entre brume et soleil

ombres et lumièresjpg

                  dessin Adamante

 

 

 

Le carreau glacé miroite au soleil.

Deux oiseaux se réchauffent.

Ils  observent en silence ce paysage bleuté, étrange, flou, 

Délimité par  des arbres de brume,

Pas encore touché par la lumière

Dans lequel  une patineuse légère tournoie

Entraînée par la musique du kiosque

Et  se faisant face,

Une femme à deux visages, un blanc, l’autre noir

Et  le masque des ténèbres.

 

Hier

 

Le lundi, c’est le jour travail conte.

Hier … c’était un jour très spécial conte ! Sans travail, juste une réunion des deux qui content encore, de celle qui nous a lâché pour la chorale et de notre ex maître de stage qui nous a laissé tomber, lâchement, un jour comme ça … pour cause de bonheur !

Imaginez … de 10h30 à 18h la journée de rêve !

Oui, enfin pour nous.

Drôlement amusant : nous avons commencé comme pour un stage, juste un gros plus tard, par le café accompagné d’une petite gâterie. Là, c’était tarte au sucre. L’Ardennaise hein, pas une autre.

Et il y avait tant à dire, à se raconter !

Il y a eu le déjeuner, commencé par une flûte, normal dans notre région, qui s’est terminé par une tarte, une seule. Il faut dire que notre ex maître de stage avait apporté deux énormes « tartes » aux myrtilles. Un régal.

Puis,  j’étais pour dire : retour au papotage, mais non, il n’a pas arrêté un moment. Nous avons fini au jardin sous le sophora avec de l’eau dans les verres et même pas un gâteau !

Elle est repartie avec le gâteau mollet que nous n’avons même pas pu caser dans notre estomac.

Zorro

 

Oui, vous avez bien lu, je vais vous parler de Zorro. Pas le cavalier masqué, juste un chien !

Ce midi, nous avons évoqué ce chien de bateau tout cela à cause d’assiettes !

Un sacré chien Zorro. 

Il faisait partie de ces chiens jaunes d’Afrique si maigres là-bas.

Il s’était attaché, à un chef mécanicien, pendant une escale en Afrique.

Il l’a suivi à bord et y est resté.

Lorsque je suis arrivée sur les bateaux, les matelots et les ouvriers mécaniciens, les maîtres, les officiers et le commandant, le chef mécanicien et le radio avaient un carré (salle à manger) en rapport avec leur fonction.

Quand mon époux a pris sa retraite, la salle à manger était commune ! Cela n’a pas tellement plu à certains que ce soit au commandement ou aux ouvriers et matelots. Moi, je trouvais que c’était drôlement bien car nous pouvions nous côtoyer autrement.

Bref, Zorro lui n’a pas connu la salle à manger commune, son maître étant en retraite bien avant.

C’était un chien comme je n’en ai jamais connu.

Rapidement, il était devenu un gros, gros chien.

A chaque repas, il visitait chaque carré. Ce voyou connaissait tout le monde, et faisait le tour. Il savait bien qu’il y aurait toujours des morceaux de viande qui arriveraient jusqu’à sa gueule. J’ai connu des repas où la viande n’était franchement pas terrible. Zorro à ces moments là avait vite fait le tour et avalait pratiquement tous les morceaux de toutes les assiettes. Que ce soit steaks, saucisses ou même aussi morceaux en sauce. Nous nous sommes toujours demandé comment il faisait pour ne pas être malade.

Lorsque le chef débarquait pour les congés, Zorro restait à bord. C’était sa vie.

Lorsque le bateau arrivait à quai, Zorro était le premier à terre. Il n’attendait même pas que la coupée soit installée complètement. Là, il vivait une autre vie. Et si, par hasard, une petite chienne voyageait sur un autre bateau, il allait lui conter fleurette. Il est arrivé que nous le cherchions longuement avant de repartir et comme il était connu par tellement de marins on arrivait toujours à savoir où il se trouvait. Parfois, malgré tout, le navire est parti sans lui. Cela n’avait pas l’air de le traumatiser ! Aucune importance, il retrouvait le bord à une autre escale, dans un autre port. Il avait fait le bout de voyage sur un autre bateau, de la compagnie ou d’une autre compagnie.

Je vous le dis, il était incroyable !

Lorsque le chef est parti à la retraite, Zorro a mis son sac à terre. Il est devenu Breton.

Une catastrophe pour lui au début car madame chef n’a pas voulu lui acheter une vingtaine de steaks deux fois par jour ! Son boucher a eu beau lui faire de la belle petite viande, il a fait la grève de la faim et puis … il a mangé normalement.

 Il a pris sur le tard, une ligne de « jeune homme » et a vécu très longtemps.

Ce chien a eu la vie de marin que, quelque part, il avait choisie en suivant l’homme qui s’est occupé de lui.

Ils avaient un attachement profond, l’un envers l’autre. C’était formidable de les voir ensemble.

 

 

 

 

 

 

Défi 189

 

Elles seront trois pour ce défi : QuichottineDômi et Jeanne 

Fiction ou réalité.

« La vie c’est comme une pièce de théâtre … »

Parce que ….

“Il y a dans les planches une beauté qui permet à tous,

initiés ou non, d’entrer en contact avec différents univers.”

Avec un mot à caser : Voyage

 

Fiction ou réalité ?

Tu parles d’une fiction l’arrivée dans le monde.

Déjà, la conception. Tu passes de l’un à l’autre sans qu’on te demande ton avis. Là, tu te rends compte que c’est une compétition sportive. Tu es dans un canoë et tu as intérêt à pagayer.

