entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

C’était lundi, au lait.

 

Si vous m’aviez vue !

Quelle chaleur dans la salle de traite. J’ai lancé que ce serait bien de mettre la clim ! Pour qui m’a demandé le maître des lieux. Pour les vaches bien sûr !

Le lait, c’est toujours un moment de papotage. Je sais ne pas être gênante (sinon, il y longtemps qu’il m’aurait mise à la porte, dixit sa mère il y a quelques années maintenant). Nous bavardons de tout et de rien et … des vaches ! C’est drôle, je trouve souvent des questions à leur poser. Eux, je pense qu’ils sont heureux qu’on s’intéresse à leur métier.

Et la traite se fait dans la bonne humeur.

Lundi soir, après le papotage de rigueur, il n’y avait plus que les six dernières vaches à passer.

Cat va les chercher dans « l’antichambre ».

Aïe, une bouchait la porte. Elle ne voulait pas laisser passer celle qui, normalement, devait entrer la première.

Finalement, elle s’est précipitée. Du coup, elle s’est retrouvée la première et la dernière n’était pas à sa place.

Vous voyez ce que cela veut dire ? Non, peut-être pas.

Il faut que je vous dise qu’elles ont un caractère bien trempé.

Non, non, il n’y a pas eu de bagarre. Non pas de coups de queues, de pattes, de cornes (qu’elles n’ont en principe plus).

Rien de tout cela.

La première a levé la queue et cela a fusé.

Je n’ai eu que le temps de me mettre complètement dans le coin du tank à lait. Mais … mais … cela m’a rattrapé !

La dernière a dû trouver cela plutôt amusant … elle a levé la queue et … Oui, elles ont fait un concours d’envoi de bouse !

Il faut dire qu’elles sont en hauteur et que donc … 

Entre elles deux j’étais remplie de confettis ! Mouchetée du bout de mes chaussures jusqu’à la poitrine !

 

Un dicton

 

Je l’ai toujours entendu ainsi au village :

S’il fait beau à la fête à Chappes, il pleut à la fête à Hauteville.

Tous les ans, il y a ceux qui disent : tu parles ce n’est pas toujours vrai. Cela ne les empêche pas de scruter le ciel. Bon, ils n’ont pas tort, mais … Je dis que c’est souvent vrai.

Tous les ans, même si … tout le monde guette le ciel de la semaine d’avant et se fait ses idées quant au week-end de la Pentecôte.

Cette année, il faisait beau à la fête à Chappes !

Comme j’y tiens à ce dicton, je le dis facilement à ceux qui pensent que … cette année …

Hier, le matin le temps était lourd.

Bien sûr que ma petite voisine m’a dit que non, non, le temps va se maintenir, que le bal qui, de tous temps est en plein air, se fera au sec.

Début de soirée, une petite pluie de rien qui m’a fait dire que je n’avais arrosé que mes bacs à fleurs et que j’aurais bien fait de continuer pour les légumes mais que j’en avais plein le dos !

Fin de soirée, la pluie est arrivée.

Comme le bal commençait à 23h …

Cela ne nous a pas empêché d’entendre la musique pendant la nuit et donc de penser que certains dansaient.

Ils ont eu intérêt à se remuer car la température a drôlement chuté.

Cette année n’a pas dérogé à la règle. Les anciens savaient bien tirer des leçons de la nature.

Je n’ai jamais compris comment cela pouvait aussi bien « marcher » ce dicton.

Hirondelles

 

Chez elles comme chez nous ?

Je vous avais dit que je poserais des questions. C’est fait.

Comme certaines, certains le savent, ma petite laitière, Cat, livre aussi le pain le matin et cela lui permet de se renseigner auprès de pas mal de personnes sur les faits et gestes des hirondelles.

Déjà, dans la ferme, ils ont remarqué certains comportements qui sont, du coup, corroborés.

Il parait que, cette année, il y a du rififi chez les hirondelles.

Les couples ne sont plus ce qu’ils étaient. Le dialogue devient de plus en plus difficile et à la moindre querelle elles se battent et se séparent. Ensuite, elles restent quelques jours sans se parler et surtout sans partager le même lit, oui, enfin … le même nid.

Ce qui fait qu’on les cherche car, en plus, les voisines s’en mêlent et le pugilat devient général.

Mais que se passe-t-il donc qui puisse les rendre d‘humeur aussi belliqueuse ?

Serait-ce le réchauffement climatique !!!

J’espère que ce ne sont pas nos comportements d’humains qui déteignent.

Mais oui !

Oui, il y a une dizaine de jours, pendant une marche de fin d’après-midi, on a vraiment eu l’impression d’en voir arriver un grand groupe !

Je parle des hirondelles bien sûr.

Mais depuis, plus rien, elles devaient rester tranquillement dans les granges de la Ferme du Château.

On ne s’imagine pas … mais c’est qu’il y a du travail à leur retour : des nids à consolider, à réaménager et aussi d’autres à construire. Pensez donc, une demeure qui reste sans habitants s’abîme, donc, il n’y a plus qu’à relever ses plumes et hop, au boulot. Seulement lorsqu’elles s’échinent, on ne voit pas les grands vols, on ne les entend pas discuter sur les fils, normal, elle n’ont pas le temps !

Et puis,lundi 1er mai, dans l’après-midi,  elles se sont vraiment annoncées. Elles étaient là, sur les fils à pépier à qui mieux mieux et surtout à voler en nombre, je n’ai pas dit grand, en tournoyant, en montant et descendant. Ce qui m’a fait dire : elles attendent la pluie. Et la pluie est arrivée dans la nuit. Une petite pluie, mais quand même. Depuis, il y en a eu d’autres plus importantes.

Alors oui … elles sont bien là. Peut-être ne répondent-elles pas encore toutes : présentes ! 

Irène

La maîtresse, madame Jill Bill nous demande d’accueillir Irène dans la cour de récré.

 

Irène

Avec ton port de reine

Il faut encore que tu la traînes

Ta traîne

Tu ne peux rien faire comme tout le monde

Pourquoi t’habiller comme Cunégonde

A la cour de récré

On n’aime pas ceux qui snobent le monde

Tu vas te faire moquer

Gare aux pieds

Qui se poseront sur ta traîne

Pour te faire t’étaler

 

Mais, je suis sûre, maîtresse, que vous allez tout faire pour que cela n’arrive pas