.

Puis elle m’a prise et tournée et retournée et auscultée. Vous savez, comme la première fois. Et hop, encore des piqûres.

J’ai entendu : bon on verra. Si elle s’accroche, vous revenez dans huit jours.

M’accrocher à quoi, je ne sais pas mais en définitive, je n’étais pas si mal en haut.

Maintenant on m’appelle Chipie (suite 2)

 

Coucou, c’est moi Chipie.

Ceux qui ont lu ma petite histoire me connaissent un petit peu, juste un petit peu. Si vous saviez comme ma jeune vie a été riche.

Après avoir vu ses pieds à Elle, j’ai eu tellement peur que j’aie voulu courir me réfugier sur ma table. Je tremblais, je n’avais plus de forces.

Elle m’a prise dans ses bras et posée sur la table. Ouf, j’étais sauvée !

Lui disait toujours : non, non pas maintenant, c’est trop tôt.

Deux ou trois jours plus tard, j’en ai vu arriver deux autres. Eux aussi voulaient me prendre dans leurs bras, mais je ne me suis pas laissé faire et je suis tombée.

Un était bien plus petit que l’autre et il voulait me faire courir. Il disait : viens, viens jouer.

Et encore un grand, plus grand avec une barbe.

Il a calmé le plus petit en lui expliquant que j’étais malade.

C’est quoi être malade pour Chipie ?

Et je me suis mise à tousser.

Le barbu a dit : tu vois c’est comme toi quand tu tousses, mais c’est plus grave.

Il m’a prise dans ses bras.

Qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir me prendre dans leurs bras.

Il s’est vite rendu compte que je ne voulais pas être dans des bras. Il m’a remise sur Ma Table, sur Mon Tapis.

Voilà autre chose, il s’est allongé lui aussi sur ma table, tout à côté de moi. Tout doucement, il a mis un bras de l’autre côté et m’a tirée. D’une main, il m’a soulevée et posée sur lui. Il croyait peut-être que j’allais me laisser faire, non, j’ai glissé sur la table et … vive mon tapis.

Mais il a recommencé et j’ai entendu, senti un truc. Ça faisait toc, toc, toc. Ça me berçait. C’était comme lorsque j’étais contre mon frère et avant, ma mère. Alors, je suis restée un moment.

 

C’était agréable mais bon, lorsqu’il a voulu se relever avec moi dans ses bras, j’ai dit non.

Je me suis sauvée dans un de mes trous préférés.

 

 

 

Publication, juste pour Eglantine … et les autres !

Entre article et commentaires, nous avons échangé, toutes les deux, à propos d’Odette, une conteuse « qui a l’accent » !

Ayant poussé la curiosité un peu plus loin que l’écoute préconisée par Eglantine, j’ai vu : Kiki la cocotte.

Conteuse moi-même et toujours à l’écoute des autres conteurs vous pensez bien que je me suis laissée emporter par mon désir, surtout que Kiki … je l’utilise !

Cela fait partie des virelangues que je pratique régulièrement pour me la délier cette langue qui parfois peut fourcher.

Je fais faire ces exercices aux 6ème qui m’accompagnent pendant une heure chaque semaine (quand il n’y a pas de confinement).

Je m’en sers aussi assez souvent en fin de racontée.

Comme Eglantine me dit ne pas connaitre, je vous plonge dedans.

Amusez-vous à dire et redire encore et de plus en plus vite. Et surtout, amusez-vous à le faire dire.

Ce virelangue me semble facile, mais cela dépend de chacun(e). Nous avons toutes/tous un petit défaut de prononciation dont on ne se rend même pas compte.

Kiki la cocotte convoitait un caraco kaki à col de karakul

Coco le concasseur de cacao savait que Kiki la cocotte convoitait un caraco kaki à col de karakul

Mais Coco le concasseur de cacao préférait caracoler sur sa Kawasaki avec son cacatoès sur l’épaule.

Un grand brun aux yeux coquins sut conquérir le cœur de Kiki la cocotte en lui offrant un caraco kaki à col de karakul

Lorsque Coco le concasseur de cacao vit Kiki la cocotte arborer un caraco kaki à col de karakul il se dit

Coco mon Coco Coco t’es foutu

Coco mon Coco Coco t’es cocu

Il y a des centaines de virelangues et viroreilles dont il faut souvent chercher le sens et pas toujours vraiment le trouver, mais qu’importe c’est juste un exercice.

Je suis certaine que vous en connaissez depuis votre enfance. Souvenez vous des chaussettes de l’Archiduchesse.