entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Hirondelles

 

Chez elles comme chez nous ?

Je vous avais dit que je poserais des questions. C’est fait.

Comme certaines, certains le savent, ma petite laitière, Cat, livre aussi le pain le matin et cela lui permet de se renseigner auprès de pas mal de personnes sur les faits et gestes des hirondelles.

Déjà, dans la ferme, ils ont remarqué certains comportements qui sont, du coup, corroborés.

Il parait que, cette année, il y a du rififi chez les hirondelles.

Les couples ne sont plus ce qu’ils étaient. Le dialogue devient de plus en plus difficile et à la moindre querelle elles se battent et se séparent. Ensuite, elles restent quelques jours sans se parler et surtout sans partager le même lit, oui, enfin … le même nid.

Ce qui fait qu’on les cherche car, en plus, les voisines s’en mêlent et le pugilat devient général.

Mais que se passe-t-il donc qui puisse les rendre d‘humeur aussi belliqueuse ?

Serait-ce le réchauffement climatique !!!

J’espère que ce ne sont pas nos comportements d’humains qui déteignent.

Mais oui !

Oui, il y a une dizaine de jours, pendant une marche de fin d’après-midi, on a vraiment eu l’impression d’en voir arriver un grand groupe !

Je parle des hirondelles bien sûr.

Mais depuis, plus rien, elles devaient rester tranquillement dans les granges de la Ferme du Château.

On ne s’imagine pas … mais c’est qu’il y a du travail à leur retour : des nids à consolider, à réaménager et aussi d’autres à construire. Pensez donc, une demeure qui reste sans habitants s’abîme, donc, il n’y a plus qu’à relever ses plumes et hop, au boulot. Seulement lorsqu’elles s’échinent, on ne voit pas les grands vols, on ne les entend pas discuter sur les fils, normal, elle n’ont pas le temps !

Et puis,lundi 1er mai, dans l’après-midi,  elles se sont vraiment annoncées. Elles étaient là, sur les fils à pépier à qui mieux mieux et surtout à voler en nombre, je n’ai pas dit grand, en tournoyant, en montant et descendant. Ce qui m’a fait dire : elles attendent la pluie. Et la pluie est arrivée dans la nuit. Une petite pluie, mais quand même. Depuis, il y en a eu d’autres plus importantes.

Alors oui … elles sont bien là. Peut-être ne répondent-elles pas encore toutes : présentes ! 

Irène

La maîtresse, madame Jill Bill nous demande d’accueillir Irène dans la cour de récré.

 

Irène

Avec ton port de reine

Il faut encore que tu la traînes

Ta traîne

Tu ne peux rien faire comme tout le monde

Pourquoi t’habiller comme Cunégonde

A la cour de récré

On n’aime pas ceux qui snobent le monde

Tu vas te faire moquer

Gare aux pieds

Qui se poseront sur ta traîne

Pour te faire t’étaler

 

Mais, je suis sûre, maîtresse, que vous allez tout faire pour que cela n’arrive pas

 

Anniversaire pour une petite fille

 

 

Une maman nous avait demandé d’animer l’anniversaire de sa petite fille.

C’était l’été, il faisait un temps à donner envie de raconter au jardin.

Le goûter était prêt, le gâteau d’anniversaire n’attendait plus que ses bougies soient soufflées pour être dégusté, les jus de fruits étaient au frais.

Bref, tout ce qu’il fallait pour faire un très bel après-midi. Et nous étions impatientes de donner nos histoires, nos contes.

Nous étions quatre/cinq conteuses et les mamans présentes étaient aussi impatientes que nous.

Les enfants jouaient.

Le signal nous a été donné. Les enfants se sont groupés et nous avons commencé.

Malheureusement, il y avait un bruit de fond perturbant. Il faut dire qu’il y avait peu de temps que nous contions. Nous n’étions pas encore « rodées ». C’est une chose pour laquelle il nous a fallu beaucoup de temps.

Donc … arrêt après un conte et tout le monde présent cherche d’où vient ce bruit de conversation.

De l’autre côté de la rue, l’entrepôt du personnel attaché à la voierie et aux espaces verts. Donc … bien sûr, nous avons commencé à ronchonner après ces hommes qui savaient qu’en face il y avait un anniversaire un peu particulier et qui ne respectaient pas leur engagement. En plus, nous ne comprenions pas pourquoi ils parlaient si fort.

Il a fallu qu’Agnès (un petit clin d’œil à Eglantine), la plus jeune conteuse dise qu’il faudrait peut-être aller leur demander de baisser un peu le son de leurs voix et qu’elle sorte dans la rue pour s’en charger.

La connaissant, nous nous sommes dit : ils vont voir de quel bois se chauffe une conteuse pas contente du tout.

Ni une ni deux, le silence s’est fait !

Agnès est rentrée dans le jardin et elle a éclaté de rire : sa voiture était garée juste à la porte du jardin, elle avait roulé vitres ouvertes et les avait laissées ainsi pour ne pas avoir trop chaud au retour. La radio fonctionnait et, comme elle n’était pas en avance, qu’elle s’était dépêchée, elle avait oublié d’éteindre.

Et les contes se sont déroulés dans la bonne humeur !

 

 

 

Une hirondelle

 

C’était le dimanche 9 avril, comme souvent le dimanche soir, je suis allée à la ferme pour acheter mon lait.

A la fin de la traite … des vaches, pendant que Cat finissait :

de faire « sa vaisselle »

  • les seaux dont elle se sert pour donner du lait aux veaux, oui, ils sont grands mais ils sont gourmands et on ne les prive pas.
  • le bidon qui lui sert pour recevoir le lait d’une vache « à part » (une qui vient de vêler ou qui a un petit problème de santé, ça leur arrive comme à nous).

de faire « sa lessive »

  • les lavettes qui servent à nettoyer les pis des vaches, il doit y en avoir environ trente six, avant l’essuyage avec la serviette intissée pour chacune et qui est jetée à chaque usage.

d’assurer la mise en route du lavage des appareils de traite.

nous avons entendu un cri sonore « tsvouit ».

Oui !!! elle était là l’hirondelle. Attention hein, une seule.

Cet après-midi, ici, nous en avons vu une seule aussi.

Elles arrivent en « éclaireur ». A croire que le temps est encore un peu froid pour qu’elles fassent signe au gros de la troupe d’arriver en force !

Ne nous impatientons pas, nous allons vers le bon côté !