entre brume et soleil

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                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Garfield, notre dernier chien.

 

 

On dirait qu’il repose sa tête sur Nini.  C’est juste qu’elle se faisait un malin plaisir à passer dessous.

 

Il vous a raconté ses débuts dans la vie. Il ne vous a pas raconté comment, après avoir fait des pattes, de la queue et de la langue, il est arrivé chez nous.

Comme vous l’avez constaté, nous avons subi un interrogatoire en règle. Mon époux s’est même entendu demander s’il était chasseur à la fin de la discussion, lorsque nous avions dit qu’il pouvait intégrer notre maison. A sa réponse négative, le soigneur nous a annoncé que s’il avait répondu par l’affirmative, le chien restait là-bas. Explication : trop de chasseurs arrivent au refuge, prennent un chien de chasse et le ramène à la fin de la saison. Encore un drôle de comportement de certains humains.

Nous suivre n’a pas été un problème, le faire entrer dans la voiture fut un peu plus difficile.

Arrivé à la maison, il a bien voulu descendre de la voiture, il a senti un peu partout autour, mais entrer au garage, car nous passons souvent par là, a été assez long.

Une fois dans le garage qui donne dans la cuisine, il a fallu laisser la porte de communication ouverte et l’inciter encore et encore pour qu’il se décide à mettre une patte dans la pièce. Ensuite, il a eu besoin de temps pour visiter. Pendant une semaine environ, il ne bougeait pratiquement pas de la cuisine et le garage a été sa chambre et l’est resté.

Il a très rapidement appris à reconnaître les intonations et n’attendait pas que la voix s’élève. Il savait !

Bien sûr que, lui aussi a fait deux trois escapades alors que nous étions en promenade avec lui car s’il levait une piste, le rappel était parfois difficile, ce qui lui a valu un empoisonnement. Heureusement que je connaissais les symptômes, il s’est retrouvé très rapidement dans la voiture et là, pour la première fois, il a vomi, c’est ce qui l’a sauvé. Comme il ne mangeait que des croquettes, et qu’il y avait du lard … il n’y a même pas eu d’auscultation pour la piqûre. Le vétérinaire a même dit tout de suite le nom du poison car cela arrivait qu’il y ait des appâts empoisonnés pour les renards.

Oui, il a été tout fou comme tout jeune chien.

Oui, cela m’est arrivé de me retrouver allongée sur le dos dans un chemin, car si je le rappelais, il arrivait à toutes pattes et juste devant moi, il sautait et se retournait. Je prenais alors son arrière train dans la poitrine et … plouf. Là, il se déchainait et c’était la rigolade et bien sûr, plus je riais, plus il continuait à me pousser et me lécher.

Il nous a fait admirer au plus près le gibier car il faisait en sorte de l’amener devant nous.

Il a été parfait avec nos petits-enfants.  Jamais il n’a montré le moindre signe de jalousie. Une chose a été un peu délicate : lui faire comprendre qu’un tout petit ne pouvait pas jouer comme lui aurait aimé, surtout que c’était un grand épagneul et que, lorsque le petit se présentait à la porte, il était tout joyeux et le montrait !

Lorsque la grosse douleur nous est tombée dessus, il a été d’une présence exceptionnelle.

Il a été mon confident, toujours à l’écoute. Il a été celui qui console ou tout au moins qui essaie encore et encore. Il se faisait encore plus tendre dans ces moments là.

Il sentait lorsque plus rien n’allait. Alors il venait et me poussait. Je m’asseyais, il posait sa tête sur mes genoux et levait son regard si doux.

A dix-sept ans, son cœur a donné des signes de faiblesse. Les sorties se sont faites de plus en plus courtes et lentes.

Le jour de sa mort, mon époux était en rendez-vous intercommunal et moi de racontée. Il a attendu que mon mari rentre.

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Repos !

Comme nous trouvons que le vent d’ici n’est pas celui que nous aimons, nous partons demain respirer celui de la mer en Bretagne pour une grande semaine. 

 

Notre chien Garfield

 

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Garfield est le nom qu’ils m’ont donné, il y a bientôt seize ans. Ma véto préférée n’en revient pas que je sois toujours avec eux.

Je dois reconnaître que la dernière fois que je l’ai vue, j’étais bien aise en sortant du cabinet. Elle m’avait remis sur pattes. Je ne pouvais plus marcher. Pour monter en voiture, la honte, il a fallu qu’Il me porte. Ma véto m’a fait un peu d’ostéopathie et hop.

Bon, il serait peut-être temps que je vous raconte un peu ma vie car je suis vieux et si je ne le fais pas de suite, pimprenelle me fera un hommage et ça, je n’en ai pas envie.

