entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Eliette

 

A la cour de récré Madame Jill Bill nous demande d’accueilli Eliette

 

Eliette

Ce n’est pas qu’elle fasse la fête

Elle a tellement de soucis en tête

Elle pèse le pour

Elle pèse le contre

Se décider elle ne sait pas

Allez Eliette

Il serait bon que tu t’y mettes

Ce n’est pas d’attendre

La vieillesse

Pour te lancer 

Par ici

Tout le monde le dit

Tu es la reine de la papinette

Allez fonce

Ouvre le ton petit restaurant

J’y amènerai mes petits enfants

Je demanderai à mon neveu ébéniste

De te faire une grande papinette

Pour mettre au-dessus de ta cheminée

Comme emblème de ton métier

Car les sauces

Dans ton chaudron magique

Tu mijotes

Tu sais rassasier

Les affamés

Et contenter

Les estomacs délicats

Qui auront  toujours un petit plat

Comme on n’en fait pas

Au moins elles servent à quelque chose

 

Mon mari fait du porte à porte, en ce moment, avec le papier d’une association, pour demander qui est pour, qui est contre, l’implantation de nouvelles éoliennes.

Celles qui ont été décidées par le village voisin, nous n’y pouvons rien, mais chez nous ? 

Donc, en faisant sa tournée, il a appris hier soir, que les travaux concernant le village voisin ont commencé et qu’un site a été mis à jour montrant des fondations.

Ce matin, le temps était clément, venteux mais sans pluie et nous en avons profité.

Un peu plus de trois kilomètres car il faut remonter dans les terres et nous y étions.

Une femme nous a accueillis et nous a promenés sur le site.

Nous avons posé des tas de questions et elle était enchantée de nous emmener et de raconter.   

En l’écoutant j’ai eu l’impression de plonger dans un livre de contes tellement elle imageait bien ses explications.

C’était la résidence de riches Romains qui, selon notre guide, devaient avoir leur villa à Reims et venaient prendre l’air dans « leur maison de campagne », c’est moi qui l’ai nommée ainsi. Vous parlez d’une maison de campagne ! Il devait y avoir du monde à y vivre.

La terre était tellement glaiseuse et collante à ce moment que nous n’avons exploré qu’un petit bout de cet univers.

Sous une tente sept jeunes femmes et hommes qui grattent délicatement. C’est une cave. Mon époux, bien entendu, a demandé s’ils avaient trouvé des amphores de vin.

A l’écart il y a une fosse en V. C’était la manière de chasser. Le gibier tombait dedans.

Sur le terrain, une quinzaine de personnes en tout.

Notre guide nous explique que de l’autre côté de la route en contre-bas, là où des éoliennes ont déjà vu le jour, c’était un site gaulois.

Je suis admirative de cette passion et de toutes les connaissances qu’il faut pour l’exercer et la partager. 

Bien sûr, je savais que des Romains s’étaient installés par ici puisque de l’autre côté des Monts il y a le Camp Romain.

Je  pense que ce texte a été écrit dans l’après-midi qui a suivi notre expédition fin février début mars. Je viens de le retrouver ainsi que d’autres que vous pourrez peut-être lire un jour !

Cléon

 

Liens du rassemblement de la cour de récré de JB

Je crois que la maîtresse a demandé à Cléon d’entrer à la Cour de Récré. Il va falloir le prendre par la main car il est morose.

Un amusement qui m’a trotté dans la tête en faisant la vaisselle. Comme quoi ça vaut le coup, parfois, de faire la vaisselle !

 

Cléon

un jour

a entendu

Yvette Horner

Depuis ce jour

Cléon

ne parle  que d’accordéon

Cléon

un jour

a entendu

parler de la java

 de la petite

qui tombe amoureuse

de l’artiste

qui joue de l’accordéon

ça lui a donné le frisson

il est devenu triste

même avec son accordéon

même en jouant des javas

aucune petite

n’est amoureuse

de Cléon l’artiste

Il aurait mieux fait de choisir le clairon

Mattéo

 

Matttéo le prénom pour la cour de récré de la maîtresse, madame Jill Bill

Peut-être va-t-il enchanter et faire chanter la cour de récré mais Madame il faudra le surveiller car …

Mattéo

Est toujours en retard

Toujours le nez en l’air

Toujours à bailler aux corneilles

Comme dirait sa grand-mère

Mattéo réveille toi

Le soleil luit

Le printemps est là

Il fait beau

Où étais tu cette nuit

La tête dans les étoiles

Encore à composer

Maudit saxo

Ca ne vaut pas

Un bon dico

Pour réussir dans la vie

Tu finiras dans le ruisseau

 

Hier, c’était le printemps


Le 20 mars, c’est La Journée Mondiale du Conte.

Hier nous étions en forêt. Dans la Forêt d’Ardennes bien sûr.

Le Parc Régional de la Forêt d’Ardennes nous a ouvert ses portes pour une petite balade contée.

L’organisation était bien lancée mais la défection d’une conteuse est venue contrarier notre programme alors que nous n’étions pas  nombreux.

Oh vous savez, même chez nous, il y a parfois des petites dissonances.

Malheureusement, deux jours avant la date,  une deuxième défection s’est manifestée mais je dis bien malheureusement car le conteur venait d’apprendre que son frère était mort.

Comme quoi, il y a des périodes qui marquent.

Nous sommes restés à trois à nous régaler car conter c’est donner du plaisir autant que l’on peut mais c’est en prendre beaucoup.

L’organisateur avait eu la gentillesse de prévoir une chaise pour  celle qui ne conterait pas. Oui, l’âge venant, c’est parfois un peu difficile d’écouter debout un certain temps.

La mise en bouche a été faite par mon amie. Pas un conte, non, une randonnée que les parents, encore plus que les enfants, se sont fait un plaisir de reprendre. Pas toujours facile de lancer le public dans cet exercice, il est souvent trop « timide ».

Mais ce n’était pas cadré, le temps était beau, le printemps était dans bien des têtes alors … c’était peut-être cela aussi.

Pourtant, un petit vent frisquet aurait pu déranger les auditeurs.

Et, aux arrêts prévus, les contes ont été donnés. Nous avons honoré les arbres, les loups et j’ai pu donner Ma Rose Pimprenelle dans sa forêt.

Une très belle balade instructive car il y est question des métiers de la forêt.