entre brume et soleil

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                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Marguerite

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La marguerite des possibles. Il a fallu ce titre donné à un livre pour l’association Rêves par l’intermédiaire des Anthologies Ephémères pour que me revienne une comptine de mon enfance : Si tu veux faire mon bonheur.

 

si tu veux faire mon bonheur

Marguerite

Marguerite

si tu veux faire mon bonheur

Marguerite donne moi ton coeur

Marguerite

me l’a donné

son coeur

son coeur

Marguerite me l’a donné

son coeur pour un baiser

 

Et c’est mon enfance qui est remontée jusqu’à mon coeur. 

Je ne savais pas, à l’époque, tout ce que ma grand-mère qui se prénommait Marguerite me laisserait en héritage.

Les odeurs de son jardin :  Roses anciennes, iris, œillets. Avec défense de cueillir pour laisser les fleurs vivre le plus longtemps possible, ce qui faisait rager ma tante/marraine qui vivait chez elle et maman.

En écrivant, je me dis que ce refus que j’aie, depuis que je suis dans ma maison avec un jardin,  de cueillir les fleurs vient certainement d’elle.

La tonnelle sous laquelle nous nous tenions avec soit un ouvrage, soit de la lecture pendant les chaudes après-midi d’été.

Les odeurs du petit déjeuner. Ce goût si particulier du café au lait de chez elle. La préparation de mon bain au jardin dans la “baignoire” en zinc.

L’épluchage des légumes qu’elle faisait assise de biais à la table sur laquelle il y avait une cuvette et sur ses genoux sur le grand tablier, une feuille de journal. Il y a peu de temps que je fais comme elle.

Ses gestes du soir.

Si j’acceptais de rester une nuit chez elle, je dormais à l’étage,  chez mon oncle et ma marraine.

Lorsque je descendais lui dire bonsoir,  je la trouvais en chemise de nuit après sa toilette.

Devant moi, elle défaisait son chignon. Sa longue chevelure grise glissait dans son dos. Elle la brossait soigneusement, la ramenait devant elle et faisait une grosse natte. 

Ensuite, elle enduisait ses mains de glycérine et les massait doucement.

Et venait le temps du baiser. J’ai gardé d’elle d’embrasser vraiment, sinon, elle me disait : mais c’est un baiser d’oiseau que tu me fais !

Ce sont des mots que j’ai dit à mes garçons et que je dis aussi à mes petits-enfants.

 

29 juin 2013

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 Vous avez bien lu : 2013

Hier, nous étions deux à nous présenter chez un particulier, peut-on dire une particulière ?

Nous avons conté au salon.

La dame qui nous a demandées nous avait déjà entendues et savait comment organiser. Si dans un salon on se serre cela n’empêche pas la bonne écoute. Il suffit d’ouvrir en grand ses oreilles.

Ils étaient une dizaine, accompagnés, pour certains, de leurs enfants.  N’allez pas imaginer des petits, non des enfants adultes.

Ils se connus à l’université, je crois, et chaque année ils se retrouvent chez l’un ou l’autre mais jamais chez le même. Ils habitent aux quatre coins de France et c’est le moyen qu’ils ont trouvé pour se retrouver tous ensemble.

Ils savaient qu’ils allaient écouter des contes et comme ils ne connaissaient pas plus que cela, ils étaient impatients de nous entendre.

Nous avions préparé quatre contes légers et nous étions étonnées de ne pas entendre de rires.

Je remarquais des visages attentifs.  Certains étaient très détendus, d’autres avaient le sourire mais de rires point et je me demandais si nous avions bien ciblé nos contes. 

Pour les deux derniers contes, là, il y a eu une grosse détente. Des rires ont fusé !

Après la racontée, nous avons eu l’explication :  notre hôtesse avait tellement peur que ses amis soient un peu indisciplinés avec rigolades et interruptions, qu’elle leur avait fait la leçon et demandé le silence complet.

Avant notre départ, nous avons eu droit au champagne.