Il faut que je vous dise tout. Je suis un chien ramassé. Je cherchais la nourriture depuis quelques semaines et un homme est passé et m’a emmené. Je me suis retrouvé avec un compagnon d’enclos entouré d’autres enclos avec des chiens recueillis eux aussi.

J’y suis resté un petit temps et un matin, je les ai vus arriver.

Ils ont expliqué au soigneur que ce n’était pas sûr qu’ils emmènent un des pensionnaires. Ils ont fait tout le tour avec lui. Ils demandaient des renseignements. Ils désiraient un jeune et si possible qui n’ait pas mordu. Il disait qu’un jour ils auraient, ils l’espéraient, un petit enfant, et qu’il fallait un chien doux.

Ouf, heureusement qu’il y avait ce désir, car il y en avait un qui était peut-être un peu son chouchou à Lui. Je reconnais qu’il était beau ce corniaud. Mais il avait mordu, lui !

Pendant ce temps, je faisais de mon mieux pour attirer leur attention, mais Lui continuait à discuter. J’ai tellement fait de la voix et des pattes qu’elle s’est approchée. Lorsqu’elle a passé une partie de sa main à travers le grillage, je me suis dit : vas-y, fais ton cinéma et c’est ce que j’ai fait. Je sentais qu’elle était prête mais lui disait : non, tu sais que j’ai dit que je ne veux plus de chien de chasse à la maison, je ne chasse pas et je suis toujours en train de courir après.

Ils m’ont raconté par la suite, leurs mésaventures avec mon prédécesseur. Il grimpait les clôtures pour partir en vadrouille.

Une maison de rêve – défi 180

 

    • Oyez oyez les Croqeurs de Mots...

      Pour la communauté « Les Croqueurs de Mots »
      JB à la barre n°180

       Oyez oyez les Croqeurs de Mots...
      Artopterre

       

      Quinzaine du 13 au 26 février 2017
      Thème du lundi/défi 20 février:

      Mari bricoleur rime t-il avec
      « La maison du bonheur… » 

      Il n’y a  qu’un petit hic : employer le mot idiosyncrasie dans le texte ! 

       

       

      maison-pas-comme-les-autres 

       

      Sa future belle-mère l’a prévenu : vous n’aurez ma fille en mariage que lorsque vous lui assurerez un toit.

      Il s’est dit, je suis bricoleur, construire une maison ça ne doit pas être bien difficile.

      –        O.K, pas de problèmes on va s’y mettre !

      Il a dit d’accord. Mais c’était sans compter sur leur idiosyncrasie

      Lorsqu’ils étaient jeunes étudiants, ils avaient chacun une petite pièce meublée par ce que chacun avait pu emporter de chez ses parents 

      Il a commencé par les plans. Oui mais, Lui et Elle n’étaient pas d’accord sur l’emplacement des pièces : elle voulait une grande pièce à vivre, avec tout autour, les chambres, la salle de bains les W.C.Bref, tout le confort quoi.

      Sur deux étages a-t-elle dit. Elle n’avait vraiment aucune notion d’une construction !

       Alors, tout simplement, il a eu l’idée de faire pièce par pièce à l’endroit qui leur plairait à tous les deux.

      Ils sont allés dans la grande enseigne de bricolage du coin. Là, ils ont commencé leurs emplettes : petit manuel de bricolage, sable, ciment, parpaings, pelle, truelle, seau, volige..

      Pour payer tous ces frais, plus question de continuer à payer leurs chambres, il leur a donc fallu trouver une solution. Le grenier a donc été le premier endroit aménagé … hum… au rez-de-chaussée. Ben oui quoi, il fallait bien mettre à l’abri les quelques meubles qu’ils ont déménagés. Comme elle était conteuse, sur la porte elle a écrit : Le Grenier d’en Bas

      Ils la voulaient à leur goût cette maison de leurs rêves.

      Au fur et à mesure qu’ils en parlaient, il faisait une pièce. Ils vivaient dedans et rien ne leur plaisait plus que s’appeler à tout bout de champ pour savoir où l’autre se trouvait.

      Ils vivaient tellement dedans, lui à « bricoler » elle à conter, chanter, parler et rire, qu’ils ne se sont pas rendu compte de l’allure qu’elle prenait.

      Un jour, il a voulu admirer son œuvre. Il est sorti a levé les yeux et est tombé raide, non pas mort, sonné quoi.

      Elle qui ne l’entendait plus est sortie à son tour l’a vu par-terre, a regardé la maison de leurs rêves et a simplement dit : Elle est magnifique la maison que tu as construite. D’accord, au premier regard, elle semble un peu bancale mais dedans, on y est si bien.

