entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Défi N° 215

 

Lancement du défi N°214

 

L’Amiral Dômi a demandé au Commandant Fanfan de prendre la barre pour la quinzaine. Ce qui donne :

-Vous allez écrire une lettre pour demander un emploi (sorte de lettre de motivation) , en prose, en vers, en image , comme vous voulez. Mais il faudra convaincre votre futur employeur.

-Dans cette lettre ,il faudra  “incorporer”, pour que la mayonnaise tienne,  des titres de chansons .J’ai choisi Aznavour (Si vous le déteste  choisissez des titres d’un chanteur qui vous convient )

. Voici les titres (à utiliser dans n’importe quel ordre )

– Il faut savoir ; la bohême ; non, je n’ai rien oublié ; hier encore ; les plaisirs démodés ;

je m’voyais déjà ; comme ils disent; tu t’laisses aller ; viens pleurer au creux de mon épaule ; la mamma.

 

Monsieur,

Par la présente je viens solliciter un poste dans votre cabaret. N’importe lequel fera l’affaire. Je connais bien le métier.

Bien sûr, il faut savoir que je suis à la retraite depuis une vingtaine d’années, mais non je n’ai rien oublié.

Hier encore, j’étais meneuse de revue. Il est vrai que j’ai dû arrêter mon activité car la Mamma était très malade.

Lorsque j’ai voulu reprendre, elle m’a dit : j’en ai assez de cette vie que tu me fais mener. Il n’y a pas d’heure pour manger, pas d’heure pour dormir. Depuis le temps, tu devrais quand même penser que, tant que tu n’es pas rentrée, je ne peux pas m’endormir.

Avec toi, c’est la bohème.

Et j’ai tout laissé tomber.

Un jour elle m’a fait remarquer : tu t’laisses aller ma fille. Tu devrais soigner un peu plus ta tenue. Les voisins parlent. Ils se demandent de quoi nous vivons. Tu devrais trouver un travail, un travail normal comme ils disent.

Au lieu de ça, j’aurais aimé qu’elle me dise : allez, viens pleurer au creux de mon épaule, laisse-les dire. Je sais que tu es honnête.

Ne croyez pas Monsieur, que je veuille reprendre la revue. J’ai aimé passionnément mon métier mais je n’ai pas envie de tomber dans les plaisirs démodés pour moi. Je me contenterai de servir à table les clients, d’être une bonne habilleuse et une bonne maquilleuse.

Je vous prie de croire, Monsieur, en mes respectueuses salutations.

 

Retour de 1er de l’an

 

J’ai beaucoup pensé à Fanfan depuis hier soir.

Nous étions pour la fin de l’année passée et le début de l’année nouvelle chez ma belle-sœur.

En rentrant hier soir, déballage de la valise et de toutes les bricoles que l’on traîne toujours avec soi, en plus.

Une fois la douche prise, je veux prendre ma chemise de nuit et … pas de chemise de nuit ! Je me dis que, comme le col était poisseux de Vicks Vaporub, j’ai dû la mettre dans la machine à laver.

Ce matin, il n’y avait pas de chemise de nuit lavée et ma voix avait décidée de jouer à l’Arlésienne, elle aussi.

En cherchant, je m’aperçois qu’il manque aussi mon pantalon de jogging et un pull.

“Panique à bord”. Maison retournée.

S.O.S lancé chez la belle-sœur , par le biais d’un message puisque plus de voix. C’est à son tour de jouer à : loup y es-tu, où es-tu. Toujours pas de chemise de nuit, de pull et de pantalon.

Je finis par me dire que tout cela n’a pas disparu comme ça et que donc, on finira par retrouver le tout un jour.

Vers 16h, j’entends mon époux m’appeler par un : viens voir !

Il est dans la salle de bains du haut.

Je monte, le trouve avec le pantalon qu’il venait de prendre pour le ranger et dessous … mais oui tout ce que nous cherchions depuis hier soir !

Il avait posé son pantalon sur mes affaires !

2019

 

Que votre année nouvelle soit semée de plein de petits bonheurs.

Il ne vous reste plus qu’à …

souffler sur les graines de ce pissenlit

 

Une soirée au château


Une racontée dans un château.

Nous l’avons déjà fait.     

A cette époque, nous étions encore trois à conter.

Le châtelain, un professeur de lycée, nous avait ouvert ses portes, mais il avait fallu que nous fassions de la publicité, ce que je n’aime pas parce que je ne sais jamais à qui adresser les invitations.

La soirée s’était passée dans la « salle basse » du château.