On ne t’avait pas renseigné au départ.

Tu ne sais pas où tu vas, mais tu fonces, tu n’as pas envie de rester à la traîne et de te retrouver tout seul comme un petit malheureux.

A l’arrivée, on ne t’accueille pas en héros. Non, tu es obligé d’enfoncer la porte. Et tu prends tes quartiers.

Là, c’est le bonheur. Tu es tranquille. Tu navigues dans des eaux paisibles. Personne ne te brusque. Tu entends des voix et non, tu ne rêves pas.

Hahaha, tu en apprends des choses, tu en sais des choses.

Mais bien sûr, le bonheur ne peut pas durer. Tu vas l’apprendre à tes dépends.

A un moment donné, tu as un signal d’alerte : il faut sortir à tout prix. Tu as beau dire : non ce n’est pas encore mon heure, rien n’y fait. Mais, tu entends la voix : quel mauvais caractère il a déjà !

Mauvais caractère, mauvais caractère, tu le sais toi qu’il fait bien trop froid pour toi et que si tu sors si peu vêtu, tu vas attraper un rhume. Du coup, tu le fais ton mauvais caractère, et tu retournes te coucher bien au chaud !

Malgré tout, tu te rends compte que plus rien n’est comme avant.

Ca ne peut plus durer un temps illimité.

Au moment où les eaux sortent du ventre de ta mère comme un geyser, tu as la trouille de ta vie. Tu t’accroches comme tu peux à ce que tu peux. Tu te sens malaxé, poussé, aspiré.  Dodu comme tu es, tu te poses la question : comment passer par là !

Personne ne te demande ton avis et d’un seul coup, tu es propulsé, éjecté, craché comme un bonbon.

Tu parles d’une aventure, on se croirait sur les planches.

Non mais, quel voyage depuis le début.

Je vous raconte tout ça, mais … à la sortie, la sage-femme, tu parles d’une sage-femme,  m’a attrapé par les pieds, mis la tête en bas et asséné une grande claque sur les fesses, évidemment j’ai hurlé.

Alors, elle m’a mis le doigt sur la bouche et a juste murmuré : chut … à partir de maintenant tu ne te souviens plus de rien.

 

C’était lundi, au lait.

 

Si vous m’aviez vue !

Quelle chaleur dans la salle de traite. J’ai lancé que ce serait bien de mettre la clim ! Pour qui m’a demandé le maître des lieux. Pour les vaches bien sûr !

Le lait, c’est toujours un moment de papotage. Je sais ne pas être gênante (sinon, il y longtemps qu’il m’aurait mise à la porte, dixit sa mère il y a quelques années maintenant). Nous bavardons de tout et de rien et … des vaches ! C’est drôle, je trouve souvent des questions à leur poser. Eux, je pense qu’ils sont heureux qu’on s’intéresse à leur métier.

Et la traite se fait dans la bonne humeur.

Lundi soir, après le papotage de rigueur, il n’y avait plus que les six dernières vaches à passer.

Cat va les chercher dans « l’antichambre ».

Aïe, une bouchait la porte. Elle ne voulait pas laisser passer celle qui, normalement, devait entrer la première.

Finalement, elle s’est précipitée. Du coup, elle s’est retrouvée la première et la dernière n’était pas à sa place.

Vous voyez ce que cela veut dire ? Non, peut-être pas.

Il faut que je vous dise qu’elles ont un caractère bien trempé.

Non, non, il n’y a pas eu de bagarre. Non pas de coups de queues, de pattes, de cornes (qu’elles n’ont en principe plus).

Rien de tout cela.

La première a levé la queue et cela a fusé.

Je n’ai eu que le temps de me mettre complètement dans le coin du tank à lait. Mais … mais … cela m’a rattrapé !

La dernière a dû trouver cela plutôt amusant … elle a levé la queue et … Oui, elles ont fait un concours d’envoi de bouse !

Il faut dire qu’elles sont en hauteur et que donc … 

Entre elles deux j’étais remplie de confettis ! Mouchetée du bout de mes chaussures jusqu’à la poitrine !

 

Un dicton

 

Je l’ai toujours entendu ainsi au village :

S’il fait beau à la fête à Chappes, il pleut à la fête à Hauteville.

Tous les ans, il y a ceux qui disent : tu parles ce n’est pas toujours vrai. Cela ne les empêche pas de scruter le ciel. Bon, ils n’ont pas tort, mais … Je dis que c’est souvent vrai.

Tous les ans, même si … tout le monde guette le ciel de la semaine d’avant et se fait ses idées quant au week-end de la Pentecôte.

Cette année, il faisait beau à la fête à Chappes !

Comme j’y tiens à ce dicton, je le dis facilement à ceux qui pensent que … cette année …

Hier, le matin le temps était lourd.

Bien sûr que ma petite voisine m’a dit que non, non, le temps va se maintenir, que le bal qui, de tous temps est en plein air, se fera au sec.

Début de soirée, une petite pluie de rien qui m’a fait dire que je n’avais arrosé que mes bacs à fleurs et que j’aurais bien fait de continuer pour les légumes mais que j’en avais plein le dos !

Fin de soirée, la pluie est arrivée.

Comme le bal commençait à 23h …

Cela ne nous a pas empêché d’entendre la musique pendant la nuit et donc de penser que certains dansaient.

Ils ont eu intérêt à se remuer car la température a drôlement chuté.

Cette année n’a pas dérogé à la règle. Les anciens savaient bien tirer des leçons de la nature.

Je n’ai jamais compris comment cela pouvait aussi bien « marcher » ce dicton.