L’heure du conte a très vite passée

Un vrai bon moment de conte, avec des personnes à l’écoute et je ne dis pas cela à cause du champagne !.

le conte dans ma vie. (une suite qui n’en est pas une)

 

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Trop souvent nous entendons : le conte, c’est pour les enfants.

Pourtant, souvent on nous parle des veillées chez le anciens. Mais on ne se souvient pas que les enfants écoutaient et entendaient les contes qui parlaient de la vie.

Peut-être parce qu’on ne se souvient, maintenant que des films de Walt Disney qui sont pour les enfants, n’est-ce pas, sans voir ce qui se cache dans ces films. 

Pas étonnant, la sœur de Cendrillon ne se retrouve pas avec un talon coupé pour pouvoir entrer son pied dans la pantoufle de vair comme dans le livre, ça ferait désordre, pour les adultes, de voir le sang couler.

Malgré tout, certains films de Walt Disney font pleurer, certains passages font peur aux enfants …

Lorsque j’ai lu ce conte (Cendrillon) au pôle scolaire, une petite de 11 ans était horrifiée, alors que le copain qui avait lu du Grimm se moquait d’elle. Je dis bien lu. Je n’ai pas conté. D’ailleurs il faudrait, peut-être que je mette du Grimm dans ma besace.

Avec d’autres contes, elle a touché du doigt la vie.

Je me souviens d’une soirée pendant laquelle la conteuse a emmenés ses  auditeurs dans des contes de Grimm tous plus horribles les uns que les autres. Pourtant, la bibliothèque, pendant cette soirée, a entendu beaucoup d’éclats de rires.

Nous en avons parlé tout le long du retour et, malgré le temps passé, nous en parlons encore.

Dire qu’à la fin d’une de nos soirées, nous avons entendu un sénateur nous dire : mesdames, c’était très bien. Les contes, étaient “gentillets”.

Il ne doit pas savoir écouter et entendre tout ce qui se dit dans un conte. Dommage qu’il ne puisse véhiculer que cette réflexion.

Il n’a pas entendu toute la violence cachée : la violence des hommes.

J’en donne un qui parle de racisme et qui fait tellement rire, qu’à un moment je ne voulais plus le raconter. Le rire arrive comme un soulagement. 

Même certains contes que je qualifie de “légers” parle de l’hypocrisie de la société.

Le conte est une leçon de vie. 

 

 

 

 

Le conte dans ma vie (6)

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Ah mes amies et amis, quand je vous le disais que j’écris et que je garde. J’avais commencé ce récit il y a à peu près trois ans : le conte dans ma vie et cet article est le dernier de cette suite que j’ai écrite. Le problème pour vous, si vous n’avez pas lu le début, il faudra, peut-être retourner en arrière.

 

Le doigt, non, la voix était mise dans l’engrenage. Je ne savais pas que 17 ans plus tard je conterais encore en disant si souvent : j’arrête tout, tellement j’ai du mal à vivre avec ce trac pendant plusieurs jours avant une racontée.

Nous avions décidé de nous retrouver après cette veillée pour échanger nos ressentis. Ce qui a été fait en septembre 1996.

Nous avions laissé passer 3 mois pendant lesquels nous avions trouvé des lieux pour raconter. A commencer par une veillée organisée par une stagiaire, pour une “ruche” pendant les vacances. Cette veillée, elle l’avait proposée chez elle, dans son jardin.

En septembre, nous avions décidé de fonctionner “comme cela” pendant un an, après quoi nous prendrions une décision.

Nous avions pris tellement de plaisir pendant cette année qu’en Novembre 1997, l’Association Contes et Veillées était créée.

A ce moment là, nous n’étions déjà plus que huit conteuses, chacune ayant pu se rendre compte du travail, du temps passé, des kilomètres à parcourir, de l’exigence du conte.  Puis, tout doucement, les rangs se sont resserrés. Nous sommes maintenant trois conteuses “accro”.

Avec le conte, il faut toujours batailler pour pouvoir être présentes dans notre vie, c’est un peu comme le blog!