Dans la grosse cheminée les bûches flambaient depuis le début de l’après-midi.

Je me demande si je n’en avais pas déjà parlé.

Vendredi de la semaine dernière, c’était un peu différent car, ayant un ami d’enfance conteur,  les châtelains ont l’habitude d’ouvrir leur porte, une fois par an, aux conteurs depuis six ans.

Il faudrait que je retourne faire des photos car le lieu est superbe, malgré que la nuit était installée lorsque nous sommes arrivées,  et le château ne l’est pas moins.

Le château … maison forte disent-ils. Propriété familiale depuis 1525 ou quelque chose comme cela, qui a été remise en état en 1923, je crois. Il est entretenu bellement.

Nous entrons par la tour. Il y a du feu dans la cheminée. Des fauteuils invitent à la rêverie. Tiens, pour un petit moment, je me verrais bien châtelaine !

Il y en a beaucoup de ces grosses maisons dans mon Ardenne, mais là je dis château car il y a la tour, ainsi que des églises fortifiées.

Les frontières du nord ont souvent été occupées et ce depuis si longtemps.

Bref, nous étions cinq à nous partager l’espace et ce sans grosses contraintes.

Le public est arrivé nombreux, soixante-dix personnes et deux enfants. En prenant possession de l’espace, je m’étais  dit qu’ils avaient prévu large car souvent des chaises restent inoccupées. Poufs et coussins avaient été disposés devant. Tout a été occupé et  il a fallu ajouter des chaises.

Et c’était un public qui venait vraiment écouter du conte. 

Une amie conteuse était venue avec une de ses petites filles. Celle-ci a demandé si on voulait bien l’autoriser à conter. Elle a six ans !

Il lui a fallu un peu de temps pour démarrer, puis elle a fait une pause et elle est repartie pour arriver au bout. C’est vrai qu’elle manquait de voix. Je n’ai pas entendu tout “le petit bonhomme de pain d’épices”. C’est ça les vieilles oreilles !

Ah le trac … elle a fait connaissance avec.

 Elle sait maintenant ce que c’est que se retrouver face au public. 

Et elle dit qu’elle veut devenir conteuse !

Une bonne expérience.

Sa mamie et moi lui avons dit que pour nous, c’est la même chose.

La soirée s’est terminée par le verre de l’amitié accompagné de ta’te à suc.

Une soirée de vrai plaisir.

A la MARPA

 

Mercredi après-midi, nous contions à la MARPA, une résidence pour personnes âgées.

C’est toujours un agréable moment, pour eux, disent-ils et j’ajoute : pour nous.

Je suis souvent étonnée de les entendre lorsque nous prenons le goûter ensemble, après la racontée.

Le plus jeune, je pense, est mal voyant, très mal voyant, il dit qu’il voit vaguement des ombres. Il a une écoute incroyable.

Lorsque nous avions préparé notre programme avec mon amie, j’avais repris mes « copions » et donc, pour un conte, j’ai dit que je ne le raconterais pas car déjà donné. Mon amie me disait que non.

En arrivant ce mercredi après-midi, je demande donc à ce monsieur si oui ou non il avait entendu de ma part une histoire qui parle d’un cordonnier et il me dit non. Je pense que je peux vraiment me fier à lui. Ce conte sera pour la prochaine fois … peut-être. N’importe comment a-t-il ajouté, vous pouvez recommencer un conte de temps en temps, comme cela tout restera dans ma tête.

Pendant le goûter, à la même table que moi, ils étaient deux qui nous suivent depuis le début que nous allons dans cette résidence, c’est-à-dire six ans. Ce monsieur mal voyant et une dame de 87 ans.

Le monsieur mal voyant commence à me parler d’un de mes deux contes en me disant : vous pouvez revenir dessus, je n’ai pas bien compris la fin. Je me dis : là, il y a un problème. Donc, je reviens rapidement sans conter et je le sentais en attente. La dame de 87 ans elle aussi attendait. Il leur manquait quelque chose !

Normal, je n’ai pas terminé mon conte !

Enfin, quand je dis que je n’ai pas terminé mon conte … effectivement, sans y penser, je l’ai arrêté comme “avant”. Car, lorsque j’ai commencé à le raconter il y a … un grand moment, je terminais un peu de cette manière et personne n’en attendait plus.

Au bout de quelques années, je lui ai fait une autre fin et voilà que c’est elle que tous les deux attendaient !

Incroyable, non. 

S’ils n’en avaient pas parlé, je n’aurais jamais pensé que cela puisse manquer. 

En plus, je ne m’en étais même pas aperçue.