       

       

Notre chien Billy

  

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Voilà, c’est ainsi que Billy est entré dans notre vie. Après le refus de notre fils, il fallait bien faire bonne figure. Pourtant, c’est vrai que pour moi aussi (je dis moi car mon mari était embarqué à ce moment là), c’était dur.  Ma sœur et mon beau-frère avaient cru bien faire, mais …

Malgré tout, il a dû se sentir bien parmi nous, car il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour se faire accepter et il faut bien avouer qu’il a réussi !

C’était un beagle, un chien de chasse. Question chasse, il connaissait, c’était inné, et n’avait pas besoin de maître pour y aller !

C’est vrai que lui aussi, comme Mimi, a été vagabond toute sa vie.

Il était vagabond mais très sociable. Lorsque Méphisto est arrivé à la maison, ils ont tout partagé : le panier et les repas.

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Contrairement à Mitsy, il ne supportait pas la voiture. C’était un vrai problème, ne serait-ce que pour faire les 13kms qui nous séparent de la ville.  Aller chez le vétérinaire était un cauchemar : pour lui mais pour nous aussi ! Lui était malade et nous nous ramassions.

Un jour que le poste de radio avait été retiré de son emplacement pour réparation, mon gros Bill n’a rien trouvé de mieux que de vomir dans le trou bien encastré !

Je crois que nous avons essayé toute la panoplie de l’époque même l’homéopathie dont il a trouvé le moyen d’avaler tout un tube. Car il était d’une gourmandise folle. Maman disait que je ne le nourrissais pas assez. Je le nourrissais tellement peu qu’il a fallu le mettre au régime et c’était un vrai casse-tête. Je me dis, là, en ce moment, qu’il avait peut-être passé une période sans tellement de nourriture, avant de nous connaître.

Je le surveillais comme le lait sur le feu surtout le dimanche soir, les éboueurs passant dans la nuit du dimanche au lundi, à l’époque.

Il suffisait d’un rien, d’une mauvaise manœuvre pour sortir la poubelle, de la famille qui repartait le soir et hop, il se carapatait. Je n’avais plus qu’à chercher dans la nuit. Au bout de quelques fois, j’ai trouvé ses endroits de prédilection : il avait repéré les poubelles qui fermaient mal et … il allait les vider.

Je n’avais plus qu’à le rentrer, prendre mon balai, ma pelle et mes gants et retourner faire le ménage !

A la ferme voisine, lorsqu’il y avait un vêlage, là aussi il fallait le surveiller de près sinon, il s’éclipsait et allait « déguster » la délivrance ! Et là, ensuite, s’il avait avalé trop vite, ça pouvait ressortir dans la maison !

J’ai failli avoir des histoires avec ma voisine d’alors. Heureusement que nous préférions la discussion à la dispute.

Il avait fait connaissance avec les animaux de la ferme, vaches, taureau, jument, poules, coqs et dindes, sans poser le moindre problème.

Les poules étaient en liberté aussi bien dans la cour de la ferme que dans la rue et derrière chez nous étant donné que je n’ai jamais connu de portes aux fermes par ici. Donc Bill gambadait joyeusement dans la basse-cour. C’était pourtant un chien de chasse. Il savait seulement qu’il n’avait pas le droit de toucher.

Une poule rousse a décidé, un jour, de couver. Ma voisine l’a installée et hop … vingt et un jours plus tard, il y a eu des poussins. Encore un peu plus tard, ma voisine a retiré la cloche en grillage qui empêchait les poussins d’aller faire connaissance avec un extérieur dangereux pour eux.  Bill, bien entendu, s’est approché puis doucement les a sentis sans intention aucune de les croquer. La poule rousse avec son instinct de mère lui a foncé dessus. Elle l’a piqué et battu avec ses ailes.

Les poussins ont grandi et sont devenus de beaux poulets roux comme leur mère.

Un jour, ma voisine est venue frapper à ma porte. Elle tenait un poulet mort dans ses mains. Bill avait frappé !

Le problème est qu’il n’y a pas eu que ce poulet. Mon chien a continué. Un jour il m’a même offert un tableau de chasse devant la maison. Sur le talus, il avait aligné trois poulets.

Tous les poulets roux de la poule rousse y sont passés !

Et nous, pendant ce temps, cherchions ce qui avait déclenché ce processus d’extermination. C’est la fermière qui pensé à ce jour où mon chien avait pris la volée de sa vie !

Ma voisine a fait cuire sa poule rousse et elle n’a plus eu de pertes de volailles.

Il a fini sa vie chez le vétérinaire. Du coup, nous avions décidé de ne  plus avoir de chien.

Et puis, et puis … il y a eu Garfield quelques années plus tard.