Lorsqu’il m’habite, il n’y en a que pour lui dans ma tête. Que ce soit de jour ou de nuit.

Il y en a qui rêvent ou écrivent pendant ces fameuses nuits où je me raconte une histoire qui, parfois, ne veut pas se mettre en place comme je le veux.

Cela peut demander très longtemps avant que je décide de le présenter devant un maître de stage pour avoir une oreille différente, une oreille “neuve”.

Entre nous, nous nous écoutons et entendons tant de fois qu’il nous faut beaucoup d’attention pour pouvoir dire : tiens, ici, j’ai décroché ; ou même : il faudrait peut-être que tu revois le passage, il ne sonne pas bien.

 

 

Récoltes

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Comme tous les ans, je suis dans  les pommes.

En ce moment le jardin prend ses allures d’automne.

Je cueille au fur et à mesure les tomates qui commencent à « tourner ». Je ne les laisse plus rougir sur le pied car avec la pluie, elles éclatent. Dommage, elles étaient si bonnes. Bon, d’accord, elles sont toujours bonnes, mais le plaisir n’est plus le même.

En tous cas, la maison sent la tomate aujourd’hui, comme d’autres jours. Les bocaux sont faits, maintenant, je congèle.

Hep, Passion, je me suis amusée à faire ta sauce en morceaux et je crois que nous aimons mieux que lorsque je la passe. Quand je dis « ta sauce », c’est à cause des morceaux, sinon je me demande comment était la tienne, vu que la mienne change à chaque fois que j’en fais !

Les cornichons se terminent.

Je prends, encore, mes pommes de terre pied par pied. C’est une race qui peut rester en terre jusqu’à … je ne sais pas trop.

Je continue à prendre les plus grosses betteraves. Nous en mangeons et le reste … hop, congélateur.

Les haricots verts, cette année, n’ont pas voulu pousser vraiment chez moi. Pourtant ils ont été arrosés et arrosés.

Les petits pois sont terminés depuis longtemps.

Les carottes, je les laisse toujours le plus longtemps possible car à la cave, elles ne se gardent plus aussi bien. C’est aussi parce que je ne fais plus les efforts d’avant. Je ne rentre plus de la sciure pour les stocker dedans.

Les navets sont … parfaits. Rarement je les réussis aussi bien. Ils sont de bonne taille, bien blancs, pas forts du tout. Un régal. Enfin, pour moi car monsieur … N’empêche, il en mange dans la soupe qu’il trouve très bonne.

Quant aux poireaux ! L’année leur a été très favorable, enfin, pour le moment.

Je vois que je suis en train de faire l’inventaire de mon jardin. Stop ! Je ne vais pas continuer à détailler, non !

J’avais commencé en septembre. Je finalise en janvier. Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas : c’est tout moi.

Heureusement que je n’avais pas mis un point final !

Les poireaux sont devenus une catastrophe. Enfin, il ne faut pas exagérer. Pour moi, une catastrophe quand même.

Je le savais et j’aurais dû me méfier. Je suis, parfois, un peu trop optimiste.

Je me disais, avec ce temps, la mouche n’est pas venue au printemps donc, pas de problèmes.

Tu parles ! Lorsque je l’ai vue, il était trop tard pour mettre une protection.

Résultat : des poireaux minés. On peut les manger, mais quel travail pour les débarrasser des larves. Voilà à quoi je passe du temps au lieu d’écrire.

Oui mais … ils sont tellement bons.

Au printemps je n’attendrai pas, je mettrai la protection et je recommencerai en août.

Ca, c’était l’année dernière !!!

:roll: Croyez-vous que j’aie honte ?  Honte de quoi ? de retrouver depuis un moment des articles écrits depuis … je dirai : un temps certain !

Cette année, je l’ai fait ! J’ai protégé mes poireaux et ça marche !

Oui, oui … ne rigolez pas, ceux qui sont à côté et qui ne sont pas protégés ont l’air de se porter comme des charmes.  

Deux années complètement différentes. Je vous montrerai mon jardin à la fin juin. C’était une catastrophe.